La situation est grave, mais ça pourrait être pire

Personne ne sait où l’on va (ni d’où on vient), mais ce qui est sûr, c’est que ça pourrait être pire s’il y avait des incendies de forêt dans les banlieues, si des encagoulés brûlaient les bagnoles sur l’île de Ré ou à St Trop’ et si les communicants politiques n’étaient pas en vacances.

Parce que la baisse des bourses, c’est plutôt une meilleure nouvelle que si elles continuaient à grimper au ciel artificiellement alors que les états qui avaient sauvé la mise il y a 2 ans n’ont plus les moyens de suivre et que tout le monde voit depuis des années que même les grosses boites prospères scient leur branche en licenciant à tours de bras, en externalisant leurs compétences (lire « en délocalisant plus ou moins loin avec plus ou moins de transferts de technologies et de perte de contrôle et de capacité d’innovation »), en pressurant leurs founisseurs et sous-traitants et en ne dégageant de bénéfices croissants que par oppression des client, salariés et fournisseurs, optimisation fiscale et/ou spéculations immobilières ou financières sans trop de création de valeur ni de contribution à la vie des cités (lire « civilisation« ).

Et à part dans quelques coins exceptionnels genre Allemagne où l’on sait qu’il vaut mieux manger léger le soir pour pouvoir se lever raisonnablement tôt raisonnablement en forme et ramer raisonnablement dans le même moins mauvais sens possible indiqué par l’index de Kant plutôt que l’indice Dax mais où l’on parle une langue que personne ne comprend ni ne veut apprendre et où quand même la dernière fois qu’il y a eu une grose Krise le modèle a dangereusement foiré, c’est grosso modo ce que font aussi les mangeurs de pâtes aux truffes hors saison et autres conducteurs de Porsche ou autres ersatz de puissance sans les mains parce qu’elles sont tremblantes,  -trop rarement- menottées et/ou derrière le dos pour croiser les doigts en priant « pourvu que ça dure« .

On pourrait discuter de la baisse du pétrole, de la hausse du Franc … Suisse, des pertes de flegme en Grande Bretagne et d’autres bizarreries du monde genre les jasmineries qui continuent, la bourse de Séoul qui joue les grandes marées ou l’absence de capitaine dans l’équipe de France de foot si on avait le temps et des cerveaux aussi gros et bien connectés que les experts en conférences pédago-médiatiques en vacances qui n’ont pas trop le temps de parler à la TV en ce moment parce qu’ils sont trop occupés à boursicoter ; à faire repeindre les volets du riad ; à essayer de comprendre ce qui se passe en lisant d’autres blogs que ceux qui se trompent consciencieusement depuis longtemps mais vendent d’autant plus chers leurs conseils et interventions médias qu’ils ont eu il y a plus ou moins longtemps les meilleurs diplômes ; à refaire leurs powerpoints pour les universités d’été des uns de tribord qui payent bien, des autres de babord qui ne payent pas mal et qu’il faut ménager au cas où ils prendraient le pouvoir, ou des d’ailleurs d’on ne sait pas bien d’où ils sortent ni vers quoi ils vont mais qui sur un malentendu pourraient devenir momentanément influents comme dans le Bade-Wurtenberg alors comme la bourse est incertaine, ça vaut le coût d’investir et de réseauter un peu partout, surtout que peut être il y a des idées à voler prendre ailleurs que d’hab’.

A ce stade, sauf si on comptait sur la vente d’actions pour payer l’accompte d’un appart’ plus ou moins spéculatif à Paris (c’est pas grave, les lingots montent, il suffit de vendre un peu d’or contre de la pierre en demandant au conseiller fiscal comment optimiser, il est plus cher en période de vacances mais ça vaut le coup quand même, et puis l’inévitable inflation permettra de rembourser le crédit à taux fixe à très bon compte) ou qu’on voulait tester cet été la climatisation du mas (ou riad, ou chalet ou whatever niche fiscale à diesel 4-4 urbain surpuissant) à l’électricité solaire installée grâce aux défiscalisations (made in China, mais c’est un autre sujet, ou pas), c’est business as usual et tant qu’il y a ce confortable climat breton sur Paris-Plage avec des averses entre deux rayons de soleil, ou vice-versa, chez nous et que les incendies restent dans des coins qui n’ont même pas l’Euro genre les forêts norvégiennes ou les villages britanniques, on n’est pas obligés d’être masos en regardant la TV alors que le Tour de France est fini et que la coupe du monde de rugby n’a pas commencé, en cherchant du wifi pour essayer de comprendre ce que pensent les buzzistes mondiaux sur internet genre Krugman ou les banquiers plus ou moins centraux, ou à essayer de savoir ce que disent Minc, Terra Nova, le Medef ou BHL pour le compte de nos politiques en vacances dans les journaux.

