You are what you eat : to be(come), or not to be(come) … végétarien ?

23806134 Crédits : inconnu

Avant, faire végétarien, si on n’était pas patient d’une médecine nationalisée ou militant de religion à notables sachant ce qu’on doit manger, c’était folklorique, mais sans danger pour les gens indifférents. Comme parler un patois, danser la bourrée, ou porter des jock-straps.

arton413-1 Crédits : Sakoch

C’était un poil sectaire, mais comme les jamborees de franc-maçons ou les soirées raves de danseurs de house-music, la plupart des non initiés ne savaient même pas que ça existait et ça ne les gênait qu’une fois tous les 36 du mois, genre quand ils ne pouvaient pas entrer dans un restau imposant l’uniforme réglementaire ou une boite réservée aux membres, ou quand leur journal sortait son marronnier de saison avec photo en « une » sur le sujet.

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Tout le monde s’en fichait autant que de l’avenir de l’ours blanc et du futur des requins tigres, d’autant que les lobbyistes écolos étaient mandatés pour dénigrer le nucléaire et les aéroports, pas les abattoirs ou les hormones. C’était un truc pour babas-cools à poils aux pattes et sabots fait main dans les Cévennes, vêtus des peaux tannées sous les aisselles et cousues maison avec fil dentaire bio recyclé de leurs bêtes dont ils allaient en 4L break (diesel, rapport à l’argent) vendre sur les marchés traditionnels la viande, les oeufs et les fromages aux publicitaires français en week-end et ouvriers allemands en vacances.

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Mais c’était avant. Maintenant, tout est bon pour déstabiliser et infantiliser le cochon de citoyen électeur, parler à la TV d’autres choses que des étranges défaites françaises à la guerre économique (à la « vraie » guerre dont les images d’avions en campagne promotionnelle font du bruit à l’écran, on est partis alors qu’on venait de dézinguer notre ex-ami en Libye, on a quitté l’Afghanistan avant d’y avoir égaré trop de jeunes, et pour l’instant ça se passe sans masse de casse au Mali, quoi qu’en brâme le dromadaire de Tombouctou abandonné dans le désert alors qu’il voulait voler en avion présidentiel comme les journalistes parisiens pour visiter le Jardin des Plantes à Paris comme les touristes provinciaux) ruiner et/ou acculer au suicide les derniers agriculteurs occupant des terrains potentiellement constructibles (lire « permettant aux zuns de se creuser leurs tombes sans s’abîmer leurs dents redreessées et blanchies à prix d’or des jacuzzis au calme avec vue mais sans odeurs, aux zautres de vendre un peu plus chers leurs consciences avec en prime les terres où leurs ancêtres espéraient se reposer en paix, et aux zélus de collecter plus d’impôts et autres taxes sur les permis de construire) rentabiliser les campagnes … de promo pour le bio avant de passer à celles pour l’engrais d’origine humaine (1ère étape, mieux recycler le kk de bonne traçabilité, avec ce projet pilote de toilettes sèches au Sénat pour fabriquer de l’engrais garanti pur fonctionnaire bien nourri avec rienkedubon pour les buis du jardin du Luxembourg, et cette expérience programmée au Père Lachaise de transformation des corps en engrais, maintenant que de toute façon un réglement européen et/ou une loi française vont interdire de faire disperser ses cendres ailleurs que dans un hlm à urnes en CDD ou dans une pissotière à pigeons appelée « jardin du souvenir » pour déculpabiliser les familles les plus sensible, avant des passer à la séquence suivante pour les électo-spectateurs, celle des pilules façon « Soleil Vert », d’importation et sous licences étrangères, bien entendu, et des futures publicités réhabilitant peu ou prou le cannibalisme (les agences spécialisées en propagande pour les placements financiers rapportant 15% / an feront ça très bien) pour préparer les esprits au canni-locavorisme qui sera une jolie revanche pour des générations d’êtres vivants de toutes natures, sacrifiés pour une certaine idée de l’humanité.

