Festival de Cannes : le cinéma politique, mais aussi le rêve

Aargh ! Le -trop- long billet que je m’étais amusé à rédiger pour une « discussion » sur Linkedin a disparu ! Avalé par un gremlin d’Internet ou censuré par ComPol le fantôme ? Dommage, le coup (coût) de la baguette de Carla au Festival m’avait inspiré.

Hilarisch, nicht ? ricanerait Desproges. Peut-être, mais c'est presque du Beaudelaire quand même !

Anyway, « c’est comme cela » aime dire un ancien Président ami de 30 ans (ou plus maintenant) de ComPol (Communication Politique) à la française.

"Oula ! Je ne me souviens pas avoir dit ça, il faut poser la QPC à mes avocats"

J’y écrivais schématiquement, en trop de mots pour tenter de reprendre tout ce dont j’avais négligé de faire une copie à l’encontre de toutes les règles du copy-writing publicitaire, que tout est réclame et communication en politique, et vice-versa, ou le contraire, ou pas, on s’y perd.

Publicité clandestine pour Lucky Strike ?

Qu’au pays de la loi 1901 et du carrefour du développement, la thèse du bénévolat des spin-doctors gaulois, fussent-ils de campagne (électorale ou pas) mériterait la médaille du CNRS (ou un rapport parlementaire, mais ça, c’est de la blague politique, qui me fait auto-rire asssez jaune d’ailleurs, pas un truc pour ComPol). On murmure quand même que la Porsche, c’était celle d’un des jeunes publicitaires pas trop mal payés du candidat du Peuple de Gauche, comme quoi si ComPol est aussi fantôme que la politique du pire, il fait bien vivre quand même … Spin-Docteur Livingstone Schweitzer House Folamour Goebbels, I don’t dare suppose ?

"De la blanquette de Limoux à son cocktail du 10 mai ? Ce Hollande est impayable, le fils naturel de Yo-Yo l'austère et de Rocky le polaire ! Allez, roulez les électeurs petits bolides !"

Qu’au pays du téléfoot et des grandes messes (l’opium du peuple, vaste programme), les zélecteurs du dimanche sont hybrides entre les supporters et les fidèles et que ComPol vise moins à les éclairer ou les accompagner un bout de chemin vers un vivre ensemble plus durable qu’à assurer qu’ils croient et votent ce qu’on leur dit, font comme on leur raconte et pas comme on fait et achètent au prix fort leur billet pour le stade (ou leur permis de pêche, l’abstention c’est pratique et de toute façon il n’y a pas de place pour tout le monde dans le stade parce que l’entrepreneur ami n’a pas respecté le cahier des charges et a rabioté sur les matériaux que ses ouvriers ont en plus un peu gaspillés parce qu’ils n’ont pas été formés et comprennent mal le Français et qu’un élu en pré-campagne leur a commandé un rond-point à crédit alors que le stade n’était pas fini, moins encore payé) sans s’occuper ni du catéchisme, ni de la stratégie du coach (les pourpres réussissant mieux et plus durablement que les bleus, me semble-t’il) ni surtout de cultiver le jardin au risque d’y déterrer des enveloppes, voire des cadavres que ComPol est entre autre là pour faire oublier. Amen (amène ?).

Si je mets un dessin sur le foot ou la religion, ou celle du concours administratif pour faire jardinier fonctionnaire au Sénat, je vais me faire des ennemis

Qu’au pays de la fête de à la Bastille et du Festival de Cannes, entre la cross-com du Mathieu des Inrocks, l’achat d’indulgences par le Papy Zinzin des moutons qui a bien réussi sa carrière d’ouvrier, le vrai-faux suspens autour de « la conquête » (tiens, ça fait quête c… à l’envers, amusich, nicht ?), la coup (coût) de la baguette de Carla, c’est un épi … phénomène, voire épi-buzz d’ailleurs d’autant mieux réussi que ses adjoints de ComPol ont été assez malins pour lui conseiller de marcher sur l’eau en ne venant pas plutôt que de nager dans la mer de 350 paires de poitrines joliment décolletées (souvent un peu décérébrées disent certains des invités mâles avant d’ajouter que ce n’est pas pour ça qu’ils ont amené leur sandwich, de toute façon, entre le homard compatissant et le champagne militant) par les ouvriers militants du textile (by the way, si on sponsorisait les robes de cocktail comme les maillots de foot ou les tee-shirts ?).

