Maintenant, (même) la Reine passe au Rock n’ Roll

Les anciens qui se souviennent du Jubilé de 1977 salueront le fair-play « So British » de la Reine qui a prévu un concert de Rock à Londres alors que les Sex-Pistols avaient un peu abusé en 1977 et que Freddy Mercury avait aussi franchi la ligne blanche plus tard à Wembley.

Bien sûr, le clin d’oeil aux années « 60 » était incontournable pour la célébration d’un … soixantenaire au pays qui a inventé les Beatles, la mini-jupe et les Swingin’ Sixties, anobli Paul McCartney et fait pas mal d’autres trucs pour aider le monde à changer de siècle.

Bien sûr, la Reine se serait coupée, non pas la tête car il n’est pas apprécié qu’on coupe des têtes royales chez Sa Majesté, d’une partie de son pays si elle n’avait pas invité Sir Elton John et quelques autres chanteurs britanniques plus jeunes, plus policés que les Pistols mais un rien excentriques, et surtout « glamour » comme la sublime Kylie Minogue.

Mais ce que la Reine fait aujourd’hui de plus Rock n’ Roll, c’est peut être d’avoir mis le Royaume-Uni en vacances un lundi (sans soleil, il ne faudrait pas non plus dépasser les bornes) alors que la France est au travail entre les ponts du mois de mai et les congés d’été, notamment tous les gens qui sont plus concernés et inquiétés par le risque de vrai sale temps pour les poulets de chez nous Doux que par la probabilité de crachin sur le Royal Pique-Nique du Jubilé ou la parfaite élégance des pas de Rock de vieilles anglaises au concert de Buckingham Palace.

Pour les fans de la Reine, du Royaume-Uni, de whatever kind of Rock, et de tout ce qui change dans le monde en général et autour de Paris en particulier, comme le concert de Londres ne semble pas devoir être transmis sur une TV regardable facilement en France, il est possible d’écouter le concert sur BBC Radio en jetant un oeil sur un #eBook en français dont les phrases sont parfois un peu longues, mais ça change de Twitter et ça ne peut pas faire plus de mal au neurone que les substances de la génération « Sixties » et les musiques de la génération « beaucoup plus de 60 décibels tout le temps dans les oreilles ».

    

Publié dans Actualité, Compétitivité, Humour, International, Pause Café | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Le Cutty Sark et le Bélem : « Where there’s a Willis away »

Le sublime « Clipper » Cutty Sark, définitivement immobile, enseigne que même la maîtrise des vents les plus puissants n’arrête pas le changement. Le Bélem, vieux 3 mâts devenu navire école, offre à sa Gracieuse Majesté une certaine idée d’avenir partagé pour l’Europe.

Qu’on soit, ou non, fier sujet de sa très Gracieuse Majesté dont on célèbre avec faste le Jubilee de diamant ces jours-ci, simple sympathisant du sens de l’humour et de quelques autres qualités britanniques dont on a bien besoin ces jours-ci, ou un peu indifférent aux histoires de vieille Europe et autres couronnes d’empires disparus dont le monde semble avoir moins besoin, ces temps-ci, il faudrait penser que Kipling n’est qu’une marque de sacs, qu’Antoine n’est qu’un homme sandwich pour des lunettes et que les armateurs manquent tous autant de patriotisme que les exilés fiscaux qui n’ont même pas l’élégance de chérir la mer … pour ne pas être ému par le rassemblement de 1000 navires sur la Tamise en l’honneur d’Elisabeth II et d’une certaine idée de la Grandeur d’Europe.

Alors bien sûr, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était, et n’a jamais été très bonne conseillère de toute façon. Mais cela n’empêche pas de s’inspirer d’une époque qui n’était ni plus facile, ni moins compliqué, mais qui fonçait vers l’avant et dont les échos nous reviennent des yeux des gens qui regardent plus volontiers vers le ciel que vers les profondeurs.

Oldschool, indubitablement, mais toutes ses dents

En regardant dans les yeux de la Reine Elisabeth, on sait que si le destin du Cutty Sark était écrit dés avant sa mise à flot en 1869, car déjà les navires à voile américains étaient plus rapides que ceux d’Europe et la navigation à vapeur pointait son étrave à l’entrée du Canal de Suez ouvert cette année-là (l’histoire qui était en train de s’écrire … à toute vapeur, n’était déjà plus celle des clippers et de la course au thé autour de Bonne Espérance, ni même celle du transport de laine ou de fourrure à la voile), les mats des navires d’Europe sont plus à leur place quand ils vont chercher les vents où ils soufflent et  l’avenir dans les nouveaux mondes.

