Vol Air France 2012 pour Paris, enregistrement immédiat …

Le lecteur DVD s’est crashé comme un pélican crétin avant la fin de « In the air » avec Clooney ! Comme Air France m’interrompait toujours le Dernier Samouraï ou Master and Commander pour atterrir ! Râlant, c’était mieux que « concombres et épluchures » à la TV.

Clooney, avec son air de toubib pré-quinquagénaire pour midinettes reconverti en homme sandwich souriant pour vendeurs de café à bobos pas trop écolos, il aura quand même joué dans des trucs très potables, voire édifiants pour les masses dépressives genre Michael Clayton ou the Perfect Storm. Et il fait même des trucs biens dans la vraie vie, entre autres contre des génocides et autres crimes ordinaires contre l’humanité. S’il était un peu écolo, il serait le candidat idéal pour 2012 mais nobody’s perfect, on le sait depuis que JFK et Marilyn ont fêlé le miroir à rêves.

Nobody’s perfect, c’est à peu près avéré. Dommage pour Clooney, sinon il aurait eu le rôle de Dr House.

Mais dans « in the air« , il est épatant.

Tellement convaincant dans ce rôle de mercenaire des RH désabusé qui vire les gens pour compte de tiers comme Travolta flingue dans Pulp Fiction et accumule les miles de compagnies aériennes sans autre fin qu’appartenir un jour au genre de club 2000 dont les membres ont droit à leur nom inscrit sur un avion et à un « bonjour » personnalisé de l’hôtesse, entre autres avantages considérables acquis à vie. S’il avait un chez-lui, il collecterait aussi consciencieusement les shampoings d’hôtels et les pochettes d’allumettes pour la maison de campagne où son ex-femme ne voudrait plus que ses ex-enfants viennent en week-end à cause des tiques et les spéculos sous cellophane du salon des « First » pour le chien en garde partagée qui aurait occasionnellement droit aux tiques parce que ce serait bien qu’il prenne l’air.

Tellement crédible avec ses combines de grand voyageur un peu corsaire. Efficace dans le choix pour la file d’attente des passagers qui enregistreront le plus rapidement et des plats qui offrent le plus de miles au resto de l’hôtel. Performant avec ses smart-bidules qui marchent toujours mais ne l’amusent plus et sa valise cabine qui permet de gagner l’équivalent de 7 jours pleins par année d’un travail qui l’indiffère. On est tellement tous pareils dans la queue des taxis à Roissy (à Honk-Kong ou dans d’autres efficaces cités du monde économique réel, il n’y a pas la queue, on passe à peu près directement de son siège d’avion à celui de la voiture ou du train ultra-rapide et même parfois la porte du taxi s’ouvre toute seule, mais c’est un autre monde … ou pas).

Tellement mécanique dans sa manière de ne même plus être tenté de tenter de sortir du lounge d’aéroport ou de l’hôtel comme s’il était en permanence « lost in translation » dans sa propre vie. On sait tous tellement bien faire la folie d’un café blue mountain à 30 dollars avec vue sur la verdure du seul hôtel de Tokyo qui a un grand parc, et avec 3 les serveuses réglemantaires pour souffler sur la braise et secouer l’eau à température parfaite depuis 7 siècles au moins, en attendant un club-sandwich machinalement standard ou une salade César si c’est un jour de week-end. On préfèrerait ingérer des trucs responsables moins hypermarchisés dans des endroits raisonnables moins climatisés mais ce serait un autre monde … ou pas.

On sent bien qu’il a du faire des trucs sauvages genre une bière au Boat House Café de Central Park, l’excursion en bus VIP à la Grande Muraille de Chine ou une séance du samedi après-midi de la Chauve-Souris à l’opéra de Vienne mais pendant les deux premiers tiers du film, il compte les miles, vire des gens et s’ennuie confortablement avec ses chaussettes de contention, une stagiaire boulet à trainer et une passade avec un cougar quand l’occasion se présente. C’est drôle si on n’est pas allergique à un peu d’auto-dérision. On préfèrerait moins de vérités qui dérangent … ou pas.