Si je mets une photo de pingouins au dîner inaugural, une Porsche ou une blague sur les femmes, je vais me faire des ennemis

Mais ComPol, c’est comme Père Noël, il n’existe pas. En tout cas, pas au Festival où on buzze sur « La Conquête » après avoir primé Moore (Michael, pas Roger) pour un documentaire sur une autre vérité qui dérange sans beaucoup démanger sous les draps de soi(e) des palaces dont on ne se lasse pas (Palace, pas Pallas comme une bagnole de beauf sans Rolex qui a raté sa vie, faut pas prendre les communicants et les politiques pour des conducteurs du dimanche sur les petites routes de campagnes en guimbardes pour/de collaborateurs). Pas au pays des (frères) Lumières et de Voltaire (et d’Ubu et des shadoks…) 😉

Une certaine idée de ... mais de quoi ? La civilisation ? La politique ? Les cocktails à Cannes ou ailleurs ? 2012, peut-être ?

Bon, c’est pas tout ça, mais il faut que j’aille voir comment la commissaire politique fait de la réclame pour sa marque de lessive en surfant sur son sondage d’experts sur le bénéfice net de l’immigration pendant que ma ministre préférée fait un exercice de nage synchronisée tête en-bas sur le rebond des clignotants verts de la croissance tandis que la présidente d’un machin public local (pléonasme ?) se plaint qu’un notable même pas de l’île aurait dit quelque chose sur la Corse (elle est pas belle ma soeur ?), genre sur un châtaignier qui serait tombé sur un cochon sauvage sponsorisé par l’Europe, ou un truc vache sur les grèves de la SNCM ou sur le taux de 4/4 made in partout sauf en France des colons et qui roulent au diesel sur-subventionné par la rance des Colons entre deux rond-points qui ne mènent nulle part les Français colons mais sont aimablement co-financés au bénéfice des btpistes locaux par la métropole illégitime et l’Europe continentale, ou vice-versa, coalisées pour le sous-développement durable de la Corse, ou pas, en tout cas c’est très grave.

Si je mets une photo sur la Corse, la grève de la SNCM, la grève du RER, les riads outre-mer ou les arnaques aux subventions, je vais me faire des ennemis

Anyway, ce vendredi est à marquer d’une pierre multicolore dans les annales de ComPol qui n’existe pas, la preuve c’est que l’UMP a fait récemment repeindre (en crème et gris du meilleur effet pour 2012, mais pourquoi deux couleurs comme si le Parti n’étais pas absolument uni, voire comme s’il était un peu bipolaire comme on dit maintenant parce que schizo ça faisait « malade » ou intello, pas bien en tout cas, l’opposition pourrait prendre le parti d’en rire) la devanture de sa permanence dans mon quartier, et que c’est de l’art gratuit, voire de l’artisanat méritant bon pour l’emploi tendance Potemkine, pas cuirassé, village (avec un léger soupçon de clientélisme parce que le peintre ne devait pas être inscrit au Parti d’en-face). Mais l’art, c’est pas de la pub. Jamais jamais jamais 😉

Un peu de clientélisme vers les femmes ne peut pas faire de mal (mâle ?) en attendant que je retrouve la photo de la permanence de l'union pour la majorité présidentielle

Bon Casual Friday

Renaud Favier  13 mai 2011 – www/renaudfavier.com

Le bonus : le cinéma, des fois, ça élève le débat. C’est moins glamour mais c’est bien aussi, c’est comme les films d’Al Gore ou de Michael Moore. Même si en 2011 on préfère vraiment quand il y a des BBFPDSLS (Belle Blonde à Forte Poitrine Dénudée Sous Le Soleil) et des BEPECQCDB (Brute Epaisse Pas Exagérément Cérébrée Qui Casse Du Bois), ou au moins un UCCIFE (Ultra Crétin Complètement Incapable de Faire l’Enquête) pour ceux qui aiment le genre « l’Enquête Corse … », tant qu’à rester dans les films pas terribles mais avec les proches du Président.

