#Paris #18mai2020 8ème jour de déconfinement … #MichelPiccoli est mort

Crédit : INA

16h20.

Pas vu le temps passer depuis ce matin.

Ni d’ailleurs depuis jeudi dernier qui avait été pour l’essentiel consacré à acheter de quoi tenir 3 jours en autonomie alimentaire en weekend-end à la campagne, histoire de ne pas mélanger les virus éventuels, de ne pas rallonger les queues devant les magasins ou les caisses d’à la campagne, et d’avoir à quitter le moins possible la chaise longue à écouter les oiseaux chanter et regarder les insectes butiner les fleurs.

La bourse de Paris monte, comme Francfort, d’abord, Wall Street, ensuite, avec en vedette le tourisme et l’aérien alors que la seule nouvelle un peu gris clair dans le secteur, c’est que quelques cafés de plages ont ouvert un coin de fenêtre pour vendre des boissons à emporter à des quidams qui n’ont même pas le droit de s’asseoir pour avaler leur demi en gobelet en plastique (jetable, ça s’ajoutera aux masques pour polluer un peu partout) à deux mètres les uns des autres.

Un avion passe dans le ciel de Paris, assez bas pour être entendu comme les jours d’avant le 14 juillet, les années (plus) normales, étrange surprise … on a vu quelques trainées blanches dans le ciel de la campagne pendant le week-end, à compter sur les doigts des deux pieds en éventail, et un ou deux ULM ont fait écho à la tondeuse du voisin, mais ça doit faire deux mois qu’on n’avait pas entendu ce genre de bruit à Paris.

On attend, ou pas, la conférence de presse commune d’Angela Merkel et Emmanuel Macro, annoncée pour l’heure du thé.

Vivement happy hour.

Et, surtout, le film avec Piccoli que les télés un peu agiles ne manqueront pas de programmer à l’occasion de son décès, en remplacement d’un de Funès, d’un James Bond, ou d’un Harry Potter …

Le truc invraisemblable, avec Piccoli, c’est comme ces quatre derniers jours, ou d’ailleurs les 2 derniers mois, on se demande s’il n’y a pas eu un bug dans l’espaces-temps, parce qu’il était déjà chauve avant mai 68, et que même s’il est mort, on a l’impression qu’il a toujours été, et sera éternellement avec nous, inchangé.

Crédit : INA

Ce siècle a 20 ans, et déjà ça sent le formol …

RF – Paris, 18 mai, #DéconfinementJour8

PS : c’est curieux, voire agaçant pour les téléspectateurs de la conférence de presse de Merkel et Macron, ce bronzage de retour de grandes vacances du politicien en chef du #ClubMed en costard de banquier, alors que Merkel a un teint et une fringue de reine d’Angleterre après une guerre mondiale ou un Noël à Balmoral …

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#Paris #13Mai2020, 3ème jour de #Déconfinement

Santé ! …

J’avais pensé à « Post (dé)CO(nf)I(nemen)T animal triste », sinon « déCOnfinement InterrupTus » pour le titre de ce billet, mais j’ai préféré faire simple et dans la continuité au cas où quelqu’un(e) aurait pris le goût, sinon l’habitude, voire l’envie, d’un peu de prévisibilité, sinon de lisibilité (non, pas d’ébriété, quoique …), au moins dans le monde virtuel.

Mais les lettres majuscules en gras se voient encore moins bien dans les titres, que dans le texte du blog, alors va pour la règle rassurante, apaisante, du « jamais deux sans trois », et d’encore le même titre en changeant juste le numéro du jour, et en tentant de publier un peu moins tard, même si, franchement, entre la fermeture des bistrots, le télétravail, et la fin du bocal de café soluble, l’heure du café, du thé, ou de l’happypéro, c’est un peu kifkifbouriko ces temps-ci.

Bref, mercredi.

D’abord descendre la poubelle et les recyclables sans autant de précaution à chaque porte à ouvrir, sans autant de Angst en levant lentement le couvercle de la poubelle verte comme si une nuée de virus chinois furieusement excités allai(en)t sauter à la figure de l’imp(r)udent empêcheur de macérer entre pestiférants, sans autant de gestes plus ou moins barrières ultra gauches pour tenter d’ouvrir le bac à recyclables sans poser son sac par terre, avec un bout de clef sans que le porte-clef ne frôle le plastique sur lequel sûrement les fous du jogging de l’étage d’au-dessus ont posé leurs doigts contagieux après s’être torché la mortelle transpiration d’autour des yeux ou encore pire …

Ensuite activer la carte de crédit reçue par la poste il y a des semaines, mais restée dans la pile des trucs à faire et dans le déluge de confinoprocrastination, et dont la fin de validité avait interrompu l’abonnement Vélib. Très sympa le gars en télétravail au bout du fil, ça passe comme sur des roulettes, et il en profite évidemment pour tenter de me fourguer une carte couple avant qu’on se quitte meilleurs amis du monde qui va vers le moins pire, sinon du mieux, s’entre-souhaitespère-t’on.