Jusqu’ici, tout va bien, mais on sent que le 3ème tiers du film va tirer quelques ficelles supplémentaires et que, quand on aura trouvé un lecteur de DVD, il va falloir être bien accroché au canapé pour ne pas téléphoner au psy avant la fin du film pour discuter un peu de ces histoires de collection de cartes de chaînes d’hôtels et de club sandwich avec les cure-dents plantés dedans. Ce serait pourtant plus raisonnable de juste abandonner ce DVD pour prendre un mois ou deux de vacances en Grèce comme tout le monde, d’aller faire une orgie de calamars frits en buvant du retsina, comme si on n’avait pas de cholestérol ni un avion à prendre pour cultiver les crises et … conserver le statut platinium qui permet d’aller dans les salons où on peut chiper des spéculos pour le chien et les magazines qui ne savent pas grand chose mais disent über-tout sur les maladies du concombre grec, l’agenda des avocats new-yorkais, les tribulations des primaires, la notation des primes des sénateurs, Tchernobyl 2.0 au Japon, les épluchures, à quel guichet aller râler inutilement quand une valise a été abîmée avant d’être livrée en retard, enfin toussa-toussa en attendant le vol 2012.

C’était reposant, l’an dernier, quand le volcan islandais en éruption bloquait le trafic aérien et la porte d’accès aux magazines encore mieux qu’une grève des Ouvriers du Livre ou l’arrêt de l’électricité nucléaire pour le MacBook (l’iPad, tant qu’il ne fera pas téléphone et qu’il ne sera pas un peu étanche pour marcher dans le bain, mon vendeur Apple le gardera au frais, n’en déplaise à Saint Steve Jobs). Et en plus ça permettait aux stagiaires journalistes réquisitionnés l’été à la TV de filmer un truc dont on n’avait pas trop entendu parler depuis un petit moment, comme quand grâce aux filles peut-être on pourrait voir du vrai sport cette semaine si une chaine sans abonnement daigne changer sa programmation de cours d’épluchage de carottes, coupage de cheveux en quatre au PSG et autres échos des toilettes de l’école primaire : la France jouera les demi-finales de la coupe du Monde de foot en Allemagne grâce à une victoire émotionnante aux pénalties de Françaises admirables de talent et de sang-froid contre les Anglaises et si elles battent les Américaines, les Bleues pourront tenter d’un match d’un seul de nous faire oublier le coup de boule de l’un contre l’Italie, l’amok des autres devant le monde entier et la déculotée d’Annecy face à l’avenir.

Bonne nouvelle, un nouveau volcan grogne en Islande.

Mais, surtout, les pilotes on déposé un préavis de grève !

Vivement 2012 les vacances !

Renaud Favier -11 Juillet 2011 – http://www.renaudfavier.com – Net-Land-Art

Le bonus : le cosmogol n’est plus ce qu’il était.

C’est fini pour aujourd’hui, parce que les histoires d’avion et de volcan, c’est bien joli, mais c’est l’heure de la marée dans la vraie vie des vacances en France.

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La vérité ? Quel numéro de téléphone ?

Il y a quelques mois, « nous savons » semblait si confiant chez notre grand con-structueur « national » qu’on a failli y croire. Après Abidjan, Fukushima, le Sofitel, Athènes, E-coli, le jasmin, les petits hommes aux ver(t)s incertains … la vérité si je mens, on ne sait plus que croire.

On sent bien qu’on ne peut pas croire à tout que qu’on nous raconte.

