C’est pas pour choper des abonnés du côté de chez les fans de vrai foot en deuil de Gerd Muller depuis quelques jours après avoir rongé du poteau carré pendant un demi siècle, mais moi je (mé)dis que les Verts, c’est plus ce que c’était du temps du verre d’eau en col roulé de René, des flirts roses de Dany le rouge, du « Je t’aime, moi non plus » d’Eva et Nicolas …
Les verts canal talibans s(er)ont inclusifs (c’est les communicants chinois qui le disent dans Youtube, alors ça ne peut pas être du défèqueniouze, ni du ouichefoule sinking, si ?).
Les verts s(er)ont des politiciens comme les autres (c’est les influenceurs de Mediapart et un barbu adulte qui le youtubaient dès 2014, c’est dire si c’est ultra vrai, sinon frais, non ?).
Les gamins verts de Paris font leur coming-out en jumelant du 10 au 12 septembre les 2 bals #WeLoveGreen et Fête de l’Huma, avec leur e-primaire #Elysee2022 (tarif +16 ans 2 balles).
Crédit : Keep Calm and La Maison Ne Fait Pas Crédit
C’est pas qu’on soit pas habitué à se faire enfiler du blablaboulga par les oreilles et tous autres orifices disponibles depuis avant TikTok et Twitter, et même depuis avant la télé en couleur (dans les Seventies, fallait être très aisé pour avoir un écran couleur dans le salon, moi j’ai toujours vu feu Gerd Muller jouer en noir et blanc, pas seulement parce que c’étaient les couleurs du short et du maillot de la Mannschaft, sauf pour la finale de la coupe du monde de 1974 en Allemagne face aux Oranges Mécaniques, que j’ai vue en couleurs même si l’Allemagne était en noir et blanc parce que j’avais été invité chez des voisins), même si là, je dis que ça devient gênant tout ce tintamarre sur les Talibans urbi et orbi autour de la fête de la Sainte Vierge 2021 …
C’est quand même plus réjouissant d’entendre causer d’Hubert, même si les commentaires de youtubeux pour, contre, ou au contraire, cherchant laborieusement, ou même pas, un truc un peu original à raconter à leur fan-club en manque de foot sur « Alerte Rouge en Afrique Noire », c’est comme les émissions littéraires pendant la trêve estivale en attendant qu’on puisse tchatcher des 501+ livres ou assimilés en instance de mise dans les vitrines, sur les étals, une fois qu’on a résumé en deux mots comme en 2000 que c’est Tintin et Gloubiboulga, pas besoin de se terginouer le neurone en quatre pour constater que Bedos surfe avec l’élégance de Brice de Nice entre tentation de racisme et menace de sexisme, et vice-versa, que Dujardin n’a pris que peu de bide pour un intermittent de luxe divorcé bientôt sexagénaire, qu’OSS est toujours aussi lourdaud et dépassé, pas seulement par les événements et la technologie, et qu’on pouvait encore rouler au début des années 80 dans des bagnoles ressemblant à celles du temps de Pompon en faisant des vannes comme sous René Coty. Sinon, compter les références aux James Bond d’autour de celui avec Grace Jones est une bonne méthode pour s’endormir en rêvant de jolies pépées de bords de piscine d’hôtel avec casino et de la France du Général si l’on a une bonne mémoire, et l’interview officielle de e-promo inzeweb des acteurs et du réalisateur est souriante comme un pastis pas trop tassé sous un parasol de port de Côte d’Azur en attendant la fin des vacances.