Le Cutty Sark à Sydney, avant la 1ère guerre mondiale

En voyant la reine et le pavillon britannique flotter, on se rappelle que l’avenir du Bélem comme voilier commercial français était incertain avant même son lancement en 1896, avant l’incendie d’une partie de sa cargaison lors du premier de ses 33 voyages entre l’Europe et l’Amérique du Sud, le Brésil ou les Antilles, autour de l’arrivée du XXe siècle, même si personne n’avait prévu qu’il serait rapidement racheté et transformé en yacht de croisière par le Duc de Westminster avant de finir « monument historique » témoin d’un passé à jamais révolu, comme le Cutty Sark. Pour autant, le Bélem flotte aujourd’hui sous pavillon de la République et prépare l’avenir comme navire école. Qu’il soit l’un des 1000 navires à venir saluer la Reine, présenter ses respects au Cutty Sark et donner au monde et à l’Europe un signal est un joli symbole (même si d’aucuns râleront que tant le Cutty Sark que le Bélem sont, sinon autant subventionnés par les contribuables britanniques, française et autres européens que tant d’autres échecs plus coûteux, sponsorisés par des banques qui auraient peut-être mieux fait de s’occuper des entrepreneurs émergents en Europe plutôt que de vieux navires retraités et plus ou moins naufragés), même si bien entendu, la vedette de la parade est le « royal yacht ».

En voyant la Reine et les 1000 navires sur la Tamise (sous un temps britannique, c’est normal), on entend le vent dans les gréments et on se souvient qu’on a inventé la remontée au vent et quelques autres manière de « faire face », autour du « vieux continent ».

Tant que les vents souffleront …

Where there is a will, there is a way, mais la fameuse devise du Cutty Sark « Where there’s a Willis away » provient du nom des armateurs qui l’ont fait construire, les Willis, comme on peut le lire dans n’importe quel bon bouquin consacré aux grands navires commerciaux à voile ou sur les sites internet dédiés au Cutty Sark, au Bélem et à d’autres magnifiques géants des mers que leurs ailes ont trop vite empêché de marcher. Sinon, bien sûr, on peut aussi e-lire d’autres eBooks consacrés à des changements plus contemporains, d’autres histoires de marins (c’est curieux, ce besoin d’écrire des phrases longues …) et autres citoyens un peu confrontés au changement en Europe et dans le monde en général, en France en particulier.

    

Publié dans Actualité, Compétitivité, International, Pause Café | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Maintenant, en Europe, il y a peut-être (entre autres) aussi un problème de perspective ?

Mario Draghi, le patron de la BCE, demande aux dirigeants européens de « clarifier les objectifs concernant l’Euro ». Entre les mots, on peut lire un joli écho à l’invention de la perspective pour la Renaissance au XVe siècle. Encourageant, même si le monde a un peu changé.

Non pas qu’il soit très préoccupant que les puissances d’Europe soient assez sérieusement rivales malgré Airbus et Erasmus : c’était déjà « chaud » du temps de François 1er, Charles Quint et Henri VIII d’Angleterre et ça n’a empêché, ni la Réforme, ni Léonard de Vinci, ni même une amélioration très sensible de la fiscalité et de l’usage des deniers publics pour la construction d’un avenir durable en France …

Non pas qu’il soit particulièrement inquiétant que ça chambarde pas mal aux Amériques : c’était déjà « chaud » en Nouvelle France (et les Indiens avaient déjà autant souci à se faire pour leurs tipis et les bisons des grandes plaines que les Français pour leurs futurs royaumes, empires et la future poule au pot du bon Roy Henry IV à venir, même si presque rien ne permettait de prévoir que le pays inventeur du vaccin contre la rage, de la statue de la Liberté et de l’impressionnisme ne saurait même plus gérer une usine de poulets au début du XXIe siècle) du temps de François 1er et ça n’a pas empêché l’Europe de découvrir et conquérir pas mal de nouveaux mondes, ni la France de devenir un « hub » incontournable pour la culture, l’intelligence et la préparation de l’invention des Lumières (et du tourisme) à venir.