Faut-il croire les communicants des fabricants de bagnoles ? On a bien voulu faire semblant de croire que le tout-électrique plus ou moins diesel sauverait l’humanité malgré la disparition des cabriolets italiens décents (et les nucléocrates diplômés des mêmes écoles que les autocrates de toutes marques réputées nationales) et que le « micro-hybride » était autre chose que d’arrêter son moteur au feu rouge ou pour acheter le pain (hallucinant le nombre de crétins en diesel qui croient encore qu’il faut laisser le moteur tourner pendant qu’on fait la queue à la boulangerie, il faudrait quand même s’occuper du contenu du permis de conduire un jour plutôt que de laisser rançonner les djeuns à coup d’heures de conduite à 6 sur le siège arrière). Et penser que les 4-4 diesel à siège en cuir et GPS branché sur Genève ou Luxembourg aideraient pour l’emploi des jeunes malgré les délocalisations. On a bien voulu croire ça parce que c’était le Salon de l’Auto « Mondial » de Paris et qu’il ne faut pas désespérer Billancourt ni les conseillers en communication plus ou moins politique ni les syndicats étudiants et autres zélecteurs. Mais depuis qu’on est (re)passé à côté de l’Ile Séguin et qu’on a (re)vu la baleine échouée au milieu de la rivière avec le ventre ouvert et les os cassés qui dépassent derrière le dérisoire petit arc de triomphe resté debout pour rappeler un passé plus glorieux, on a comme un coup de blues, comme une nostalgie du temps des 4L et de la Régie, comme un souvenir d’un coeur de République qui battait plus juste.

Les petits (arché)hommes verts ? On a voulu rêver que la justice de combat au bras de l’audimat responsable regardant Solar Impulse s’envoler au-dessus des patriotismes d’opérette au Bourget serait la formule gagnante pour une écologie de progrès après les pschitt grenelliens et autres tartufos aux lourdes ambitions sénatoriales ou pires. Mais la martingale Hulot-Joly a fait long feu sous les assauts (seaux ? sots ?) de médiocres recettes d’apparatchiks et du militantisme verrouge aux carottes Vichy.

Ces messieurs-dames de Météo-France ? On aurait bien voulu les aider, les presque SDF après la vente forcée de leur datcha parisienne (avertissement sans trop de frais mais bientôt il faudra vendre Bercy comme le PSG et mettre l’Elysée en concession comme les autoroutes), mais entre les nuages égarés de Fukushima (pas dans l’autre hémisphère quand même, ça c’est la géographie « à la EELV ») et la sécheresse « à la 1976 » dont ils nous rebattent les oreilles malgré les orages en oubliant juste de préciser qu’un petit déficit de pluie serait moins préoccupant si on ne gaspillait pas 100 ou 200 litres d’eau par jour pour se doucher au paraben en améliorant les dividendes aux actionnaires étranges des vendeurs d’eau et encore quelques centaines de litre en arrosage de maïs pour abreuver les boeufs dégustés par d’autres qui subventionnent on préfère ne pas savoir qui parce qu’entre les fabricants d’hormones, les viandards industriels et les lobbyistes notre coeur tangue. En tout cas, c’est difficile de ne pas leur préférer la jolie Canadienne de chez Denisot.

Les zéconomistes ? On voudrait les aider à arrêter le Prozac en leur disant qu’on les aime, nos éconoliques anonymes qui commentent les vagues des marchés encore plus approximativement que leurs collègues de la météo (ils ont fait les mêmes écoles et fréquent les mêmes happy hours, ceci explique probablement en partie cela), les déconomistes qui lisent dans les entrailles du programme de TV Bloomberg sans enlever leurs lunettes noires parce qu’ils ont les yeux rouges de ce qu’ils fument et cernés des soirées sponsorisées au casino de Deauville où ils s’échangent tuyaux et mauvaises vannes, ces fils de la vérité des chiffres révélés par Saint DSK (ils ont aussi les évangiles de la rue Saint Dominique, mais c’est encore plus loin de toute vérité, et les rapports du FMI mais comme c’est en anglais, il préfèrent l’horoscope des journaux gratuits) …

