Face au Perfect Storm : Les Glénans ? Le kite-surf ? What else ?


La mondialisation : quel numéro de téléphone ? C’est comme le réchauffement ou l’Euro : on en parle beaucoup et chaque « expert » a sa théorie plus ou moins lestée d’intérêts particuliers, mais aucun capitaine n’est vraiment préparé au « perfect storm » économique.

Et cette fois, "what else" ne va pas s'en sortir en offrant une gélule de café

Et même si c’est très injuste, comme disait Coluche : « et pour certains, ça va être dur« .

Et comme disait Antoine à sa mère : « Oh Yeah !« 

Mais pour la plupart des « capitaines », ni l’échec annoncé, ni l’exil (fiscal ou autre) assumé, moins encore les démagogies angéliques ou démondialisatrices ne sont des options. Ils savent bien, parce qu’ils ont lu Kippling entre autres, qu’il n’y a de sortie que par le haut.

Et que tout ça, c’est comme le reste de la vie des entreprises depuis l’Atlantide et Ulysse, le Titanic et le France, pas simple, plein d’imprévus, voire de gamelles, mais c’est la règle du jeu et si on n’aimait pas ça, on aurait fait l’ENA, docker ou fonctionnaire de la SNCM comme tout le monde, non ?

Parce que la régate du Figaro métro-boulot-dodo, c’est sympa, mais c’est quand même un peu pour navigateurs de petit temps dépressif, à la limite pour fonctionnaire défroqué en pré-retraite sur Fongecif : c’est pas la peine d’avoir fait les Glénans et d’investir dans le meilleur matos (made in Germany et/ou China, mais c’est une autre histoire, ou pas …) si c’est pour faire des ronds dans l’eau autour de la résidence secondaire à ISF (avant la réforme, mais c’est une autre histoire, ou pas).

D’un autre côté, les surfs sauvages c’est fun mais il faut gérer, pas non plus trop centrifuger les équipiers ou dépasser trop radicalement les limites avec des technos trop avant-gardistes qu’on maitrise mal.

Alors quand même, les Glénans, pour les Français, c’est peut-être une bonne idée.

Surtout qu’il existe des guides en français écrits en langage business pour des gens d’affaires plus que des étudiants, un peu en dehors des codes de l’éducation nationale et mantras d’autres instituts de déformation professionnelle, sans trop de références à des solidarités artificielles, des subventions européennes ou whatever doesn’t work s’il reste des budgets et du stock de paternalisme de bonne volonté mais pas très adapté à la vraie vie des vraies affaires. En plus, c’est gratuit et pour une fois les Canadiens n’obligent pas (encore ?) à donner un code prouvant qu’on est une entreprise canadienne pour le téléchargement du pdf.

Sinon, il y a du « low-cost » pas aussi bien packagé qu’un conseil subventionné mais pas mal fait, mais seulement pour ceux qui parlent anglais parce que le zingénieur en chef du haut conseil de la guerre économique avait besoin du budget pour autre chose (Ach, les parachutes dorés pour sortie de placard avec siège en cuir, gross Malheur pour les budgets de fonctionnement au service des PME, en période de remaniement) et n’a pas voulu sponsoriser une édition en français.

Et si on n’aime pas lire, même sur iPad ou assimilé, il y a aussi des films motivants sur le business pour quand on sera grand.

Et des discours de politiciens sur internet pour ceux qui auraient raté Cosne sur Loire (parfois, les discours sont suivis d’actes, en tout cas il vaut mieux vérifier que les concurrents ne bénéficient pas d’un coup de pouce trop vigoureux pendant qu’on regarde ailleurs ou qu’on continue à croire que la hausse du cours de l’Euro n’a pas d’importance puisqu’on ne vend qu’en Euroland, comme si les acheteurs d’Euroland ne préféraient pas en général les vendeurs et produits aux prix référencés en monnaies faibles) .

Ceci dit, un stage de Kite-Surf ne serait peut-être pas inutile pour se mettre aux nouvelles technos, voire plus prudent même si la météo semble encore clémente.

Parce que le monde change vite et qu’il est parfois difficile d’identifier les vérités.

Parce que même si on croit avoir la situation bien en main sous une météo franchement fraiche mais ensoleillée …

Il y a toujours un nuisible sans guère de foi ni beaucoup plus de loi pas loin derrière qui se fiche des codes de la chevalerie à voile et qui ne recherche ni la beauté de la navigation à l’ancienne, ni même la performance sportive, mais juste à vous passer devant, ou derrière, ou whatever works pour vous trafalgarer par principe, prendre plus de soleil par nécessité ou simplement trouver une (votre) place au port avant la tempête. Ce serait une mauvaise idée de juste l’ignorer comme si la mer était assez grande pour deux.