« Confiance » nous dit la photo noir et blanc de Trichet à la télé : ça pourrait être pire (par exemple si les communicants d’Eva Joly n’étaient pas hors zone de couverture GSM).

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 9 août 2011

             

Ps : l’excellent numéro d’août de la revue « Avantages » étant déjà remplacé dans les rayons des Maisons de la Presse par l’opus de septembre qui sent trop la rentrée pour ne pas gâcher les vacances dites « d’été », et les quotidiens même les plus civilisés et généralement immunisés contre la dépression globale genre « La Provence » ou « Le Dauphiné Libéré » ne résistant pas à imposer au lecteur les commentaires des zexperts sur les bourses, le foot, ma météo et autres verges à se faire fouetter le moral, le mieux, si l’on a la chance de ne pas avoir été trop victime d’un Titanic notarié au fil des décès familiaux, est de faire un tour vers les bouquins qui sentent la vieille poussière comme ces bouteilles antiques qu’on retrouve dans une cave et qu’il faut se battre contre toutes les lectrices d’Avantages pour ne pas laisser nettoyer sauvagement si l’on commet l’erreur de montrer la découverte. Un vieux bouquin pour les djeuns d’un peu avant le déluge de 1939, ni pédago-chiant genre Front Pop’, ni rassi genre Action Française, mais bien écrit et pétillant d’intelligence caustique et d’humour indispensable, et vice-versa, ça se trouve en fouillant un peu les greniers. Bourliaguet, par exemple, il est moins connu que le vieux Voltaire parce qu’il avait moins de moyens pour financer sa pub et moins médiatisé que le cacochyme Céline parce qu’il n’a rien fait, pensé ou écrit de nauséabondement trop long, et on n’en parle pas chez Lagarde et Michard que de toute façon les mômes ne lisent plus parce qu’on leur a au mieux expliqué que le chef d’oeuvre absolu de la littérature anti-totalitarisme c’est « Maus », mais ça vaut toujours le coup d’ouvrir un de ses contes ou n’importe quel écrit sur lequel on tomberait par un heureux hasard (rare sur e-bay). Cela ne peut faire de mal à aucun neurone de plonger un peu dans les aventures du Petit Rat Justin, publiées en 1936 par une sorte d’instituteur un peu hussard de la République qui avait lu les bons auteurs mais conservé assez de sens de l’humour pour survivre à la guerre de 1914-18 malgré une fréquentation précoce des tranchées (mobilisé à 19 ans en « 14 » dans l’infanterie, c’était une plaisanterie assez mauvaise, souvent mortelle) et assez de vocation pédagogique pour continuer à écrire après 1945 alors que manifestement personne n’écoutait beaucoup ce qu’il avait déjà essayé sans beaucoup d’audimat de dire dés 1929. Bourliaguet est mort en 1965 d’un genre de crise cardiaque comme tout le monde à cette époque reculée où l’on n’avait encore inventé ni le cancer, ni le sida, ni les lobbyistes, mais ni le monde, ni les rats n’ont tellement changé à quelques détails d’intendance près et c’est dommage qu’il ne puisse nous offrir un blog en 2011 avec son humour qui en avait vu tellement d’autres et plus si affinités.

C’est fini pour aujourd’hui.

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A propos renaudfavier

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2 commentaires pour La situation est grave, mais ça pourrait être pire

  1. damienperez34 dit :

    Les coccinelles et méduses ont remplacées les sardines et anchois…
    L’orage laisse place au mistral et les vacanciers hésitent à vendre ou à accumuler leurs choc-option du cAc….on ne sait pas d’où on vient mais c’est pas grave; on sait où on va et ça ne pourrait être pire…
    A Londres ça casse avec des pierres précieuses ou pas, heureusement celles-ci ne manquent pas, qui sait ? peut-être qu’investir dans la pierre est la solution, et que les sardines boucheront à nouveau le port, et les anchois videront les stocks de sel…
    Ce qui est clair, c’est qu’avec un tel climat, il ne faut pas viser la lune…

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