Tristane ? « Si non e vero, e bene trovato » mais ça commence à bien faire les aller-retours du feuilleton du Sofitel, il faut respecter la présomption d’innocence et ce n’est pas parce qu’on a plus de sympathie pour les femmes, fussent-elles de ménage pas trop gâtées par la vie ou jolies journalistes des beaux quartiers, que pour les gloutons de pâtes aux truffes qu’il faut contribuer à propager des vilaines rumeurs sur tel ou telle hiérarque du #PS, surtout qu’on n’est jamais bien sûr de la vérité, c’est comme pour cette affaire dont parlait Luc Ferry avant d’être envoyé en camp de rééducation, et bien finalement ce n’est peut-être pas celui auquel on pensait tous dont l’anguille frétille sous roche, comme quoi, même le microcosme peut se tromper et heureusement qu’on a inventé le non-lieu et autres prodiges de la justice à la française que le monde entier nous envie.

Les vieux zoms politiques professionnels ? Joker ! Surtout qu’on ne sait même pas qui est vraiment candidat pour la présidentielle 2012 à part celles et ceux qui font le buzz pour préparer les législatives ou s’échauffer pour 2017.

Les nouveaux des classes primaires de la politique française ? Über-Joker, on n’a encore vu que la seconde division de Solférino (PS2 et ses seaux (sots ?) d’épluchures) mais PS1 promet déjà d’être encore bien plus riche en torrents de boules puantes, ça promet pour 2017 et plus si affinités. Leur demander la vérité, ce serait comme consulter les nucléocrates sur Fukushima ou les solfériniens sur l’affaire DSK.

La Cour (des comptes) ? Et pourquoi on la croirait plus que les zotres juste à cause du prestige de l’uniforme (by ze way, s’ils pouvaient arrêter de massacrer des hermines,  voire s’habiller un poil plus contemporain, les djeuns les regarderaient peut-être un peu plus à la TV nos Eliot Ness de la rue Cambon) ? Et puis quel numéro de téléphone, la Cour ? Mais de toute façon, comme on ne l’écoute pas et qu’on ne lit pas ses rapports, ce serait un peu jésuite d’y croire, non ?

Reste Dieu, mais à quel saint se vouer ? Pascal ?

« Quand on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend et qu’on sait ce qu’on sait, on a rudement raison de penser ce qu’on pense » (proverbe vaudois).

Et maintenant, « Donne un cheval rapide à celui qui dit la vérité, il en aura besoin » (proverbe afghan).

Renaud Favier – 10 juillet 2011 – http://www.renaudfavier.com – Net-Land-Art

Le bonus : « Attention, ça pourrait changer« , comme quoi Bardot ne dit pas que des âneries.

C’est fini pour aujourd’hui parce que « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité (y compris celle-ci) », devise shadok.

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2012 pour les (bulletins) nuls

Même les écolos sincères en sont rendus à compter des bulletins de primaires pendant que leurs apparatchiks vérifient les primes au Sénat et que tous les restes du petit monde politique « y » pense en se passant l’autobronzant le matin : http://www.france2012.fr, vaste programme.

Il n’est pas exclu qu’il se passe autre chose que les élections françaises en 2012, avec ou sans tsunami, bactérie, indignations, changement climatique, procès retentissants, évènements sportifs essentiels, mariages du siècle, colères de Mélenchon ou autre faits divers globaux, mais comme ce n’est pas sûr qu’il y ait une révolution et qu’on ne comprend rien aux élections américaines et qu’on se fiche globalement de ce qui peut se passer hors de notre jardin (dedans, ce n’est pas toujours beaucoup plus vert, d’ailleurs), autant s’occuper un peu de nos affaires et réfléchir à nos votes en Gaule avant l’isoloir.

