Boire son café sans pouvoir tourner les pages d’un journal comestible, ou au moins surfer sur un e-media potable, c’est comme ne pas être libre de bloguer en paix parce qu’un troll télécommandé a coupé le wifi, ne pas pouvoir twitter parce qu’un e-barbouze stagiaire chef a mal piraté votre web, ou englué votre fil Facebook ou Google de posts d’avatars toxiques.

Crédits : Glabergen / http://www.glabergen.com
Moi, je me fiche qu’on m’espionne, je suis habitué, et lucide, et franchement, je souhaite bon courage à l’ordinateur qui fouillera dans mes mails à peu près aussi bien rangés que ma cuisine (ma bibliothèque, c’est autre chose, pas une page n’est pas à sa place), ou dans mes blogs en cherchant si je suis twitlitant d’une religion ou supporter d’un club politique.
Je ne peux qu’accepter que les kiosques vendent essentiellement des Pravdas, puisque c’est le prix à payer pour qu’ils survivent le temps de s’adapter aux temps modernes, et que les futurs bons journalistes trouvent des stages pour se former.
Je veux juste pouvoir lire, écrire, dire, et médire comme je veux.
Et voir, regarder, photographier ce, ceux, comme je veux, sans trop de secret dit « défense ».
Et penser, écouter, ou croire n’importe qui, ou quoi, ou pas, si et comme je veux.
Alors, s’il faut aller défiler dans une rue pas loin de chez moi un jour où il ne pleut pas, ou manifester sur le web du moment qu’il ne faut pas laisser son email comme quand on va voter aux primaires ouvertes des partis politiciens #IRL ou son numéro de carte bancaire comme quand on veut mettre à jour une application provisoirement gratuite #InZeCloud, je suis prêt à presque tout pour que ceux qui pensent aient le droit de dire ce qu’ils pensent, surtout s’ils ne pensent pas trop différemment de moi, et s’ils ne le disent pas en brûlant des radars (des panzers 4-4 made in ailleurs mais roulant en ville, ou des limousines diesel de notables à fausses carte handicapé squattant sur les places bleues, pas de problème, j’offre les allumettes) sous mes fenêtres ou en dé-pensant l’argent des tribuables pour offrir avec l’argent des autres le champagne à des people amis exilés fiscaux pour attirer des tribus de chaland donateurs à des happenings entre amis (sur Dailymotion, mais sous contrôle, pas question de filmer le champagne ou les invités un peu clivants au sein des tribus amies) en saison électorale. S’il faut pisser sur les photos de politiciens morts-vivants, du moment que ce n’est pas Christine Lagarde que j’aime bien même si elle était trop sarkoziste en France et si elle est mal coiffée urbi et orbi maintenant, ou montrer ses seins, du moment que ce n’est pas dans un lieu d’exercice de croyances religieuse et qu’on est plus nombreux que les lecteurs des bouquins de Pécresse, les députés européens soucieux d’environnement, ou les supporters de Mélenronchon à ses shows à Bercy, je suis partant.
Vive la Liberté (et le pluralisme) de la presse !
Mais « pas que », parce que si on laisse trop la bride sur le cou à tous les Beigbeder et autres noctambules apprentis patron de presse ou autres danseuses qui aiment se voir en photo sur les colonnes Morris et se lire dans les pages mondaines entre leurs publicités pour la délocalisation de l’agriculture en Ukraine ou la dernière bonne idée du courant « Djeun » du Medef, encore plus que s’écouter twitter à la TV pour ne rien dire, on va se retrouver avec les kiosques envahis de remakes mal fichus, genre le nouveau journal de « Paf le Candidat Gadget Nomade Moderne et Toujours Bien Coiffé à Paris » ou « Eux, le Nouveau Magazine des Hommes qui aiment les Femmes des Carrés VIPeople de Paris ».
S’il n’y a pas plus de bons journaux et médias libres en 2014, qu’il y ait autant de café.
Vive la liberté !
Renaud Favier – 11 décembre 2013 – Facebook Café du matin à Paris – LinkedIn
Bonus : Ah ! L’amour de la Liberté … http://www.youtube.com/watch?v=lEOOZDbMrgE
Bonus 2 : Vieux rêve, la Liberté … http://www.youtube.com/watch?v=W5aPBU34Fyk
Bonus 3 : La Liberté mérite un hymne http://www.youtube.com/watch?v=tCrrZ1NnCuM
* * *



