Ne serait-ce que parce qu’il n’est probablement pas venu seul. Et surtout parce que même si ce n’est pas un bateau usine du genre à chasser la baleine ou le thon rouge avec le sourire de ceux qui sont meilleurs en lobby à l’OMC ou ailleurs, un bateau poubelle du genre à dégazer avec le sourire de ceux dont le 4-4 diesel est immatriculé ailleurs pour ne pas payer les amendes et qui sont meilleurs en surf fiscalo-social même si les actionnaires et armateurs sont généralement les mêmes, ou un bateau pirate d’une autre espèce aussi nuisible et malheureusement pas en voie de disparition ni même toujours dans le radar des Greenpeace et autres qui chassent plutôt le gros pachyderme occidental ou assimilé mollasson (made in Korea ou China, bien sûr) que les agiles et brutaux pirates d’origines non contrôlées mais au drapeau noir mal dissimulé par les armateurs (by ze way, les armateurs, c’est un peu nous, au final, bien sûr parce que le déni et la balle dans le pied, ça marche aussi en mer, on vit une époque formidable). Au mieux, c’est juste un prototype en développement de navire meilleur, plus rapide, plus autonome, plus green, plus adapté au présent et au futur que le vôtre. Un peu comme les projets allemands de centrales solaires géantes dans des pays du sud.

Anyway, avant de partir sur de grands chevaux technologiques, il vaut mieux jeter un coup d’oeil à l’appli iPhone qui va bien. Pas seulement celle de Météo France parce que ce serait un peu imprudent de mettre sa survie entre les mains de ceux qui nous disent qu’il y a une grosse sécheresse et qu’on va vers 1976 2.0 alors qu’on n’a qu’à regarder le ciel depuis le début du salon du Bourget pour savoir que même si le climat bordelais n’est pas celui du Nord de la Loire, les rois du marketing de Vinexpo vont avoir du mal à faire croire que 2011 est encore l’année des tarifs du siècle (comme 2010, 2009, 2008 …) pour les grands crus (dont les propriétaires sont parfois les mêmes que ceux des bateaux pirates, mais c’est une autre histoire, ou pas) et de justes prix agricoles pour les PME et TPE de vrais vignerons entrepreneurs de l’écosystème, comme on dit de nos jours.

Parce que même si les temps sont très incertains et si météo-France déménage un peu, il vaut quand même mieux plus ou moins savoir s’il faut juste sortir couvert ou emporter une doudoune et un extincteur dans le sac de plage.

On peut aussi s’inscrire en stage d’intelligence économique et/ou lire les revues spécialisées même si la plupart des recos pas trop « pro-domo » (lire : pas les rapports de consultants anglo-saxons au patriotisme économique incertain préconisant surtout ce que l’acheteur du rapport voulait lire et un audit de mise en oeuvre suivi d’un audit de l’audit) sur la compétitivité préconisent grosso modo de copier les Allemands en produisant plus efficacement des produits vendables, les Italiens en jouant plus « collectif » et l’Union Soviétique en perestroïkant les nomenklaturas de l’export.

Cependant, Outre le fait que la contrefaçon est un crime, ce n'est pas toujours une bonne idée de copier de vieilles recettes

Les travaux français sont par ailleurs souvent teintés de la tendance des bonnes volontés de l' »Etat Mamma » et de ses multiples émanations à considérer que les entrepreneurs sont de sortes de plus ou moins grands enfants vaguement Tanguy, les PME étant de particulièrement fragiles citoyens économiques à materner, surtout à l’export.

Les pépinières, écoles maternelles des entreprises, indispensables mais pas très "Bac+5" de la mondialisation

C’est cela, oui … les patrons de PME sont des entrepreneurs en culottes courtes …

Là, le capitaine demande une subvention sur le gasoil pour compenser la fiscalité non harmonisée et une aide aux prix de vente à la centrale d'achat du poisson de grande profondeur parce que les autres ont disparu. C'est cela, oui ...

Le bon rapport « Approche de la compétitivité » des partenaires sociaux (Medef, CGPME, syndicats …), opportunément paru quelques jours avant « Planète PME » et une petite année avec l’élection présidentielle quand il est encore possible d’orienter les réflexions des think-tank des formations politiques ayant une chance de jouer un rôle dans les années à venir, est exactement dans les traces du conseil d’analyse économique, de Rexecode et de quelques autres piliers de la pensée économique française un peu monolithique, sinon unique, voire hexagonalement simpliste sur le sujet compliqué de la mondialisation et des stratégies d’entrepreneur pour au moins ne pas être trop victimisé.


Selon ses auteurs  « Cette note de problématique sur la compétitivité fait apparaître quatre convergences » :

  • l’importance de la compétitivité, non pas comme une fin en soi, mais comme condition de la croissance, de l’emploi et de la cohésion sociale. 
  • la nécessité d’une compétitivité durable, qui vise un mode de développement équilibré sur trois piliers, économique, social, et environnemental. 
  • la définition de la compétitivité comme compétitivité globale, c’est-à-dire compétitivité des entreprises, mais aussi de leur « écosystème » 
  • l’affirmation d’une triple ambition : accroître à la fois la compétitivité des entreprises et l’attractivité du territoire.

