Enfin l’été ! Mais attention aux (o)rages

Et voilà ! Le soleil est là, les parcmètres sont en vacances et les Américains ont trouvé une solution pour cette histoire de dette qu’il fallait régler avant « mardi c’est raviolis » parce que sinon il y aurait pu y avoir de l’orage sur le Livret A prédisait Météo France-Monde.

En juillet, on avait un peu partout, des Champs-Elysées jusqu’en Avignon, des embouteillages … de politiciens plus ou moins professionnels de l’indignation de toutes obédiences pour passer à la TV avec les journalistes stagiaires. Mais c’est fini ! On peut monter au Galibier sans tomber sur un gang de chasseurs d’audimat pressés en 4-4 diesel, on peut rouler à peu près partout au pays musée sans être bousculé par un pare-buffle urbain dépassant toutes les limites de la décence et même les filles seules peuvent faire du vélo sans risque de mort d’homme grâce à la police de New-York. Il suffit d’éviter les accès aux Saint-Tropez des divers littoraux autour des heures de caméras et de ne pas croiser les itinéraires des caravanes vers les universités d’été mais en principe on peut courir quelques jours en France comme un Forrest Gump sans se faire écraser.

Les choeurs de pleureuses plus ou moins primaires devraient moins casser les oreilles des malchanceux qui n’ont pas d’iPod pendant 2 ou 3 semaines, même si les plus redoutables rebelles télévisuelles vont râler que les amendes pour stationnement impayé ont augmenté de 6 euros et que ce serait vraiment ennuyeux si elles n’avaient pas toutes des colifichets tricolores ou autre fausses cartes pour stationnement sur les places pour handicapés ou des combines pour faire « sauter » les contraventions abusives et que quand même, si des défavorisés économiques avaient les moyens d’avoir des bagnoles (on parle pas des gros cabrios allemands immatriculées en banlieues et conduits par les victimes de la société obligées de mettre leur casquette à l’envers pour bien montrer leurs lunettes, mais des vrais instruments à se déplacer conduits des vrais gens qui ne trafiquent pas de stupéfiants illégaux, juste ce dont la pub plus ou moins clandestine est autorisée dans les magazines) et de mettre de l’essence dedans pour venir essayer de se garer à moins de 3 km de Paris-Plage, ça serait très injuste pour leur pouvoir d’achat et leur insertion socio-culturelle, déjà qu’il parait que Berthillon ferme en août …

Les plus fanatiques vont probablement continuer à s’indigner groupusculement autour de leurs crêpes au truffes en Bretagne ou de leurs piscines à débordements divers et variés du Lubéron mais comme BHL ne dit momentanément plus pour ou contre qui il faut être en Syrie (ou est-ce au au Liban ?) ou en Libye, ni même s’il faut être pour ou contre les réformes au Maroc ou le tourisme en Tunise, ils et elles devraient se concentrer sur leur numéro des Inrocks spécial sexe 2011 et préparer les promesses de la rentrée sans trop d’agitrop médiatesque.

Anyway, maintenant tout baigne, let’s enjoy as long as it lasts, pendant 2 ou 3 semaines, normalement tout devrait aller aussi bien que pendant les sixties, c’est juste dommage que les 30 glorieuses ne durent même plus un mois d’été de nos jours mes pauv’ dames, tout fou’lcamp et c’est pas la mode du néo-rétro qui va nous ramener le Général à Paris Plage (ça finit dans moins de 20 jours, faut zyva vite !) ou les 5 francs de cadeau de naissance du Livret de Caisse d’Epargne pour chaque nouveau citoyen.

