Veritas vanitatum … (et omnia veritas, ou vice-versa)

Le marché aux poissons de Lutèce est devenu aussi fou que Rome, les peuples barbares et autres décadents ébranlent les Empires, Paricanonix voit des glou-glou partout, Lefebvrix chante comme un sanglier et Lagardix joue les devins : les Gaulois sont dans la peine de vérité(s).

Le CAC40 flotte au-dessus de 3000, l’Euro tourne autour de 1,45 et l’or est quelques part juste sous les 2000 ces jours-ci. C’est comme la marée, difficile de dire si elle est haute ou basse quand on est est en pleine mer(dre ?) ou quel devrait être le bon niveau quand on regarde ses doigts, voire ses pieds, plutôt que la lune ou de deviner si un tsunami, ou autre lame de fond menace à cause d’un tremblement de terre quelque part loin, ou même de savoir si l’eau est encore poissonneuse, ou déjà radioactive, ou les deux, ou pire. Le marché est comme ça, alea jacta est, les banquiers recommandent de « ne pas dépasser 5% d’or dans son portefeuille », ce qui est sage si on veut pouvoir le fermer et le porter, mais c’est comme pour le poisson (par ailleurs à éviter dans son portefeuille et à consommer avec modération en évitant le thon rouge entre autres espèces plus que menacées si on ne veut ni trop épuiser les mers, ni trop avaler de plomb de fin de chaine alimentaire en guise d’or diététique), si on écoute Alfabetix, il est toujours vrai frais (plus que les sangliers aux algues vertes en tout cas) … Drôle d’odeur, certaines de ces vérités (sévérité ?) …

Les primaires barbares de toutes sortes qui aiguisaient depuis un moment leurs couteaux et autres haches ou crocs de bouchers, qui repassaient (ressassaient ?) leurs drapeaux rouges, noirs ou whatever doesn’t work si affinités, ou qui ruminaient taillaient leurs plumes pour les plus primaires ou leurs claviers pour les moins rustiques, semblent avoir décidé qu’il est essentiel de participer aux jeux olympiques indignations du temps moderne et qu’on va voir ce qu’on va voir sur les réseaux sociaux, ou bien dans les rues, ou alors à la TV. On va encore en voir des vertes et des pas mûres, de « vérités ».

Il faut dire que Paricanonix a beau avoir à Jouy en Josas de loin la plus belle chaumière pour ses meetings et autres conférences de presse, un peu partout en Gaule plein de réseaux d’amis (de 30 ans ou ils ont un peu vieilli aussi ?) chefs de tribus (tributs ?) et un chaudron à sesterces électoraux encore bien plein sans avoir besoin d’aller trop visiter les vieilles dames (Dürrenmatt avait pourtant prévenu) ou risquer des questions gênantes du genre à vous filer un Alzheimer précoce sinon constitutionnel ou à vous donner envie de vacances aux Amériques pour aller y vérifier la saison des cerises au Canada, la température des pâtes aux truffes un peu plus bas (que la ceinture ?), voire si les conventions fiscales et d’extradition ne seraient pas un peu engourdies en hiver austral, malgré tout, il va lui falloir trouver un autre slogan de campagne que « C’est la faute à Wall Street » pour rester sur le bouclier arverne (surtout que les vikings sont arrivés jusqu’à Clermont-Ferrand).

Il faut dire, aussi, qu’alors que Sondagix, Météorologix et Justicix avaient déjà poussé le bouchon bien profond avant nos grandes vacances (qu’on a sûrement bien raison de s’indigner pour, parce que d’accord chez les autres, c’est 1 ou 2 semaines, mais ça ne leur réussit pas, ils sont tout jaunes, ou alors ils n’ont même plus le AAA et même les Goths font comme nous maintenant, d’abord), Lefebvrix aurait pu s’en tenir à ses devoir de vacances (relecture de Zadig et Voltaire, notamment) et attendre un peu plutôt que de chanter avant même le début du banquet de rentrée du village gaulois. Parce que si toutes les vérités ne sont pas aussi bien bonnes à dire que les siennes et si depuis longtemps on n’écoute plus trop les paroles des chansons parce que soit elles sont nulles et en langue étrangère, soit elles sont très nulles et en français, quand même, cette fois il semble avoir un peu abusé de la Biafine et ça va encore faire fuir les sangliers et nous énerver les jeunes villageois allergiques au paraben ou à l’humour (?) involontaire (?) et pas mal d’autres timbrés de tous âges du genre à chercher une bonne bagarre plus ou moins électorale (relire « Le combat des chefs) avec ou sans prétexte, qui rappelle le bon vieux temps des cerises.

