Le désordre normal des choses, c’est qu’on s’entre-massacre sauvagement pour des fatalités d’intendance pas particulièrement fondamentales, genre quand l’été est un peu chaud et que les voisins ont la clim’, pour des motifs vraiment réels et très sérieux avec mort d’homme(s) ou femmes et toussa-touça il y a plus ou moins très longtemps, ou alors parce que c’est über-mektoub de chez grave comme quand un noble connu est assassiné devant les médias ou un monument vide incendié avec alerte aux agences de presse, voire parce qu’on s’entre-déteste grave très normalement épicétou.
Crédits : Goscinny – Uderzo
Il peut bien sûr arriver qu’on se lance dans une guerre moins populaire, voire plus ou moins mondiale, sur un malentendu ou parce qu’on n’a pas aimé le menu à la cantine, avec option barbarie pour faire vendre des eskimos au ciné à l’entracte et signer des autographes avec émotion aux salons des livres qui se multiplient comme des petits pains dés que les canons se taisent, ou juste indifférence ordinaire à la mort des autres et aux souffrances qui ne nous concerne pas directement, font progresser la technologie, ou permettent d’alléger la pression sur les prix des loyers.
Crédits : Goscinny – Uderzo
Mais il faut bien reconnaître que l’esprit belliqueux se perd, que la haine se serait égarée dans les sables de mornes déserts et vastes plaines sans le wifi, Twitter, et le risque réel et sérieux de baisse du prix du pétrole avec tout le gaz de schiste (ou pas) pompé dans tous les coins ou le lobbying des pétroliers sous faux nez écolo (le vert n’est pas seulement que la couleur du Croissant) ne bloque pas l’exploration avant même que ça commence à brûler dans les robinets.
Crédits : Goscinny – Uderzo
Même qu’on (« on », c’est les autres) a inventé des trucs et des machins genre les discours à l’ONU, les powerpoint de Sun Tzu dans les écoles militaires et les films copiés-collés de Tolstoï par Woody Allen pour, sinon éviter d’allumer le calumet de la guerre à chaque fois qu’un lascar a comme une très naturelle envie d’aller scalper un peu, réglementer la hache de guerre, comme « on » a normalisé les horaires des offices religieux des uns et des autres, les uniformes des soldats des religions officielles, et la taille des pierres à lapider.
Heureusement que c’est Jésus qui a twitté « Aimez-vous les uns les autres », et que personne sur terre n’est prêt à faire confiance à un juif (d’autant moins catholique qu’on n’est même pas vraiment sûr de la religion de son père qui était semble-t’il là avant que l’Homme ait inventé le Livre, et vice-versa), sinon sûrement que les plus influençables (par les médias qui comme chacun sait ne sont pas tous la propriété du Vatican) seraient tentés d’y croire.
PS : Allez en paix, la vie est trop courte pour passer les vacances à s’engueuler les uns manquant d’humour avec les autres n’ayant pas le nôtre, surtout qu’on a la famille et les amis qui sont là pour ça … http://www.youtube.com/watch?v=r0Xf8IGuuIk
PS 2 : On a quand même des choses plus sérieuses à faire dans la vie que s’entretuer les uns les autres en plein été comme des brutes manquant d’humour (ou n’ayant pas tout à fait le nôtre) et parlant étrangement http://www.youtube.com/watch?v=OKgHUrKZiXA
PS 3 : La guerre sans sourire, c’est comme l’amour sans humour, ça ne peut pas être la volonté de Dieu pour les hommes, ou alors c’est qu’il est encore de très mauvais poil (de la barbe d’un prophète ou l’autre) http://www.youtube.com/watch?v=5b5myHi_SGw
Il n’est de pire aveuglement, au royaume des bateaux (des ballots ?) ivres, que celui des borgnes (sourds, et/ou muets aussi, en général) ne voulant rien voir (venir), ni rien savoir, ni rien entendre (tous les bruits de crampons ne se valent pas, ni tous les silences de/en pantoufles) …
Paris, Place de la Bastille, 13 juillet 2014 – Crédits : Marianne – Photo Nicolas Messyasz / SIPA
Je ne dis pas ça parce que le Normal 1er de maintenant s’est acheté des lunettes made in chez Hamlet et ne veut pas (sa)voir ce qui se passe chez les gens normaux maintenant, mais quand même, quel sourdingotiste, le PtiGro … et quels ballots les piliers de la manif’ pour tous et autres attardés du Fouquet’s qui sifflent le Président de la République à son arrivée en carrosse aux Champs Elysées le 14 juillet, parce que ça ne rime pas à grand chose de siffler un petit chose sourd qui ne veut plus rien entendre depuis qu’il est sur le trône, qui a par-dessus le marché ostensiblement mis ses boules Quies sur ses oreillettes à discours parce que le défilé militaire fait du bruit de bottes, et qu’il est toujours entouré de lapins crétins serviles et ennuyeux, tchatcheurs imbéciles, et autres indécents demandeurs de faveurs sur le podium des VIPeople (Village People ?).
