Mad in France ! Qu’en dirait-on … chez Michael Moore ?

Michael Moore, écrivain et réalisateur américain de « documentaires engagés » selon ses fans y compris dans le jury de Cannes, de « brûlots subjectifs » selon ses détracteurs pas toujours de mauvaise foi, est né en 1954 à Flint, Michigan, berceau de General Motors.

Le « chez-lui » de Michael Moore, par ailleurs médiacrate engagé contesté et contestable pour la prédication de certitudes aussi définitives que pas toujours solidement défendables, franc-tireur de la politique critiqué et criticable pour des parti-pris aussi médiatiques que pas toujours franchement recommandables, cinécrate atypique récompensé et récompensable pour des films aussi vigoureusement détestés par une bonne partie de l’Amérique que ceux de Woody Allen y sont splendidement ignorés, quoique pour des motifs différents, son « chez-lui », c’est Flint, le berceau historique de General Motors, haut-lieu d’une certaine idée du dialogue social automobile américain viril et pas toujours très correct d’avant la 2nde guerre mondiale et d’une certaine idée du mythe industriel automobile américain pas plus correct mais à la virilité en berne d’avant la 3ème. A Flint, si on savait où est la France et qu’il y a eu une industrie automobile là-bas aussi, on (se ? nous ?) dirait qu’il n’y a pas besoin d’avoir vu « Roger and Me » pour comprendre que les survivants syndiqués de l’industrie automobile française, leurs fournisseurs et leurs banquiers, sont aussi mal barrés que ceux de Flint même si toupareil on leur raconte que même si on va fabriquer ailleurs les bagnoles qui se vendent et même si toupareil on localise ailleurs à peu près tous les nouveaux centres de R&D ou de design ou de whatever works or costs pour être plus près des goûts des nouveaux clients et des vieux actionnaires, et même si toupareil on leur dit que la rupture technologique de la bagnole à l’électricité nucléaire pas chère va sauver le soldat Willy, toupareil on recommande de ne pas rater le coche à ceux qui peuvent toucher des subventions pour suivre une formation professionnelle qui leur permettra de valider un ou deux trimestres pour la pré-retraite (dont le principe et le montant restent à confirmer, mais c’est un autre sujet, ou pas), pour créer leur auto-emploi (sic) dans les services aux 1% ou pour reconvertir leur jardin en potager bio et leur terrasse en rucher éco-certifié s’ils ont fini de rembourser le crédit de leur maison. Parce que même si ça ne s’appelle pas licenciement, quand il y a compétitivité en chute libre, suppressions d’emploi et transformation des usines en restaurants provisoires, on a des raisons de penser que ça va être émotionnant, voire un peu désespérant, et pas seulement à Billancourt.

A Flint, on sait que quand le poumon industriel est patraque, le reste du corps social part vite à veau-l’eau. Alors, même si on serait un peu surpris de voir à quel point (de non retour ?) on a par-dessus le marché (sic) réussi en France à dévoyer notre modèle « républicain » (au sens français du terme, en France on dirait plutôt « démocratique » mais pour le coup ce serait ambigu pour les Américains) en multipliant les fromages pour une armée mexicaines de notables et en empruntant pour financer les privilèges pas toujours si petits que ça des hussards de la grande armée de l’intérêt général, on ne s’tonnerait pas, à Flint, que le modèle français de santé publique parte en quenouille, Mediator et PIP arrivant comme des cheveux gras dans la soupe des mandarins, cerises douteuses sur les lourds gâteaux déjà bien toxiques du sang contaminé pas seulement par des irresponsables, de l’hôpital ruiné pas seulement par les 35 heures et de la médecine de ville désespérée pas seulement par la triche aux cartes vitales. A Flint, on (se ? nous ?) dirait qu’on devrait regarder « Sicko » et « The Awful Truth »  tant que la Sécu peut rembourser les anti-dépresseurs, et tant qu’à avoir un peu de temps pour regarder des films pendant les vacances, solder la carte du vidéo-club qui va bientôt fermer en empruntant « Michael Clayton » et « Revelations » pour changer un peu du style lourdingue des « documoqueurs » de Michael Moore et voir des acteurs plus « vus à la télé » (entre une pub pour une mutuelle et un reportage sur la PME française qui exportait exemplairement dans 65 pays ses prothèses mammaires en silicone avant de faire faillite et qu’on plaignait probablement dans les lieux qui vont bien des mêmes chaudes larmes que la fin de l’usine de l’ïle Séguin des uns ou le plan de non-licencement des autres, avant d’apprendre qu’il y avait un bug là aussi et pas d’enfûmés sans feu, là non plus).

