La France, combien de divisions après le Trafalgar d’Annecy ?

C’est pas Mongénéral des Jeux de Grenoble ou Killy qui allait chercher l’or avec ses dents et un bonnet de schtroumf séché sur le radiateur de l’auberge de jeunesse qui auraient échangé leurs gants de ski contre deux barils d’autobronzant et une plaquette de sept Prozac.

Enfin, même le Club Med, son nouveau village de bronzés skieurs, il l’a construit en Chine, alors comment en vouloir de s’être tiré dans les chaussures de ski aux skis schizos du « Toujours Plus » qui voudraient toujours plus d’authenticité, toujours plus d’électricité et toujours plus de rentabilité mais sans parler anglais.

Enfin, on zappera ça comme on change, ou pas, de chaine devant les flux et reflux aussi nauséabonds les uns que les autres de l’indignation publique politiquement sélective sur ce qui se passe ou pas dans les hôtels d’Amérique ou de Marrakech, en Libye, en Syrie, en Grèce ou whatever works pour l’audimat et la notoriété avant telle ou telle élection. Maintenant, on refait même l’Histoire avant qu’elle soit arrivée.

En croisant le regard vide de Pierre de Coubertin, on ne peut s’empêcher de penser qu’on est un peu indignes de l’héritage qu’il nous a légué et qu’heureusement qu’il est plus mort que les Bettencourt, sinon il réviserait son testament.

En tout cas, il n’en croirait pas ses yeux.

Ni ses oreilles

Parce que quand même, si la défaite d’Annecy contre plus fort, plus riche, plus jeune, est moins consternante que celle du Paris donneur de leçons contre le Londres efficace quelques années auparavant, elle traduit la même tendance à foncer contre le mur en klaxonnant en(tre) Français avec nos raquettes de tennis du temps de Proust en espérant que sur un concours de circonstances ça marchera, sans regarder le monde être, la vérité devenir et les concurrents progresser. Ce n’est pas nouveau mais on a de moins en moins de taxis de la Marne et la cavalerie américaine ne peut plus nous sauver la mise à chaque fois, elle aussi a des contraintes budgétaires et elle considère avoir largement soldé les comptes de Lafayette, surtout qu’en principe on est la 5ème puissance du monde avec de gros missiles et même un porte-avion. Prions pour qu’il n’y ait pas une guerre. Même économique.

Tiens, je ne m’étais jamais fait la réflexion que tous les réguliers des sièges en cuir de l’audimat sont bien bronzés tout le temps.

On va pleurer un peu, sincèrement, parce que même si on ne partait pas la fleur au fusil en ayant gagné d’avance comme dans le nucléaire (déjà contre la Corée) ou au foot (déjà en Corée), on avait vaguement l’espoir que les moyens engagés nous rapporteraient plus de 7 voix dont la notre et probablement celles de deux ou trois pays frontaliers dont les hôteliers comptaient sur nous et d’un ou deux délégués étrangers qui avaient un chalet à vendre ou une copine pas loin d’Annecy. Enfin, s’il reste de l’eau pour les canons à neige, on pourra faire comme les Coréens et rejouer le film en 2022 (Nice a peut-être une vraie chance avec un concept « à la Vancouver » plus une vraie infrastructure touristique et la météo souvent délicieuse sur la Côte d’Azur en hiver, si les stations proches peuvent garantir de la neige, même artificielle), ou alors pour les jeux d’été en 2024 à Paris (ça fera le centenaire de 1924 et on n’aura pas toutes ces contraintes logisitiques à cause des montagnes, des villages et de tous les trucs que les Verts n’aiment pas trop).

On sourit, très jaune quand même, en se rappelant que quelques gaulois de compétition qui n’avaient rien de plus constructif à faire n’ont pas hésité à tenter de saboter la candidature de Christine Lagarde au FMI avant même qu’on ait (encore) perdu en Afrique du Sud : heureusement qu’ils ne parlaient pas anglais et qu’elle n’a pas trop écouté les cloche(r)s sonner au bord de la piste sinon elle n’aurait pas gagné, pour la France de l’esprit de Grenoble, comme Killy et son triplé magnifique, et pour l’esprit du sport international, comme Nancy Greene, une autre presqu’américaine (de Nouvelle France, elle … aussi) qui contourna avec élégance et détermination les obstacles pour remporter la médaille d’or en 1968 (quant à Périllat, sa chute dans le slalom alors qu’en principe il était favori rappelle aussi quelque chose, non ?).

