Avant, Regis Debray était déjà aussi vieux que les Castro, et soupçonné d’avoir « vendu » le Che aux Boliviens pour compte des Popoffs, des Yankees, de Fidel ou de Dieu sait qui, ou d’avoir juste filé son adresse par maladresse. Mais c’était autre chose que BHL, les Bedos ou Mélenchon.
La rebellitude parisienne, avant, c’était pas comme maintenant : on devait aller chercher ses citrons soi-même au comptoir (déjà avant, à part quelques apparatchiks universitaires dont les billets d’avion étaient subventionnés, personne n’allait jusqu’en Amérique du Sud chercher des révolutions ou des citrons pour les noyer dans un verre d’eau), on ne pouvait pas payer partout avec des billets français, et il n’y avait qu’une seule sorte de Gauloises.
Avant, c’était pas pareil, les rebelles franchouillards parisiens intermittents du spectacle politique français étaient déjà sérieusement « différents », voire amortis, mais c’étaient des bêtes de scène dont le public des estrades de Saint Germain des Prés connaissait les prénoms. (Byzeway, Mélo+Ronchon = Mélenronchon, CubalibrichconLimon, nicht ?)
Maintenant, seuls la concierge de leur pied à terre à Paris et les amis du groupe facebook #rebellattitudecafédeflorensemaineàRéouAixleweekendetloinpendantlesvacancescolaires se souviennent-ils vaguement de leur nom … (Byzeway, Be + Dos = Bedos, et c’est juste pas drôle, si ?

Le Monsieur vous dit que si vous cliquez sur l’image, il fera un vrai sourire pour essayer de vous faire rire même s’il n’a vraiment rien à dire sinon que son papa était connu chez les Lapins Crétins
O tempora … et c’est pas mieux même si on s’éloigne un peu du Café de Flore (les candidats rebelles parisiens sont invités à noter que les Deux Magots ne leur sont provisoirement plus recommandés par le Guide du Routard de la rebellitude, suite à quelques affaires de financements occultes et autres dessous de tables de part et d’autres).
Avant, quand de jeunes bourgeois rebelles américains sans cravate dénonçaient des écoutes présidentielles, ça ébranlait le monde et on écrivait des bouquins sur eux …
Maintenant, on a des twits de rebelles du cloud qu’on ne prend au sérieux que dans les pays vraiment pas sérieux mais sérieusement communistes du style où l’on râlote « no pasaran ! » dans les rues en attendant les résultats du Bac ou sur Twitter aux heures de bureau, genre Venezuela, Bolivie, ou France. Au plus un stagiaire du Monde copie-colle-t’il un entrefilet de Mediapart sur facebook s’il n’y a pas de fait divers médiatique genre panne d’électricité pendant une vente privée Fred Perry à Paris, incendie d’un hôtel particulier achetés par les Qataris mais dont le prix a cessé d’inflationner plus vite que les primes d’assurance, ou faillite d’une PME à patron people ayant pensé à demander à ses amis de l’aider bien qu’il ne se rase plus …
Ceci twitté, l’agitationnisme de parisiens énervés par le soleil de maintenant (enfin !) et autre Tupamaros anachroniques échappés d’un vieux Tintin pas encore censuré ne mérite guère plus qu’un entrefilet sur Twitter ou chez Mediapart, et ça, ça n’a pas changé, sauf qu’avec le wifi et l’eau fraiche gratuite à Paris-Plages, on n’est plus obligé de traîner à Saint Germain des Prés pour glander à Paris en été sans rater dernières tendance de la rebellitude, même si on veut du citron dans son eau (quoi de plus facile que d’emporter un citron vert et un Opinel si on n’aime pas les petits bidons en plastique déguisés en citron de jus tout prêt) et du café avec les Gauloises* (avec ces chaleurs, même pas besoin de mug thermos, il suffit d’une vieille gourde Le Tetras made in France en alu comme du temps des vrais rebelles et des montagnards qui couchaient sur les tables du Refuge du Goûter sans résa obligatoire, ni matelas antiallergique en poil de lama écolo à 90 Euros la nuit).
* : NDLR, les « Gauloises » ne sont bien entendu pas des produits toxiques vendus à la jeunesse par des trafiquants étranges pour compte d’une multinationale espagnole, mais de jolies françaises en villégiature à Paris.
Cela va sans dire, mais encore mieux en le twittant à toutes fins utiles quand même.
Renaud Favier – 10 juillet 2013 – Facebook Café du matin à Paris – LinkedIn – English
Le bonus : la photo authentique du rebelissime Regis Debray en plein combat révolutionnaire (avec Ségolène Royal, de dos par discrétion, pour ne pas voler la vedette à Debray dont l’éditeur a acheté une demi-page de oubli-rédactionnel dans le Monde Diplo) avec sa montre de plongée très carrée (il faudrait voir mieux si le point noir sur le remontoir est authentiquement socialiste de marché pour être certain que c’est bien du made by France très cher et très socialiste de maintenant) mais sûrement aussi inoxydable en eaux troubles que Ségolène nécessaire entre Saint-Germain des Prés et le Lubéron via Solferino.
















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