Non pas qu’il soit vraiment déstabilisant que l’Asie en général, la Chine et l’Inde en particulier, semblent en situation de retrouver la place dans le monde qu’elles tenaient au XVè siècle sans trop se préoccuper des grandes pestes et autres guerres européennes, il faisait déjà étouffant à Pékin en été, humide pendant la mousson en Asie tropicale et chaud tout le temps près de l’Equateur du temps de François 1er et ça n’a empêché personne de renaître en Europe, ni la France de gagner à Marignan.

Non pas qu’il soit épouvantablement effrayant que les « barbus » aient pris le pouvoir en France ou que le chef d’Etat s’appelle François, c’était déjà comme ça du temps de François 1er et personne ne s’en plaint à Paris et alentours, quelques siècles plus tard.

Mais, la situation économique est très contrariante en Europe et la crise bancaire n’est pas guérie, même si tout le monde (vraiment tout le monde quitte à souhaiter une réforme très sérieuse des institutions financières, sauf quelques archéos toujours rêveurs de grand soir ou de grande guerre et ceux dont dont les comptes sont en rouge et qui espèrent une annulation de leurs dettes en cas de faillite de l’Europe) croise les doigts pour que le système soit en convalescence, pas en rémission.

Mais, l’Espagne peut déclencher un effet domino et n’a plus trop la perspective de s’appuyer sur un Empire, de bâtir des châteaux sur les ruines de son désastre immobilier ou de servir de point de fixation contre les ambitions françaises pour jouer un rôle dans le monde en assurant l’avenir et la motivation de ses djeuns sur financement européen.  Tout le monde espère que « ça tiendra » en Espagne, y compris pour le tennis, maintenant que le foot et le vélo marchent moins bien : ça peut rapporter quelques devises si les champions espagnols ne sont pas exilés fiscaux, mais il va falloir renoncer à la terre battue bleue pour faire venir des touristes et annonceurs étrangers aux tournois de printemps en Espagne (et trouver de l’eau pour arroser les golfs, mais c’est un autre sport).

Mais, l’Angleterre joue un peu cavalier seul, et on sait depuis avant même François 1er que ça peut compliquer les choses pour les Européens, quand ceux qui parlent le mieux anglais jouent perso. Mais ce n’est pas à 86 ans, pour son Jubilé de diamant, que la Reine va changer après avoir maintenu le CommonWealth contre vents et marées, enterré quelques centaines de dirigeants plus ou moins démocratiquement élus un peu partout dans le monde sans laisser trembler son chapeau, et même regardé chuter quelques Empires sans perdre son britannique flegme (pour le départ de l’Union-Jack de Hong-Kong, on peut suspecter qu’elle a quand même soulevé un royal sourcil, voire laissé s’humidifier un oeil en entendant « Hit the road, Jack » plutôt que « Rule Britannia »). Tout le monde espère que le Royaume-Uni et l’Europe continentale joueront ensemble comme au bon vieux temps du Concorde (peu importe qu’il ne se soit pas vendu, les Américains ont-ils vendu des capsules Apollo ?).

Mais, bien sûr, l’Allemagne, qui avait déjà une volonté réformatrice au XVe siècle, a une vision fédératrice un peu … germanisante, et c’est râlant pour les bacheliers français qui ont fait Anglais-Espagnol (avec initiation au Chinois pour les plus privilégiés).

Alors c’est vraiment bien que quelqu’un comme Draghi dise, même entre les lignes, aux djeuns et moins djeuns que toutes les perspectives de l’Europe rêvée par les pères fondateurs de juste après guerre ne sont pas bouchées et qu’il faut croire en la possibilité d’une (re)naissance fédérale plus qu’aux discours masochistes et éléments de langages déclinistes. Et laisse penser que c’est mieux de lire (surtout en période de réivisions pour le bac) autre chose que des mangas entre deux twits, des tracts protestationnistes entre deux apéros facebook et des articles publi-rédactionnels entre deux pages de publicités en couleur pour des rasoirs électriques étanches, de l’immobilier défiscalisé au soleil ou des tanks en version civile.

* * *

Si on n’a pas le temps d’aller emprunter un bon bouquin sur la Renaissance, la Réforme, François 1er, la construction de l’Europe et touça-toussa à la bibliothèque pour le week-end, on peut cliquer sur les icônes ci-dessous, ça parle aussi de changement dans le monde en général, en Europe et en France en particulier.

    

Publié dans Actualité, Humour, International, Pause Café, Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire