Je ne dis pas que l’opéra Bastille n’est pas un symbole du socialisme tartuffe à la française réservant privilèges et passe-droits à ses élites et amis et construisant des ronds-point géants partout, ni d’ailleurs que la prise de la Bastille, devenue tarte à la crème de la Révolution Française (en fait, à en croire certains historiens iconoclastes, il s’agit plutôt d’un coup d’état encouragé par l’Angleterre soucieuse de se débarrasser d’une France rivale alors seule capable de lui contester la suprématie mondiale si elle se mettait à faire du business plutôt que des courbettes entre nobles et des traits d’esprit entre écrivains), fut autre chose que la libération sans importance de quelques délinquants et une poignée d’activistes politiques mondains, et ça m’agace un peu de savoir que des fonctionnaires à scandaleux avantages acquis de la Banque de France profitent d’appartements à prix d’ami avec vue sur le Génie aux frais des contribuables alors que leur employeur ne sert plus à rien depuis 15 ans, etc etc etc qu’il y a à critiquer plus ou moins stérilement sur la place favorite des organisateurs de manifs en Boboland et des provinciaux voulant s’acheter (aussi) des fringues de marques qu’on ne trouve pas à chaque coin de gare ou avenue à touristes, mais je ne peux pas non plus dire que du mal de l’opéra qui est un petit îlot de civilisation avec son joli petit port de l’Arsenal, dans une ville abandonnée aux vendeurs de pailles et paillettes, ni même du quartier qui est un peu superficiel, voire commercial, et vice-versa, mais très cool, et parfois même inspirant, sur un malentendu.
La Bastoche, c’est pas si boloss, en vrai.
Reno – 20 mai 2015



