27 janvier : commémorer et/ou lutter pour un monde meilleur ? Chacun fait comme il veut.

papa-maman-decompte-humour-manifestation-mariage-gay Crédits : Degressac

L’instrumentalisation médiatisée d’indignations pour compte de tiers est le carburant de la politique. On n’a rien inventé de moins pire. Ni de meilleur moteur pour le progrès social de marché que le mariage. Les citoyens de France crient pour, contre, ou pas, c’est normal.

De-l-humour-dans-le-chaos Crédits : Kroll

On aurait pu espérer que les excellents citoyens et politiciens français s’intéressent, avant la manif’ du dimanche à Paris, sinon aux déclaration de Cameron sur l’avenir de l’Europe en général et du Royaume-Uni en particulier, à ce dont parle Merkel ces jours-ci, que ce soit à Berlin avec Hollande, à Davos avec les vrais maîtres du monde, ou en Allemagne avec ceux qui n’oublient pas qu’il faut des racines pour grandir, en général. Merkel fait aussi de la politique (mais mieux, avec une autre idée des responsabilité des hommes et femmes en général, hommes et femmes politiques, en particulier). D’abord parce que c’est son métier, ensuite parce que c’est sa fonction. Et on a déjà entendu pire discours en allemand que ses rappels sur l’obligation de se souvenir plutôt que de nier, de demander pardon doucement plutôt que de hurler, et de labourer avec abnégation pour un avenir de paix et de liberté plutôt que de semer des graines de discordes et pires si affinités avec les bruits mauvais ou les fausses fureurs. En tout cas, on ne saurait lui reprocher, à elle, de faire feu de tout bois pour ne jamais oublier que le pire n’est jamais incertain, que la frontière est très floue entre entre le meurtre et le suicide, et que penser à ceux qui ont été martyrisés par le totalitarisme hitlérien, la dérive de la politique et le dévoiement de la démocratie, et surtout l’embrigadement de tant d’hommes et femmes « normaux » manipulés, est un devoir humain, le 27 janvier, qu’il neige, vente ou pleuve en vieille Europe.

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Mais il est naturel, sinon très éblouissant, que les politiciens français, professionnels ou amateurs, et autres citoyens responsables (obsessionnels ou mateurs ?), soient un peu nombrilo-gaulois et sacrifient un jour de congé de temps à autres pour manifester, contre-manifester, s’indigner, se contre-indigner, lutter, exister, bref, faire de la politique plus ou moins haute en général, et campagne plus ou moins électorale en particulier, plutôt que de penser au passé en marchant doucement sur une terre sous laquelle nos morts (se) reposent. Et il est plutôt rassurant pour l’avenir d’une certaine idée du monde en général et de l’humanité française en particulier, que tout le petit monde bienpensant sous drapeau multicolore (à forte tendance rose et rouge, cette fois) se réclame du concept d’égalité, indissociable en France de ceux de liberté et fraternité, pour dialoguer socialement, bruyamment mais pacifiquement, dans les beaux quartiers parisiens à la saison des soldes et sur les bons plateaux TV (pour) français, en période pré-électorale (les municipales de 2014 arrivent à vitesse TGV à en croire la mobilisation des agences de e-communication politique et l’effervescence des comptes Twitter et autres Foursquare, pour ne rien dire de la poussée de vrais et faux nez (Pinocchio, merci de suivre) sur facebook). Dont acte, les trottoirs parisiens et les pelouses du maire en fin de mandat en ont vu d’autres, et l’Europe et le monde ne tremblent plus à chaque fois que Paris cherche à s’enrhumer dans le vent d’une histoire qui la dépasse (avec comme toujours pas mal d’excellents citoyens français de tous bords, toutes obédiences, et toutes préférences, préférant une petite grippe plus ou moins intestinale, diplomatique, ou aviaire, à un coming-out public quand la météo est aussi incertaine que les sondages) au prétexte de libérer les serfs, d’égaliser les roturiers ou de fraterniser avec les minorités communautaristes à la mode du jour (on gagnerait vraiment du temps et du bilan carbone en utilisant une bonne fois pour toutes les manifs les mêmes panneaux recyclables avec écrit : « Touche pas à ma communauté », et on économiserait des frais d’agence de com’ en reprenant pour tous la même playlist d’ambiance musicale et le logo de la main qui avait été une idée de génie des publicitaires de François Mitterrand (qui sont toujours en activité et/ou incrustés dans les fromages républicains, la retraite à 60, voire 65, ou 70 et le passage du témoin et des avantages y afférents étant pour les autres, qu’on soit ex pubeux, ex cultureux ou whatever n’a jamais bossé beaucoup mais a une belle collection de Rolex, étant pour les autres), quitte a prévoir des modèles en rose, en bleu, whatever works, selon les dimanches, et en prévoyant des modèles fluorescents et des pin’s qui chantent Boney M pour les manifs de nuit genre rave à Notre Dame des Landes ou soirées parisiennes avec DJ de soutien aux fiertés de ceux-ci, celles-là ou les autres).

