On ne va pas en faire toute une affaire. Si c’était un mariage impérial, je ne dis pas, mais le fils cadet et une roturière, c’est un peu anodin … En plus, Paris Hilton et Fergie ne sont pas invitées et le royal gâteau au chocolat de William a l’air super lourdingue.
Ceci étant, c’est peut-être mieux que l’Empire ait titaniqué parce que les baillements impériaux semblent dévastateurs
Pourtant, un Royal Wedding, c’est plutôt excitant en principe
Mais celui-ci manque vraiment trop de suspense : Willie va se scotcher le sourire encore plus musée Grévin que nature du début à la fin du binz dans l’église, la -très- jolie fille ne va même pas changer de fringues pendant tout le film, un témoin bien propre sur lui va raconter une vanne anodine avant ou après que le prêtre ait consenti et puis ils vont s’embrasser et vivre heureux au moins le temps réglementaire dans les contes de fées modernes (pour une version moins nunuche, cliquer sur le dessin)
En définitive, le principal truc un peu incertain, à part la couleur du chapeau de la reine (les bookmakers parient sur le jaune), c’est le nombre d’iPhone blancs (en magasin juste le bon jour, ils sont trop forts les marketing boys de Steve Jobs) qu’ils recevront en cadeaux de mariage. By the way, pas d’appli iPhone pour Ze Royal Mariage ?
Pour tout savoir en direct, vérifier qu’ils se jettent à l’eau et connaître le derrière des choses sur le site officiel http://www.officialroyalwedding2011.org/ , cliquer sur la photo
On verra bien si ça mérite un blog de debriefing même si la poste britannique a piqué mon invitation
Le bonus : si au moins il y en avait quatre … ou alors un bon enterrement parce que c’est quand même plus sympa, on n’est pas obligé d’avoir un carton d’invitation ni de mourir d’ennui 3 heures à table avec au mieux des inconnus qui vous racontent leurs vacances en tapotant sur leurs smartphones, au pire la famille plus ou moins éloignée de service qui cherche depuis 36 mariages à savoir si les cousins célibataires sont homos, négligents, cavaleurs ou juste franchement insupportables
C’est fini pour aujourd’hui. De toute façon, c’est demain que ça se passe pour avoir le week-end pour se reposer après les agapes (cliquer ici ou sur la tortue pour avoir quelques chose à lire en attendant l’arrivée des mariés, sinon sur les boites de thé au début du billet, c’est plus musical)
Y'a vraiment rien d'autre à la télé ? Même sur Arte ?
On n’est pas obligé(e) d’être Über-Geek avec écouteur greffé à l’oreille, clef 3G en poche et panneau solaire à prises multiples sur le sac à dos à velcro pour l’iPhone et poche spéciale iPad pour surfer utile, fun, pro ou juste intéressant sur les réseaux sociaux.
Ce qui est le plus contraignant, et assez freudien, c’est de créer et de laisser vivre des avatars, des genres de « ça » dont le « moi » contrôle en principe plus ou moins les actions et l’image (en 2 ou 3D, fixe ou animée, stable, aléatoire ou évolutive, signifiante ou pas , jolie ou affreuse, attractive ou publicitaire, ça peut être un peu infini…) mais qui vivent en fait leurs vies comme une bande d’ados. On pourrait écrire un bouquin entier sur ce sujet …
Et il faut savoir que les vies électroniques sont différentes mais pas nécessairement toujours beaucoup plus (ou moins) réussies que « real life ».
Anyway, le kit de survie « basique » de l’honnête humain moderne (équipé d’un bidule wifi et/ou 3G, mais sinon c’est un ours en hibernation depuis un millénaire) se compte sur les doigts des deux mains
On pourrait ajouter Blip : « Listen to music while peeing » ; Youscribe : « Read the ultimate book about good and healthy peeing against cancer and depression » ; JKPM : « I Can surely make money out of peeing » ; Pearltrees : « Don’t Pee on the Pearltree » ; Second Life : « Let your avatar pee »
En très bref, il y a les incontournables
1. Facebook (alternative made by France : Copains d’avant mais c’est payant et un peu moins « couteau suisse ») pour la vie sociale : incontournable pour retrouver des amis, être au courant des évènements, organiser une manif et mettre en ligne des photos et autres infos. Une « page » Facebook est peu ou prou un mini site internet connecté à un réseau d’amis plus ou moins proches et en plus on peut trouver quelqu’un pour expliquer quoi faire avec les rejets de fraisiers qui s’échappent des bacs
2. Linkedin (alternative made by France : Viadéo) pour le boulot : efficace pour la gestion du réseau business, la carrière, l’affichage du CV et des publications professionnelles et pour rester up to date dans ses domaines d’expertise. Personne n’utilise l’add-on sponsorisé par Amazon pour échanger sur les bouquins lus ou à lire, c’est dommage, mais le plus gros défaut c’est que les gens mettent des photos sérieuses façon CV pour leur avatar et que personne ne parle de la culture des fraisiers.
