Naufrage(s) à Paris – Bastille sous les yeux d’aveugles borgnes ?

François Hollande

Il n’est de pire aveuglement, au royaume des bateaux (des ballots ?) ivres, que celui des borgnes (sourds, et/ou muets aussi, en général) ne voulant rien voir (venir), ni rien savoir, ni rien entendre (tous les bruits de crampons ne se valent pas, ni tous les silences de/en pantoufles) …

Paris Juillet 2014

Paris, Place de la Bastille, 13 juillet 2014 – Crédits : Marianne – Photo Nicolas Messyasz / SIPA

Je ne dis pas ça parce que le Normal 1er de maintenant s’est acheté des lunettes made in chez Hamlet et ne veut pas (sa)voir ce qui se passe chez les gens normaux maintenant, mais quand même, quel sourdingotiste, le PtiGro … et quels ballots les piliers de la manif’ pour tous et autres attardés du Fouquet’s qui sifflent le Président de la République à son arrivée en carrosse aux Champs Elysées le 14 juillet, parce que ça ne rime pas à grand chose de siffler un petit chose sourd qui ne veut plus rien entendre depuis qu’il est sur le trône, qui a par-dessus le marché ostensiblement mis ses boules Quies sur ses oreillettes à discours parce que le défilé militaire fait du bruit de bottes, et qu’il est toujours entouré de lapins crétins serviles et ennuyeux, tchatcheurs imbéciles, et autres indécents demandeurs de faveurs sur le podium des VIPeople (Village People ?).

14 Juillet Paris

François Mitterrand, qui n’était pas pas un esprit très simple(t), ni un aveugle très honnête intellectuellement (pour le reste …), mais qui fut un excellent borgne (observateur des) Français, a dit (on avait des communicants aux neurones moins centrés sur leurs Rolex et chaussures sur mesures, à son époque, c’était au temps ou Séguéla séguélait, tandis que maintenant les pubeux meuglent avec les veaux, et twittent pour les moutons) quelque chose du genre : « Les missiles sont à l’Est et les pacifistes à l’Ouest », sans que l’on puisse savoir quel(s) sens il entendait donner à « à l’Ouest », ni s’il considérait à cet instant que cela justifiait d’abattre tel ou tel mur, ici ou là, maintenant ou ailleurs, au plus tôt ou plus tard, ou pas, ou peut-être …

Pagani Président

Si l’idole des laïcards de convenance tartuffodroidelhommistes post-SFIO que l’on surnommait affectueusement « Dieu » revenait parmi nous maintenant, et s’il avait du temps à consacrer aux morts-vivants plutôt qu’à parler aux âmes mortes, celui qui a (lu les Russes d’avant 1917, et Maïakovski aussi, mais c’est un autre sujet, ou pas, et les parenthèses trop fréquentes et/ou trop longues égarent le lecteur, ou pas …) aussi écrit avec ses dernières forces de vivant : « Une messe est possible » (sans préciser, en prince de l’ambiguité et orfèvre de la parole à lames multiples qu’il était, s’il pensait plutôt à des cantiques d’à Dieu(x) aux larmes ou à un festival d’éléphants larmoyants en chaussures sur mesure en crocodile) twitterait peut-être, en voyant des braillards oubliés du temps hurler aux pieds du Génie de la Bastille et les barbares revenu du passé piétiner les pavés sous lesquels ses croyants voyaient Paris Plages, sous son règne, (mais c’était avant), quelque chose du style : « Les incendiaires sont à l’Ouest, mais « pas que », les pyromanes allument partout, et ailleurs, et les pompiers plus ou moins volontaires verraient les fumées à Paris s’ils ne s’étaient pas crevé les yeux (les dieux ?) eux-même, et si leurs caméras n’étaient borgnes de combats d’avant comme les lunettes des le Pen, et aveuglées de toutes les haines des passés, des futurs et de maintenant » (la ponctuation, c’est comme les parenthèses, si on en met trop, ça complique les choses pour le lecteur, mais si on n’en met pas, il y a des lecteurs pressés, tâtillons, ou superficiels qui croient que c’est une négligence, c’est ballot (ces ballots ?) …). Ou pas.

Mitterrand_Petain

Date exacte incertaine, entre mars et juin 1943

Ceci twitté (à ceux-ci de cela twitté, de ceci à ceux-là, et/ou vice-versa ?), à chaque « Dieu » sous faux nez (plus ou moins donné) ses clowns tristement prophétiques (prophétristes ?).

