Qu’en dirait … César (Borgia, pas Jules, quoique …) ?

« Aut Caesar aut nihil » (Ou César, ou rien) répèterait l’héritier (des ?) Romain(s) au sujet duquel Machiavel a dû retenir sa plume pour transcrire une Histoire brutale de tyran de juste avant la Renaissance européenne en un genre de « Gouverner pour les Nuls » vintage.

Shakespeare fait dire à l’autre César (Jules) pas mal de vérités dont certaines visaient à fâcher les (im)puissants des Empires du moment. Rien de particulier sur les cours (les courts ? la cour ?) du sesterce, le déclin de la Grèce (graisse ?) ou autres épiphénomènes (real men ?) de l’Histoire antique parce que comme tous les « grands » et artistes un peu détachés des bassesses et autres contingences, il devait penser : « l’intendance suivra ». Va savoir s’il ferait dire « Veni,vidi,vici » à l’ambitieux Borgia, et en quelle latin, s’il pouvait écrire aujourd’hui.

Mais César Borgia, c’est une autre histoire même si ça se passe plus ou moins au même endroit et et définitive à peu près dans les mêmes circonstances et avec des gens peu différents. César Borgia n’a par exemple, pas pu dire « Toi aussi mon fils » à sa seule fille « officielle » qu’il n’a guère connue et qui n’a pas commis de méfaits notables, ni à la grosse douzaine d’enfants illégitimes dont aucun n’a, heureusement, pu perpétuer les moeurs du « glorieux ancêtre ». Il pouvait, en revanche, dire ‘Mon Père » à double titre au sien, ce qui n’est pas donné à tout le monde. En tout cas, cela amuserait autant Shakespeare que Machiavel de revisiter la formule en inventant un genre de « Toi aussi, mon petit fils, » au sujet de la famille Bettencourt qu’il jugeraient peut-être digne, sinon d’hériter des milliards d’un inventeur de shampoing (on a les parents commerçants qu’on mérite, tout les mécènes ne peuvent pas être fils de pharmaciens florentins comme les Médicis, et les dividendes qu’on hérite, mais tout le monde ne peut pas s’offrir des suites garnies dans de grands hôtels comme les petits Borgia du 21ème siècle), du moins d’être honorée de la médaille « Borgia » que le petit César d’il y a 5 siècles aurait créé s’il avait vécu assez longtemps pour devoir inventer un honneur pour les généreux notables et autres fidèles soutiens comme tout Prince soucieux de l’équilibre de son canton, de la satisfaction des vanités (faute de bûcher) et du financement de son parti.

Sur ce Kadhafi dont la vie s’est déroulé en 3 actes comme toute bonne tragédie classique (la jeunesse du révolutionnaire adulé, l’âge mûr du terroriste controversé, le déclin du tyran détesté), Shakespeare, Machiavel et Goscinny s’amuseraient à faire dire à leur petit César « Delenda est Kadahafi » s’ils voulaient faire sourire mais Borgia ne se moquerait probablement pas d’une sorte de disciple qui a très consciencieusement empoisonné plus de décennies qu’il n’en a lui-même vécu et qui est mort pareillement sans gloire lors d’un siège militaire sans importance.

En tout cas « tu n’es qu’un homme » penseraient également César Jules et Borgia César sur le très (trop ?) gaulois DSK même s’il se confirme qu’il est non seulement blanc pour le Sofitel et pour la journaliste (voir la presse hostile au conservatisme de gauche en général et à la candidature #DSK en particulier pour les derniers développements de la forêt derrière l’arbre Tristane), mais transparent pour le Carlton et ni responsable, ni coupable de la guerre électorale d’une Gaule devenue de candidats et zélus coupeurs de cheveux et autres poils de chevaux en quatre au tarif de nuit après avoir celle de guerriers mieux chevelus et souverains plus mémorables. Mauvaise surprise pour César, fut-il Borgia, que les petitesses des nouveaux maîtres du monde gaulois.

Sur les députés qui passent leur séance de nuit (en heures sup ?) à protéger la niche fiscale des chevaux de course ou à vérifier le taux de sucre des boissons pour adolescents alors que Rome l’Europe brûle ; sur les donneurs de leçons médiatisées ramollis de trop de pouvoir, trop d’honneurs, trop de confort, trop de tout comme de vieux maréchaux napoléoniens qui n’auraient même pas livré de batailles avant de se vautrer dans l’autobronzant et les canapés des plateaux TV ; sur les responsables économiques qui n’ont pas entretenu notre jardin d’éden sans voir que des communistes cultivaient avec succès leurs rizières et que des koulaks faisaient refleurir leurs kolkhozes, César Borgia dirait comme son illustrissime impérial prédécesseur romain que c’est pas un cadeau que d’avoir de telles zélites zélus.

« Bravissimo » concluerait l’empoisonneur devant les prêts toxiques à des collectivités dirigées par des élus peut-être bon père de famille selon la formule consacrée en cours de droit de 1ère année mais (très) naïfs et qui pourraient quand même prendre quelques cours du soir de finances plutôt que de passer leur temps à faire la claque dans des meetings ou le public sur des plateaux TV, quelques leçons d’économie réelle le week-end plutôt que de serrer des paluches ou tracter des publicités politiques jamais lues sur les marchés et de mériter un tant soit peu les voix en semaine plutôt que de faire marcher le petit commerce dans les grands hôtels ou de voyager (d’études ?) en business et plus si affinités pour aller voir perdre des matchs de foot en Espagne pour les uns, faire des photos (souvenirs ?) électorales à Fukushima pour les autres, ou simplement faire pré-campagne pour les élections des députés des Français de l’étranger pour un peu tout ce petit monde qui ne mérite guère de lauriers.

César Borgia est mort à 31 ans. Au moins n’a t’il pas consacré trop de son temps sur terre à préparer sa retraite ou son exil, à ridiculiser la démocratie pour s’assurer une élection à un genre d’Assemblée pas trop indispensable ou le parachutage de notables « amis » dans des fromages pas trop nécessaires, ou à se faire construire sur fonds plus ou moins suspects des datchas plus ou moins consternantes sur l’une ou l’autre rive du mare nostrum et des niches fiscales de taille palais autour de l’un ou l’autre des parking à 4-4 à sièges en cuir du Nord de l’Euroland. Mais même s’il peut rester silencieux parce que Machiavel lui a assuré une gloire éternelle avant même les mangas, Manara et Canal+, il nous dirait volontiers qu’on a les César et les Romains qu’on mérite.

« L’Euro(pe) ou rien » dirait César Borgia aujourd’hui. Ou pas

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 21 octobre 2011

  

Ps : sur le affaires et la justice du moment, César (Borgia, pas Jules, quoique …) dirait d’aller poser des questions préalables à Montesquieu parce que même s’il en a vu de toutes les couleurs avec Lucrèce et quelques autres délinquants, lui, il n’est qu’un homme qui ne commente pas les (in)décisions de justice et qui sait bien que « Dura lex, sed lex », en général. Ou pas …

C’est fini pour aujourd’hui, parce qu’il y a temps pour l’humour et un temps pour la littérature sérieuse sur les Borgia.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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