3. Twitter : the « buzz machine », mais « pas que ». Complément très efficace aux moteurs de recherche pour l’information en temps réel par sources connues et/ou sélectionnées. La barrière des 140 caractères est peu contraignante car on peut « twitter » des liens vers du multimédia et des photos. Tous les grands médias, sérieux ou pas, déversent des masses d’infos, les politiques de tous bords emploient des stagiaires pour faire le buzz et les égos de toutes sortes tsunamisent Twitland mais avec un peu d’expérience et de résistance à la tentation de la démagogie « attrape-followers », le truc est vraiment une bonne surprise
4. e-bay : c’est pas vraiment un réseau social stricto-sensu mais en y repensant, que des avatars s’exposent, échangent des infos ou se revendent des cadeaux de Noël ou des vieilleries, la frontière est floue et les modèles économiques convergent. Et quiconque a trouvé un réchaud à fondue en fonte avec caquelon et le toutime pour 20 euros ou un meuble hi-fi danois vintage Sixties disparu du monde dit « réel » depuis un siècle ou un lot de 45T d’Henri Salvador ne me jettera pas la pierre. Quant à cette Simca 1200 S Coupé Bertone sortie de grange (avec chat en prime sur la photo) …
Il y a les ludiques
5. Youtube (alternative made by France : Dailymotion) pour la vidéo : bibliothèque participative de vidéos personnelles, professionnelles, de loisir … consultables de n’importe quel terminal à écran relié à internet. On peut aussi bien mettre en ligne les premiers pas du petit dernier pour la grande tante du bout du monde que le process du réglage du moteur de la vieille Alfa pour la prochaine fois qu’on aura l’idée farfelue de la remettre en marche, qu’échanger ou trouver des extraits de long-métrage, des séquences d’information ou des films pros ou éducatifs, dans toutes les langues du monde. Et puis, si on fait confiance au système et qu’on ne craint trop ni Big Brother ni un Fukushima de l’internet, ça évite de se ruiner en disques durs pour télécharger toutes les pubs de Georges pour le café bobo pas écolo
6. Blip (alternative vodpod) pour la musique : les mélomaniaques râleront que la qualité sonore n’y est pas mais la base sonore disponible sur le net est inépuisable et jouer au disc-jockey est aussi fun qu’écouter au vol ou regarder les clips que d’autres ont dénichés en fonction de leurs goûts et/ou du hasard de leur pêche. Et puis le système est un peu approximatif, frustrant quand ce qu’on nous promet est autodafé pas le copyright, surprenant quand on tombe sur un vieux discours de politicien en cherchant de la musique pour le café, traumatisant quand on est trompé sur la marchandise par une reprise abusive, un remix assassin ou un « cover » genre karaoké d’ivrogne. Moyennant quoi, c’est plus fun que Deezer
7. Foursquare est un genre de guide du routard participatif : pour savoir que vos « amis » recommandent de réserver telle ou telle table ou de demander le dessert hors carte dans un restaurant, signaler photo à l’appui le truc rigolo de votre tableau préféré d’un musée, avertir votre réseau d’une bonne affaire à ne pas rater ou simplement savoir qui est dans le coin et aurait le temps d’un café. Le siècle sera géolocalisant ou ne sera pas, d’ailleurs Facebook s’en est rendu compte et a lancé son « me-too »
Et il y a les créatifs
8. L’éditeur / bibliothécaire / libraire virtuel Youscribe : réseau de lecteurs et d’écrivains passionnés, fanatiques ou juste sympathisants, Youscribe permet de lire gratuitement ou pas, de se constituer une bibliothèque électronique, de dialoguer « littérature », et aussi d’éditer des livres sous format électronique en quelques « clicks » en laissant Youscribe faire le boulot de diffusion/vente en ligne (mais sauf publications nombreuses, les revenus ne valent guère la chandelle, c’est comme dans « real life »), par exemple Net-Land-Art, mais pas que, sinon il n’y aurait pas déjà des dizaines de milliers de youscribeurs
9. L’inclassable Pearltree : la version 2.0 des mind-maps. C’est un peu comme Second Life, on sent que le concept est très intéressant mais la techno est un peu frustrante quand on a vu Tom Cruise jongler en 3D avec des écrans virtuels dans un film du siècle dernier ou Indiana Jones consulter l’avatar d’Einstein dans un photomaton de fête foraine.
Enfin, il y a le « business »
10. JKPM, le réseau social d’affaires est un joli concept « made by France » ce qui ne gâche rien. L’ascenseur relationnel, le »rekommending » sont un peu moins grand public que Facebook mais la vie 2.0 a aussi quelques contingences économiques et ça ne peut pas faire de mal d’explorer la zone frontière vers le business, entre un blip et un twit …
Evidemment, on ne fait même pas une équipe de foot avec une dizaine d’avatars et il y a aussi plein de nouvelles applis iPhone ou iPad tous les jours, mais c’est le minimum syndical pour être un peu considéré par Big Brother
Le bonus : chouette, on va enfin pouvoir surfer dans l’eau !
