Sale temps pour les gérontes … et plus si affinités

C’est triste pour Mohamed Bouazizi que personne n’ai regardé quand il aurait peut-être été possible de le sauver. Mais entrer dans l’Histoire, ou plutôt la faire avancer, a un prix élevé. On le sait depuis Ponce Pilate. Respect ? Il faudrait inventer un nouveau mot. Viva Bouazizi !

D’abord, j’ai cru que l’odeur de jasmin était celle d’un savon à barbe vaguement inquiétant, avec de douces senteurs de pavot et de café à la cardamome mais aussi un peu d’odeur de lessive à voiles noirs. Parce que la rose des sables, c’est rare, précieux et désirable (en plus c’est plutôt développement durable, on ne tue ni ne détruit rien pour la trouver et on n’est pas obligé de bousiller le désert en gangs de 4/4 de mamouniesques pour aller en chercher) mais normalement, ça ne sent rien.

Ensuite, j’ai pensé « business as usual ». Yes we can, après tout, c’est juste un slogan de publicitaires et le Moyen-Orient, c’est comme l’Amérique Latine en plus sec à tous égards.

Un moment, en voyant tous ces officiels français dans les cieux du coin, je me suis pris à espérer que peut-être, France was back comme à Davos il y a un ou deux ans. Oui, … mais non, le Général l’a dit, bien sûr, mais lui même n’y croyait pas.

Et puis je me suis dit que peut-être les alters et autres djeuns rebelles fils spirituels du Che et autres icônes du grand soir s’étaient juste réveillés ailleurs après s’être installés dans le système un peu partout (comment s’appelle le compagnon du Che qui vient de se faire coopter au jury Goncourt, déjà ? Il émarge à un conseil économique et social et plus si affinités ou pas encore, ou plus ?) , couchés dans les draps des lobbyistes à Seattle et vendus pour un daiquiri à Cancun avant de filer à Abdjan en 1ère classe et rangers Berlutti aux pieds pour soutenir dans la jungle du jardin d’un palace l’un ou l’autre des représentants de l’Internationale socialiste. Âmes de crocodiles, larmes e crocodiles, chaussures et portefeuilles en croco …

Mais ce matin, en me préparant à ranger la crèche, j’ai eu comme un vertige. Le bébé dans la paille entre l’âne et le boeuf m’a fait penser à ce jeune vendeur de fruit tunisien. Je suis un peu croyant surtout parce que j’ai biberonné le lait Pascalien en regardant Casimir à la télé des seventies et avant que les horaires de l’entrainement du ski club soient incompatibles avec ceux du catéchisme (dispensé par la fermière du coin bénévole, autres temps, autres moeurs), mais j’aime bien l’idée que le bien triomphe du mal, qu’il y a un sens vers le mieux. Pas le temps d’écrire l’évangile ce matin ni même de lancer le correcteur orthographique mais quand même, il y a autre chose qu’un sujet pour les télés et une épidémie de crise de foie (foi ?) chez les gérontes dans ce qui se passe en ce moment.

Renaud Favier – 12 février 2011 – http://www.renaudfavier.com

Le bonus : La carte de l’indice de démocratie de The Economist. Plus c’est clair, plus c’est démocratique, selon les standards du moment.

C’est fini pour aujourd’hui

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