Sinon, se mettre au golf ?

Avec tous ces binz écos (logique, nomique, systémique …) qui disconctent encore plus qu’avant, c’est le moment de trouver un sport anti-stress sympa. Moins de truffes et de beurre dans les pâtes, c’est un bon début, mais il va falloir s’y (re)mettre avant Nouvel-An.

Parce que, bien sûr, on peut transpirer en claquant les sous qui restent (ou qu’on peut emprunter en espérant que l’inflation et autres solutions radicales contre le surendettement pourraient faire mentir le dicton selon lequel « le crime ne paie pas ») en immobilier délirant genre hôtels de régions pharaoniques -mais construits pour ne pas trop durer selon les standards de qualité de l’époque- et assimilés parapublics ou sam’suffits personnels plus ou moins suffisants à permis de construire plus que moins capilotractés ou mètres carrés qui ne tournent plus rond pour spéculer à Paris, en bagnoles toutes options frime inutile et performances dangereuses aspirateurs à emploi vers ailleurs (sympa le chapiteau de cirque sur l’ex-usine Renault de l’île Séguin ces jours, presque face à Rock-en-Seine, mais ça crée beaucoup de bonheur durable ces spectacles ?) et à dividendes vers partout sauf vers le fisc gaulois, en montres et autres gourmettes et bagouzes pour vieux sans lesquelles un quinquagénaires bien né et/ou correctement diplômé perdrait sa puissance érectile et devrait se résoudre à faire assassiner des requins, éléphants ou tigres avant de s’inscrire sous pseudo sur Meetic, ou même en indulgences genre cotisations défiscalisées à des oeuvres, paniers Amap ou frais de scolarité -pas défiscalisés, comme quoi vraiment les niches fiscales visent partout sauf là où ça servirait vraiment l’avenir- des djeuns dans les écoles pas trop subventionnées qui préparent le moins mal à une activité économiquement viable et créatrice de valeur pour la société genre artiste qui vend super cher ses tableaux à des étrangers mais qui paye ses impôts en France ou jeune masoptimiste qui crée une boite et des emplois en Gaule (pas un truc de services dits d’intérêt général externalisés mais financés par la dette ou une niche de fourniture de machins-bidules importés à des acheteurs publics subventionnés par l’emprunt provisoirement AAA) par goût du challenge. Mais tout tout ces sports de riches à durée indéterminée, on a déjà essayé sans grand succès pour les poignées d’amour, c’est comme le rameur remisé au grenier ou les investissement miracles dans les plantations d’agrumes ou les appartements en solde cause faillite en Floride et autres gadgets financiers qui ont aidé deux ou trois générations de dentistes à redistribuer ce qu’ils avaient économisé à 4000 euros la couronne, c’est convaincant dans les pubs à la TV mais qu’est-ce que ça sert à rien !

En tout cas, il faut trouver un truc pour les investisseurs et autres traders en instance de nervousse breakdaone et autres nuisibles des écrans qui finissent par choquer un peu tout le monde en faisant monter et descendre les bourses et en commentant les vagues comme si cela pouvait donner du plaisir ou servir à quelque chose. S’ils n’osent pas aller au golf pendant les heures de bureau parce que si le wifi du club ou le réseau e-Spécule tombe en rade ça pourrait nuire au bonus, ni jouer à Meetic dans le métro au cas où un partenaire potentiel serait dans le même wagon, le e-golf sur iPad ou autre tablette érectile est une excellente option pour calmer les bourses et les nerfs sans risque pour les bonus ou pour le dos et si vraiment on ne peut pas s’empêcher de jouer du fric, il y a certainement une option « parier en ligne ».

Il faudrait aussi un sport pour les politicien(ne)s au bord de la crise de nerfs, sinon LCP et toutes les chaînes d’info vont encore être mobilisées à chaque fois qu’un communicant politique aura une overdose d’auto-bronzant et on ne s’en tirera pas en demandant au CSA de comptabiliser les 72h de direct sur les universités d’été des uns ou des autres pendant qu’il faisait encore beau et qu’on avait du jardinage à faire (même si on ne peut pas arroser à cause de golfs, mais c’est un autre sujet, ou pas). Tant qu’à y être, si on est vraiment obligés de regarder les politiciens à la TV par fidélité aux idéaux républicains et parce que c’est plus facile que de lire des journaux ou des professions de foi et parce que de temps en temps ils sont drôles, volontairement ou pas, ce serait plus délassant de leur faire faire un tournoi de golf que de les voir sautiller sur des estrades. En plus, s’ils tiennent vraiment à leur statut (statue ?) et exigent des bagnoles à leurs couleurs, les trucs de golf électriques ne sont pas plus moches et sont sûrement plus économiquement viables que les horreurs plus ou moins sponsorisées qui encombrent les rues de la Rochelle ce week-end.