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La e-démocratie, ce ne serait pas la manif avec l’électricité ?

Comme on dit, il faut que jeunesse, même française, se passe (et que le Président normal puisse monter ses muscles durs plus près des téléobjectifs de TV françaises qu’à Tombouctou, à Berlin, à Mexico, en Algérie ou en Somalie), et le 27 janvier est un aussi bon jour qu’un autre pour prendre l’air, même si la météo à Paris (on n’en parle pas sur les chaines TV de nouvelles qui se passionnent, entre une pub pour minitel rose du XXIè siècle et une promo pour des bagnoles made à l’étranger dont un seul baril hybride lave plus blanc que les autres diesels, pour le Vendée Globe en attendant la manif, amüsich, voire un peu manipülatich, peut-être, ou au moins symptomatisch d’une certaine idée, assez éternelle au demeurant, de l’information) est plus dissuasive que les beugl-hulements de la Boutin ou les meugl-encouragements de la Bachelot. Et puis, de temps en temps, il faut bien changer un peu la République, pour ne pas trop changer de République (ou alors changer le pays, mais c’est un vaste programme, sinon changer de pays, mais ce n’est pas très populaire, en général, même si on a de bonnes raisons, un fan club solide et un nom pré-destiné comme Départ-Dieu ou de Gaulle …).

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On (se) dira que tant que les djeuns ne brûlent pas de bagnoles garées dans les rues (surtout la nôtre, sauf si on a une excellente assurance et envie du nouveau modèle avec la prise multi-mini-iBidule-USB et le GPS mondial qui parle toutes les langues en mode homme ou femme ou  pour tous), et que leurs manifs ne créent pas d’embouteillages aux heures de bureau (pour ceux que ça concerne encore) ou pour les retours de week-end (pour ceux que ça concerne parce que leurs mômes n’ont pas encore l’âge de refuser d’aller à la résidence secondaire, au ski ou à la plage avec les darons et qu’ils ont encore les moyens de ne pas économiser pour la maison de retraite) et que la station de métro n’est pas fermée ou saturée de provinciaux cherchant leur courant, leur gourou, la sortie pour la manif’ ou l’entrée du BHV … jusqu’ici, tout va bien.

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C’est comme ça …

Renaud Favier – 27 janvier 2013 – Café du matin à Paris

PS : bien sûr, on peut écrire, même sur l’amour et autres passions plus ou moins humaines et plus ou moins dangereuses, en peu de mots (oui, Shakespeare écrivit à ce sujet, dit-on, mais il écrivit, ou pas, tant de choses, et on en dit tant, et plus, et leurs contraires, jusquezéycompris que Shakespeare n’a peut-être pas existé, va savoir …), mais le temps de Twitter n’est pas celui de la démocratie durable ; on peut penser avec beaucoup de ponctuation (ou en tout cas la dose réglementaire selon les standards d’avant qui sont un des seuls trucs de l’école d’avant qu’on respecte encore un peu, maintenant) mais le grammaticalisme n’est pas un humanisme ; et on peut s’indigner en promenant des slogans dans les rues, un dimanche ou l’autre, mais le manifestationnisme n’est qu’une des manifestations possibles de l’activité du neurone au chaud sous la casquette publicitaire et/ou partisane, et on risque moins d’attraper un rhume en faisant les révolutions entre mai et juillet comme tout monde qui sait vivre à la française (et part en vacances en août), pas en plein hiver comme (et avec) des twitlitants d’avant l’électricité (et la TV, enfin ça devient de moins en moins indispensable, et la manif, enfin ça fait débat sur Twitter, justement, et le mariage, enfin ça se discute sur facebook, justement) pour tous.

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PPS : certaines dates on un double sens (voire un double sens unique), mais les mots ont un sens, même dans Twitter, et si on peut dire, écrire, twitter et facebooker presque tout et son contraire sur le mariage, les manifs et touça-toussa pour tous en(tre) français sans insulter personne, ni l’intelligence, du moment qu’on conserve un minimum de sens de l’humour, jsuquezéycompris dans les quelques milliers de pages de lois franco-françaises sandwichées entre les règles européennes et les particularismes néo-féodaux sans que ça n’ait aucune espèce d’importance pour l’avenir de la civilisation, d’incidence sur le centralisme démocratique de Solférino ou Matignon, ni beaucoup d’impact sur le monde réel à plus de 5 km du centre de Paris, on ne peut que sursauter en constatant que les rares twits en français faisant honneur à la mémoire des victimes de l’Holocauste nazie commémorent mécaniquement un passé inhumain, tandis que ceux en globish-English incitent à se lever (voire s’élever) pour un futur humain.

PPPS : ceci twitté, la France et ses médias s’intéressent plus à la manif’ télégénique à Paris (voire aux course de bateaux autour de la Vendée et aux soirée VIPeople à Paris) qu’aux invisibles d’hier et imprévisibles demains d’Europe, c’est … normal, maintenant.

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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