Le pont tournant de la Grange aux Belles parle du monde qui va. Oh, pas bien haut peut-être, voire tout bas, mais avec … humour

Les endroits qui méritent qu’on s’y arrête boire un café ou s’installer écouter le temps passer et le regarder changer, ont des ponts photogéniques, voire cinématographiques. Qui racontent plus ou moins volontiers leurs petites et grandes histoires, sans s’interdire l’humour.

Certains ponts parlent d’amour (et d’autres choses de la vie plus ou moins importantes).

Certains ponts parlent de courage (et d’autres choses considérables de la vie et l’espoir).

Certains parlent d’eux-même (et de jazz, de Brooklyn et d’autres choses indispensables).

A Paris, le pont tournant de la Grange aux Belles parle aussi doucement que l’eau coule dans ses écluses. Un peu de tout. Il n’est guère écouté, sauf quelquefois en début d’hiver, aux heures où blanchit se prennent les photos pour les campagnes et où des Don Quichotte plantent des tentes pour les sans-abris et les avec-caméras. Il faut dire qu’il se cache loin de la Seine, pour rester loin des yeux qui ne regardent pas toujours comme il faudrait, et pas trop près des coeurs qui font du tapage en battant, ce vieux pont parfois un rien grinçant. Sur le Canal Saint Martin, dans un coin où ne passent que quelques bateaux mouches assez étroits pour s’occuper entre de petites écluses de visiteurs férus de cinéma français en noir et blanc, de touristes égarés par leur agence de voyage sur un malentendu, d’aventuriers promenés par leur guide sur une erreur de traduction, ou assez audacieux pour se risquer au-delà des stations de métro référencées dans les plans en anglais, entre un coin de la place de la République (celui du « Clown », délicieuse boutique de location de costumes et déguisements, juste en face d’un café à la terrasse bruyante mais fréquentable) et un bout du bassin de la Villette (le plus proche de « Potemkine », une des très bonnes boutiques de films rares de la ville). Il mériterait pourtant une palme spéciale ou un oscar du meilleur décor parisien, tant il est impeccable dans « Hôtel du Nord », avec Arletty et Jouvet (honni soit qui « silence, on tournait » penserait).

Le pont tournant de la Grange aux Belles est un interlocuteur qui ne manque, ni du très nécessaire sérieux contre les changements de climat, pas seulement économique, et quelques autres contrariétés de l’époque, pas seulement écologiques, ni de l’indispensable sens de l’humour face à la vie et à un peu tout ce qui compte parfois et ce qui change souvent, ou vice-versa. Il peut faire attendre ses passagers plus ou moins volontaires pour laisser passer une péniche ou (im)patienter les flots de touristes en bateau pendant que s’écoule une file de voitures, cyclos, vélos et autres passants indifférents à la passerelle toute proche (ou sujets au vertige), ou vice-versa. Il n’en pense pas moins qu’avec ce climat qui tourne comme une vieille roue mal huilée, qu’il gèle un peu partout très tard en saison, qu’il fasse trop sec en Europe certains hivers ou qu’il pleuve et vente beaucoup sur les transats géants de Paris-Plages, les eaux molles du canal pourraient ne pas tarder à contrarier son cousin de Bergerac (lui) monter (au nez).

Si on n’a pas l’occasion d’écouter de traverser régulièrement le pont de Bergerac tournant de Paris ou le loisir d’aller plus ou moins quotidiennement prendre un café (ou deux) au comptoir d’un des bistrots parisiens voisins avec les rédacteurs des twits, blips, billets et autres objets électroniques du « Café du matin à Paris » mais qu’on dispose d’un écran genre SmartPhone ou tablette, cliquer sur les vignettes ci-dessous pour télécharger un ou plusieurs des 7 recueils des « Chroniques du pont tournant de Paris » sera bientôt un moyen commode de mettre en perspective ce dont on parle à la ville et dans le cloud, surtout si on télécharge aussi un peu de musique (en cliquant sur les liens qui vont bien dans les e-livres, sur les images dans le blog ou plus simplement en se branchant sur le compte blip.fm, maintenant que les lecteurs de Scopitone et autres Juke-Box correctement achalandés se font rares, près des comptoirs). Tout ça est bon pour l’humeur et les moeurs, comme le sait tout patron de café qui ne souhaite pas devoir réparer ses chaises, soigner ses serveurs et changer sa vaisselle à chaque fois que ses clients ne sont pas d’accord à cause d’un match de foot, d’une élection, d’un cours de bourse ou de tout autre sujet de conversation finissant inévitablement par porter sur des joueurs professionnels et des compétitions dont les résultats sont aussi aléatoires, tendance contrariants, que la météo de printemps en Europe depuis que tous les fonctionnaires et apparatchiks internationaux du climat se réunissent en bord de mer une fois par an pour mesurer la fonte des glaces (et aussi imprévisibles que les dates de e-publication et les ventes de livres électroniques dans le monde du début du XXIe siècle, mais c’est un autre sujet, encore qu’en principe c’est aussi pour éviter de couper des forêt qu’on choisit l’e-édition en priant pour que le bilan carbone ne soit pas pire que celui d’un bouquin en papyrus, en espérant que les vrais libraires et bibliothécaires trouveront vite un moyen de s’adapter au monde tel qu’il va depuis bien avant Voltaire, et en râlant chez les e-éditeurs pour que les lecteurs puissent rapidement avoir des bidules électroniques qui fassent défiler le texte sur l’écran à vitesse normale et paramétrable sans qu’on doive toucher le binz tout le temps avec les doigts mouillés, pleins de sable ou juste occupés, qui lisent à haute voix et vitesse, sexe, voire langue de lecture au choix comme avec le premier stupide GPS venu, et qui gèrent vite un format standardisé et potable sinon parfait, genre mp5, pour qu’on puisse remplir son iTruc ou assimilé de bons textes éducatifs et pas uniquement de slams et autres trucs pour plus ou moins vieux djeuns en mp3, de vidéos pour téléspectateurs, sportifs radicaux et autres militants politiques en mp4 et d’autres incongruités en 3D et sûrement bientôt pire sur facebook, Twitter, G+ et  vert(e)s ou moins mûr(e)s si affinités, pour tous ceux qui ne devraient pas oublier qu’ils ont eu la chance d’apprendre au moins à lire à l’école.

            

Evidemment, on peut préférer les blogs (parce que c’est encore plus court que le pont tournant, parce qu’on est amateur de Net-Land-Art, parce qu’on aime tout faire, même lire, sur un réseau social, parce que c’est la crise aussi pour les lecteurs et qu’un café gratuit, c’est toujours meilleur …) et il y a « Café du matin à Paris » qui parle aussi avec sérieux, musique et humour de ce qui change, de ce qui ne change pas, de ce qui devrait changer, de ce qui pourrait changer, de ce qui va changer maintenant (ou plus tard, ou pas, ou peut-être, whatever works) et d’autres choses plus ou moins nécessaires pour survivre dans un monde de brutes réelles où il devient difficile de trouver (ou même de se cuisiner) de la cervelle correctement préparée « maison » au véritable beurre noir  avec un vrai gratin dauphinois civilisé (sans fromage pour les puristes radicaux, avec une dose raisonnable de vrai fromage gratiné pour les pervers), mais avec l’électricité sans trop de Soviets, le wi-fi encore souvent plus ou moins gratuit et internet qui va plutôt bien jusqu’ici : il faut en profiter, tant que le California Dreamin’ dure et qu’on a la santé le sens de l’humour.

       

RF 25 mai 2012

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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