C’est fini pour aujourd’hui (et le plus important, c’est le vol de Solar Impulse de Bertrand Piccard qui a décollé de Suisse pour Bruxelles vers 9h malgré la grève du RER. Pour plein de raisons. Pour le respect. De l’avenir. Du présent. Du passé aussi, parce que je l’ai lu hier à l’expo gratuite à l’Hôtel de Ville de l’autre Bertrand (Delanöe) sur la Commune de Paris. Il cite Hugo dans son mot de bienvenue aux visiteurs de cette expo très recommandable même pour qui n’est pas génétiquement fan de Louise Michel ou zélote des barricades : « Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux « . Ce qui est bien avec la famille Piccard, c’est qu’elle est ancienne mais pas con…gelée et qu’elle rallume des flambeaux d’hier et de demain, pas comme d’autres héritiers d’un autre siècle, pas très réussi(s), que leurs avocats et/ou conseillers ont sorti du formol. Ils nous aident à changer d’air, d’ère peut-être. Même si ComPol ou pas, les Bertrand ne sont que peut-être que  justes … juste d’un peu plus purs esprits que d’autres. Va savoir … Va voir …

Oui, les rêves volent (aussi) de nuit

ps : cette fois je copie-coller avant de cliquer, non pas que j’ai gravé les Tables de la Loi mais quand même, ça gave grave d’être censuré avant même d’avoir pris le café par les gremlins de Big Brother ou pire, des apparatchiks matinaux de little brothers.

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Cannes 2011 : tout ce que vous voulez savoir sans oser le demander

Mais où est Jean-Paul Belmondo ?

Sur la densité en Porsche (ou mieux) au mètre carré ou qui couche(ra) avec qui(s), lire les journaux. Pour Gaga live chez Denisot et la photo Polaroid, ça doit être en podcast chez Canal. Sinon, il y a quelques trucs à savoir pour ne pas passer pour un(e) inculte au café.

C'est pour la bonne cause, honni soit qui à Porsche y pense

D’abord, pour mettre fin aux rumeurs, le film de Woody avec Carla et sa baguette n’est pas (trop) nul. Parce que c’est Woody. Ni (très) grandiose, parce qu’Audiard qui s’y connait un peu en ciné et aimait bien Paris l’a bien (pré)dit : « on en parlera encore dans 100 ans, mais… sur ses vieux jours, il avait un peu faibli ».

"Depuis qu'Annie Hall m'a largué, le monde est devenu flou, mon psy me le répète chaque semaine depuis 40 ans"

Enfin, c’est pas nul mais c’est quand même juste un honnête remake des « Belles de Nuit » que René Clair avait tourné dés 1952 sur grosso modo le même concept avec entre autres Gina Lollobrigida et Gérard Philippe qui sont quand même un peu des vraies pointures dans le milieu. René Château lambine pour la sortie en DVD mais on doit pouvoir le trouver en K7 vidéo sur eBay et il y a quelques bons extraits sur Youtube.

Sinon, le mieux ce serait de manifester devant le Sénat pour obtenir qu’un bon ciné du quartier nous programme un  festival du merveilleux René Clair (et aussi pour l’abolition du statut de fonctionnaire jardinier sur concours mais c’est un autre film, où on rit aussi mais un peu jaune et où les acteurs sont bien amortis) qui n’a pas filmé que « Sous les toits de Paris« .

Mais revenons à nos moutons cannois, on est déjà en retard d’un an …

"Santé !", parce que ça le vaut bien

Donc, le truc essentiel d’hier, c’était The World’s Global Lady Gaga avec son nouveau tube « Judas » en direct live (ça veut probablement dire un peu en playback ou avec un petit rab de son, on est en 2011, c’est fini le temps où Jésus prêchait sans micro dans le désert) sur la (magnifique) terrasse du Martinez de Denisot. A la question « n’est ce pas un peu blasphématoire ? », elle a bien réussi sa vanne joliment préparée (on est en 2011, à part Chevènement et Bachelot, plus personne n’improvise rien à la TV sinon on risque des procès ou de la prison si on n’a pas une bonne QPC et quelques VIP dans la poche, d’ailleurs même la jolie rigolote canadienne qui fait la météo au grand journal a raté son coup en direct et si le public ou Gaga avaient été vaches et si les sévices corporels publics sur les femmes n’étaient pas interdits dans les pays encore un peu civilisés en 2011, ils aurait exigé une fessée en direct sur le -joli- derrière qui n’avait pas gonflé comme prévu) en répondant que le seul sacrilège de la chanson c’était de mélanger du Lacroix (sic) et du Chanel dans son clip : elle a un grand nez mais un humour ravageur, des fringues hilarantes (sauf la robe en steaks, ça c’était trop même pour moi qui ne suis plus ou moins végétarien que depuis que j’ai fréquenté une fanatique du brocoli sans sel) et une énergie folle, ça doit être topissime un dîner avec elle, il faudra que je lui propose même si j’ai cru comprendre dans l’interview qu’elle ne porte pas que du N°5 la nuit. (nb non, c’est pas la phrase la plus longue ou la plus tarabiscotée du blog, y’a mieux ailleurs, notamment dans le e-book Net-Land-Art).