Le seul souci, avec ce beau temps qui a l’air de pouvoir durer quelques jours, outre le fait qu’il va falloir recommencer à payer de l’eau pour arroser, c’est que ça pourrait amener des orages.  Rien à craindre pour le Livret A et les 200 milliards rémunérés 2,25% après l’augmentation pendant que les investisseurs (lire les gens qui ont besoin de trois distributeur de billets et autres guichets uniques à subventions à chaque coin de rue de village gaulois ou envie d’un peu de beurre pour les épinards ou les pâtes au truffes, c’est à dire à peu près tout le monde sauf quelques somaliens immigrés ou pas qui ne peuvent même pas s’acheter une bagnole diesel toutes options made in onseaipaou ou se payer du coca de marque à 5 euros les 20 cl servis par un emploi sous-rémunéré en terrasse ou 2 euros dans le rayon « vu à la télé » du distributeur qui étrangles les petits producteurs locaux alors que le diet-coca fabriqué plus ou moins dans la même usine avec les mêmes trucs pas très ragoutants mais c’est une autre histoire, ou pas, est en solde à 36 centimes la bouteille géante chez « xx » ouvert en août -qui étrangle pareil et licencie sûrement aussi pour des salades mais c’est un autre sujet, ou pas-  et on peut en acheter 12 ou 36 bouteilles pour stocker si on a la place et si on n’aime vraiment pas l’eau du robinet presque gratuite) font cracher des rendements à deux chiffres aux entreprises citoyennes mais quand même, il y a comme une sorte de tension dans l’air : le jour où il n’y aura plus rien à délocaliser et plus assez d’immobilier correct ou de club de foot nul à vendre au Qatar, il va bien falloir aller chercher l’argent là où elle est pour payer les intérêts, les médocs, la frais de scolarité, les salaires et les retraites. Et comme les vrais riches sont non imposables et que les faux riches deviennent doucement des nouveaux-pauvres pendant que les Chinois des usines des vrais riches bossent pour nous vendre des trucs ni très indispensables ni très durables ni très raisonnables pour nous (mais c’est un super business pour eux alors il n’y a aucune raison qu’ils s’arrêtent pour manger du foie gras made in France que les Allemands boycottent pour plein de raisons au bord des piscines qu’ils nous ont achetées juste pour spéculer et ne pas placer tous les sous en bons du Trésor US parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver en démocratie, sauf s’ils ont déjà aussi racheté les usines de foie gras enn France et les élevages de canards onsaipaou), l’été va finir un jour pour les « cupides » qui se ruent sur le Livret A comme des footballeurs sur la 3ème mi-temps pour se gaver d’intérêts défiscalisés et garantis « fiannce biologique » par le syndic de faillite cultivateur distributeur.

Même en vacances, on est toujours le cupide de quelqu’un (et en plus il y a des (o)rages !).

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 1er Août 2011

             

Ps : c’est enfin l’été, Shake ! (pas chèque, non, ce n’est plus une option, les comptes sont tous dans le rouge sauf si on roule en Porsche au paradis fiscal où les pâtes sont aux truffes et les campings des riads expatriés ou des mas à ISF, mais il faut avoir hérité de plus de chance que de scrupules et les oncles d’Amérique à héritage, c’est devenu rare qu’ils n’aient pas épousé une créature médiatique et investi le magot en Chine via une holding dans un patelin plus ou moins discret où les analphabètes roulent en Cayenne faute qu’on puisse les y envoyer) Yes you can ! (et en plus c’est bien meilleur pour la santé des gens et des démocraties) et même pas les zapdopistes et autres cerbères des scopitones sur Youtube n’ont mis de grillage autour des « Supremes », comme quoi c’est vraiment l’été même si ça sent quand même un  peu l’orage, dans le cloud et ailleurs.

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On a les ambitions qu’on mérite

On a les ambitions qu’on mérite. Après les triomphes d’Afrique du Sud, c’est audacieux de rappeler aux héritiers de Coubertin et journalistes qu’en principe on joue pour gagner et qu’il y a plus de gloire sportive à affronter l’Espagne qu’à s’indigner contre le monde réel.

Mais le foot, c’est comme n’importe quel sport électoral, l’important c’est d’assurer la tonte du gazon et les salaires des apparatchiks entre deux compétitions et un minimum de spectacle autour de deux écrans de pub pour que les sponsors continuent à envoyer des enveloppes de pâtes aux truffes, de belles bagnoles et des 3èmes mi-temps gratifiantes à leurs gens sandwichs.