Isoloir euro-réglementé du début du 21è siècle

D’abord, n’oublions pas qu’il y aura des législatives en plus de l’échauffement pour 2017 pour les djeuns aux dents sérieuses. C’est un peu comme les cantonales sauf qu’il y a encore plus de candidats qui n’ont pas une utilité évidente pour le développement démocratique durable ou l’avenir de la Nation parce que ça sert pour le financement des partis (c’est d’ailleurs au moins partiellement pour ça, au-delà des égos priapiques, que chaque petite entreprise politique envoit un -ou plusieurs- candidat national à la présidentielle, au moins à la chasse aux 500 signatures, pour faire le buzz et « chauffer » les électeurs pour les législatives dont chaque voix contribuera à faire bouillir la marmite pendant les 5 ans suivants sur fonds publics, c’est à dire impôts, dette, déficit, whatever works pour charger la barque de nos mômes à qui les 68ards souriants installés dans les sièges en velours ont déjà piqué boulot et retraite après leur avoir pourri l’éducation) et qu’on peut avoir la chance des parachutages plus ou moins abracabantesques dans les circonscriptions disciplinées au résultat connu d’avance et celles où le star-système politique marche bien en général. Des fois, les parachutistes ratent leur coup et ça peut être rigolo. Ou pas, ça dépend pour qui et du niveau d’utilité qu’on reconnait au ou à la député(e) du coin et de l’impact que ça peut avoir sur par exemple les municipales suivantes (c’est toujours ballot de perdre une grande ville) ou sur l’absentéisme parlementaire mais de toute façon, ça permet de rencontrer une ou deux fois tous les 5 ans un people-itique (pipeaulitique ?) au marché quand on ne vit pas dans un arrondissement proche d’une Assemblée représentative (c’est comme cela que l’on dit, indépendamment d’une moyenne d’âge dépassant encore 58 ans à l’Assemblée Nationale après le fort rajeunissement de 2007, d’une féminisation à peine moins anecdotique que celle de la corporation des chauffeurs de taxi d’Arabie Saoudite, d’une transparence assourdissante des minorités plus ou moins invisibles, enfin de l’absence de représentants d’un parti qui rassemble 15% ou plus des électeurs, ce qui est bien fait pour eux parce qu’ils votent bête et méchant, mais qui n’est pas très démocratiquement raisonnable).

2007 : parachuté en campagne à Paris, en instance de mauvaise "surprise" pour lui et pour ses mandants, surtout s'ils voulaient vraiment gagner la mairie de Paris

Parfois, aux législatives, il arrive que des électeurs jettent un oeil à la tête des candidats sur les panneaux d’affichage en emmenant les mômes à l’école, mais le plus souvent ceux qui regardent un peu les affiches pour choisir où coller leur chewing-gum, sur qui dessiner des moustaches ou à quel candidat opposer un slogan viril à grands coups de marqueur démocratique, pas toujours correct mais parfois drôle, n’ont de loin pas l’âge de voter. Parmi ceux déjà en âge de lire et pas encore à l’hospice, des passionnés limite maniaques vont jusqu’à parcourir la profession de foi de leur favori (envoyée dans la liasse avec toutes celles qui vont directement à la poubelle, jaune avec de la chance, après avoir essentiellement servi à assurer le plan de charge d’imprimeurs militants) ou du parti d’en face pour trouver quelque chose d’original à critiquer autour de la poule au pot hebdomadaire. En général ceux qui n’ont rien d’autre à faire le dimanche et ne sont pas atteints d’abstentionnisme congénital votent par réflexe conditionné ou discipline familiale pour le parti dont ils ont trouvé un bulletin au berceau.

Ici, un électeur dont le landau se promenait probablement dans un parc au gravier bien net, malgré l'habit rouge

Ou protestent en choisissant l’un ou l’autre des fronts populaires du moment.