Crédit : Pathé-Gaumont / Youtube
Parce que les éléments de langage en boucle sur la surprise des talibans à Kaboul et la perspective de flux migratoires y afférents (pas très inclusifs au demeurant, les femmes ne pouvant ni voyager seules, ni même approcher de l’aéroport de Kaboul depuis que c’est le dernier coin d’Afghanistan pas re-barbu-isé, on anticipe encore moins de réfugiées islamiques que de migrantes climatiques, et c’est dommage comme dit OSS 117 pour rassurer le porteur de valises tyrannique et acheter la paix sociale avec les youtubinfluenceurs canal politiquement correct niveau Casimir. Blague à part, les pays riches dont les pilotes sont en bord de piscine et les avions civils sur le tarmac depuis 2 ans pourraient peut être organiser des charters pour les Afghanes en danger tant que l’aéroport de Kaboul est encore opérationnel, sinon accessible pour toutes entre les barbudos à la gâchette sensible et les commissaires islamistes déjà à tous les checkpoints, plutôt que de pleurnicher sur le sort des plus violents survivants du parcours du combattant du migrant en espérant transformer des loups en paisibles citoyens ou d’électoralarmoyer sur le Commandant Massoud …). Sinon, envoyer OSS117 à Kaboul il y a 20 ans, ça n’aiderait peut être pas à démocratiser durablement l’Asie Centrale, mais tant qu’à faire un remake, autant que ça soit du cinéma …
Crédit : The LaRoute Pathé Gaumont – Youtube
Bref, tant qu’à regarder des barbouzes à l’écran cet été, autant aller au ciné, et tant qu’à aller au ciné, autant aller voir un film français, et tant qu’à aller voir un film français, le dernier OSS 117 est plus potable que plein de petites et grosses daubes moins marrantes et pas plus malines …
Quand j’étais djeun’s, l’Afghanistan était en train de devenir le Vietnam de l’URSS, et le monde libre s’extasiait des exploits guerriers de maquisards barbus discrètement équipés par les marchands de canons multinationaux d’alors pour tirer au lance-pierres ou au missile sur le rouleau compresseur soviétique dans un pays d’Asie Centrale que peu d’étudiants en géographie auraient su placer sur une carte et dont les plus studieux élèves de ScPo ignoraient sans remords quels en étaient le régime politique officiel et les ressources naturelles supposées, mais plus grand que la France entre des éponges à pétrole, à peine moins peuplé qu’elle (honni qui « globalement ou de citoyennes et citoyens pas très laïcs, sinon pas très catholiques ? » y mépense), et entouré non seulement des « Stan » d’URSS, mais de l’Iran récemment devenu république islamique après le lâchage du Shah par ses soutiens et d’une certaine idée de la modernité pour son pays, du Pakistan alors considéré comme un allié progressiste des Etats-Unis aussi essentiel, fiable, et solidement démocratique que la Turquie, et, par les mystères de la diplomatie d’avant le téléphone, de la Chine, via quelques dizaines de km d’un no-man’s land au bout d’un corridor du genre à provoquer une guerre mondiale pendant que l’on regarde ailleurs : bref un bout du monde dont on ne parlait guère en repas de famille ou au bar du camping, et à peine plus au journal à la télé en cas de trou à boucher pendant les grandes vacances des journalistes parisiens et des joueurs de foot français, entre un serpent de mer inusable sur l’extinction des incendies d’été et les rituels sondages, commentaires et autres blablas afférents à la météo, le show-biz ou la politique.
Crédit : INA / Youtube
Plus tard, alors que l’ours soviétique avait disparu comme un vieux bout de banquise ou un morceau de forêt primaire, mais que l’islamisme avait succédé au communisme comme religion conquérante, on a reparlé un peu d’Afghanistan quand des talibans ont fait sauter face caméras des statues géantes de Bouddah dont personne n’avait jamais entendu parler, et dont encore moins de monde se souciait en dehors de cercles intellectuels éclairés mais usés de pays fatigués.
Crédit : Musée Guimet / Youtube
Maintenant, à part quelques junkies et leurs fournisseurs qui s’inquiètent pour les tarifs du pavot, le sujet va tenir 10 jours à la une : des politiciens pas en vacances ou disposant d’une caméra et d’un compte YouTube vont s’inquiéter quelques jours pour la liberté laïque et inclusive dans le monde et la sécurité des diplomates étrangers et barbouzes avec ou sans papiers pas encore provisoirement évacués, et vice-versa, et les médias n’ayant pas encore renoncé aux dessins de presse en publieront d’excellents ou de moins convaincants tandis que leurs confrères recentrés sur le blabla ou les images qui bougent nous balanceront des témoignages glaçants et des analyses effrayantes, et vice-versa.
Crédit : Arte / Youtube
Sinon, il y a hélas l’essentiel dans le topo d’Arte d’il y a 15 jours, même si personne n’imaginait alors que la messe à Kaboul serait dite le 15 août après … 20 ans pour rien, et un « Blitz » estival contre la démocratie encore plus expéditif que celui de l’été 40 France.