Et puis, bien sûr, sinon on aurait procrastiné sans dommage encore quelques semaines pour la carte de crédit, faire réactiver la carte Vélib’, parce que c’est pas tout ça, on limite les sorties parce qu’il faut raison, et domicile garder, mais on ne va pas sortir la bagnole (électrique, pas la peine de brailler que le diesel p(oll)ue les naseaux, d’autant que c’est peut-être comme la clope, ni vous, ni moi, ne savent si la fumée du diesel qui file le cancer ne tue pas les virus chinois en passant) à chaque fois qu’on a 5 km à faire et pas trop le temps de marcher une heure en évitant les autres, ni l’envie d’encombrer les transports en commun. No comment, c’est pas la faute du type à l’autre bout du fil si la conversation a été aussi agréable qu’un passage de douane à l’aéroport de New-York en file classe éco à l’heure d’arrivées de plein de vols de pays à tort ou raison considérés par les yankees comme encore plus cradingues que les baba-cools de Wes Coast, encore plus communistes que les geeks de Silicon Valley, et encore plus dangereux que les dingos du flinguage de masse à l’école ou les assassins dealers de bouffe toxique sur-grasse et sur-sucrée des Amériques, comme la France. Je ne peux pas en vouloir d’être un peu fatigué de se faire rappeler que sa boite est nulle au gars qui bosse pour les vélos qui ne marchent pas depuis que la bande d’Hidalgo a viré les Decaux (qui semble-t’il n’avaient pas trop hésité à charger la barque, croyant que jamais les neuneus de la mairie n’oseraient filer le contrat à une startup sans expérience, sans moyens, avec pour seule référence un contrat avec une autre municipalité PS dans un bled du sud avec à peine l’électricité). Impossible de reprocher au type, probablement aussi normal et sympa que vous et moi, de craquer un peu quand on lui dit que son appli est aussi nulle que son service, alors qu’il est probablement aussi inquiet que vous et moi pour son avenir et la santé de ses proches, aussi sur les nerfs que vous et moi après 8 semaines coincé sur une mauvaise chaise de cuisine entre les gosses hystériques et le/conjoin(t)e angoissée, aussi déstabilisé que vous et moi à l’idée de devoir bientôt retourner bosser dans des locaux à la clim’ aussi virussée que les boutons d’ascenseurs malgré les dénégations de la direction et les tartufferies du syndicat, entre des collègues aussi préoccupés que vous et moi malgré les bouts de plexiglass mal fixés, les autocollants marqueurs pas très collants, et les instructions pas très convaincantes rappelées partout où l’on passe le plus vite possible sans évidemment prendre le temps de lire quoi que ce soit qui est de toute façon, soit de la répétition inutile, soit dépassé mais personne n’a pris le temps d’enlever les vieilles affiches, comme pour les panneaux électoraux ou la page d’accueil du site Velib’ qui informe toujours utilement, peut-être avec un esprit d’anticipation qui honorerait les web managers, les visiteurs des conséquences de la grève des transports : http://blog.velib-metropole.fr/blog/2020/01/21/ou-sont-les-velib/

Ne pas sortir … on a de quoi manger midi et soir, le stock de thé reconstitué lundi permettrait de tenir au moins trois ou quatre mois en cas de reconfinement, et le tour de recensement des réouvertures des librairies du quartier peut attendre.

Zapper le télé-yoga, pas d’humeur à faire 10 minutes de relaxe, puis l’arbre figé, ensuite le crocodile inerte, enfin le salut un astre désespérément lointain et immobile, alors que ça huit semaines qu’on ne peut pas respirer.