La doudoune bleue, c'était avant les derniers sondages, maintenant elle est rouge

Si on peut gagner un match ou autre concours de beauté de temps à autres, en principe les supporters achètent plus de colifichets made in China et promènent les panneaux et autres slogans avec plus de coeur et les comités d’entreprises s’offrent plus de billets pour leurs assujettis et de loges pour leur politburo et leurs clients, mais sinon, il suffit de trouver un bon mécène, de préférence français et si possible un tant soit peu attaché aux valeurs du Parti ou ami des dirigeants ou sensible aux décorations et autres honneurs républicains si on dirige une équipe politique, riche de n’importe quelle devise forte si l’essentiel c’est de gagner … de l’argent. Au pire, ça finit en conférence de presse sur les Champs-Elysées … chez un fabricant de chaussures made in China ou en prise de la Bastille … sponsorisée par les Inrocks, en attendant les vacances au Club Med du Qatar mais les salaires sont payés quel que soit le résultat, et l’essentiel c’est la participation, comme aux primaires des EELVistes.

Alors pour l’Equipe de France (rances ?), qu’on perde un match en finale ou qu’on reparte de Rio les fesses rouges dés le 1er tour, du moment qu’on ne doit pas payer d’avance l’hôtel, que l’avion a assez de places en 1ère pour toute l’armada des joueurs et entourages et qu’on fait de l’audimat avec un coup de boule médiatique, peu importe que ce soit Zidane en fin de match, Anelka en fin de rien ou le malgré-lui en Allemagne en fin de partie fine, ça fera toujours plus d’audimat que la crise du Dollar ou le taux de croissance des PME du Qatar ou du ventre des retraités du foot qui étaient assis à la TV devant le tirage au sort, ou vice-versa.

Alors comme c’est Dimanche et bientôt Ramadan, on va dire qu’il faut élever le niveau de jeu spirituel du débat, rappeler les nobles valeurs des sports, fussent-ils politiques, la nécessaire exemplaritude pour la jeunesse, suggérer un peu de jeûne en camp de rééducation à l’obèse du tirage au sort qui nous a mis dans un groupe de 5 où il sera difficile de faire assez de points pour finir meilleur deuxième surtout si on renonce d’emblée à finir premiers devant un autre pays en faillite ou l’on manque d’eau et où des jeunes à deux jambes et deux bras tapent dans un ballon pour le mettre au fond des buts, avec la main ou aures irrégularités si l’arbitre ne regarde pas ce que des milliards de supporters voient ou savent, mettre un cierge ou équivalent à qui on veut pour que les Espagnols fassent en 2014 comme les Français en 2002 et arrivent trop lourds de leurs grosses têtes et pesants de sucres lents aux truffes pour que leur jambes puissent les porter bien loin.

Plus qu'hier, moins que demain, c'est là-bas que ça se passe

Les vrais sportifs diront que c’est le premier pas qui compte et qu’à coeurs vaillants rien d’impossible et que pour décrocher la lune il peut suffire de le vouloir plus que les adversaires et de ne pas rater le dosage de prozac le jour du match. Oui, le premier, et en visant la lune plutôt que le doigt qui la montre avec plus ou moins d’élégance, c’est plus admirable qu’une tong publicitaire made in China, un but de la main ou un coup de boule(s) ou de crampons pas très indispensable, quand même.

Enfin, en attendant, l’Amérique va à petits pas vers un accord a minima sur sa dette et son dollar mardi, la France court à petites enjambées derrière les breaks diesel qui jettent des confiseries en plastique et des tongs publicitaires, on a les « AAA » (ah!ahçah!) qu’on mérite, mais comme disait un politicien amateur à l’ancienne d’avant que les cochons et les sportifs deviennent fonctionnaires, « … c’est comme l’andouillette, il faut que ça sente un peu la m…, mais pas trop ». Le goût des autres nôtres, on a aussi celui qu’on mérite, surtout si on vote pour.

Et puis l’andouillette, c’est sympa, c’est traditionnel et ça passe bien en barbecue républicain l’été même si quand même, il ne faut pas manger que ça, surtout si c’est du made avec n’importe quoi in onsaipazou, sinon ça finit par avoir encore plus de conséquences que l’overdose d’auto-bronzant au paraben, on commence à jouer selon les règles du jeu d’avant-guerre économique contre la Corée du Sud et on atteint à peine le niveau des primaires ou autres championnats de France de divisions par très glorieuses.