Le problème du golf, c’est comme pour tous les luxes et la politique, quand c’est rare et réservé à quelques maîtres du monde et happy few (et moi-je si possible, sauf que j’aime pas le golf et pas trop le luxe par principe et que pour la politique, il parait qu’il faut aller écouter des voix à des universités d’été ou les pêcher dans d’autres maisons de retraites alors je préfèrerais des bons d’achat à la FNAC), c’est beau comme l’American Dream, mais seulement à la TV et dans les magazines.

Et puis quand n’importe quel golfeur professionnel (ou autre parasite réputé professionnel surpayé d’une discipline plus ou moins olympique et plus ou moins médiatique mais plus que moins rémunératrice et plus que moins défiscalisée et/ou génératrice d’avantages sociaux, régimes de retraite particulier et voitures avec chauffeur) peut mobiliser le voiturier du bon restaurant avec terrasse à cigares et p’tites pépées pour sa caisse noire et qu’en plus à force d’envoyer en Chine et aux fonds d’investissements en paradis fiscaux les lingots honnêtement hérités, les indemnités pas toujours très légitimes ni décentes et les Euros trop souvent empruntés, toutes les chambres correctes dans les hôtels de coins sympas (racheté par des industriels Asiatiques ou des financiers Anglais) sont réservées pour des Allemands et des Chinois à cartes de crédit plus dorées, voire platinées, que les nôtres et qui viennent acheter des vignobles et jouer au golf pendant nos week-end d’automne prolongés par les 35 heures, et qu’encore en plus à cause de la sécheresse on ne peut même pas laver sa bagnole (made in plus ou moins elsewhere quoi qu’on fasse) dans sa maison de campagne hypothéquée et bientôt même plus défiscalisée parce que le club-house du coin a priorité pour l’arrosage, le golf, ça gave un peu comme si c’était un genre de révélateur du toukivapa des zélites et d’incitateur à s’indigner plus ou moins stérilement, à protester plus ou moins sobrement ou à aller … jouer ailleurs (ce qui serait au moins meilleur pour les nappes phréatiques) comme un vulgaire exilé fiscal ou un simple émigré politique même si en ce moment New-York fait un peu peur et si on sait bien que les golfs dans les pays correctement ensoleillés sont encore pires à la plupart des égards.

L’herbe d’Irlande du (golf) voisin semble toujours plus verte.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 28 août 2011

             

Ps : mais quand-même, le golf, c’est plus sexy que les universités d’été …

Ps2 : si on osait se moquer un peu du Général, genre en râlant que quand on revient de vacances par un vol direct Air France à Charles de Gaulle les bagages arrivent beaucoup moins vite que quand on a eu une correspondance KLM à Amsterdam et qu’en plus aller choper le RER est une péniblerie limite parcours du combattant alors qu’on peut se faire une petite virée à Amsterdam quasiment sans quitter le tapis roulant de l’aéroport, on oserait presque jouer les Eva Joly et proposer un nouvel hôtel aux apparatchiks du #PS pour leur fête annuelle des humanités à la Rochelle (et même à plein d’autres partis qui veulent faire leurs fêtes ailleurs à d’autres moments, quand on aura retrouvé l’hélice du paquebot).

Ps3 : mais il y a des limites à ne pas dépasser, sinon on renverse les ordres établis et ensuite c’est le binz, comme pour le « France ».

C’est fini pour aujourd’hui.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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4 commentaires pour Sinon, se mettre au golf ?

  1. sinon se mettre à poil !
    … en attendant la nouvelle canicule!!!

  2. Ping : Kierkegaard, combien de divisions ? | Renaud Favier : Café du matin à Paris

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