Ici un électeur d'un Front, de Gauche ou National, c'est difficile à différencier de loin, mais le béret et la distance entre plafond et soucils sont symptomatiques

Rappelons que les djeuns de moins de 18 ans sont exclus (bon entrainement avant l’exclusion du marché du travail, puis de l’ascenseur social et du logement parce que le seul truc qui reste à brader c’est l’héritage immobilier alors les nantis préfèrent vendre à des fonds spéculatifs aux poches profondes et laisser leur mômes faire la queue pour des logements sociaux dont certains occupants doivent d’ailleurs penser à autre chose en se rasant le matin mais c’est comme pour les emplois fictifs, les bénéficiaires sont principaux irresponsables mais pas seuls coupables) mais que les femmes adultes et les très vieilles gens abandonnées dans des refuges SPA (Société Protectrice des Anciens) pour vieux citoyens en état de dépendance avancée mais capables de signer avec une croix sur une procuration ont le droit de vote en France.

By ze way, il y aura une petite nouveauté en 2012 avec l’élection de quelques députés pour représenter les plus de 2 millions de Français vivant à l’étranger (qui ne sont, mais quelques mauvais arbres cachent la forêt, de loin pas en majorité des mercenaires et autres opportunistes sans trop de scrupules ou des exilés fiscaux qui encombrent de leurs 4-4 diesel made in loin et immatriculés ailleurs les autoroutes vers Paris, Ré, le Lubéron mais surtout les routes nationales du chômisme de masse, du déficit du commerce extérieur et de la spécuation immobilière), récemment dotés d’un secrétaire d’état par un heureux hasard du calendrier électoral (mais ne crachons pas dans la soupe, rien ni personne n’est parfait mais Douillet est un guerrier et c’est déjà beaucoup mieux que rien et on se demande d’ailleurs comment et pourquoi on a rituellement un ministre des anciens combattants alors qu’on n’a pas gagné une guerre depuis Bonaparte mais personne pour représenter la diaspora alors que le sang versé hier est un peu moins essentiel que le sang neuf exilé à torts ou à raisons, pour ne pas revenir les fesses trop rouges de la guerre économique mondiale). Mais tout ça ne devrait pas être beaucoup plus révolutionnaire que pour les sénateurs des Français de l’étranger et tout laisse à penser que d’anciens ministres sans circonscription historique (ou en danger dans leur fief) obtiendront assez facilement les investitures puis les doigts dans le nez les suffrages d’une population majoritairement ni fonctionnarisée, ni en grande détresse sociale, ni très tentée par les extrêmes, les utopies ou les aventures individuelles hexagonales.

Electeurs français de l'étranger se demandant s'ils ont reçu leurs bulletins de vote pour les élections de la FFF

Evidemment, on ne voit pas très bien à quoi serviront tous ces élus en couches superposées du millefeuille institutionnel puisque l’essentiel de ce qui est important se décide à Strasbourg/Bruxelles tandis que le principal de ce qui est dépensé est soit en pilotage automatique national (salaires des fonctionnaires, remboursement de la dette, vrais grands projets pluri-annuels …) soit voté dans les régions ou territorialement par d’autres notables généralement opposés au gouvernement d’ailleurs, mais compte tenu du taux standard d’absentéisme même quand la TV parlementaire filme, il est préférable d’avoir une solide marge de sécurité dans les assemblées par principe de précaution. Des esprits caustiques sourient du nombre de représentants nationaux français nettement supérieur à celui de leurs homologues américains ou allemands par exemple, sans que notre démocratie semble particulièremet mieux exemplaire, mais on ne peut pas vouloir tout et son contraire, par exemple s’inquiéter du pouvoir des lobbies, du volontarisme parfois brouillon de l’exécutif (les radars, mais « pas que » …) ou de la complexité des dossiers et ratiboiser les digues parlementaires élues, tandis qu’il est assez délicat de comparer ce qui n’est guère comparable du fait de systèmes très différents de décentralisations des pouvoirs et d’une certaine idée de la cogestion. Alors si personne n’a de meilleure suggestion et en espérant que l’énergie d’élus remarquables se renouvellera un peu plus vite que l’inertie des godillots, on va voter (ou pas) comme d’hab’ pour ces législatives et on suivra les consignes de ceux qui savent (cf précédent billet sur « Nous savons ») en votant dans et pour le meilleur et pour le pire des mondes.