Good game, Pyeongchang, faites vos jeux (nous on continue à jouer au poker menteur).

Renaud Favier – 7 juillet 2011 – http://www.renaudfavier.comNet-Land-Art

Le bonus : Les Charlots, une idée plus contemporaine de notre grandeur sportive, parce que quand même, Mongénéral et Killy, c’est un peu « old school » et éloigné de la France d’aujourd’hui.

C’est fini pour aujourd’hui

Ps : puisqu’on en parle, de l’anglais, de l’international, avec le business pas très loin en arrière-plan parce qu’on vit dans le monde réel au 21è siècle, et comme on vient d’annoncer une croissance de 3,7% de notre … déficit commercial pour un nouveau record mensuel à 7,4 milliards alors même que l’Euro est plutôt stabilisé, que le pétrole s’est assagi et que les cloche(r)s de l’appui aux PME à l’international tintent, et surtout comme c’est les vacances et qu’on n’a pas envie de trop se prendre la tête en lisant des trucs pénibles mais que qund même on sait qu’il faut profiter du temps libre pour faire un peu d’exercice et pratiquer un peu l’anglais au cas où on serait encore dans la course pour plus tard, le service public … britannique (UKTI, « Best Trade Promotion Agency in the Developped World« , 2010) offre gratuitement son appui aux entrepreneurs connectés.

Life in the fast lane : ça veut dire gosso modo jouer dans la cour des grands

Why go for international trade  : ça veut dire grosso modo savoir que 99% des clients et des concurrents ne jouent pas au club de golf du coin et vivent à plus de trois heures de route en 4-4 diesel à sièges en cuir de fonctions made in far away.

Training for export & international trade : ça veut dire grosso modo que c’est pas juste en se baladant avec des élus et des subventions que ça va le faire.

Incoterms (before 2010 news) : ça veut dire que ça vaudrait le coup d’aller voir sur le site d’ICC ce qui a changé avec les nouveaux incoterms.

Developing international potential : ça veut dire grosso modo que c’est pas sorcier si on sait fabriquer et vendre des trucs et qu’on parle anglais.

Overcoming cultural difference : ça veut dire qu’il vaut mieux ne pas parler que des primaires en France quand on discute avec un prospect étranger, ni ennuyer les femmes de ménage dans certains pays.

UKTI, au service de l’internationalisation des talents : ça veut dire que les pépères de UKTI sont payés à vos résultats et qu’ils le savent, que ce ne sont pas des zexperts assis derrrière leur guichet unique.

How UKTI can help internationalize business : ça veut dire ce que ça veut dire.

How UKTI supports FDI in the UK : ça veut dire que pour créer du job à l’export, les anglo-saxons sont assez pragmatiques pour faire entrer des loups dans la bergerie parce qu’ils n’ont plus le choix depuis qu’ils ont perdu à Yorktown et puis en quelques autres occasions depuis, that’s the way it is qu’on le veuille ou non, et puis que comme on parle anglais et qu’on est business-friendly au Royaume-Uni, ça peut intéresser des étrangers pas trop nostalgiques du moyen-âge économique.

Business expertise : ça veut dire qu’on ne raisonne plus juste comme des diplomates qui surveillent des frontières historiques mais qu’on sait que les frontières du business sont ailleurs et que l’expertise sectorielle est indispensable (voir le site internet d’Ubifrance, par ailleurs traduit en anglais, pour plus d’infos sur le concept de compétence sectorielle, il y a quelque chose de « so British » du côté de Denfert-Rochereau, ça change de certains tour-operators gaulois).

Nouveaux marchés : ça veut dire que si on ne vend qu’en Grèce parce qu’on y a acheté une villa et qu’il y a l’Euro et au Portugal par nostalgie de la concierge portugaise de quand on était môme, on est assez loin du 21è siècle.

Afrique du Sud : ça veut dire qu’il n’y a pas que les colonies.

Brésil & Mexique selon UKTI : ça veut dire qu’il n’y a pas que Miami et Montréal où l’on parle des langues latines aux Amériques.

Brésil : ça veut dire que ce pays est un sérieux client et surtout un sérieux concurrent n’en déplaise à Mongénéral qui n’est pas allé en Amérique Latine depuis un moment.

