50 ans du Traité de l’Elysée : ça a senti le gaz pas hilarisch à Paris, et le Pschitt sans entrain à Berlin

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Les anglophones snobent, voire boycottent, les « fromages qui puent ». C’est normal. Les Germanophones, résignés aux vents d’ouest, sont généralement plus tolérants aux odeurs (même de gaz). Mais, Berlin, même en pleine paix, peut piquer du pif en cas d’overdose de godillots.

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50 ans du Traité de l’Elysée – Berlin – 22 janvier 2013.  Non, ce serait anti-français de montrer, comme à la TV, des images de politiciens français endormis au Bundestag, et anti-européen de montrer leurs collègues allemand se reposant pendant les discours de/en français

Ceci twitté, il ne faut pas non plus caricaturer les anglophones, qui sont simplement des étrangers pas français comme les autres, qui ne parlent juste pas le français comme tout le monde, mais achètent des résidences secondaires en province française comme tous les Français (ils savent bien que Paris est atrocement surcoté, ne bénéficient pas de niches fiscales françaises réservées aux Français et Qataris, et parlent des langues permettant de boire son café en dehors de leurs frontières plus d’une fois tous les 50 ans, eux), se demandent s’il n’est pas temps de vendre avant le krach et encore une augmentation des impôts locaux et primes d’assurance contre la révolution, et prennent leur retraite en France comme tous les expatriés français qui n’ont pas encore décidé de se retirer au Maroc, à Bali ou en Thaïlande maintenant qu’on y trouve de la moutarde (qui byzeway est moins fabriquée à Dijon de toute façon, depuis qu’Unilever a délocalisé son usine Amora qui a été transformée en centre d’appel de luxe über-subventionné sur le modèle économique (sic) ségolénien, mais pour autant probablement pas très compétitif, ni pourvoyeur de beaucoup de vrais emplois un brin qualifiés et/ou durables), et dont il est « fair enough » de rappeler qu’ils sont de fidèles alliés de la France depuis que cette dernière a décidé d’arrêter de perdre ses guerres côté Ouest, et que certains Anglais et assimilés sont très tolérables et pas farouchement hostiles à toutes les initiatives de construction européenne sur le continent en général (ceci dit, c’est vrai que la France pro-européenne de Napoléon avait été maladroite, ou mal conseillée, dans ses relations avec Albion, et qu’on a rarement une seconde chance de faire bonne impression quand on a commencé par un malentendu et qu’en plus la communauté française expatriée à Londres pour motifs personnels est dans l’opposition), et de cordiale entente franco-germaine, en particulier.

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Et ce serait indélicat de dénigrer les Allemands, qui sont d’excellents francophiles comme les autres, même si on peut s’étonner publiquement qu’ils ne soient pas sortis en masse applaudir les allers et retours des bus de politiciens et journalistes français de passage dans les rues de Berlin pour le cinquantenaire du Traité de l’Elysée. Même si on ne peut pas comprendre en tant que français normal qu’un pays où les gens bossent, particulièrement en semaine, et où il y le plein emploi, même si tout le monde n’est pas autant payé que les intermittents du travail et autres fonctionnaires de France, ne descende pas en masse dans les rues un mardi sans soleil pour botoxer une amitié cinquentenaire qui ne va pas de soi, quand même. Même si on sait, mais ne pouvait pas voir ou vouloir dire au Président qu’il y a pas mal de femmes au foyer cause KKK (Küche, Kinder, Kirche), enfants pas à l’école l’après-midi cause rythme scolaire germain (qui marche, lui) et retraités (lire trop vieux pour bosser, pas comme dans les pays où il suffit de bénéficier d’un privilège plus ou moins bien acquis) même si proportionnellement moins qu’en France où le climat est plus favorable à la pétanque, qui étaient en principe disponibles pour agiter des drapeaux comme en 40, même s’il y avait Derrick à la TV normale et les discours des Français traduits en allemand, ou vice-versa, sur Arte, Public-Sénat TV ou LCP …

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50 ans du Traité de l’Elysée – Berlin – 22 janvier 2013. Droits à l’image en négociation avec les héritiers et producteurs de Derrick.