10 km d’elliptique à la place des zazéneries sur tapis griffé par le chat, mais quelque chose ne va pas, impossible de tenir le (relativement spectaculaire) rythme d’avant la fin du confinement, c’est comme la bourse, l’euphorie d’il y a une semaine s’est transformée en un faux optimisme pesant, canal il y a une fuite dans la bulle : deux minutes de plus (que le record atteint en risquant la syncope, certes) aux 10 km, ce serait humiliant si je n’étais pas le seul spectateur, et responsable du désastre, et c’est pas le matos, c’est le bonhomme, comme dirait mon moniteur de ski (à qui je claque la bise en regrettant de ne pas être passé cette année) qui connait ses classiques et ne manque jamais l’occasion d’un rappel aux Bronzés (« ces skis ont fait 3ème à Val d’Isère ! »).

Applaudir à 20h. Moins de monde que d’hab’. Pourtant plein d’émigrés sont revenus, on devrait être plus nombreux aux fenêtres et balcons que les deux petites douzaines de réguliers qui avaient fini par se saluer tous les soirs d’un bord à l’autre de la rue, se faire des signes de loin entre confinés à des étages différents et/ou dans des immeubles voisins, parfois à se parler de loin, comme l’on fait maintenant entre déconfinés, mais plus fort, parce qu’on avait moins peur des postillons d’une fenêtre à l’autre, et qu’on s’entendait encore plus mal que maintenant qu’on s’entre-marmonne dans les masques et/ou sous visière(s) en plastique. Comme pour le vrai-faux jogging en elliptique, quelque chose n’est plus comme avant, même la musique qu’un bienfaiteur invisible mais à puissante sono d’au-delà du coin de rue offrait tous les soirs au voisinage pour égayer l’atmosphère et encourager à applaudir fort et long, n’est plus la même (j’aurai dû noter les titres au jour le jour, là c’est déjà en train de s’enfuir de ma mémoire … il y a eu les Beach Boys, une bossa nova, Statu Quo, Yves Montand, un cocktail improbable, 55 airs d’un temps maintenant évaporé, un peu comme les coups de pinceau à l’eau de mer du peintre de Baricco).

Inviter la voisine dont l’évier est bouché à venir avec son assiette, son verre, et ses couverts, partager en bout de table une salade préparée avec prudence et servie précautionneusement, goûter un dessert au pamplemousse et citron dont on espère que les virus éventuels auront été flingués par le jus acide, trinquer un verre de vin à la santé de Pasteur qui nous a enseigné que peu de microbes résistent à un bon verre de rouge, surtout dopé d’un coup de rhum arrangé pour fêter les retrouvailles … du coup la voisine a oublié de reprendre la plante qu’on avait adoptée depuis deux mois, et on a pensé, au troisième rhum anti virus après son départ, que ça serait moins risqué d’attendre le lendemain pour lui remonter …

Bref, on décon(fi)ne piano ma sano …

RF – Paris, 13 mai 2020, #DéconfinementJour3

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#Paris #12Mai2020 Jour 2 du #Déconfinement

Bon, ça vient ?

Ophtalmo à 9 heures : rien à signaler côté vision, fatigue oculaire normale à bosser sur écran toute la journée depuis des semaines sans pause café, ni rendez-vous ou déjeuner dans la vraie vie, même pas d’affiches de pub dans le métro ou sur les abribus à regarder, et ordi ou télé le soir aussi. Sympa de faire la causette de vive-voix avec un humain pas toujours le même que depuis 2 mois, même avec des masques et le toutime anti virus, et même si s’entre-raconter ses lifes de confinement passé et d’incertitudes inquiètes pour l’avenir, ça ne fait que demi chaud au coeur.

Café-croissant emporté de chez Starbuck (pas vraiment le choix). Pas désagréable, ça donne presque l’impression de voyager, de faire la queue en zigzag avec des barrières comme à un comptoir d’aéroport (mais sans valises, ni taxi frénétique ou RER blindé et VAL toujours à l’envers), de tchatcher 20 secondes avec la serveuse sympa emballant le croissant et le serveur des cafés préparant deux gobelets en carton, comme on blablate avec une hôtesse et un steward d’avion chacun de son côté de leur chariot en souriant à la carte de crédit. Et marcher 5 minutes pour aller avaler son petit noir sur un banc au soleil, c’est chouette comme voyager en classe business (ou mieux), passer les contrôles zéro souci en mode VIP, et aller se vautrer dans un bon fauteuil au salon classe affaires …