Sao Paulo : ça veut dire que même si on a trouvé du pétrole au large de Rio, le poumon économique d’Amérique du Sud est un peu plus loin de Copacabana même si le Sofitel de Rio est aussi sympa que celui de New-York et parfait pour les séminaires français sur l’export au Brésil.

Mexique : ça veut dire que si on regarde juste en dehors de la liste des « presque BRIC » on trouve des endroits où l’on fabrique des avions sérieux.

EAU : ça veut dire que même si le baril est en bas de marée, ce n’est pas parce que c’est Georges Marchais qui le disait que c’est lapin crétin d’aller chercher l’argent la où elle est.

Culture & Etiquette in the UAE : ça veut dire qu’on enlève ses chaussures sur certains tapis, même si d’autres méritent qu’on se frotte les crampons dessus.

Qatar : ça veut dire que même si on parle anglais et qu’on est tout petit, on peut être un genre de Hong-Kong ailleurs.

Chine : ça veut dire que des comunistes qui envoient un homme dans l’espace, même si on peut espérer qu’un jour ils se tireront des balles dans les pieds comme nous, c’est moins lapin-crétin de s’y intéresser un peu même s’ils ne parlent pas français et si le décalage horaire oblige à se lever un peu tôt.

Inde : ça veut dire qu’à côté du Pakistan, il y a un autre petit pays de quelques centaines de millions de gens et que même si on n’est pas sûr qu’ils aient vraiment envie d’acheter des avions de chasse ou d’autres franfreluxes avant le déluge, ça vaut d’autant plus le coup d’aller voir ce qui s’y passe qu’ils parlent anglais, en secouant la tête mais mieux que nous en général.

Japon : ça veut dire que comme tout le Cac40 y est installé profitablement, ça doit valoir le coup d’y faire une escale en revanant de Californie si on n’a pas trop la culture du bonsaï gaulois.

Vietnam : ça veut dire que même si ce n’est qu’une petite Chine, ils sont aussi nombreux que l’Allemagne et la Grande-Bretagne réunies et qu’en plus quelques vieux parlent encore français.

Ho Chi Minh Ville : ça veut dire que ça ne s’appelle plus Saïgon et qu’en anglais il n’y a pas d’accent circonflexe ni d’ailleurs trop de trucs qui font perdre du temps avec l’orthographe, ancienne, oderne, dfférente, whatever doesn’t work mais c’est pas grave puisque tous nos djeuns ont le bac quand même.

Etc … ça veut dire que si on a encore de la batterie, ça vaut le coup de fouiller internet (et si on utilise http://www.jeplanteunarbre.com/fr/ plutôt que Google, le résultat est pareil mais en plus on a fait un geste pour la planète plus utile qu’en votant pour les gardes verts Evajolistes).

Parce que tant qu’à avoir mis l’iPad en marche sous le parasol, il y a plein d’autres vidéos pédagogiques en langues étranges de UKTI ou d’autres bonnes sources, sur Youtube (ou Dailymotion qui reste un peu incompatible avec mon logiciel de blog mais marche très bien, sinon), à regarder en attendant le défilé du 14 juillet ; le prochain scandale électoral à la TVla rentrée le nouveau guichet unique virtuel de l’exportateur en France français qui succédera bientôt à www.exporter.gouv.fr (bientôt un collector).

Sinon, il y a toujours le site des statistiques du commerce extérieur.

Mais avec le nouveau record de déficit annoncé ce matin (7,42 milliards, +3,7% par rapport à avril qui était déjà un cauchemard), ça file le bourdon grave, je recommande plutôt d’aller lire Net-Land-Art avant la sortie du tome 2 qui va maintenant border un peu la voile parce qu’avec le 14 juillet qui tombe un jeudi, les lecteurs qui n’ont pas d’iPad et impriment (en recto-verso 2 pages par feuille pour offrir un peu de temps aux orang-utangs, tigres et autres habitants en voie de disparition des vraies forêts menacées, SVP) pour lire dans le train vont bientôt mettre … les voiles et ce serait ballot de publier trop tard.

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3 Responses to La France, combien de divisions après le Trafalgar d’Annecy ?

  1. Avatar de labasoche labasoche dit :

    Après ce trafalgar c’est encore un coup des anglais ou des chinois… rsrs. Poussons fort notre cocorico national… pour 2018

  2. Un Bonheur cet article. Merci pour l’eBook. 300 pages, je t’e promet pas de lire tous les articles…

    Pierre
    Blog Stratégies Export

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