Dans mon « village », on votera naturellement pour cette gentille dame souriante qui a succédé au genre de descendant de Mongénéral dont le bulletin de vote était en caractères Times mais le bilan en feuille blanche (un aigle, on s’en était rendu compte dans une province rustique d’où il avait fallu l’exfiltrer pour éviter une défaite humiliante pour les cendres de Mongénéral et il avait été parachuté dans la circonscription imperdable par la droite d’où Bénouville, compagnon de la Libération multimédaillé mais copain de Tonton et excellent politique, un profil résistant à toute surprise électorale, partait à la retraite : mais en 2 mandats il a réussi à faire perdre la mairie de Paris, l’aigle sans tête) même si on ignore complètement de quoi elle a pu s’occuper (et à quoi ça a servi, mais si on part comme ça, on ouvre la boite de Pandore et on joue le jeu des populismes, alors on se posera la question après les élections) à part un ou deux sujets médiatiquement porteurs pour le compte de Solférino et la pré-pré campagne d’un ex-futur champion des votes jusqu’à ce que les évènements new-yorkais l’amènent à changer son petit fusil d’épaule et à acheter un autocollant de l’idole des Ch’ti pour cacher la photo du malsain qu’elle ne saurait plus voir (jusqu’au prochain non-lieu à Paris ou New-York, en tout cas) .

Quelque part, on sent que ni la consommation d’anti-dépresseurs, ni le taux d’abstention ne vont baisser beaucoup plus vite que le chômage ou les prix avec ces législatives 2012.

Mais si tout se passe comme prévu, on devrait au moins avoir beaucoup de belles promesses, ça sera bon pour le moral.

Et puis, il y a l’élection présidentielle !

Non pas que le suspense soit beaucoup plus ébouriffant, parce que si on met de côté celles et ceux qui ne font le show que pour assurer le financement de leur « assoce » jusqu’à 2017 cf ci-dessus, celles et ceux qui se préparent à 2017, 2022 ou plus tard si affinités et celles et ceux qui ont entendu des voix en gardant leurs moutons, il reste les deux usual supects (et un ou deux troublemakers peut-être).

Il y a donc usual suspect 1, qui devrait gagner malgré tout (tout en trois mots étant le Fouquet’s, le FN et les Djeuns sans perspectives, mais il y aussi pas mal de positif comme un début de réforme des retraites, une performance jugée très très honorable quand il a dû s’occuper de sauver le monde au G20 ou à l’Europe et d’autres trucs du catalogue Attali réussis en slalomant entre les conservatismes, les faux amis et les catastrophes genre MAM, guerre des monnaies ou jeu un peu plus perso qu’avant des voisins d’outre-Rhin, comme on dit pour être courtois) parce que c’est comme Messi à Barcelone, il ne gaspille pas son énergie à faire le malin en début de partie mais quand il a le ballon et que l’enjeu est important, en fin de match il laisse sur place tout le monde et il plante un ou deux buts d’anthologie parce que c’est son talent et qu’au combat au couteau, il est impérial.