Coiffeur à 11 heures : pas de veste pour ne pas multiplier les gestes et contacts inutiles, shampoing fait à la maison le matin pour les mêmes raisons, gel anti-virus proposé par la patronne avant toute chose (on en avait mis du sien avant d’entrer, d’ailleurs on en met tout le temps, dès qu’on croise un regard ou qu’on se gratte le nez, du coup c’est un peu vexant, et décevant parce qu’avant on proposait un café, pas du désinfectant, mais ça rassure tout le monde), blouse jetable sortie d’un emballage en plastique individuel, chacun son masque, visière transparente en plus pour la coiffeuse. Petit moment de contrariété parce que, distanciation oblige, on sera coiffé au sous-sol, plus confiné. Gestes un peu maladroits, un genre de premier baiser d’ados … mais ça se passe très bien, on tient l’élastique du masque pendant la taille autour des oreilles, la couleur de la dame d’à-côté avance, on ressort en se disant qu’on n’a pas occupé trop longtemps un siège dont d’autres avaient plus besoin, qu’on a un tout petit peu contribué à aider la coiffeuse à payer son loyer, sinon fait sa part pour doper la relance de l’économie.

Pharmacie : 2 masques noirs, 2 blancs, un tube de gel, moins prestigieux que quand je suis passé acheter des préservatifs king size renforcés (pour tenter de manchonner dans du vinaigre blanc un robinet grippé de calcaire, à la guerre comme à la guerre) pendant le couvre-feu, mais atmosphère printanière dans la boutique, qui tranche avec l’ambiance de salle d’attente aux pompes funèbres qui prévalait quand on venait tristement constater la pénurie de thermomètres et le retard d’arrivage du gel, en osant à peine prendre des nouvelles quand on constatait une absence dans le personnel habituel, en respirant le moins possible l’air d’entre deux clients se ravitaillant en Doliprane ou demandant discrètement de la Nivaquine.

Boulangerie : rien de nouveau sous le soleil à la boulangerie familiale qui était restée vaillamment ouverte 6 jours sur 7 pendant le confinement, sauf que comme les boites et machins administratifs d’autour n’ont pas réouvert, et qu’une partie des émigrés en province y est encore, tandis qu’au moins un des boulangers concurrents de proximité à repris son activité, les clients à la carte bancaire solvable mangent et mangeront du bon pain blanc, mais les boulangers ne font pas, et ne referont pas rapidement, des chiffres de rois du pétrole.

Boucherie : bonheur d’un étal « comme avant », et d’un approvisionnement en excellents saucissons corses et Morteaux/Montbéliard guère plus chers que de l’industriel de supermarché, même si franchement la maison a, comme le boulanger, servi les clients 6 jours sur 7 avec en tout et pour tout une rupture sur les épaules d’agneau le matin du dimanche de Pâques, et petit plaisir minuscule de ne pas avoir en coin de tête l’objectif de période de confinement de maintenir un stock aussi considérable que le frigo le permettait, et une réserve de saucisson sec pour pouvoir tenir 3 mais « au cas où ».

Primeurs, marchand de vin : joie de pouvoir ne passer que pour dire bonjour depuis le trottoir ensoleillé.

Retour at home sweet home, bien moins oppressant depuis 36 heures malgré une météo moins vacancière que pendant les 8 semaines de canapé-ordi-télé forcé… un peu honteux de n’avoir pas du tout bricolé, presque rien rangé, et même pas trié les papiers ou géré les trucs genre impôts pendant deux mois de confinement, alors que l’ophtalmo e avait profité pour faire plein de bricolage (encore fallait-il avoir du stock de pinceaux et peinture …) mais c’est comme ça.

On dira ce qu’on voudra, mais on respire mieux dehors sans attestation dérogatoire datée et signée dans la poche, et on dort plus paisiblement devant un n-ième épisode de Harry Potter à peu près à l’heure normale sur une chaine normale, que quand on somnolait péniblement entre un de Funès déjà revu 36 fois, une 7ème compagnie encore plus poussive que les vidéos maison en webcam pas maquillé, pas peigné, de sous-ministres croyant essentiel pour leur avenir de montrer au PR qu’ils/elles n’étaient ni à l’hôpital, ni en abandon de poste (ni en EHPAD, pour les recyclé(e)s du temps de Hollande), ou un James Bond des familles à l’heure des films cochons pour ados et autres pervers confinés sur les chaines pour abonnés (obsédés ?) que vous et moi, d’abord on ne regarde évidemment jamais, ensuite on doit se mettre une passoire à farine devant le masque pour essayer de distinguer un peu de croustillant sans payer, comme au bon (?) vieux temps du porno seulement très tard le dimanche soir seulement sur Canal+ crypté façon tempête de neige nocturne avec bruit d’aspirateur déréglé.

On s’emm…, non ?

RF – Paris, 12 mai 2020, #DéconfinementJour2

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