Pour gagner la coupe du monde, il faudra lâcher les charentaises (made in onsaipazou, bien sûr) pour battre une ou deux bonnes équipes, non ?

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 31 Juillet 2011

             

Ps : ça ne peut pas être pire que la dernière fois, la météo ne peut que s’améliorer.

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Nous sommes tous des démocrates norvégiens. Morts ou vifs.

Les Norvégiens morts le week-end dernier n’ont pas eu le choix. Pour eux, c’était « lieber tod als tot ». Façon « Millenium » à la scandinave plus que de mort lente comme on se le chante en vieille Europe. Comme on le danse sur les Titanics plutôt que de ramer contre les icebergs.

Certains ont encore plus des têtes de Norvégien mort que d’autres même s’ils ont l’air plutôt plus vifs et ne s’excitent ni en courant après les baleines bien nourries en drakkar en eaux troubles ou en godillots-paquetage-fusil dans les îles un peu Club-Med du Nord à la saison sèche (n’en déplaise aux égards dûs aux chairs disparues, je sais, on ne doit pas plaisanter de tout mais d’un autre côté, c’est assez écologique de recycler la bêtise mortelle, c’est une énergie renouvelable, à faible impact carbone et de proximité partout), ni en manifestant à la TV en toute saison contre les chasseurs de baleines (qui ont le droit à l’auto-détermination comme toutes les tribus « parce que c’est la tradition et qu’on est un peuple souverain et qu’on vous emm … parce qu’on a plein de pétrole et de gaz ») ou contre la fin des subventions au solaire made in China payées avec l’emprunt cher acheté aux banques ou les impôts d’Areva et d’EDF (pas ceux de Total, il parait que les traditions datant de la Françafrique prévoient d’autres formes de contributions à la vie politique et citoyenne pour ELF 2.0, alors comme de toute façon les déficits sont abyssaux, une goutte de pétrole dans la mer de dette ne changerait pas la face de rat du monde). Anyway, même ces Norvégiens plus sympas partent sans trop d’illusions et reviennent bredouilles de Copenhague comme les vikings à lunettes (de fusil ou rouges, c’est pas très différent, on a les terroristes qu’on mérite), comme tout le monde, en fait (et ça ne surprend pas trop l’ours blanc qui en a vu d’autres et sait d’ailleurs qu’il n’en verra plus tellement quoi que fassent les bons et les méchants à la TV) mais au moins ils ne s’y ridiculisent pas en partant la fleur au fusil vers les bons hôtels scandinaves et les feux scouts des alter chantant Joan Baez alors que la défaite est certaine à 95%, en n’annonçant pas urbi et orbi qu’ils voyagent écolo en train pour se faire prendre en photo à la sortie de l’avion (c’est rat de le rappeler mais l’apparatchike en chef avait l’air un peu gênée avec les journalistes sur ce coup, plus que lors de la kolossal rigolade TV avec l’ancêtre de http://www.martineaubry.fr), entre autres épluchures ou cancuneries qu’il serait mauvais pour le sens de l’humour de trop rappeler. Heureusement qu’il y a le « viking » qui est sympa à la TV pour remonter le niveau (pas de l’eau, d’une certaine idée de l’écologie, de l’avenir peut être aussi) et faire des films pédagogiques moins dépressivants que les histoires de Ttanic et moins compliqués à comprendre que les vérités qui dérangent et autres indignations plus ou moins justes mais toujours plus que moins bien lestées d’arrières-pensées électorales et bonnes pour le buzz. Heureusement , il y a YAB, sinon l’ours aurait déjà sauté de son iceberg.

Cela empêcherait-il d’autres Breivik de tirer ici ou ailleurs de rappeler que les Norvégiens ne sont pas les seuls héritiers de Voltaire à n’avoir pas particulièrement cultivé leur jardin ? A préférer la chasse à courre à la baleine à la culture responsable, et souvent les produits nocifs et idéologies génétiquement modifiées, ou vice-versa, au débroussaillage des zones à risque d’incendie, ou tout simplement les indignations médiatiques de printemps aux labourages d’automne et laborieuses lectures d’hiver (aux motifs que la bougie émet du carbone et que l’électricité dégage d’autres scrupules plus ou moins durables).