François Mitterrand, qui n’était pas pas un esprit très simple(t), ni un aveugle très honnête intellectuellement (pour le reste …), mais qui fut un excellent borgne (observateur des) Français, a dit (on avait des communicants aux neurones moins centrés sur leurs Rolex et chaussures sur mesures, à son époque, c’était au temps ou Séguéla séguélait, tandis que maintenant les pubeux meuglent avec les veaux, et twittent pour les moutons) quelque chose du genre : « Les missiles sont à l’Est et les pacifistes à l’Ouest », sans que l’on puisse savoir quel(s) sens il entendait donner à « à l’Ouest », ni s’il considérait à cet instant que cela justifiait d’abattre tel ou tel mur, ici ou là, maintenant ou ailleurs, au plus tôt ou plus tard, ou pas, ou peut-être …
Si l’idole des laïcards de convenance tartuffodroidelhommistes post-SFIO que l’on surnommait affectueusement « Dieu » revenait parmi nous maintenant, et s’il avait du temps à consacrer aux morts-vivants plutôt qu’à parler aux âmes mortes, celui qui a (lu les Russes d’avant 1917, et Maïakovski aussi, mais c’est un autre sujet, ou pas, et les parenthèses trop fréquentes et/ou trop longues égarent le lecteur, ou pas …) aussi écrit avec ses dernières forces de vivant : « Une messe est possible » (sans préciser, en prince de l’ambiguité et orfèvre de la parole à lames multiples qu’il était, s’il pensait plutôt à des cantiques d’à Dieu(x) aux larmes ou à un festival d’éléphants larmoyants en chaussures sur mesure en crocodile) twitterait peut-être, en voyant des braillards oubliés du temps hurler aux pieds du Génie de la Bastille et les barbares revenu du passé piétiner les pavés sous lesquels ses croyants voyaient Paris Plages, sous son règne, (mais c’était avant), quelque chose du style : « Les incendiaires sont à l’Ouest, mais « pas que », les pyromanes allument partout, et ailleurs, et les pompiers plus ou moins volontaires verraient les fumées à Paris s’ils ne s’étaient pas crevé les yeux (les dieux ?) eux-même, et si leurs caméras n’étaient borgnes de combats d’avant comme les lunettes des le Pen, et aveuglées de toutes les haines des passés, des futurs et de maintenant » (la ponctuation, c’est comme les parenthèses, si on en met trop, ça complique les choses pour le lecteur, mais si on n’en met pas, il y a des lecteurs pressés, tâtillons, ou superficiels qui croient que c’est une négligence, c’est ballot (ces ballots ?) …). Ou pas.
Date exacte incertaine, entre mars et juin 1943
Ceci twitté (à ceux-ci de cela twitté, de ceci à ceux-là, et/ou vice-versa ?), à chaque « Dieu » sous faux nez (plus ou moins donné) ses clowns tristement prophétiques (prophétristes ?).
Heureusement, il n’y a pas que de faux dévots, ou de trop réels prophètes de malheur. Pagani, par exemple, né juif libyen en un temps où c’était moins risqué de naître, ou juste d’être, juif en Orient que tenter de survivre juif en Europe, et moins inconfortable que de devoir vivre en errance aux Nouveaux Mondes ou ailleurs, fût un des prophètes tristes de la France de « Dieu ». Agaçant et indispensable Pagani, devenu invisible dés 1988 alors qu’il avait déjà quitté la France d’un Dieu qu’il avait pourtant adoré avec plus de fougue que d’autres et servi comme d’autres plus fourbes que lui, mais aux silences devenus assourdissants … Dérangeant, forcément dérangeant, férocement dérangeant, le clown prophétriste. http://www.youtube.com/watch?v=RPpYQGv_jDI
Comment nous hommes et femmes de cette terre (au sens de planète, quoique …) héritée en indivision, avons nous pu redescendre si brutalement, le dos des derniers prophètes à peine tourné, (leucémie foudroyante en 1988 pour Pagani, à 44 ans, tout le monde n’a pas la chance d’être crucifié à 33 ans, penseront fort les nostalgiques de crucifixions publiques et/ou de prophètes de paix et d’amour) de la lumière des années 70 (hémiplégiques, voire paraplégiques, certes …) aux nuits et brouillards de partout et maintenant, comme si on voulait revenir au temps d’avant Gutenberg, avec Apple et Internet ? Doit-on remercier les années 80 et suivantes d’avoir ralenti la redescente (de LSD railleront les cyniques), ou les accuser d’avoir renoncé au pétrole pour (presque) tous et vendu pour quelques saladiers de caviar le bois pour le feu des moins chanceux pour s’offrir des Rolex et des parties plus ou moins fines entre plus que moches, d’avoir encouragé les barbus à pisser et vomir sur toutes les cendres en chantant des airs douteux, et laissé les tartuffes souffler sur de sales braises et pyromaniser ce(ux) qui restai(en)t du monde des Lumières en ricanant sous cape ? http://www.youtube.com/watch?v=LIV7tkWTd40
Enfin, jusqu’ici « fluctuat, nec mergitur », comme on disait à Venise avant, orbi et à Paris …
PS : L’an prochain, à Jérusalem (cf Herbert Pagani, 1975, et tant d’autres depuis quelques millénaires), car nous sommes tous des enfants du « Palestinien d’il y a 2000 ans, l’opprimé le plus vieux du monde. »
Les Argentins étaient maîtres de leur destin, ils ont souvent dominé pendant la finale et les dieux les avaient dotés de toutes les qualités pour gagner.
