Mad in France ! Qu’en dirait-on … à Alger ?

L’Histoire choisira peut-être de retenir plutôt que France-Soir aura été le premier quotidien français à passer au tout électronique. On a les pionniers du cloud qu’on mérite au pays du Minitel et des emprunts russes. Le patron avait-il dit « Je vous ai compris » aux journalistes ?

Ce n’est pas qu’il soit indispensable, ni même raisonnable de conserver à grands frais toutes les icônes fatiguées d’un siècle trépassé. Il y a eu un temps pour les grandeurs, plutôt dans les années 50-60, pour une presse populaire avec Lino Ventura en homme sandwich pour France-Soir, mais c’est comme la TV en noir et blanc, l’Algérie française et les films d’Audiard, tout passe, tout casse tout lasse. En Algérie où on a le sens de l’humour et où on a vu et revu les Tontons Flingueurs parce que c’est quand même plus drôle que le journal de 20h et autres télé-réalités, on (se ? nous ?) dirait : « C’est quand même curieux chez les marins français, ce besoin de faire naufrage ».

Non pas qu’on soit très surpris, ni vraiment choqué qu’il y ait des gagnants et des perdants avec le changement de climat économique. Ni qu’un journal dont l’ADN venait de la Résistance finisse par disparaître comme d’autres victimes de la baisse de la biodiversité et du changement des mentalités. Ni qu’une entreprise entretenue comme une maitresse parisienne soit un jour abandonnée par son milliardaire étranger lassé (et en général marié ailleurs et souvent par essence pas trop fidèle, limite volage sinon il n’aurait pas de danseuse à Paris), tout cela a toujours été dans l’ordre des choses. En Algérie où on a aussi essayé de créer des industries soviétisées mais où on garde le sens de l’humour vache vis-à-vis de l’ancienne métropole, on (se ? nous ?) dirait que quand même après Péchiney, Usinor et quelques autres petits et grands triomphes pour l’emploi et le « produire en France », on devrait y regarder à deux fois avant de se mêler (s’emmêler ?) de politique industrielle et se souvenir de cette blague de patrons de presse et autres fabricants d’avions (d’ailleurs souvent les mêmes en France) : « comment devenir millionnaire dans la presse (ou l’aviation) ? En commençant milliardaire et en obtenant des subventions pour compenser une partie des surcoûts français, sinon on finit au RSA comme les journalistes ». Si on osait (sou)rire de tout, on (se? nous ?) dirait : « Vive la presse libre !« .

Non plus qu’on soit vraiment bouleversé, ni très étonné que deux tiers des salariés de France-Soir restent sur le carreau. La France a depuis longtemps fait par ses bulletins de vote, ses décisions collectives et ses renoncements individuels, et vice-versa (et dans le vice versa, on ne dira jamais trop) le choix de sacrifier les emplois de uns pour préserver les salaires et privilèges des autres, sans même l’excuse de syndicats représentatifs de beaucoup plus qu’une minorité de salariés ou co-gestionnaire de grand-chose à part les comités d’entreprises des plus grosses boites. En Algérie où on a le souvenir encore à vif d’une colonisation qui a eu l’humanité de beaucoup moins massacrer les autochtones que d’autres mais qui a délocalisé outre-Méditerannée (déjà …) les travers français au premier rang desquels cette regrettable habitude de parler beaucoup d’égalité et de fraternité mais de préserver ou reconstruire l’Ancien-Régime et se tromper de présent et d’avenir à chaque fois que l’occasion se présente, depuis les concours plus ou moins administratifs jusqu’au régimes spéciaux de retraite en passant par les fermiers généraux et le népotisme familial, on (se ?  nous ?) dirait que dans les pays qui marchent, notamment en Asie mais aussi ailleurs en Europe, on cherche plutôt à préserver le tissu social, les capacités de production et le pouvoir d’achat collectif en réduisant drastiquement les salaires plutôt qu’en ne remplaçant pas un départ sur deux à la retraite en régime spécial, en réduisant le temps de travail et les rémunérations de tout le monde plutôt que de légiférer que les derniers salariés travailleront moins pour gagner plus avant d’éteindre la lumière quand on leur dira aussi de partir et les autres citoyens plus du tout pour ne plus rien gagner, et en évitant autant que faire se peut que la politique économique du 21è siècle se fasse moins « in real life » ou sur les réseaux sociaux, qu’entre la corbeille, les bureaux d’apparatchiks et les officines de lobbyistes.

Quant-à savoir si on peut vivre longtemps au-dessus de ses moyens quand les banques elles-mêmes licencient à tours de bras pour préserver les retours sur investissement à court terme plutôt que de préserver leur « outil industriel » en organisant un peu plus intelligemment la réduction de leurs coûts salariaux, si ça va être possible de rembourser en devise dévaluée les dettes contractées au nom de « la boite » pour assurer le train de vie et les privilèges de minorités quand les taux vont monter et que le marché et les agences de notation vont le décider, si on peut transformer un kolkhoze en entreprise économiquement viable en le branchant sur internet quitte à augmenter ses factures d’électricité nucléaire, ou si c’est facile de bosser pour le 4è pouvoir dans un pays où la presse et ses lecteurs sont libres de choisir entre le Canard Enchainé et les pravdas d’un bord ou l’autre mais où on met le feu au Reichstag à Charlie Hebdo et où le législateur s’intéresse plus à la TVA sur les panneaux anti-radars fictifs qu’aux conflits d’intérêt ou à certaines affaires et goûts des autres dont il est plus sage de ne ni se mêler, ni parler, ne serait-ce que parce qu’on ne commente pas les décisions de (in)justice. En Algérie, on (se ? nous ?) dirait qu’on a de la chance que jusqu’ici tout aille bien en France malgré tout et qu’à part quelques incendies rituels de bagnoles bien assurées pour Nouvel-An, il n’y a pas le feu. Et ça tombe bien, parce qu’avec tout ce papier journal et ces sans-papiers, ça pourrait être compliqué si quelqu’un jouait avec des allumettes et ça pourrait finir aussi mal que dans le conte d’Andersen …

Jusqu’ici, tout va bien, personne ne va descendre dans la rue parce qu’il y a dans ce pays une fracture sociale même si entre la candidature de l’UDF et les procès du RPR on se sent un peu back to the future vers 1995 et moins si affinités ; personne ne va sortir les porte-voix réglementaires parce qu’on a égaré un AAA et que même si on ne sait plus trop si c’est grave ou pas ça la fiche mal vis à vis des prêteur à qui on voudrait faire croire qu’on est un pays sérieux comme disait Mongénéral ; personne ne vas sortir manifester avec la tempête qu’on annonce en Bretagne, même si la préfecture recommande de fermer les volets et d’éloigner les voitures par principe de précaution. Mais à Alger où on se souvient de manifs pacifiques qui tournent très mal et d’un pouvoir parisien qui perd les pédales avant de perdre un pays mais où on connait les classiques et parle encore français, on (se ? nous ?) dirait de quand même faire un peu attention parce qu’il pourrait ne pas y avoir loin du capitole de France-Soir à la roche tarpéienne au Grand-Soir.

Ceci dit, on ne l’achetait plus depuis longtemps, France-Soir, et ça fait un bail que c’est plutôt le Parisien et l’Equipe qu’on feuillette au comptoir du bistrot en surfant sur son smartphone buvant le café du matin. Alors sous réserve que quelqu’un confirme que les e-books, blogs et autres e-jounaux ne sont pas de fausses bonnes idées économiques et écologiques comme les panneaux solaires made in China subventionnés par la dette AAA et des contrats de rachat d’électricité à prix hors marché par un exploitant public de centrales nucléaires et comités d’entreprises et installés sous la pluie par des plombiers étrangers, sur un malentendu, ça peut marcher et finir par créer du vrai job bio, ce France-Soir 2.0.

Et #occupythefuture, avec tout ça ?

©2011 Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 15 décembre 2011

                

