Bien, les députés ont voté pour mettre un gravier dans la botte de sept lieues d’Amazon, et si les sénateurs ne sortent pas avant même Bruxelles un coup de Jarnac, le Président abonné à pires couacs savourera une petite victoire au profit d’un lobby influent en saison électorale.
Ce qui serait bien, c’est qu’Aurélie Filippetti lise un deuxième livre, maintenant.
Parce que même si on peut prendre ses désirs de nanti pour ceux des autres qui n’ont pas trop le temps d’aller faire la queue le samedi après-midi à la FNAC (parce que Virgin a fermé et que les libraires du quartier mettent 48 heures à recevoir ce qu’on leur commande pour faire marcher le petit commerce et parce qu’on les aime personnellement bien et qu’on n’a pas envie de ne plus avoir que des opticiens, des fastfoods, et des agents immobiliers dans la rue, mais l’histoire du conseil et du service, c’est du horseshit), et pas trop les moyens d’avoir envie de payer plus cher la même chose (on dira ce qu’on voudra, mais entre le chômisme, les impôts et les prunes, tout le monde a une vague préférence pour rentabiliser son wifi et son ordinateur plutôt qu’aider les petits commerçants à payer leurs prunes, leurs impôts, leurs nounous et leurs loyers délirants), jouer les Montebourg de l’exception culturelle ne faire sourire que le reflet de la belle Aurélie dans les objectifs de ses pararazzis.
Enfin, je dis ça maintenant, je n’en écris pas plus tout soudain, parce que la guerre des librairies n’est pas encore définitivement perdue (même si les distributeurs de courrier, les vendeurs de wifi et d’électricité, et les fabricants d’ordinateurs portables et tablettes à obsolescence rapide font un gros lobbying pour sauver leur propre business en aidant Amazon à trucider les libraires), si les lecteurs et électeurs font aussi leur job de citoyens responsables, de consommateurs pas suicidaires, et de lecteurs pas que de mangas, de catalogues de vente par correspondance, et de programmes TV (byzeway, lire les professions de (mauvaise en général) foi des candidats, c’est gratuit).
C’est le même combat que pour la nourriture saine contre la malbouffe, ou la politique honnête contre la politique politicienne professionnelle toxique avec lobbyistes, Carlton et cigares : il y a un prix à payer pour la qualité et l’environnement, il faut que les (é)lecteurs (é)lisent mieux s’il veulent pouvoir continuer durablement à (é)lire ce qu’ils veulent et voir des librairies plutôt que des laveries automatiques, des DAB et des distributeurs de boissons gazeuses sur leur chemin, tout le reste est littérature.
L’affaire DSK a beaucoup nui à l’image des communicants politiques parisiens, donnant à penser qu’ils roulaient tous (mal) en bolides allemands comme les autres notables et sportifs français pas exemplaires, et ne s’occupaient (mal) que de communication de crise de politiciens français pas exemplaires.
Certains, souvent des (en)vieux encore plus mal sortis de l’ENA, ou des autodidactes genre ScPo de base ayant raté le concours comme Montebourg, suspectent les communicants politiques de ne pas être aussi malins que les autres diplômés de grandes écoles.
D’autres médisent que s’ils étaient aussi bons que les autres HEC publicitaires, ils feraient de la vraie publicité pour des énarques du privé, pas de la com’ pour ceux qui font de la politique parce qu’ils n’ont pas trouvé de vrai boulot, même par piston politique.
Les pires mauvaises langues, genre aigris qui ne sont même pas invité(e)s à causer sur BFM ou à écrire dans le Monde, jaloux malchanceux qui n’ont même pas de Q7 à 40 ans, racontent que l’excès d’autobronzant rendrait fou (un peu comme l’excès de politique politicienne).
C’est très injuste, car ces gens accomplissent des miracles.
D’abord, si on peut supposer sans grand risque de se tromper que les pubeux ne respectent pas mieux le code de la route que les autres excellents français considérant que la loi de la République s’arrête quand leur auto démarre ou que leur porte de voiture se ferme, on ne dispose d’aucune statistique INSEE ou SFR (plus) fiable (que celle sur le chômage), ni d’aucun sondage concernant les marques automobiles préférées des communicants politiques français, qui peuvent aussi acheter des 4/4 Range-Rover s’ils ont une résidence principale à Londres et souhaitent faire démonstration de patriotisme économique dans le pays où il sont résidents fiscaux, et où il est encore assez bien vu de rouler local (lire indien, chinois ou allemand made in England), contrairement à ce qui se passe en France.
Mais surtout, si la communication couaquante au mieux, affligeante au pire, des politiciens actuellement aux postes officiels les plus élevés de la nation, et si les politocrates de haut rang du PS non gouvernemental, des centres, des fronts ou de l’UMP ne brillent pas non plus par des performances remarquables, force est de constater que pour ce qui concerne Sarko, les communicocrates ont merveilleusement performé.
Sans le global pubeux Attias, comment Sarko se serait-il débarrassé de sa vieille dépressive sans passer pour un salaud ?
Sans le Rolexman Séguéla de la com’ parisienne, comment Sarko en aurait-il trouvé si vite une presque aussi vieille mais plus sexy et bien plus friquée, sans passer pour un gigolo ?
Et sans ses champions en stratégie de com’, rédaction de discours, sites internet (ah ! http://www.france.fr, un triomphe qui résonne jusqu’au Lavandou) et lipdubs (le djeunumpiste qu’on accuse d’être responsable du lipdub de djeuns avec Raffarin chantonnant « la nouvelle société » et une bande de futurs udistes se trémoussant sur un texte pour ados, a été condamné à faire l’ENA, il y a une justice), comment aurait-il réussi à se débarrasser de son troupeau de veaux qui ne lui rapportait presque rien et le détestaient, et de son image de loser mal rasé aux joues creuses, pour devenir un des plus bankable conférenciers francophones du monde, désiré comme George Clooney ou Nicolas Hulot par ses groupies, adoré par même des gens ayant du neurone derrière les lunettes ?
Ceci twitté, les communicants politiques pourraient mieux choisir leur Porsche (et leurs clients, mais ça, c’est comme les proches et la famille, on ne choisit pas toujours).