A Flint, on parle anglais, on a vu venir la crise des subprimes parce qu’on n’est pas complètement lapin crétin et on sait que quand l’Amérique éternue, le capitalisme mondial s’enrhume, même si on n’est pas trop sûr de comment marche une économie AAA … à la française où tout le monde qui n’est pas en RTT, en grève ou au Grenelle est héritier propriétaire, fonctionnaire, politicien, communicant, chômiste, étudiant ou exilé, on sait que la règle du jeu quand on ne peut pas payer ses dettes, c’est que le banquier confisque la maison, que les mômes ne peuvent plus aller à l’école et que les commerçants ne font plus trop crédit pour les pâtes même sans truffe ni beurre et le coca même à TVA réduite, ou alors à des taux usuraires et avec les dents en or ou les organes greffables en garantie. Alors, à Flint, on (se ? nous ?) dirait que c’est quand même infantile d’avoir voulu croire au Père Noël si longtemps et que même si on peut trouver Michael Moore pesant et si on ne peut pas faire plus confiance à un saltimbanque richissime qui militait pour Fidel Castro, Manuel Noriega ou le modèle français de santé dans sa jeunesse qu’à des politiciens européens qui auraient une certaine idée des financements en démocratie, de la lutte contre les conflits d’intérêt citoyens ou des bonnes moeurs républicaines, ça ne peut pas faire de mal si on n’est pas trop #occupy en période de fêtes de famille de regarder d’un oeil « Capitalism, a love story » pour essayer de moins mal comprendre ce qui se passe à Wall Street et « The Big One » pour essayer de moins mal comprendre ce qui se passe dans le monde.

A Flint, on est plutôt content que les boys soient revenus d’Irak même si certains ne sont plus trop vivants ou plus trop entiers ou un peu « différents », et si les parents des soldats ont un peu l’impression que cette guerre n’a pas été beaucoup plus gagnée que celle du Vietnam et si les démobilisés sont un peu préoccupés par leur avenir professionnel même s’ils n’ont pas tous emprunté en franc suisse à taux variable pour s’acheter des maisons de campagne (électorale ?) construites en zones inondables et/ou avec permis de complaisance comme des politiciens candidats à la ré-élection en Europe parce qu’ils osent tout pour s’assurer une retraite dorée, c’est même à ça qu’on les reconnait. Alors, à Flint, on (se ? nous ?) dirait que plutôt que de regarder la Grande Vadrouille qui va inévitablement passer pour Noël sur une chaine française subventionnée pour pallier les déficiences de l’éducation nationale, de ressortir les K7 vidéos de « Voyage au bout de l’enfer » et « Apocalypse Now » comme à chaque fois qu’on nettoie le grenier en famille avant Nouvel-An ou de streamer MASH parce que c’est moins cher que de payer les droits d’auteur, la marge des commerçants capitalistes et la TVA, on devrait soutenir le vidéo-club du coin et l’inciter à ne pas louer que des pornos et et crétineries grand public en empruntant Farenheit 9/11 même si c’est encore un docu pamphlétaire de Michael Moore. Et comme ça a eu la palme d’or à Cannes (un peu à la surprise générale, mais peut-être que le jury du Festival était encore plus politiquement (in)correct que les autres années ou que tous les autres films en compétition étaient encore plus relouds que d’hab’) et que notre PM de l’époque à nous a fait à l’ONU un discours émotionnant contre la guerre en Iraq (ça n’a guère mieux marché que le Rafale à l’export, mais c’est un autre sujet, ou pas), à tort ou à (dé)raison, personne n’osera contester même si il y a dans la famille des supporters de Georges Bush ou de Saddam Hussein ou autres esprits forts nostalgiques du bon temps du diesel pas cher et des bagnoles made in France comme avant la guerre d’Iraq économique.

By the way, Flins, c’est presque Flint, et vice-versa. Et à une autre lettre près, ça fait « finis » tandis qu’en phonétique, on n’est pas loin de ‘frein,’ de « fin » ou de « faim ». Pas très amüsich, nicht, même s’il fait un temps à jouer au Scrabble. Il vaut mieux en lire qu’en pleurer et ça ne va pas faire beaucoup bouger le CAC40 ou le cours de l’Euro, mais quand même, ça devrait émouvoir un peu plus à Paris que la grève de saison dans les aéroports, la retraite très dorée d’un footballeur au PSG ou les polémiques pour ou contre Michael Moore à Flint … A Flins Flint aussi, jusqu’ici tout va bien, on ne brûle pas encore les livres.

             

©2011 Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 22 décembre 2011

En même temps, à Flins Flint, c’est la guerre économique en 2012.

   

En même temps, à Flins Flint, on a aussi des élections en 2012.

   

En même temps, à Flins, Flint, on aimerait sûrement passer une bonne et heureuse année 2012.

   

En tout cas, Michael Moore on prendrait sûrement volontiers un café du matin à Paris en 2012.

   

Est-ce qu’on twitte beaucoup, à Flins Flint ?