En tout cas, il serait très discourtois envers les Français de penser que peut-être les Allemands s’étaient juste calfeutrés conformément aux instructions de leur sécurité civile en cas d’alerte au nuage potentiellement toxique (à cause de ce nuage puant de Normandie que les médias et politiciens français ont déclaré officiellement non toxique, un peu comme celui de Tchernobyl en son temps …) ou parce que le temps était mauvais, avec ou sans changement de climat et transition énergétique en Allemagne.

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50 ans du traité de l’Elysée – Berlin – 22 janvier 2013. En attente d’illustration, l’agence parisienne de RP est en train de fabriquer un montage avec une foule allemande en délire, sans nuage, qui devra être validée par les communicants en Porsche en chef.

Bref : fuite sans importance à Rouen, Pschitt unter den Linden. C’est sûr que si les Français n’étaient pas venus intermitter à Berlin avec leurs masques à cause d’un débarquement de gaz en Normandie (mais le nuage n’est pas toxique, moins encore radioactif, dit la ministre d’on ne sait plus très bien quoi qui fait l’interim avant le remaniement de celle l’environnement qui a succédé à celle qui est partie s’occuper de commerce extérieur sur un malentendu sur le gaz de schiste en Guyane, un peu avant que le rapport Gallois n’ait préconisé d’être un peu pragmatisch sur l’énergie pas trop désastreuse pour les comptes de la Grande Nation, puis été enterré avec les honneurs dûs à un ingénieur fonctionnaire en chef étant parvenu à ne pas mettre en faillite ou vendre aux zinzins apatrides (ou français exilés sous pavillon de paradis fiscal) ou au Qatar défiscalisé  (aux Allemands, c’est toléré) une fierté nationale, après traduction des termes techniques en éléments de langage pour électeurs et politiciens français de France), les Allemands auraient peut-être ouvert les fenêtres de leurs bureaux pour applaudir les bus de politiciens gaulois en prenant sur leur pause café, même si une fête un mardi en dehors des vacances scolaires, dans un pays qui n’a pas trop de RTT, ça sent le pschitt de communicant parisien pas assez payé pour faire le plein de sa Porsche (ou offrir un café croissant à ses stagiaires bénévoles) ou trop occupé par le chantier de son riad …

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Ach, les discours politiques de/en français, gross Bonheur …

Pendant ce temps, triomphe des parfums français sur la neige de Davos, et enthousiasme populaire pour l’odeur des légionnaires français dans les sables chauds du Sahara, comme quoi, honni soit qui penserait que ça sent seulement la rose (l’arrose ?) le gaz, autour de SehrGrossParis de la Très Grande Nation, ou que ça n’intéresse plus les consommateurs, lecteurs (électeurs ?) et téléspectateurs Allemands, les histoires de la France de maintenant (mais si le sujet est important, pas les gauloiseries de base) et les films sur la France d’avant (mais avec de vrais acteurs, pas des intermittents du spectacle de rue).

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Renaud Favier – 23 janvier 2013 – Café du matin à Paris

Ps (indeed) : de fait, quand un Français un peu connu hors de Paris, même représentant officiel d’un parti archaïque et porte parole d’un pays à côté de ses pompes, parle de sujets importants pour le monde réel au Bundestag sans faire exclusivement de la politique française boomerang à l’étranger ou répéter ce qui a déjà été lu (sinon écrit) et entendu (sinon écouté) des centaines de fois sur un thème d’avant la guerre économique, les Allemands, et même le reste du monde, écoutent. Et applaudissent.

Enfin, l’important, pour les politiciens qui avaient fait l’effort d’aller écouter des discours et un concert à Berlin autour d’un cocktail (Currywurt au Sekt ou petits fours et Champagne ? Probablement les deux, la diplomatie a des principes que l’économie ou la raison pure ne domestiqueront peut-être jamais) communicants politiques roulant et se garant n’importe comment à Paris en camions 4/4 germaniques et/ou limousines allemandes, c’est qu’on en ait un peu twitté en français, de ce mardi franco-allemand à Berlin, entre autres sujets d’archéo-politique gauloise et de vieilles guerres françaises.

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A propos renaudfavier

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