Cela ferait-il une belle jambe aux ours blancs de souligner que seulement une microscopique partie de nos dépenses personnelles et des investissements du fonds « souverain » norvégien (c’est à dire le véhicule financier pour investir les dividendes du pétrole dans autre chose que des montres en diamant ou des bagnoles aux truffes, c’est comme la démocratie, le pire des systèmes à l’exception de tous les autres, dirait Churchill s’il regardait vers la Norvège en se retournant dans sa tombe), suivent un cap responsable ? Peut-être mais à moins que cela accélère des mutations génétiques et transforme leurs pattes en échasses ou en nageoires, leur belle jambe sera mangée par les vers marins aussi vite et bien que le maïs OGM contamine les derniers champs naturels au Mexique sans que personne ne veuille vraiment savoir comment cela peut arriver malgré les promesses de Monsanto et quelques lois encore en vigueur malgré le bon sale boulot des lobbyistes, ni surtout quelles conséquences cela pourrait avoir sur les prochains occupants de cette planète, un peu comme quand on emprunte en « AAA » (ah!ah!ah!) et vogue la galère en 1ère classe, les pauvres du futur n’auront qu’à se débrouiller et s’acheter des branchies à crédit pour aller au boulot quand le tram ne marchera plus parce que les rails auront été volés comme les cables électriques en cuivre et qu’on aura dépensé les crédits d’entretien pour installer des caméras de surveillance made in China mais c’est pas très grave parce que de toute façon on ne forme plus de mécaniciens pour l’entretien parce que les budgets des concours administratifs ont été préemptés pour les fonctionnaires jardiniers du Sénat à la demande des élus écolos … Tout cela n’empêche pas de regarder « Home » qui est libre de droits et traduit en plein de langues alors on peut youtuber ou dailymotionner chez soi sans scrupule ni crainte des zadopistes ou des jeteurs d’épluchures qu’on risque toujours de croiser quand on va voir des films écolos dans une salle ou même en projection extérieure.

Nous sommes tous des démocrates norvégiens (et aussi de vieux crocodiles qui pleurent mais c’est un autre sujet, ou pas …) mais certains le sont plus que d’autres, quand même. Et à force de ne pas cultiver son jardin en croyant qu’il y a encore des travailleurs immigrés pour récolter et écraser les raisins (de la colère), des assujettis dans des colonies pour couper la canne à sucre, des ouvriers payés un bol de riz dans des usines cachées dans les pays émergents pour fabriquer du maïs OGM en boite premier prix ou des truffes en solde, des trouffions en uniforme ou costard-cravate pour arroser, on s’éloigne quand même un peu de la culture raisonnable et les métastases risquent de se développer dans d’autres oasis européennes que la Norvège. On a un assez édifiant exemple en Argentine, pointe de « l’extrême occident » selon la triste et belle formule d’un de nos grands ambassadeurs du 20è siècle en Amérique du Sud (pas celui qui chantait « Don’t Cry for me Argentina », mais il aurait pu, ses bouquins parlent de la même chose) : la « crise » y est devenue un état permanent depuis le second suicide européen, un peu comme la famine en Somalie ou la croisance en Chine. Que le « plus beau pays du monde », un des plus riches, des plus civilisés et prometteurs au sortir de la guerre mondiale ait devancé la Grèce et plus si affinités dans une faillite suivie d’une sorte de lente descente aux enfers n’est pas rassurant pour les autres pays cancéreux. Alors même qu’il n’était vraiement confronté ni à des ennemis en guerre plus ou moins froide, ni aux déchirements et autres dommages colatéraux des décolonisations, ni même au très manifestant ennui confortable des baby-boomers à Walkman rebelle et four à micro-onde révolutionnaire (il faut dire que cette étrange tradition argentine d’apprendre aux adolscents un peu turbulents à nager en les jetant d’avion en mer a eu un impact sur le stock de capacité d’indignation, à tel point que ce pays pourtant assez machiste a été obligé d’envoyer des mères manifester sur la place de Mai et que du coup personne ne prend leur affaire très au sérieux parce que des femmes qui font du raffut dans la rue, c’est soit des profesionnelles et alors c’est le plus vieux reportage du monde, soit Régine qui chante sur son bus à impériale avec des copines rebelles et ça, même les stagiaires journalistes d’été savent que ça ne ferait d’audimat que si elle faisait une crise cardiaque en direct en chantant « les petits papiers » contre le 14 juillet ou autre espèce en voie de disparition pour qu’on puisse vendre une pub aux marchands de défibrilateurs made in China). Certains trucs, c’est comme Aung San Suu Kyi, comme c’est des histoires de filles genre recettes des confitures ou autres soldes chez Bouchara, les démocrates norvégiens, les vrais, n’en parlent pas tant qu’il n’y a pas mort d’homme (by the way, Lea Salonga, on la connait encore moins que la jeune Anglaise qui est morte dans les journaux TV il y a quelques jours et dont on a déjà oublié le nom, mais elle aussi c’est une belle voix, et en plus elle ressemble un peu à Aung San Suu Kyi), alors que l’ours blanc se débrouille pour apprendre à nager.