(Très) Grand Festival, Très Grand Journal, ça mérite les applaudissements !

Judas live au Grand Journal (ou alors l'interview)

L'interview au Grand Journal (ou alors Judas live)

By ze way,  le mystère est résolu de pourquoi Dr House qui était en France n’était pas comme tout le monde au dîner d’ouverture avec toutes les jolies femmes en 31 light à Cannes hier soir : c’est que Hugh Laurie faisait un concert à Paris et que Dr House n’aurait raté ça pour rien au monde (de toute façon, il est casé officielement avec sa patronne et je suis sûr qu’il est secrètement amoureux du canon qui a la maladie de jesaiplukiton en ce moment dans la série qu’ORTF1 nous offre le mardi). Il faut dire que Hugh, c’est un sacré numéro et qu’avec lui aussi ça doit être fameux, un dîner, même si pour le coup, pour ce qui me concerne, je suis moins curieux de savoir s’il dort en N°5, ou s’il dort, ou si whatever works, ou si pas. Nb n’ayez pas peur, House a beau être payé 272 000 euros par épisode d’après BFM qui s’y connait en salaires, ça m’étonnerait que le plan RP de l’album de Laurie ne prévoie pas un saut de puce à Cannes : on est en 2011 et même Woody Allen n’ose plus oser rester jouer dans son Club pendant le Festival.

Enfin, le truc à vraiment savoir c’est où dormir « in stail-le » (style, en Djeun) si on n’a pas pêcho une star qui a une chambre sponsorisée, de préférence avec balcon vue sur mer, dans un des palaces officiels (les esprits forts vont en hélico, ou en -très- beau bateau pour ceux qui ont vraiment du stail-le mais qui n’aiment pas dormir en mer, à celui qui est sur une île un peu au large où il y a encore plus de jardiniers qu’au Sénat mais où les clients sont légèrement plus jeunes. A peine. Et plus riches. Significativement. Quoique avec les retraites dorées des fromages de la République et la sociologie des zélus, à part Mélenchon, tout le monde a une Rolex, voire plusieurs pour celui qui les collectionne et qui a bien dû réussir à se faire ré-élire à une ou plusieurs  assemblée à indemnités confortables comme tout le monde …). Le mieux, si on a un cyclo (Cannes est ingarable pendant le Festival) ou un hélico, c’est le camping de Nas les Pins, à une petite trentaine de bornes. Calme, même pas le bruit de la mer qui dérange, une pataugeoire où boire sous les étoiles la bouteille de champagne chipée dans la caisse d’une livraison pour un cocktail, du wifi et des bungalows avec terrasse pour 5. Résa : http://www.vacances-directes.com/fr/camping/fiche.php?idcamping=110  mais il faut probablement être pistonné par un producteur pour un emplacement au jardin avec accès direct à la piscine à cette période.

Il faut passer un concours pour avoir le droit de cultiver ce petit coin de jardin au soleil ?

Pour les restaurants, il n’y a pas vraiment de bon plan, si on n’est pas invité aux dîners VIP à 50 ans (à 34 ou 40 berges près, on ne va pas chipoter l’âge du homard géant servi aux 650 convives du dîner d’inauguration hier) et si on n’a pas des poches plastifiées et des petits pots à confiture vides pour chiper du caviar sans se détruire la veste, c’est qu’on a raté sa vie ou qu’on a bêtement oublié à la maison les fringues « spécial cocktail ».  By ze way, si on n’ose pas le smoking blanc avec la Rolex à 50 ans plus ou moins des poussières, c’est qu’on a raté sa vie de publicitaire conducteur de Porsche International VIP.