Mais ils n’ont pas osé, pas su, pas assez voulu, pas pu culbuter la déesse de la Victoire sous les yeux du Christ du Corvovado (et d’Angela Merkel).
Ces « bleus » d’un soir (les superstitieux diront que l’Argentine n’est pas vraiment l’Argentine sans son maillot à ses couleurs et que les dieux du foot ne l’ont pas reconnue en bleu) resteront dans l’histoire de la coupe du monde au Brésil comme l’adversaire le plus convaincant d’une Mannschaft métronomique, comme une équipe méritant l’admiration du monde entier en 2014, mais ils ont raté leur rendez-vous à Rio.
Les Hommes de la Pampa ont laissé passer leur chance d’entrer dans la Légende du football éternel (aux-côtés, voire au-dessus de leurs (plus ou moins) glorieux anciens).
N’ayant pas assez voulu gagner sans gloire, l’Argentine n’a pas démérité, mais n’a pas su perdre avec assez de panache. Ou vice-versa. Cela ne lui ressemble pas vraiment, mais peu importe (l’Argentine n’est pas le seul ex grand pays à ne plus ressembler à grand chose).
Les Allemands ont plus voulu gagner. Mieux su. Ou vice-versa. Cela leur ressemble vraiment, de gagner tout le temps dés qu’il s’agit de choses sérieuses et qu’il faut accepter de bosser et de respecter des consignes mais peu importe, on ne va pas en twitailler 107 ans jusqu’à ce que les Français aient compris pourquoi ils se sont fait, et se feront, mettre les fesses rouges.
On ne va pas en discuter des siècles comme des philosophes allemands : le match fut à la hauteur, bravo et merci aux deux équipes pour le spectacle et le suspens pendant 112 minutes. Un hors-jeu sur le but argentin, un petit déficit de détermination collective, voire un soupçon de timidité face à la Mannschaft, un poil d’usure physique supplémentaires et un collectif moins superbement « grupiert » côté « Pampa » ont fait la légère différence entre l’ombre et la lumière. L’Argentine a payé à la 113ème d’avoir manqué de « faim de gagne » sur 3 ou 4 très bonnes occasions. On ne peut s’empêcher de penser que l’Argentine un peu folle de Maradona n’aurait peut-être pas « tenu » le 0-0 112 minutes, pas menacé et fait douter la Mannschaft avec autant de discipline collective et d’abnégations individuelles jusqu’au bout du bout, mais que le groupe de Messi était trop européen, trop raisonnable pour danser sur le toit du Maracana et sur la tête de la Nation qui a inventé la Raison. L’Argentine sort debout, mais Messi et ses artistes pourront regretter d’avoir exécuté sérieusement une valse techniquement parfaite toute la soirée, alors qu’une minute de parenthèse enchantée de Tango hors du réel aurait pu faire chavirer le(ur)s cavaliers allemands plutôt que s’achever avec une médaille en chocolat.
Il y a des gens qui pleurent à Buenos-Aires, et il y a des gens qui rient (kiri ?) à Berlin : c’est une défaite, ou plutôt une non-victoire (la défaite, c’est quand on perd, comme les Bleus -au demeurant habitués à revenir fesses rouges des confrontations avec les Teutons- qui se sont fait blitzkrieger dés la 10ème minute de leur quart de finale contre la Mannschaft, ou comme le Brésil qui s’est étrangement évanoui face à l’Allemagne comme la France face à la Wehrmacht en 40) pour l’Albiceleste, l’Argentine n’a pas fait plier la Mannschaft, point barre.
On pourra s’indigner ad vitam aeternam que l’épilogue de la coupe du monda au Brésil fut un peu comme la fin du Che, pas à la « hauteur ». La vérité vue, nue, crue, cruelle, c’est que quand on est un peu fantaisiste, pas assez bosseur et pas veinard à un point que c’est indécent, et qu’on est confronté à des gens qui font tout, même le foot, avec méthode, motivation, et sérieux, on a toutes les chances de revenir en ne pleurant pas de joie d’un match contre l’Allemagne …
Bref, une défaite au foot face à l’Allemagne, c’est presque dans l’Ordnung des choses comme la mort en noir et blanc, comme la pluie en novembre, comme un tango pas très gai. http://www.youtube.com/watch?v=ZPdc0W4TgNU