Ice Watch n’est plus, place du Panthéon, à Paris

Ce gris lundi matin triste de décembre, la cour pavée du Panthéon était grillagée pour cause d’évacuation au bulldozer des restes d’une douzaine de blocs de glace de fjord scandinave dont la fonte symbolisait le réchauffement climatique, pendant COP21, en une horloge implacable.

Certains avaient critiqué le travail de l’artiste nordique, Olafur Eliasson qui avait déjà « créé » des ouvres monumentales militant pour la nature, reconnaissant en général la force symbolique et la puissance mobilisatrice de « Ice Watch », mais gna-gna-tant sur le bilan carbone du projet éphémère (au demeurant insignifiant en comparaison de l’agitation par avions, hélicoptères et autres limousines diesel du barnum #COP21) ou ronchonnant contre une ambition intellectuelle jugée insuffisante entre Sorbonne et Ecole Normale (les plus honnêtes intellectuellement en reconnaissant le caractère éducatif, voire pédagogique, et l’élégance austère de la démonstration de la fonte des glaces et du réchauffement climatique).

Peu importe, les paroles définitives se sont envolées avec les glaces, dans les craquements sinistres des blocs fracturés par les chenilles, les bennes à ordures de la ville de Paris, et l’indifférence générale, sous les yeux morts de grands hommes tristes (ou vice-versa) et les objectifs sans âme de quelques photographes amateurs, passants à smartphone et cyclistes à GoPro.

On aurait quand même pu laisser ces morceaux d’histoire-géographie de la planète fondre tranquillement et mourir en paix dans leur prison d’exil, cela n’aurait pris que quelques jours pour que leur eau retourne à la terre, oh! pas jusqu’aux arbres du Jardin du Luxembourg, mais au moins dans les creux des pavés du Panthéon.

On aurait au moins dû imaginer quelque chose d’un peu malin, comme vendre des morceaux de glace plus ou moins fondue dans des bocaux (sponsorisés si les temps l’exigent) au profit d’une cause écologique.

L’art d’ici et maintenant et l’esprit de l’époque manquent parfois gravement de poésie, voire d’à-propos, sinon de génie (quant à l’humour …), notablement quand des fonctionnaires et des apparatchiks de l’écologisme s’en occupent.

RF – 14 décembre 2015

PS : l’art, ce n’est pas toujours con…sensuel, surtout quand c’est tout blanc, et ça peut avoir un côté funèbre, voire lugubre, même quand c’est tout blanc …

 

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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