Il faut dire, surtout, que c’est pas cool de la part de Lagardix de non seulement pas avoir invité DSKix à déjeuner (un tête à tête, il valait peut-être mieux éviter mais quand même, le gars était venu spécialement de New-York et avait sorti sa plus belle Audi noire pour honorer ses hôtes, alors un poisson grillé et une salade grecque avec un verre de retsina, ç’aurait été élégant et bon pour l’euro-économie grecque sinon politiquement très indispensable) mais d’en plus crier en étranger depuis sa Tour de Babel du 21è siècle des vérités qui fâchent les gens sérieux qui essayent de sauver les meubles du château avant l’arrivée des huissiers construire des pyramides Euroland sur du sable avec des matériaux de récupération plus ou moins décatis du siècle d’avant. Qu’elle s’en tienne à fabriquer la potion qui va nous faire aller mieux, avec des fraises si ça donne meilleur goût et si ça permet d’y envoyer quelques romains et autres économistes qui les sucrent.

Alors évidemment, tout ça n’a guère plus d’importance que les bouquins de rentrée plus ou moins plagiés et/ou plus ou moins écrits par des « nègres » et autres stagiaires : la vérité c’est que les 30 glorieuses sont devant nous (elles seront certainement glorieuses pour quelqu’un, ça c’est sûr).

De toute façon, si les Cassandre ne prennent même pas la peine de parler francophone, pourquoi perdre son temps à les écouter.

Mais la vérité, c’est aussi que si les éco-pessimistes ont beau être des optimistes avec plus d’expérience ou de hauteur de vue, si leur discours est marginalement moins mal écrit et à peine plus excitant que les bouquins de rentrée que les bobos achèteront pour mettre sur leur table basse s’ils gagnent un prix littéraire (Les gau-gau ? Les go …goths ? Les gogos ?) ou si un médiacrate se donne la peine d’aller signer des autographes dans un coin accessible en métro ou en vélib’ et de téléphoner à quelques potes animateurs TV, mais que personne ne lira plus que d’habitude et qui feront le circuit classique imprimerie-librairie-soldeur-pilon-papeterie et … Play it again, Sam, qui présente au moins l’avantage de ne pas laisser trop de déchets non recyclable même si le bilan carbone est aussi incertain que les chiffres réels de ventes et de lecture (c’est dommage que les statistiques ne soient pas fiables, ça serait amusant de comparer les chiffres de l’opuscule d’une ministre ambitieuse en campagne régionale il y a quelques années à ceux de la plaquette d’une ex-ministre ambitieuse en campagne primaires depuis quelques jours), eh bien, ces éco-pessimistes de tous bords sont quand même hélas probablement plus dans le vrai que les radoteurs de la grandeur passée et autres communicants de chez Coué.

Ceci écrit sur écran (qui ne vaut pas toujours mieux que les plombs de Gütenberg ou d’armes plus expéditives que les livres, à tout prendre, le bûcher des vanités modernes est préférable à l’autodafé qu’on aimerait du passé -dépassé ? -), même si la plupart des livres de rentrée ne servent guère plus à rien que les interviews de politiciens gaulois à la TV du canton et autres twits et messages Facebook ou Google+ de groupies délocalisées, Voltaire auraient probablement dit quelque chose du genre « je ne suis pas d’accord avec l’abattage des arbres pour les inutileries que vous écrivez mais je mourrais pour la biodiversité littéraire de rentrée ». Alors si c’est la potion magique pour qu’il y ait encore des librairies un peu partout demain et que les bouquinistes existent encore dans quelques décennies, laissons-faire, laissons-dire, laissons écrire, laissons publier, ça ne peut pas faire plus de mal qu’un verre (vert ?) de trop (deux, ça va, trois, bonjour les dégâts).

Enfin, c’est comme pour le plagiat de saison, le réchauffé rituel et pas mal d’autres incongruismes de rentrée, si vraiment on n’a rien à dire, on peut se dispenser de copier-coller les powerpoint préparés par les stagiaires pour les universités d’été et de casser le dos des libraires avec du papier qu’il faudra aller récupérer sous les présentoirs dans à peine deux mois pour faire de la place pour les bouquins de Noël.

Ou alors faire comme pour Net-Land-Art 3, s’en tenir au e-book électronique parce quand même, maintenant que toutes les marques font des iPad ou des iPhone, c’est un peu anachronique de dépenser des mètres carrés à 7000 Euros à Paris pour stocker du papier ou de remplir son sac à dos de bouquins pour se faire taxer sauvagement le supplément de bagages par des compagnies aériennes qui manquent de plus en plus de sens de l’humour. Le bilan carbone du e-book n’est pas garanti 100% énergie renouvelable, les libertés grammaticales sont parfois un peu radioactives à l’écran et c’est un peu vexant de ne pas faire partie du grand club des gens dont les photos sont sur les étagères des libraires mais le 21è siècle sera électronique ou ne sera pas, ou alors il sera électronique et ne sera pas, ou alors le contraire, ou pas, mais de toute façon, c’est comme ça et basta cosi !

Sic transit. On a de la chance, c’est passionnant.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 31 août 2011

             

Ps : avec tout ça, on ne sait plus trop ce qui se passe en Grèce ni dans les autres coins où il peut y avoir de sacrés incendies en fin d’été.

Ps2 : et pas seulement en été …

C’est fini pour aujourd’hui.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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2 commentaires pour Veritas vanitatum … (et omnia veritas, ou vice-versa)

  1. Sanne dit :

    You’re a real deep tihkner. Thanks for sharing.

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