PS : Pour ces histoires de AAA pas trop durable et de dette pas trop soutenable qui nous tombent dessus par surprise comme Noël, le retour du made in France et le réchauffement des promesses électorales de gouvernement d’union nationale climatique et dont on doit sûrement parler dans le nouveau France-Soir électronique, on (se ? nous ?) dirait à Alger de ne pas en faire toute une affaire (d’autant qu’on est plutôt trop actifs en certaines même s’il y a généralement non-lieu ou sursit et pas toujours très doué pour les autres qu’on fait parfois en des lieux étranges) parce que si, en France, on n’a plus de pétrole depuis qu’on a perdu l’Algérie et trop de lobbies et de notables depuis toujours contre les songes d’Attali et autres bonnes idées, on a le Club de Paris qui a très bien marché pour remettre le pied à l’étrier des futurs pays émergents qui avaient aussi un genre de crise et pas mal de dettes impayables au siècle dernier et qui s’en sont sortis en même pas une petite génération en mettant en oeuvre des politiques économiques rationnelles avec l’aide du FMI. Pas tous, bien sûr, et les Francophones qui avaient dévalué de 50% leur franc (CFA) n’ont pas performé très au-dessus de la moyenne question réindustrialisation, développement démocratique durable ou intégration dans l’économie réelle ou 2.0 mais au moins avancent-ils plutôt dans le bons sens. Sinon, il y a le relatif contre-exemple argentin que des romantiques aimeraient suivre mais il faudrait produire du blé OGM à hautes doses, si possible trouver du pétrole ou exploiter le gaz de schistes, ne pas être trop pressé question réforme administrative et prier pour que ça dure entre les fuites de capitaux qui n’ont jamais cessé et les inégalités qui ne sont jamais si bien portées, le risque de catastrophe écologique et la tentation de l’aventure populiste qui n’est jamais bien loin en « extrême occident ».

C’est fini pour aujourd’hui parce que soutenir la presse française, c’est bien, mais il y a aussi des vérités à aller lire ailleurs.

Twitter est un peu (trop ?) surveillé dans certains pays, et le changement d’ergonomie peut surprendre, mais on y trouve France-Soir et il y a des Twittos algériens.

Happy Wednesday 😉 * w/ Coldplay – Paradise (Official) –facebook.com/cafe.matin.par… ♫ blip.fm/~1950kk

Corruption au PS : Aubry nie tout problème dans le Pas-de-Calais tiny.cc/uz5km Retweeted by Renaud Favier

Procès Chirac : Coupable ! tinyurl.com/76872d5 Retweeted by Renaud Favier

2 ans & sursit pour #Chirac « la justice est passée », même tard & ça coupe l’herbe sous le pied des plus démagos

Frankreichs Ex-Präsident Chirac schuldig gesprochen dlvr.it/10b3pJ Retweeted by Renaud Favier

C’est moi qui ai touché les paramétrages de Twitter où la page d’accueil a été chamboulée ? C’est peut-être pour ça que c’était bloqué hier

Comme il n’y a pas de sommet à Bruxelles, de tsunami en Bretagne ou de massacre en Norvège ou Belgique, on parle des sondages avec le café

#Euro en baisse, bien pour les exportateurs dont les banques financent la sous-traitance en Chine mais il y a aussi une dette en dollar …

Les bourses d’Asie baissent aussi un peu mais les indices mondiaux gardent un potentiel de décrochage pour retour aux plus bas de l’année

38 emplois, 1 sur les 3 qui restaient encore, maintenus chez France-Soir à ce stade : le monde tel qu’il est, le syndrome Usinor aussi

#Euro à 1,30 bonne nouvelle pour #compétitivité mais pas pour le pouvoir d’achat de … tout ce qu’on importe faute de production #France

Une certaine idée de l’évolution de France-Soir C’est curieux chez les Français ce besoin de répéter les naufrages pic.twitter.com/BRvhF12x  View photo

Les banques francaises licencient: ne peut-on pas baisser les salaires de tt le monde plutôt que de casser l’outil pour produire en France ?

#Euro à 1,30, on ne va pas en faire un patakes alors que ça fait des années qu’on le disait surévalué

France-Soir disparaît, son actionnaire étranger jette l’éponge. Pour#PSG rien n’est encore annoncé

Cool G’nite From #Paris 😉 * w/ « Two Socks » (Dances With Wolves Soundtrack) facebook.com/cafe.matin.par… ♫ blip.fm/~194sfb

Tant que #innovation et R&D auront un train de retard et que les PME seront sous-capitalisées « made in France » aura u…wp.me/pJjbe-3yX

« made in France » s’impose + en débat pré-électoral que sur les marchés étranger #occupythefuture #compétitivitéviadeo.com/s/fxi53

« made in France » s’impose en débat pré-électoral, pas (encore ?) sur les marchés. #occupythefuture #compétitivité ? wp.me/pJjbe-3yX

Le patriotisme économique et le made in France is back pré-électoraux font vendre un peu de papier et aliment le…fb.me/Y52WOFZX

Mad in France ! Qu’en dirait-on … au Maroc ? wp.me/pJjbe-3yX

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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