Arte / Argentine : la crise, un état permanent (annexe : Argentine, compléments )

La démocratie norvégienne, vaste programme.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 30 Juillet 2011

             

Ps : et pour les démocrates norvégiens qui sont restés Paris-Plage ou qui voudront se consoler de leurs 5h d’embouteillages après 3 semaines de pluie et qui aiment la nature … humaine sans exclure de s’autoriser un instant de plaisir, voire un éclat de rire quand personne ne regarde, il y a « Le Sauvage » ce soir en projection itinérante gratuite au jardin de Reuilly, un vieux Rappeneau sympa avec Deneuve et Montand primesautant sur une île déserte splendide au large du Vénézuela sur une musique de Michel Legrand qui a comme des résonnances de celle de l’Affaire Thomas Crown (toutes proportions gardées, n’est pas LE chef d’oeuvre qui veut, même si by the way le remake de l’Affaire est plutôt pas trop raté avec une belle scène de catamaran devant New-York en écho à celle du planeur de McQueen) et qui justifie à elle seule de laisser trainer une oreille. 22h15, entrée par l’avenue Daumesnil, apporter son fauteuil pliant ou un plaid waterproof malgré le beau temps enfin arrivé parce que la pelouse n’est pas encore aussi sèche qu’un discours d’Eva Joly. Ce serait dommage de rater un truc gratuit (enfin, payé par nos impôts et la dette de nos descendants mais sur le moment on croit que c’est cadeau et ça fait plaisir comme une prime verte pour une bagnole diesel) et en plus, comme c’est de nuit à l’heure de Soir 3, on ne gâche pas d’électricité chez soi si on a éteint les lumières, le Mac et la fonction « veille » de la TV en sortant, on ne risque pas le mélanome comme à la bibliothèque (gratuite aussi) de Paris-Plage (nb il y a du paraben dans cette crème de grand-mère qui est peut-être encore fabriquée en France par une petite boite familiale, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, alors on peut continuer à en tartiner les coups de soleil des mômes auxquels cela ne fera pas plus de mal que les chips à l’huile de palme mais il faudrait prévenir les proprios que s’ils ne changent pas la formule, au mieux ils finiront par perdre leurs clients les plus démocrates norvégiens, au pire ils auront une campagne de buzz contre eux et une multinationale bien intentionnée aux lobbistes attentifs les rachètera pour une bouchée de pain pour délocaliser et utiliser le nom pour lancer une gamme de parfums et shampoings sans paraben avec du bleu-blanc-rouge sur la boite et sûrement « Paris » écrit quelque part dans l’adresse du service consommateur) et personne ne voit la couleur des lunettes alors en principe il n’y a pas de risque de jets d’épluchures ou de sabotage par des intermittents du spectacle politique (surtout que comme la Maire du coin est PS, normalement les militants doivent avoir piscine ailleurs et que comme c’est les vacances, les indignés salariés ne doivent pas bosser).

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