Et usual suspect 2, qui devrait arriver en finale malgré ce « bug » new-yorkais parce ça fait un super audimat et que même si tous les autres solfériniens se mettent au régime, on les imagine mal à un dîner officiel de maîtres du monde. Le Corrézien est sympa, mais si les baby-boomers progressistes avaient voulu d’une gauche irréprochable austère qui se marre, on le saurait depuis les dents de lait de Rocard et Yo-Yo ne serait pas en retraite à l’Île de Ré depuis 10 ans. Les deux filles ont été de très excellentes « bébées (bèèèèh-bèèèèh ?) Mitterrand » et elles excellent dans leurs fiefs mais c’est comme Jack Lang ou les pantalons « pattes d’éléphant », la mode est passée et en plus elles manquent sérieusement d’humour. Quant aux Djeuns, leurs pubicitaires les ont incrustés chez Michel Drucker parce que l’Ecole des fans n’existe plus et ils commencent à bien maîtriser l’auto-bronzant mais Séguéla ne nous en reparlera pas sérieusement avant 2017.

Evidemment, si le Pen 2.0 obtient ses 500 signatures (ça le fera comme toujours depuis que Tonton a inventé le Pen 1.0, avec l’aide de celui des usual supects qui pensera y avoir vraiment intérêt, voire des deux si le jeu est incertain), sur un malentendu et avec un coup de main doigt de sondage, elle pourrait compliquer la perspective de grande coalition « à la Merkel »…

Sinon, il y aurait bien Hulot, notre AlGore2.012.fr. Il est vraiment candidat, cette fois. Il a plus de charisme que Voynet 2.0 et ses lunettes rouges, il n’a pas encore fait d’erreur, il sort des ambiguïtés à son rythme et à son avantage, il pourrait rassembler des consciences environnementales fragmentés autour de son écologie de rassemblement comme Tonton avait pris le pouvoir à la SFIO en son temps (pour amener le PS à l’Elysée, ce qu’aucun « vrai » socialiste n’a jamais réussi, by the way, au cas où le passé pourrait inspirer certains fondamentalistes verts) et sur un bienentendu, avec un ou deux Fukushima de plus, une bonne sécheresse et quelques bactéries bio, cela pourrait marcher …. Ce n’est pas ce que prédisent les sondeurs et Dany le Rouge mais autant on pouvait faire confiance à feu Paul le Poulpe (paix à son âme) pour le foot, autant ce n’est pas parce que Dany a joué en Allemagne qu’il est prophète politique en son pays. En tout cas, espérons-le parce que si EELV devient PS2 pour 3 sièges de sénateurs, ça ne va pas projeter l’écologie dans la 3D solaire …

Mais ce qui est vraiment sûr, c’est que 100% de ceux qui se trompent ont cherché à faire les malins en lisant l’avenir dans les entrailles d’une boite de sardines et en achetant des sondages. Alors si le Chevènementix décide encore de sauver la République avec une carte de voeux canon (logique pour un cacique canonique) ou si l’Abraracourcix de Grenelle et le cuisinier des Centres trouvent des porteuses pour un bouclier arverne assez grand pour deux, ou si l’albatros flamboyant aux ailes de géant prend son envol ou si le pur-sang ombrageux du Béarn trace son sillon, ou si un impensable encore non imaginé devient au-delà du réel… les possibles pourraient vaciller (il faut relire Lacan entre deux sessions de Facebook).

Mais le plus probable, c’est quand même que ça se passe comme pour les législatives, avec un second mandat pour le tenant du titre, c’est en tout cas l’ordre établi l’ordre des chose un pronostic pas plus crétin que les autres.

Mais bien sûr, on devra mettre de l’eau dans son vin en 2012. Ou plutôt du vin dans l’eau, parce que cette fois, c’est vraiment la crise. Et cela vaudrait le coup d’essayer un vin plus « vrai » plutôt que tergiverser sur la marque de l’eau.

Renaud Favier – 9 juillet 2011 – http://www.renaudfavier.com – Net-Land-Art

Le bonus : élections, abstentions, indignations, (r)évolutions, constitution, pièges à c… vastes programmes ?

C’est fini pour aujourd’hui (plus d’info sur le Développement Démocratique Durable de la dernière fois qu’on a cru que le 21è siècle commençait en cliquant ici ou sur une tortue).

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