Soit, même si l’on peut se demander où est passée la troisième ambition … Peut-être avec les travaux de la CNI (Conférence Nationale de l’Industrie) annoncés en janvier dernier pour la fin mai lors de la remise au Ministre Eric Besson du rapport COE-Rexecode sur les divergences de compétitivité industrielle entre la France et l’Allemagne, dont une version éditoriale a été publiée chez Economica.

CNI, Bercy, janvier 2011

Mars 2011, 12 euros

Toujours selon les auteurs du rapport paritaire de juin 2011 : « Dans cette perspective, les réflexions des partenaires sociaux mettent en évidence six priorités :

  • savoir innover ;
  • valoriser notre capital humain ;
  • tirer le meilleur parti de notre situation dans une Europe ouverte ;
  • dégager tous les moyens nécessaires au financement de la croissance ;
  • dynamiser et densifier le tissu d’entreprises en France;
  • repenser l’assiette du financement de la protection sociale.

Soit, même si l’on peut se demander si tout cela n’aurait pas pu être écrit dans un rapport à Monsieur Gilbert Grandval, premier « Ministre du Commerce Extérieur » français en 1962, voire, à l’exception de la référence au financement de la protection sociale un peu anachronique, à Monsieur Jean-Baptiste Collin, Comte de Sussy et premier Ministre des Manufactures et du Commerce, nommé dés 1812 par Napoléon 1er, d’après Wikipedia.

Jean-Baptiste Collin, Comte de Sussy, Ministre des Manufactures et du Commerce, 1812-14

Ironie mise à part, en tout cas reportée à l’année 2012 du bicentenaire du ministère, le groupe d’experts étaye le socle de préconisations classique avec des données actualisées, des analyses consensuelles et des préconisations pertinentes. Mais pas renversantes alors qu’Angela Merkel a donné le « la » d’un changement de braquet majeur en décidant la sortie d’une énergie du présent et un saut sinon dans l’inconnu, à tout le moins dans une autre idée de l’Europe de l’innovation et de la compétitivité.

Ce serait dommage d'éclairer le ciel, voire de vieilles lunes, même avec une excellente lampe, surtout si le chemin est escarpé et les obstacles nombreux

La mondialisation + le changement de tempo allemand changent la donne de la compétition économique internationale, et plus simplement de l’environnement des affaires pour les entrepreneurs français jusque sur leur propre territoire comme en son temps la navigation à vapeur a sonné le glas de la marine à voile. Espérer que les jolis petits caboteurs à voile et mêmes les élégants clippers cap-horniers rivaliseront longtemps avec les cargos et autres navires usines géants, c’est comme penser qu’on va gagner la bataille de Trafalgar, ou sa version moderne qui se joue à peu près au même endroit, à en croire les projets de certains grands exportateurs français historiques près du port porte-conteneur ultra-moderne de Tanger.

« Et pourtant, elle tourne » diront les optimiste. L’horloge, aussi, alors comme c’est bientôt l’été pour les Français (y compris les expatriés de l’hémisphère sud, parce que les acquis sociaux ne se couchent jamais sur l’Empire), c’est le moment où jamais de réserver des stages de (re)mise en forme et de préparer de sérieuses lectures de vacances.

Renaud Favier – 22 06 2011 – www.renaudfavier.com/category/competitivite/

Le bonus : happy end façon « monde réel« , voir le logo sur le fauteuil d’avion, comme rappel que les entreprises sont des mortels comme les autres, que business is business et que les morts ne sont pas toujours où l’on croit (by ze way, si le remake du film est tolérable, l’original est juste … perfect)

C’est fini pour aujourd’hui parce que le soleil se lève … aux Etats-Unis et que c’est l’heure des rdv téléphoniques avec la Côte Est.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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4 commentaires pour Face au Perfect Storm : Les Glénans ? Le kite-surf ? What else ?

  1. labasoche dit :

    Les Glénans c’est pour moi une longue histoire d’amour lorsque je navigais avec mon Corsaire en bois du Pouliguen jusqu’au Golf du Morbihan !
    Issu d’une famille de marins depuis des générations, j’ai toujours gardé cette passion de la voile côtière et de la mer…
    Félicitations pour ce blog !

    • renaudfavier dit :

      😉 Merci. Pour les bébés de Philadelphie, je vais attendre que l’info soit plus officielle avant de relayer, je m’inquiète plus pour les baleines au large du Japon pour l’instant …
      IL y a un e-book (gratuit) dérivé du blog, Net Land Art , publié sur http://www.youscribe
      Cordialement RF

  2. Ping : TGV, merci, mais des autoroutes de l’export aussi, SVP | Renaud Favier : Café du matin à Paris

  3. Ping : Le monde 2.012 tel qu’il promet : to #naufrage or not to #naufrage ? | Renaud Favier : Café du matin à Paris

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