Qu’en dirait … Cartier (Jacques, pas Raymond) ?

Jacques Cartier ne se formaliserait pas de la hausse du prix du tabac, lui qui ne l’aurait « guère apprécié » lorsque les Iroquois lui offrirent. Il serait plus circonspect face à la « Nouvelle France 2.0 » de « Corrèze avant Zambèze » (formule de son homonyme Raymond Cartier).

On ne connait pas le « vrai » visage de l’explorateur Malouin. On ignore d’ailleurs assez largement les détails de sa vie et de ses navigations, hormis ses trois expéditions pour le compte de François Premier. Sa biographie est d’autant plus romancée que les manuscrits originaux des « Relations » de ses découvertes et rencontres dans le futur pays qu’il appela « Canada » ont disparu. On n’est même pas tout à fait certain qu’il repose sous la dalle à son nom en la cathédrale de Saint-Malo. En revanche, si l’on n’a pas le bonheur de pouvoir aller marcher sur ses traces aux Amériques, s’éblouir devant l’été indien avant le rude hiver canadien et respirer l’air du grand large de la Nouvelle France des pionniers au musée des civilisations ou au musée de l’Amérique française, on peut d’un simple coup de TGV ou autre moyen de transport moderne aller au manoir de Jacques Cartier transformé en petit musée entre un hommage aux corsaires sur les remparts de Saint-Malo et un bol d’embruns marin (et/ou de cidre) d’automne.

Et si on a un peu plus de temps, de moyens ou whatevers works pour justifier un saut à Montréal, le pont Jacques Cartier est un monument magnifique, symbole d’autant plus émouvant de la rencontre des peuples et d’une certaine idée de l’avenir que sa construction fait écho aux techniques d’Eiffel (et qu’on manque un peu de monuments à Cartier en France mais c’est une autre histoire, même si c’est en principe la nôtre).

Cartier, qui était volontiers témoin ou juré dans les affaires judiciaires de Saint-Malo lorsqu’il n’était pas sur un navire ou à échanger des peaux contre des verroteries en des terres lointaines et des époque de même où les termes de l’échange de cette mondialisation nous étaient favorables, s’étonnerait probablement un peu que tant de beau monde de Paris perde la mémoire et se désolerait que la justice semble, à tort ou à raison, avoir un peu perdu le (Grand ?) Nord. Le découvreur lèverait les yeux aux cieux devant tant de non-lieux mais le navigateur les fermerait pudiquement devant certaines erreurs judiciaires sombres affaires entre la France et les Amériques, certains scandales blanchiments de Français d’Amérique et certaines valises zones très grises dans les (grands ?) hôtels. Peut-être proposerait-il de créer une aile des « horreurs de justice » dans un musée.

Cartier, qui sans être médecin avait su soigner ses équipages du scorbut en s’inspirant des méthodes des Indiens « Micmacs » (infusion d’aiguilles et écorces de pin), s’étonnerait que la médecine moderne de France que le monde entier nous envie (enviait ?) semble, à tort ou à raison, avoir un peu perdu le (Grand ?) Nord. L’entrepreneur déçu par l’or et les diamants des Iroquois (pyrite et quartz, les Habsbourg auront plus de chance dans les Andes) lèverait à nouveau les yeux aux cieux devant les Mediator et plus si affinités, les gestions approximatives de la santé publique et … les nuages ukrainiens clignotants mais sans danger selon les polyvalents administrateurs de Météo-France et autres établissements de santé que le monde entier nous envie. Peut-être proposerait-il de créer une aile dédiée à la bien nommée prison de la … Santé mais lui qui est certainement décédé de la peste n’espérerait pas de miracle pour la Nouvelle France, même avec un Hôtel-Dieu.

Cartier, qui sans être né notable avait été assez pragmatique pour faire un mariage utile et assez « politique » pour s’assurer le soutien des puissants du moment et la bienveillance du Roi pour ses expédition, s’inquiéterait probablement que la Nouvelle France ne trouve d’espoir qu’en des gestionnaires formés dans des écoles d’agents de catégorie « A » du service public et/ou des professionnels de la (communication ?) politique amateurs de régimes spéciaux sinon de chère chair pâtes aux truffes et que les citoyens devenus supporters, voire groupies, semblent avoir un peu perdu le (Grand ?) Nord. Le capitaine d’équipages hasardeux de tous poils et diplomate négociateur au long cours avec les hommes rouges de toutes tribus préfèrerait ne pas (sa)voir toutes les vérités, semi-vérités et autres non-vérités des héritiers de ses contemporains (lui même n’a pas eu de descendance connue) mais peut-être suggérerait-il de changer un peu le contenu du programme de l’option « Service Public » à l’école des Primaires, de booster les UV de déontologie réelle, économie rationnelle et vérité sans OGM plutôt que de multiplier les séances de bronzage artificiel qui font perdre le sens de l’intérêt général d’abord, la mémoire ensuite.

Cartier n’a jamais été anobli. Ni sérieusement décoré. François 1er est mort un peu trop tôt, probablement. Ou alors les conservatismes et corporatismes de la Vieille France étaient-ils déjà à la manoeuvre quand la Nouvelle France ou tout autre esprit de réforme menaçaient l’ordre établi. Mais, que les indignés parviennent ou non à faire bouger des lignes, une Renaissance est toujours possible en Europe.

Vive le Québec la Nouvelle France libre !

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 17 octobre 2011

          

Ps : du temps où les mômes apprenaient l’histoire et la géographie à l’école, ils savaient que la France n’a jamais été puissance coloniale du côté de la Zambie et des chutes Victoria. Niagara, en revanche, est au coeur de ce que fut la Nouvelle France (le Mississipi aussi, et ce n’est pas une autre histoire) : on a les chutes qu’on mérite mais on n’en hérite pas toujours et ce n’est pas toujours moins dur quand il fait froid.

C’est fini pour aujourd’hui parce que même si les zexperts en météo qui annonçaient le beau temps à Paris se sont mis le doigt dans l’oeil comme leurs collègues qui annonçaient la semaine dernière la victoire des Anglais au rugby ou celle du Poitou-Charente en socialisme primaire, il faudrait quand même penser à couper du bois pour l’hiver et à creuser quelques trous pour planter quelques arbres fruitiers à la Sainte Catherine, parce que même si le G20 a promis de sauver le monde et même si François de Corrèze (n’est pas François 1er qui veut, n’est pas du Zambèze idem) a promis de réenchanter la France et même si la météo raconte qu’après la pluie le beau temps, les vieux sages, Iroquois, Micmacs et autres Indiens de Nouvelle France savent que l’hiver pourrait arriver vite et être rude et long, quelle que soit le tribu du chef qui sera élu en 2012 pour (entre)tenir la maison (Nouvelle ?) France.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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