Le joker est, dans certains jeux, une présomption de « chance » qui peut renverser une situation compromise, permettre de gagner avec une main a priori moins forte, de sortir en riant d’un piège ou de rattraper une faute. En principe, il n’y en qu’un par parti(e). En principe …
Quand on a la baraka, on peut jouer en confiance, comme James Bond dans Dr No. Les autres, tous les autres joueurs jalousent cette chance mais doivent « faire avec » et se battre entre eux en espérant que le veinard fera une erreur.
Mais au saloon, il arrive que quelqu’un tire bêtement en l’air en cours de partie (Parti ?) et on s’aperçoit que Sofitel, c’est presque un anagramme de Solferino. Et là, le pianiste se souvient qu’il est au pays d’OK Corral et commence à jouer très faux.
A peu près tous les joueurs essayent de sortir discrètement un as de leur manche pendant qu’un ou deux clients regardent si les danseuses vont bien et que la plupart des autres vérifient que leur miroir aux alouettes n’a pas été cassé par une balle perdue.
Et montre son tas … de jetons pour bien faire comprendre qu’il « suivra » (et en Porsche, on n’est pas distancé par grande monde sur l’autoroute vers Paris).
Dans un jeu des cartes français traditionnel, il n’y a pas de joker, mais beaucoup d’atouts (d’inégale valeur, le plus petit peut cependant s’en sortir et même changer la donne s’il arrive au bout du jeu) et une excuse.
Alors, quoi qu’il arrive et/ou soit arrivé à New-York c’est peut-être le moment de jouer l’excuse en France (voire de « mettre les bouts »).
« Panem et circenses », rien de très nouveau sous le soleil de juillet de nos empereurs, sinon que les pâtes aux truffes remplacent le pain. Mais c’est quand même un peu plus nocif pour la démocratie durable que le loto, cette mode du poker menteur, non ?
C’est fini pour aujourd’hui, parce qu’il y a Montebourg chez Bourdin et que c’est l’occasion ou jamais de faire la gym en écoutant un jeune éléphant qui barrit un peu différent et peut même avoir de l’humour involontaire sur un malentendu. Après NKM hier, Montebourg ce matin : Bourdin semble avoir retrouvé la main pour le choix de ses invités. Mais à quand un vrai joker ?
Le Président Obama a engagé dés 2010 la « National Export Initiative » et remis en tension une diplomatie de guerre économique visant à doubler les exportations américaines pour créer une dynamique favorable à l’emploi, l’innovation, la compétitivité. On pense à Appolo.
Mais sans Marilyn, sans mômes photogéniques dans le bureau, sans Kroutchev et avec des légumes bios dans le jardin de la Maison Blanche. Et avec moins de pierres que d’autres fois, dans ce jardin. A New American Way.
Toutes proportions gardées, le discours de lancement du programme NEI (Prés. Obama), le 11 Mars 2010, sera peut être regardé un jour par des historiens comme on regarde le discours « Man on the Moon » : en sachant qu’il y toujours du bond géant dans un petit pas, et vice-versa. (De toute façon, la Lune, les Chinois y sont presque déjà, il faut trouver autre chose).
Et quand le rouleau compresseur américain est lancé, ça ne plaisante pas trop :
Si avec tout ça ils n’arrivent pas à vendre quelques bouteilles de vin californien de plus, c’est que le French Paradox marche vraiment et qu’Angela Merkel se met à faire du bon vin rouge (pour les Chinois, c’est en cours, il leur faut encore 4 ans et des poussières pour finir de planter chez une surface équivalente au vignoble bordelais en rachetant châteaux, marques et bons terroirs en attendant les vendanges …).
Le message du gouvernement Obama aux entrepreneurs américains est fort et clair, martelé par toute l’équipe gouvernementale aux premiers rangs de laquelle le Président lui même et Hillary Clinton qui sont les fers de lance d’une diplomatie commerciale de guerre économique : « Go & Win in Asia where are markets, opportunities and future ! » (East ou West, whatever works, sachant qu’avec assez d’élan au-dessus du Pacifique ou en passant par l’Alaska, on arrive vite en Asie en Boeing avec si nécessaire une escale de refueling dans de vieux mondes et que bientôt, avec le réchauffement climatique, le mythique Passage du Nord Ouest qui aurait pu changer la destinée de l’Empire Britannique au 19ème siècle sera ouvert toute l’année pour les navires).