Dieudonné

Heureusement, il n’y a pas que de faux dévots, ou de trop réels prophètes de malheur. Pagani, par exemple, né juif libyen en un temps où c’était moins risqué de naître, ou juste d’être, juif en Orient que tenter de survivre juif en Europe, et moins inconfortable que de devoir vivre en errance aux Nouveaux Mondes ou ailleurs, fût un des prophètes tristes de la France de « Dieu ». Agaçant et indispensable Pagani, devenu invisible dés 1988 alors qu’il avait déjà quitté la France d’un Dieu qu’il avait pourtant adoré avec plus de fougue que d’autres et servi comme d’autres plus fourbes que lui, mais aux silences devenus assourdissants … Dérangeant, forcément dérangeant, férocement dérangeant, le clown prophétriste. http://www.youtube.com/watch?v=RPpYQGv_jDI

 

Comment nous hommes et femmes de cette terre (au sens de planète, quoique …) héritée en indivision, avons nous pu redescendre si brutalement, le dos des derniers prophètes à peine tourné, (leucémie foudroyante en 1988 pour Pagani, à 44 ans, tout le monde n’a pas la chance d’être crucifié à 33 ans, penseront fort les nostalgiques de crucifixions publiques et/ou de prophètes de paix et d’amour) de la lumière des années 70 (hémiplégiques, voire paraplégiques, certes …) aux nuits et brouillards de partout et maintenant, comme si on voulait revenir au temps d’avant Gutenberg, avec Apple et Internet ? Doit-on remercier les années 80 et suivantes d’avoir ralenti la redescente (de LSD railleront les cyniques), ou les accuser d’avoir renoncé au pétrole pour (presque) tous et vendu pour quelques saladiers de caviar le bois pour le feu des moins chanceux pour s’offrir des Rolex et des parties plus ou moins fines entre plus que moches, d’avoir encouragé les barbus à pisser et vomir sur toutes les cendres en chantant des airs douteux, et laissé les tartuffes souffler sur de sales braises et pyromaniser ce(ux) qui restai(en)t du monde des Lumières en ricanant sous cape ? http://www.youtube.com/watch?v=LIV7tkWTd40

Enfin, jusqu’ici « fluctuat, nec mergitur », comme on disait à Venise avant, orbi et à Paris …

Venise

Mais c’était avant

Renaud Favier – 15 juillet 2014

PS : L’an prochain, à Jérusalem (cf Herbert Pagani, 1975, et tant d’autres depuis quelques millénaires), car nous sommes tous des enfants du « Palestinien d’il y a 2000 ans, l’opprimé le plus vieux du monde. »

L’an prochain à Jérusalem (Herbert Pagani, 1975)