5fruits-legumes1 Crédits ZN

En attendant les séquences suivantes, qui ne pourront commencer que quand les stocks de surgelés seront aussi épuisés que les sols stérilisés, et les équipements de productions de « minerai » et autres engrais auront été assez rentabilisés pour financer à la fois le train de vie des financiers, celui de leurs régulateurs, commentateurs et détracteurs, et la rémunération des placements des consommateurs de crédit aussi pas cher que la bouffe et tout les signes extérieurs de pouvoir d’achat, les communicants ont changé le fusil d’épaule et commencé à promouvoir une image plus sexy du légumisme.

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Etre végétarien, c’est sexy, maintenant. Même si ça n’est pas encore déclaré d’intérêt électoral public par les communicants politiques majoritaires …

950-farines-animales-charb Crédits : Charlie Hebdo

Enfin, ça ou autre chose pour distraire les bobios affamés, déculpabiliser les gastro-dépressifs, et vendre des publicités avant le journal télévisé … à part quelques charcutiers et importateurs de BBQ américains made in China, presque tout le monde trouvera naturellement plus stylé d’avoir des voisins bouilleurs de cru brocolis (surtout les vendeurs d’appareils à bouillir les brocolis) que des amateurs de sardines frites sous les grilles de ventilations et autres passionnés de côte de boeuf rôtie au barbecue de balcon.

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Quant-à devenir soi-même plus ou moins radicalement herbivore, c’est un choix éminemment personnel, chaque veau est libre dans une des-mots-cratie où les lobbies des vendeurs de couteaux à couper la viande en France, des pêcheurs de crevettes à la ligne avec hameçons made by France, des industriels de la tomate fabriquée hors-sol et hors saison en serre sous le ciel de France, et des fabricants d’engrais à salade lavée à l’eau française garantie exonérée de résidus urbains ou industriels, disposent à peu près des mêmes budgets de com’ les uns que les autres, soit approximativement ceux des conseillers des importateurs de fraises du Maghreb, des transporteurs de pommes de terres bio des sables du Nil, ou des coloristes spécialisés en haricots verts du Kenya.

cows_vegetarians_600 - CRedits : Truth Publishing Intl

Certains on fait voeu de végétarisme en prime jeunesse, par amour, respect, et toussa-touça des autres animaux gentils des dessins-animés qui sont au moins aussi innocents que les paroissiens de toutes obédiences, et ne méritent pas plus la peine de mort que les instit’ pénibles, la famille Barbapapa, ou les lapins crétins électeurs.

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D’autres se sont convertis au combat collectif plus ou moins néo-larzacien pendant une adolescence plus ou moins durablement retardée, à cause d’une névrose mal résolue par un psy dépressif au temps où on collait des posters du Che dans sa chambre avec des boulettes de Malabars roses ou des crottes du nez roulées à la main.

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Parfois, c’est une lubie de début de hors-d’âgisme par début d’Alzheimer ou contagion à force de fréquenter trop de vieux schnoks (comme quand les zélus de certaines assemblées racontent n’importe quoi, ça peut faire tâche d’huile, aux sens littéral et figuré), un impératif médical plus ou moins justifié mais peu importe du moment que le régime dukon fait placebo, ou une obligation pour cause de retraite insuffisante pour s’offrir avec son pain quotidien du morceau choisi de grand quadrupède, de belles cuisses d’osieau à vraies plumes, ou même du maquereau frais ayant connu sa mer.

993-Charb-FarineAnimale - Crédits : Charlie Hebdo

Mais le plus souvent, c’est une question sociétale en saison des amours des électeurs, avec la dose de terrorisme intellectuel qui fait pencher la balance encore plus sûrement qu’un régime autoritaire.

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Une affaire de mimétisme social, de tradition de famille … politique, ou juste pour avoir un truc à raconter pour faire l’intéressant dans les dîners en villes alors qu’en général, c’est toujours l’écolo de service, le bidasse en campagne ou la minorité visible qui attire les caméras et monopolise les micros au concours de … beauté officielle dans la cour … (et dans « concours », il n’y a pas que de la farine).