Comme Gandhi, ils filent leur coton eux-mêmes ? (sinon, c'est du mauvais)

Bon, c’est pas tout mais il faut que j’aille acheter le disque de Dr House. Ou de Hugh Laurie, ou les deux. Ou l’inverse. Ou autre chose et plus si affinités en faisant bien gaffe à ne pas me faire refiler un navet d’une homonyme à voix (voie ?) sponsorisée par un (autre) puissant parrain au sens musical aiguisé, même qu’il a chanté dans un lipdub de Djeuns. Mais il n’y aura pas l’album de Lady Gaga qui ne sort qu’à la fin du mois. Comme quoi, on peut mieux compter sur les acteurs de cinéma que sur les chanteuses. Dommage. J’aurais tellement aimé compter jusqu’à N°5 en l’écoutant …

Renaud Favier – 12 mai 2011 – http://www.renaudfavier.com

Le bonus : puisqu’on parle de N°5 et de stars de cinéma,

C’est fini pour aujourd’hui. Le Président vous salue bien.

Et je dis "Vive la France !" mais quel dommage que Jack ne soit pas là

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10 mai 1981 2.0 : Siegfried est mort !

Allo ? Siegfried est mort ?

Je suis allé acheter un bouquin vers la Bastille hier en fin d’après-midi. A pied, parce qu’avec le concert, le quartier était incirculable. Comme Dr House finit tard, j’ai pris une bière et levé un peu le … pied, le nez et les oreilles pour sentir l’air … du temps. De 1981.

Lieber Amazone als Amazon !

A la librairie, le tome 2 annoncé pour le 7 … avril n’est toujours pas arrivé. Et même pas possible de le commander parce qu’en fait c’est l’éditeur qui est en retard (ou l’auteure, ou l’imprimeur ou le fabricant de papier ou … qui sait ?). Peu importe. La jolie libraire de la délicieuse librairi(r)e (et vice-versa) est tellement adorable que même pas ça m’énerve alors que quand même c’est pour ça que j’ai fait 2 bornes à pied en semi-courant sous le cagnard parce que la Terrasse de Gutenberg ferme en principe autour de 19h !

L'Europe nous sauvera. Mais l'éléphant, c'est juste parce que c'est le 10 mai

A l’autre jolie librairie qui ferme à 20 heures et où les jolies libraires sont aussi adorables, ils ont le tome … 1 que je ne comptais pas lire par esprit de contradiction mais faute de grives sur l’Arbre à Lettres, on doit faire avec l’ortolan avant d’aller écouter-voir ailleurs si les merles honorent convenablement Tonton. Au bistrot qui est juste à coté de la librairie rue du faubourg Saint Antoine, parce que la vita e bella, pas de problème de livraison en retard. On entend un genre de café littéro-politique à l’étage d’une oreille, les premiers sons de la fête à la Bastille de l’autre. « Le Parisien » est délicieux au comptoir, bien mûr à cette heure un peu avancée. Enrichi des regards de dizaines de lecteurs passés avant moi. Comme un bouquin de bibliothèque qui sent bon le papier usé. C’est pas meilleur, mais différent de l’odeur de  l’encre trop neuve, plus harmonieux. La bière, elle, est fraîche. C’est bien.

Image pieuse pour zélote tonton-manique

La place est tout en harmonie d’un soir. On croirait presque en les forces de l’esprit de 1981 en voyant l’affiche, la nomenklatura au soleil couchant sur notre terrasse et la lumière dorée sur les miroirs bien opaques de l’opéra (d’un peu plus de quatre sous mais François Mitterrand n’était pas homme à compter et les abonnés bénéficient sinon du RSA ou du RMI, encore que …, de tarifs subventionnés en général).

L'important, c'est la rose, mais il faut aussi avoir du coeur entre les oreilles sous le casque derrière les lunettes

Le concert 2.0 a commencé avec un rappeur.  Qui en demandant « Et ça va dans la salle ? » a déclenché un micro tsunami des trois ou quatre drapeaux des jeunes socialistes militants et une émotion dans le public encore clairsemé et occupé à Twitter (moi, j’ai tenté un Foursquare mais le Mayorship de la place de la Bastille, c’est pas facile). Ensuite, un DJ en cravate et lunettes qui ressemble à un speaker du journal de Canal+ a mis son MacBook en route et les paroles ont un peu perdu en poésie militante.

