Avant, la guerre mondiale était déjà une chose trop sérieuse pour la plupart des militaires Français, mais on pouvait en sourire (jaune parfois, et bien après le débarquement, quand tout le monde fut déclaré officiellement ex résistant, mais c’était (déjà) bien … mieux que rien).
Augustin (Bourvil) : En tout cas ils peuvent me tuer je ne parlerai pas !
Stanislas (de Funes) : Moi non plus ! Ils peuvent vous tuer je ne parlerai pas !
Augustin : Je savais qu’on pouvait compter sur vous.
Mais l’humour d’avant a pris un coup de vieux (fusil ?), et on ne peut plus trop rire de tous, même pas sourire de tout.
La religion, par exemple, c’est devenu compliqué : il faut trouver un objet des rires pas trop obscur(antiste), surtout pas barbu(e), jamais armé(e), et ayant assez d’humour pour rouler en cabriolet.
Le sociétal, c’est devenu hypersensible, faut surtout rien dire, ni même penser, de vaguement sexiste, de pas assez chaudement xénophile, ou d’ironiquement caustique sur les chauves, les petits, les gros, les intermittents du spectacle, ou les chauves, petits, gros, et énarques …
Le sport, c’est devenu très délicat, parce qu’il ne faut rien sous-entendre sur les drogues et les 3èmes mi-temps des sportifs, rien penser des voitures pour sportifs, rien dire sur l’actionnariat des écuries de sportifs, et qu’on commence à avoir pas mal épuisé le stock des vieilles blagues sur les cyclistes (… mais c’est mon vélo !) et des nouvelles histoires sur les footeux …
Quant à la politique, c’est comme l’Eurovision, le moins on parle des Français, le mieux …
Ceci twitté, l’esprit (façon de parler avec les termes consacrés, mais « esprit », il faut le twitter vite même si les Guignols sauvent parfois la boutique) Canal+ Gaspard Proust Cantelou de maintenant n’est pas toujours beaucoup plus nul que les vieilles blagounettes de l’Almanach Vermot (honni qui « du Pépère qui nous gouverne » pense) du temps où Bedos était minot, plus lourdingue que les films des Charlots (honni qui « qu’un élément de langage de chez Publicis » y pense) de quand Hollande faisait étudiant, ou plus terne qu’un twit de boursicoteur aux pieds plats (honni qui « un commentaire de chez BFM » y pense) quand la BCE baisse ses taux d’un millième de pou-ième.
Et les blagues de pingouins civils de maintenant, ça n’a pas le talent de l’humour godillot des hommes des casernes d’avant, mais ça peut avoir son charme (sinon, comment Hollande, moche, mal fringué, chauve et ballot comme il est, emballerait plein de nanas potables gratuites sans le prestige de l’uniforme, la gentillesse de Bourvil ou les sondages de Louis de Funès ?).
Augustin : Evidement c’est pas des chaussures pour la marche que vous avez là.
Stanislas : Puisque vous me le proposez si gentiment, j’accepte.
Augustin : Quoi ?
Stanislas : Que vous me prêtiez vous souliers.
Augustin : Vous chaussez du combien ?
Stanislas : C’est du comme vous !
Mais what else, ici et maintenant, 70 ans après le Débarquement de Normandie ?
RF – 6 juin (DDay) 2014
PS : Avant, on savait bien s’amuser http://www.youtube.com/watch?v=yYRJLmLoqmE
PS 2 : On riait sans penser à mal(âle) http://www.youtube.com/watch?v=kIoT-URhLSM
PS 3 : C’était la Kolossal Rigolade … http://www.youtube.com/watch?v=xI1mqTMmtQE
* * *












