Post lux, luxe ? (in French : dans le sillage de l’inexorable naufrage de l’exception culturelle, celui du luxe français ?)

Donc, Netflix ne viendra pas à Cannes cette année. Cela n’empêchera, ni les bobines, ni le monde de tourner.

Si j’avais le temps, et si d’éventuels lecteurs de ce blog pouvaient manquer du background de base sur l’exception culturelle française, sur la défense en mode (ma)ligne Maginot depuis des décennies du culturocosme subventionné avec l’argent des autres et des invitations gratuites toutes options aux festivals people au soleil pour les petits marquis et grands commis de Paris, et sur l’inexorable disparition du cinéma d’entre les Frères Lumière et le VOD, avec accélération paradoxale du naufrage depuis grosso modo que Canal+ régente le truc, je gratterais quelques lignes sur le tango (brutal ?) dansé par Netflix avec les notables du cinéma français, notamment les dignitaires de la sacro-sainte « chronologie ». Le « dossier » n’est pas simple.

Rappelons qu’en 2017, tout le monde s’entre-montait le bourrichon plutôt contre la présence jugée envahissante, voire patibulaire, de l’e-ogre Netflix à Cannes …

Constatons qu’un an plus tard, le cinéma parisien en grand pont bras-dessus, guère-dessous, sur la Croisette semble s’étonner, voire s’inquiéter, que Netflix ait piscine …

Mais, franchement, on s’en bat un peu les steaks, soit qu’on soit du genre indifférent aux trucs ne nous concernant pas trop directement, comme les guerres ailleurs, la barbarie à plus de 10 mètres de notre canapé, ou tout ce qui ne va pas mais entre quoi on ne voit pas trop ce qu’on pourrait faire perso, soit qu’on pense à tort ou à raison que le Festival de Cannes, et le cinéma en général, le cinéma français en particulier, en ont vu d’autres. Non ?

Ceci rapidement blogué en lieu et place d’un papier technique, voire polémique, qui n’apporterait rien à ce que l’honnête citoyen cinéphile peut lire partout, savoir, et/ou penser par lui-même (sinon, croire, espérer, fantasmer …) quand il n’a pas le cerveau directement branché sur Youtube ou autre caisse de résonance de ce qu’il faut penser.

Le « vrai » sujet mis en lumière par la controverse de Cannes entre Netflix et consorts, et une certaine idée de la culture en général et du cinéma en particulier, c’est la guerre économique, voire de civilisation dont le cinéma, voire la culture, n’est qu’une victime collatérale, ou plutôt un quarteron d’exilés réfugiés en zone neutre, loin du son du canon, comme les passagers d’une « croisière de milliardaires » du temps de la « Jet-Set ».

Et la prochaine bataille de cette guerre qui ne dit pas son nom, dont les morts sont aussi discrets que les profiteurs, après les paillettes de people en goguette dans les palaces de la Côte d’Azur, ce sera le luxe (d’où le titre du billet, « post lux, luxe », merci d’avoir suivi jusqu’ici), ce colosse qui parle encore un peu français, et protège des emplois, à défaut de payer beaucoup d’impôts, en France.

Parce que, franchement, vous voyez les géants disruptifs du web ou capitaines d’industries oldschool aux poches aussi profondes que l’éthique légère, magnats montants ou résilients de l’économie globalisée, et autres requins et piranhas de la finance de classe mondiale laisser longtemps le luxe aux mains d’un ou deux premiers de cordée français qui ont brillamment utilisé l’économie-casino des décennies passées pour collectionner les perles ?

Post soirées décadentes de parisien.ne.s au Festival du cinéma mondial, crépuscule du luxe français (honni qui « crépuscule des deux vieux » y mépense) ?

Il va falloir documenter un peu le truc, histoire de gratter un billet de blog un peu sérieux, avant le plus ou moins lent naufrage du (luxe de) France, façon valse avec les loups, et/ou son rapt par des prédateurs étrangers un peu habiles, en mode tango brutal.

Renaud Favier – 12 avril 2018

PS : C’est pas une valse, tout ça, c’est un tango … brutal.

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A propos renaudfavier

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