Happy Thursday & Later 😉 * w/ Elvis Presley – « King Creole » –rf2012.wordpress.com/2011/12/15/bon…… ♫ blip.fm/~1991h9  View media

On ne parle plus trop des manifs en Grèce, des difficultés du Gvt Monti, d’Egypte ou de Syrie etc : du mieux ou journalistes en congés ?

#Bourse #Asie Le mini-rallye aura fait long feu, l’Asie baisse sur craintes pour liquidité interbancaire, à suivre attentivement en#Europe

Bon, il reste globalement 2 jours pour finir tous les trucs administratifs et qqes heures pour envoyer les voeux avant Noël … Panic Mode !

Files d’attente à #Roissy : pas terrible pour l’image de #France#Paris pour les touristes qui arrivent pour les fêtes ou essayent de partir

Avant sa faillite la boite qui exportait partout des implants mammaires toxiques devait être la fierté de son village : ça fait peur #PIP

Bonne #compétitivité en 2012 @ #Startup #PME #ETI #TPE#Entreprise de #France #http://lnkd.in/QT4_jr

G’nite 😉 * w/ « It Had To Be You » by Harry Connick, Jr. –rf2012.wordpress.com/2011/12/15/bon…… ♫ blip.fm/~198tpr View media

Presque 1000 lecteurs pour « Relance 2.0: construire les autoroutes de l’exportation » ça doit être un vrai enjeu #France youscribe.com/catalogue/pres…

Too Good to Be True 😉 * Michael Jackson – Bad (1987) – Full Album – renaudfavier.com/bon-2012/ ♫ blip.fm/~198p0z

This is (almost) It ! 😉 * Michael Jackson Halftime Super Bowl (1993) –renaudfavier.com/bon-2012/ ♫ blip.fm/~198oy7

Pre-Christmas Present w Oldie but Goodie 😉 * Michael Jackson « Thriller » – renaudfavier.com ♫ blip.fm/~198otu

la jolie brune de la pub pour les nouveaux Playtex, c’est l’ancienne speakrine de Canal+ ou juste une ressemblance ?

No news from #Oman good news, j’espère parce que L’Arabie heureuse existe, je l’ai rencontrée wp.me/pJjbe-CQ via@wordpressdotcom  View media

On parle beaucoup de #Beckham et du #PSG : pourtant, à part quelques militants, ça intéresse qui ? wp.me/pJjbe-3CR via@renaud_favier  View media

Tiens, on ne parle plus du tout d’Amérique ou des Trente Glorieuses: Qu’en dirait Jackie Kennedy ? wp.me/pJjbe-2GQ via@wordpressdotcom  View media

On a toujours fait comme ça « e la nave va » mais si on changeait de marque de #café en 2012 #France ? wp.me/pJjbe-3CR via@renaud_favier  View media

Pas mal de clichés about #France et #2012 mais #Euro(pe) or not Euro(pe), ça va le faire 😉 wp.me/P2464d-2 via @wordpressdotcom  View media

2012 sera comme … un sac de pommes ramassées n’importe comment, et alors ? wp.me/p23x32-3l via @wordpressdotcom  View media

Renaud Favier : France & Facebook est sorti de presse! bit.ly/g8PTOA

Renaud Favier, le Journal  bit.ly/dQneRc ▸ Aujourd’hui à la UNE: @pra @zte

Le café sera un peu + amer et – sucré dans les tasses en 2012,ou pas… Meilleurs voeux de #Paris anyway 😉 viadeo.com/s/qUd0e

@Vng « Allo le PS ? Un mot pour le droit de grève ou bien ? »- Solférino est à Ré ou Lubéron, ou veut prendre un avion p. Marrakech 😉 In reply

Le café risque d’être un peu + amer et – sucré dans pas mal de tasses en 2012,ou pas … Meilleurs voeux de #Parisan… wp.me/pJjbe-3CR  View media

Si on ne sort pas le meilleur café pour Noël, on le fera quand ? Parce qu’en 2012, avec ou sans George pour faire… fb.me/1cJFVm2pg

Mad in France ! Qu’en dirait-on … dans un autre café ? wp.me/pJjbe-3CR

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A propos renaudfavier

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3 commentaires pour Mad in France ! Qu’en dirait-on … chez Michael Moore ?

  1. Ping : Mad in France ! Qu’en dirait-on … d’ailleurs ? | Renaud Favier : Café du matin à Paris

  2. Eric Durant dit :

    bonjour, j’ai vu que vous parliez de digg-likes et de réseaux sociaux sur votre blog. je me permets de vous contacter dans le but de vous présenter Diggster, un plugin d’automatisation de publications sur ces réseaux sociaux et digg-likes http://www.zlowtech.com/produits/diggster-publiez-sur-les-reseaux-sociaux/

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