C’est fini pour aujourd’hui (le problème des iTruc 2.0 et assimilés, c’est non seulement qu’ils ne vont pas -encore- dans l’eau, mais aussi que les batteries sont vraiment trop faiblardes et qu’il n’y a même pas -encore- de panneau photovoltaïque sur la carapace pour recharger)
Une campagne électorale longue animée par quelques outsiders lourds pourrait forcer le microcosme à sortir de ses gonds biens huilés tandis que la crise, les (r)évolutions du jasmin et plus, Fukushima et même les primaires pourraient secouer un peu les vieilles urnes.
Bien sûr, à force d’entendre que seule l’Europe auto-cryogénisée aurait un tant soit peu les moyens d’éventuelles ambitions et de voir tous les politiciens pas trop cacochymes ou incrustés dans le velours envoyés tels les « malgré-nous » de jadis au Parlement-Placard (bien doré) de Strasbourg, le grain à moudre est distribué à volonté aux abstentionnistes. Au plus grand bonheur des fonctionnaires de tous grades de la politique hexagonale. Mais il y a comme un bug dans le logiciel, comme une sorte de début mollasson d’envie de reprise en main de l’avenir
D’ailleurs, les apparatchiks bruxellois les plus aveugles voient la fumée du jasmin et sentent comme un début d’odeur de brûlé dans leur propre Sud en faillite. Quand des pneus de 4/4 made in out of Europe financés sur subventions allemandes aux fraises d’hiver allaitantes de partout ailleurs commenceront à brûler dans les rues et non plus pour incendier les maquis bêtement non constructibles, on ricanera moins franchement autour des piscines pascales de tous bords. Et plus jaune certainement, du ballon d’essai de Schwarzenegger (qui parle allemand et anglais, c’est pas ballot pour faire Européen …). By the way, on aurait bien rigolé s’il avait annoncé vouloir devenir gouverneur de Californie, un presque-pays aussi significatif dans le monde que n’importe quel pays européen, quand il était policier culturiste autrichien …
Et pour en revenir à la France, n’en déplaise aux porte-flingues DSKistes de service qui n’aiment pas les meeting d’avant-saison, Hollande est peut-être la dernière chance pour la génération baby-boom de voter pour un candidat social-démocrate qui fasse un peu résonner leurs idéaux de jeunesse avant l’hospice. Rocard, Jospin, Delors, ça ne l’a pas fait ; les djeuns en lice pour 2017 et plus genre Montebourg ou Valls on ne sait même pas qui c’est ; les vieux mitterrandistes et assimilés non-candidat(e)s aux primaires PS, on ne les connait que trop. Alors, maintenant que les vieux gaullistes et communistes pavloviens sont, sinon majoritairement morts, de plus en plus minoritaires, le petit gros sympa pas (trop) sectaire qui a fait un régime et qui n’a pas de riad dans le Lubéron, ça se discute à gauche démocrate et ça pourrait se regarder aux centres. A voir s’il est autre chose qu’un « chauffeur de salle » avant l’arrivée en scène de DSK.
Bien sûr, si on n’avait pas eu grand peur et misère du 21 avril 2002, Hulot serait un substitut plus sexy de Dany le Rouge pour lequel les auditeurs de Radio Nostalgie et autres néo-nostalgiques de la plage sous les pavés auraient tant aimé pouvoir voter un jour. D’ailleurs, si les écolos se font une raison et arrêtent d’exiger une prière pour Trotsky et une autocritique publique avec auto-flagellation en contrepartie du bulletin de vote pour leurs primaires, Mamy Nova pourra retourner à ses strasbourgeries. Et ensuite, les seules batailles perdues d’avance sont celles qu’on ne livre pas. A voir s’il veut et peut aller au bout et si la France est prête à ramasser le flambeau d’Al Gore (revoir Mr Smith au Sénat, un vieux Capra).
Evidemment, si on voulait faire vraiment rebelle anti-système, ce serait possible de voter pour une femme (un femme ? infâme ?). Mais bon, elle donne plutôt envie de la battre, non ?
Sinon, on peut continuer comme avant ou comme encore-avant ou encore plus archéo. On a le choix, c’est ce qui est sympa en démocratie.
Le bonus : comme c’est les vacances de pâques, on a un peu plus de temps pour lire quelques « vintageries » sur le développement démocratique durable (cliquer sur les images).
Vintage avril 2002
Vintage avril 2011
C’est fini pour aujourd’hui, Joyeuses Pâques (cliquer sur l’image pour comprendre à quoi Julien Clerc faisait référence dans une vieille chanson)