En attendant, l’Euro vaut 1,45 Dollar environ, la guerre froide économique des monnaies est peu ou prou dominée par les Etats-Unis. A part en nouvelle Allemagne, c’est Catch 22 pour les exportateurs d’Euroland dont le modèle économique ne choisit pas assez clairement entre dérive grecque et rigueur germanique : les acheteurs européens de produits « made in économies de bazar » se satisfont sur l’autel du pouvoir d’achat d’ersatz de puissance que les concepteurs d’automobiles de luxe et autres biens « essentiels » mais ne servant à rien sinon à alimenter les déficits et la dette, leur dealent en achetant et produisant à bon compte hors Euroland pour servir plus de dividendes aux fonds d’investissement étrangers. Mais c’est surtout pain béni pour le « made in America ». Sur le marché intérieur américain, encore d’assez loin le plus grand du monde, où les concurrents Eurolandais sont à la peine avec un Euro qui a peu ou prou doublé par rapport à son point bas d’il y a une dizaine d’année et qui, à l’instar d’Airbus, sont contraints d’envisager de créer des usines et des emplois aux Etats-Unis pour y vendre. Et partout ailleurs surtout en Euroland où seule une pensée unique « différente » s’acharne à se taper la tête contre le mur en klaxonnant contre les réalités flagrantes des fuites de richesse et les chiffres têtus du déficit commercial et en prétendant que les Européens seraient insensibles aux prix, suffisamment euro-patriotes, attachés à la préservation de leur modèle social et environnemental et, surtout, solvables pour acheter pareil (voire moins bien) mais plus cher. Comme si tout le monde voulait et pouvait acheter chez BioCoop (qui de toute façon ne pourrait pas fournir assez sans aller planter des patates dans des sables incertains) ou voulait et pouvait déjeuner au restaurant « responsable » tenu par un voisin alors qu’il y a un McDo a deux pas, que la cantine est subventionnée et que quand même, un steak (à gros effet de serre même si les lobbyistes trouveront toujours un éleveur responsable méritant à bonne bouille télégénique, surtout en période électorale) ou un poulet (revoir sur youtube les vidéos sur l’élevage industriel) frites (à l’huile de palme entre autres sangs d’espèces en voie de disparition), c’est plus sympa que les brocolis bouillis à l’eau de pluie chauffée au solaire (made in China, mais c’est une autre histoire, ou pas).
Mais revenons aux moutons de l’export : la croissance mondiale est prévue entre 4 et 5% en 2011 alors que l’économie européenne est engluée dans un cercle vicieux de mollesse et fragilité. Le front de la guerre froide économique est ailleurs mais Euroland manque de moyens lourds de transports de troupes (à force de répéter naïvement -ou pas- « il faut vendre la France » comme slogan pour attirer les investissements étrangers, on a fait venir à grands frais quelques usine « à la Toyota » et beaucoup de prédateurs mais on a surtout accompagné le désinvestissement et la désindustrialisation de la part ceux qui auraient eu les moyens de créer des capacités) et … peut-être d’émissions de TV en français et/ou made in Europe sur les enjeux. Ceci n’est en revanche pas un problème pour les entrepreneurs américains qui n’ont jamais envisagé de vendre leur pays et peuvent regarder Aljazeera pour savoir ce qui se passe dans le monde même si leurs propres TV sont aussi nombrilistes que les nôtres et pas beaucoup plus édifiantes que celles des Berlusconi d’Europe.
L’Asie a plus ou moins retrouvé ses niveaux de croissance d’avant-crise malgré Fukushima et grâce à des stratégies de développement économique sans trop d’états d’âme … mais aussi en prenant des marchés en Euroland et aux USA via les fournisseurs des concepteurs ré-exportateurs américains. Les filiales en Asie d’investisseurs américains, ou celles de groupes européens appartenant parfois pour tout ou partie à des fonds de pensions US, tournent toutes à plein régime en bénéficiant de cadres sociaux et fiscaux favorables, de salaires encore bas et d’un environnement des affaires dynamique.
Alors même s’l y a aussi des élections présidentielles aux Etats-Unis en 2012, le pays et ses entrepreneurs sont mobilisés dans la guerre économique mondiale, vers l’Asie mais « pas que ». Et même si eux aussi ils ont des « primaires », ils ont autre chose, un genre de « Think & Act Different« .
It’s Business, Stupid ! But with a vision and a soul (« pas que », il faut aussi regarder un fil de Michael Moore le 4 juillet). It’s America 2.0 !
Renaud Favier – July 4th 2011 – http://renaudfavier.com – Net-Land-Art
Le bonus : Et si Obama avait raison ? En tout cas, la vidéo mise en ligne en novembre dernier par un économiste plutôt anonyme résonne assez fort dans le tourbillon de la crise grecque même si on déblatère un peu ces jours-ci sur le risque de perte du « AAA » américain (entre deux reportages sur l’affaire DSK et un débat sur l’âge du départ à la retraite du capitaine … à la TV parce qu’il y grève d’une certaine catégorie d’ouvriers du livre et les quotidiens ne sont guère en kiosque ce matin, on a les 4 Juillet qu’on mérite).