Hier, j’étais dans le métro et j’entends deux dames dire :
« T’as vu encore ces Juifs avec leurs histoires à l’O.N.U.
Quels emmerdeurs ! »
C’est vrai.
Nous sommes des emmerdeurs.
Ça fait des siècles qu’on emmerde le monde.
C’est dans notre nature, que voulez-vous !
Abraham avec son D’ieu unique,
Moïse avec ses Tables de la Loi,
Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe.
Puis Freud, Marx, Einstein,
tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l’Ordre.
Pourquoi?
Parce qu’aucun ordre, quel que fut le siècle, ne pouvait les satisfaire,
puisqu’ils en étaient toujours exclus.
Remettre en question, voir plus loin,
changer le monde pour changer de destin,
tel fut le destin de mes Ancêtres.
C’est pourquoi ils sont haïs par les défenseurs de tous les ordres établis.
L’antisémite de droite reproche aux Juifs d’avoir fait la révolution bolchévique.
C’est vrai, il y en avait beaucoup, en 1917.
L’antisémite de gauche reproche aux Juifs d’être les propriétaires de Manhattan.
C’est vrai, il y a beaucoup de capitalistes juifs.
La raison est simple :
la religion, la culture, l’idéal révolutionnaire d’un côté,
les portefeuilles et les banques de l’autre,
sont les seules valeurs transportables,
les seules patries possibles pour ceux qui n’ont pas de patrie.
Et maintenant qu’il en existe une,
l’antisémitisme renaît de ses cendres…
– pardon ! de nos cendres –
et s’appelle antisionisme.
Il s’appliquait aux individus, il s’applique à une nation.
Israël est un ghetto,
Jérusalem, c’est Varsovie…
Les nazis qui nous assiègent parlent l’arabe.
Et si leur croissant se déguise parfois en fauçille,
c’est pour mieux piéger les Gauches du monde entier.
Moi qui suis un Juif de gauche, je n’en ai rien à faire d’une certaine gauche
qui veut libérer tous les hommes du monde aux dépens de certains d’entre eux, car je suis précisément de ceux-là.
D’accord pour la lutte des classes,
mais aussi pour le droit à la différence.
Si la gauche veut me compter parmi les siens,
elle ne peut pas faire l’économie de mon problème.
Et mon problème est que depuis les déportations romaines
du 1er siècle après Jésus-Christ,
nous avons été partout honnis, bannis, traqués, dénoncés, écrasés, spoliés, brûlés et convertis de force.
Pourquoi?
Parce que notre religion,
c’est-à-dire notre culture était dangereuse.
Eh oui!
Quelques exemples…
Le judaïsme a été le premier à créer le Chabbat, jour du Seigneur,
c’est-à-dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire.
Vous imaginez la joie des pharaons, toujours en retard d’une pyramide !
Le judaïsme interdit l’esclavage.
Vous imaginez la sympathie des Romains,
les plus importants grossistes de main-d’oeuvre gratuite de l’Antiquité !
Il est dit dans la Bible :
« La terre n’appartient pas à l’homme, mais à D’ieu. »
De cette phrase découle une loi,
celle de la remise en question automatique
de la propriété foncière tous les 49 ans.
Vous voyez l’effet d’une loi pareille sur les papes du Moyen Âge
et les bâtisseurs d’empire de la Renaissance !
Il ne fallait pas que les peuples sachent.
On commença par interdire la Bible,
puis ce furent les médisances,
des murs de calomnies qui devinrent murs de pierres
et qu’on appela ghettos.
Ensuite ce fut l’Inquisition, les bûchers et plus tard les étoiles jaunes.
Auschwitz n’est qu’un exemple industriel de génocide,
mais il y a eu des génocides artisanaux par milliers.
J’en aurais pour trois jours rien qu’a nommer tous les pogroms
d’Espagne, de Russie, de Pologne et d’Afrique du Nord.
À force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout.
On extrapole et voilà : il n’est de nulle part.
Nous sommes parmi les peuples comme l’enfant à l’assistance publique.
Je ne veux plus être adopté.
Je ne veux plus que ma vie dépende de l’humeur de mes propriétaires.
Je ne veux plus être un citoyen-locataire.
J’en ai assez de frapper aux portes de l’Histoire et d’attendre qu’on me dise : « Entrez. »
Je rentre et je gueule !
Je suis chez moi sur terre et sur terre j’ai ma terre :
elle m’a été promise, elle sera maintenue.
Qu’est ce que le Sionisme?
Ça se réduit à une simple phrase :
« L’an prochain à Jérusalem. »
Non, ce n’est pas un slogan du Club Méditerranée.
C’est écrit dans la Bible,
le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde.
Et cette prière est devenue un cri,
un cri qui a plus de 2000 ans,
et le père de Christophe Colomb,
de Kafka,
de Proust,
de Chagall,
de Marx,
d’Einstein
et même de monsieur Kissinger,
l’ont répétée, cette phrase, ce cri,
au moins une fois par an, le jour de Pâques.
Alors le Sionisme, c’est du racisme ?
Faites moi rire !
Est-ce que : « Douce France, cher pays de mon enfance » est un hymne raciste ?
Le Sionisme, c’est le nom d’un combat de libération.
Dans le monde, chacun a ses Juifs.
Les Français ont les leurs :
ce sont les Bretons, les Occitans, les Corses, les travailleurs immigrés.
Les Italiens ont les Siciliens,
les Yankees ont leurs Noirs,
les Espagnols leurs Basques.
Nous, nous sommes les Juifs de TOUS.
À ceux qui me disent : « Et les Palestiniens ? »,
je réponds : « Je suis un Palestinien d’il y a 2000 ans.
Je suis l’opprimé le plus vieux du monde. »
Je discuterai avec eux, mais je ne leur céderai pas ma place.
Il y a là-bas de la place pour deux peuples et deux nations.
Les frontières sont à déterminer ensemble.
Mais l’existence d’un pays ne peut en aucun cas exclure l’existence de l’autre
et les options politiques d’un gouvernement n’ont jamais remis en cause l’existence d’une nation, quelle qu’elle soit.
Alors pourquoi Israël ?
Quand Israël sera hors de danger,
je choisirai parmi les Juifs et mes voisins arabes,
ceux qui me sont frères par les idées.
Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire avec tous les miens,
même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable :
le RACISME.
Descartes avait tort :
je pense donc je suis, ça ne veut rien dire.
Nous, ça fait 5000 ans qu’on pense, et nous n’existons toujours pas.
Je me défends, donc je suis. 

* * *

« C’est encore loin, la Terre Promise ? »

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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