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Ceci twitté, on n’est pas forcé de faire voeu d’abstinence pure et parfaite, d’abandon absolu de tout début d’intention de libre arbitre, et d’arrêt définitif du neurone pour la vie comme si on entrait en religion, en politique ou dans un club de supporters de foot, tant qu’on a les moyens de s’offrir un plaisir pas formellement interdit ou strictement inabordable de temps à autres, qu’une loi pas trop tordue ne privilégie pas l’artificiel au galop en chassant le naturel à coup de bazooka sous couvert d’angélisme sanitaire suicidaire, de principe de précaution hypocrite, ou de volonté populaire européenne entendue sous un arbre en (re)gardant les moutons moutonner, les veaux voter et les caravanes publicitaires publiciter en été …

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D’autant que c’est comme pour la plupart des produits interdits : rares sont les maisons en ville vraiment intolérantes, et les restaurants vraiment irréprochables, ne disposant pas au moins de toilettes fermant à clef où sniffer discrètement un rail de farine animale, fumer en loucedé un tarpé d’herbe engraissée à la corne de boeuf, ou se piquer aux produits vétérinaires. Il serait, au demeurant, scandaleux, inégalitaire, et pour tout dire incompréhensible, que les mangeurs de viande soient exclus des shoot-rooms. Et puis, comme de toute façon on ne sait pas ce qu’on a dans son assiette, jouer les radicaux jusqu’auboutistes anti-viande et toussa-touça n’aurait guère de bon sens.

Miam !

Bref, if you can’t avoid them, enjoy them.

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Sinon, if you can’t (b)eat them, join the vegies, mais ne dites pas qu’on vous y a forcé(e), dites que c’est par goût, pour le plaisir, sinon vous passerez pour quelqu’un manquant de c…ourage ou de c…onvictions.

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You are what you eat … alors, c’est toujours la même histoire du temps de bien avant qu’on mange du Findus, de la lasagne, des nouilles au basilic, ou de bonnes pâtes au truffes, peu importe, au pays de Shakespeare et un peu partout ou on sait lire mieux l’anglais sur les écrans de jeux vidéos que dans les usines #InRealLife de transformation de viande n’ayant pas les moyens de trop regarder les dents du cheval pas cher : to be (pourri au Royaume), or not to be (jusqu’à l’os) ?

fruits-lecc81gumes-crise Crédits : Catoune

Ach, la dialectique, gross Malheur à l’heure du repas.

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Byzeway, cuando se come (un bon bol de terre cuite) aqui ?

Renaud Favier – 18 février 2013 – Café du matin à Paris

PS : et si on n’aime pas les plantes, il faudra quand même bien se forcer un peu, avant d’être contraint pour avoir trop tiré sur la corde pour se pendre.

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PPS : mais si on est vraiment contre le végisme pour tous, on peut se faire des panneaux, recruter des publeux, un homme ou une femme sandwich médiatique et des sponsors, et organiser des manifs dans les rues de Paris pour un omnivorisme raisonné et responsable bon pour le commerce extérieur de la France et meilleur pour l’emploi que la fermeture de toutes les belles petites entreprises agricoles et PME agro-alimentaires, comme pour ou contre tous les restes de babacoolisme qu’on nous ressort du placard maintenant.

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PPPS : et si on est dans un pays libre et laïc où on a encore le droit de sourire de pas mal de trucs en général et des croyances populaires, superstitions médiatisées, hystéries collectives, et religions établies en particulier, on peut profiter du débat sur la lasagne, la malconsommation, la malbouffe, les farines animales, la surexploitation de la nature, nos (dé)goûts, la cupidité des autres et toussa-touça, pour se poser quelques questions plutôt qu’avaler les oukazes sur écran et autres canasonneries de son par(t)i sportif avec publicités pour twittos, de son club politique avec pianistes de bordels communicant sur facebook, ou de son amicale associative, citoyenne, social(ist)e, environnementale, avec idées fixes plus ou moins longuement recuites, certitudes volontaires (la Boétie vient en mangeant avec bon appétit …) garanties « fait-maison » (oui, on peut le considérer comme invariable et ne pas accorder, si on veut exercer son libre arbitre), prêchi-prêcha plus ou moins bien décongelé, et toussa-touça.

noe_vegetarien Crédits Christo Koma ...

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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