C’est fini pour aujourd’hui, parce que même si c’est « Independance Day » (quel joli concept !) en Amérique, ici en France il y a école le lundi et avec le décalage horaire, l’Asie a bientôt fini sa première demi-journée de la semaine tandis que c’est presque déjà l’heure du boulot sur la Côte Est (qui est à 5 ou 6000 km à l’Ouest, pour nous, on ne fait décidément rien comme tout le monde …).
Ps : un tout petit peu de Facebook quand même, pour faire « Fourth of July 2.0 ».
Après la prestation de serment du 44e président américain , Barack Obama, noeud papillon blanc et smoking noir, et son épouse, vêtue d’une longue robe signée…
Happy Fourth of July America (c’est qui le fou furieux juste derrière JFK avec un cigare puant -cubain ?- en plein soleil ?), Fly us to the Moon 😉 http://www.youtube.com/watch?v=g25G1M4EXrQ
Il n’y a plus de saisons. C’est la faute de tous ces pauvres qui bousillent le climat en voulant des cerises tout le temps et de la truffe en été. Tout allait mieux quand les bonnes tables étaient réservées aux riches. Même si déjà les gendarmes n’attrapaient pas tous les voleurs.
C’est l’été, mais la Nationale 7 n’est plus. On n’est plus au temps où la politique le cinéma français y édifiait les masses populaires (« … on s’en fout de vos histoires … » répondait Pierre Mondy à Darry Cowl au bord de la N7 dans le Triporteur). On est à la saison 2 d’une série américaine dont le « héros » malgré lui ne sait même pas que tant qu’à gaspiller le prix d’un plein de Porsche pour un plat de pâtes en conserve, les truffes blanches du Piémont sont incomparablement plus délicieuses (et mieux accordées à a musique du « Parrain », mais c’est une autre histoire, ou pas) mais on ne peut pas en vouloir à un Rastignac obligé en son temps de travailler à la MNEF sans même garantie de l’emploi fictif de ne pas connaître les codes d’une bourgeoisie politique aux charmes plus discrets, en général.
C’est la saison des mariages à Monte-Carlo, mais ça a perdu un peu de Grâce. Même si force est de reconnaître à la -très- jolie mariée une discrétion de -très- bon goût (et une robe sublimement épurée) et au Prince l’élégance d’avoir servi un simple plat de légumes du jardin à ses quelques amis rassemblés pour cette occasion que tout Monaco attendait avec une impatience de candidat aux primaires du PS.
C’est l’été, normalement les papillons éclosent mais chez les verts une chenille reste une chenille et alors qu’ils auraient pu choisir un candidat pour aller chercher un nouveau monde, les primaires vont selon toute vraisemblance désigner encore une future sénatrice pour administrer la faillite du vieux. Enfin, il ne faut préjuger de rien, si les circonstances (genre Fukushima est plus si affinités) lui sont favorables, Eva Joly n’est pas obligée de suivre la directissime Voynet vers le Sénat, elle peut se transformer en femme d’Etat, en une sorte d’Angela Merkel à la française. Elle en a déjà le charme et le coiffeur, il lui reste juste à se débarrasser des soviets de la verklatura.
Mais qu’on se rassure, l’été sera show : entre le leader maximo du barbecue (intéressant que Jean Arthuis ait refusé de rejoindre le sous-cercle Interallié des centres, moins pavlovien que le splendide isolement de Bayrou, plus signifiant) qui espère comme la madonne du Poitou que DSK pourra se présenter, la mamyderme qui assure son ami, sa famille, ses enfants, sa femme de ménage de son soutien indéfectible depuis le 14 mai, et les belles âmes qui ignorent DSK mais posent la question préalable de constitutionnalité du droit de parachutage d’armes aux maquis rebelles en Libye, Churchill ne serait pas déçu s’il revenait, c’est toujours la saison des tartuffes …
Grâce à ses glaciers qui servent le vrai tartufo artisanal, la petite ville de Pizzo en Calabre est souvent reconnue comme la città del gelato (« ville de la crème glacée »)
C’est ballot que ce soit déjà l’été, ce n’est plus la saison d’un voyage en Italie. Encore que … il fait un peu chaud mais là-bas ils semblent avoir (enfin !) pris de l’avance question lutte contre le bunga-bling, on dit que c’est déjà l’automne du patriarche …
C’est pas tout, ça, il faut aller couper du bois, l’hiver pourrait être rude.