Le panneau vers le TGV pour le Luberon est mal entretenu, l'époque est aux voitures étrang(èr)es et aux avions privés

En attendant la danse des éléphants (encore en train de dîner, probablement pas ensemble), des filles des Inrocks habillées en orange Modem font la promo du numéro spécial « mai 81 » et leur concurrentes en rose distribuent des tracts pour le Solidays de fin juin. Les Djeuns se trémoussent mollement devant les affiches de la Fnac sur le son sponsorisé par Bergé et Pigasse (ça entre dans les comptes de campagne de quelqu’un cette sauterie #PS #2012 ? Quelqu’un sait si les artistes militants chantent bénévolement ce soir ?).

Quelque part à Lutèce, un village gaulois irréductible ...

J’ai dû me tromper de place, ou d’époque. C’est vendredi 13, Place d’Aligre, l’hommage à Tonton. Près de la « Maison des Ensembles » où des bobos dînent ce soir pendant que ça joue au foot sur la place, devant le marché où ça tractera bientôt pour les primaires.

Belle Epoque ? Quelle Epoque ! Vie antérieure ? (& vice-versa)

En attendant (entendant ?), le son du 10 mai s’éloigne, assourdi comme un souvenir d’un temps que les moins de 30 ans, les moins de 50, les moins de 70 … que seuls des plus de 60 revendiquent en héritage, en tout cas

Les Bourgeois, c'est comme ... (c'est Brel qui le dit)

Le temps des premiers (primaires ?) copains qu’on salue avec … art (lard ?). Façon Sun Tzu, pas Brassens, question d’époque.

Voir, surtout loin, n'est pas donné à tous

Entre la Bastille et la Place d’Aligre, l’Institut de la Vision : il faudrait y programmer un passage obligatoire pour tous les candidats à l’héritage. D’autant que le bâtiment est magnifique, en écho aux miroirs (aux alouettes ? aux vanités ?) de l’opéra. Ce qui est un joli paradoxe, mais c’est encore plus beau quand c’est inutile, comme pour ce type qui essaye de voler presque comme un oiseau et qui vient de réussir sa traversée du Grand Canyon. http://www.tdg.ch/yves-jetman-rossy-reussit-traversee-grand-canyon-2011-05-10 .

L'albatros ?

Mais je m’égare, cela n’a rien à voir avec le concert du 10 mai. Quoique, à deux pas de la Bastille, on trouve aussi la délicieuse « Maison du Cerf-Volant » (honni soit qui mal y pense qu’il n’y a pas que les cerfs qui volent et que les plus cornus ne sont pas ceux que l’on pense -ou panse- on est … au-dessus de ça).

Bleu, c'est aussi la couleur du ciel, nul n'est imparfait

Mais le plus adapté aux petites musiques de nuits plus belles que certains jours en mai 81 et mai 2011, c’est incontestablement l’excellente « Maison de l’Oreiller », 100 mètres plus loin, à peine.

Adresse pas confidentielle sur l'oreiller

Sinon, si on est assez courageux pour marcher jusqu’à la mairie du 12ème, on trouve une sorte de « candle in the night » très réussie mais sans le son, qui rappelle le bon temps, pas celui des fleurs, celui où le pouvoir d’achat d’électricité n’était pas à crédit et où la lumière nucléaire était politiquement correcte.

30 ans (et quelques poussières) ça mérite plein de bougies !

Les stakhanovistes pourront pousser à l’Est jusqu’à la porte de Charenton où l’Espace du même nom, après avoir ressuscité les banquets républicains, célèbre aujourd’hui … un hier, voire un avant-hier que ceux de moins … d’au moins 80 ans ne peuvent connaître. Mais au pays de Voltaire, de François Mitterrand et des vieux ors du Luxembourg, il faut que des fonctionnaires cultivent le jardin du Sénat.

C'est pas la saison des vide-greniers plutôt ?

A l’Est, rien de nouveau ?

Renaud Favier – 11 Mai 2011 – http://www.renaudfavier.com

Le bonus : un peu d’optimisme lyrique entre le son du passé (à gauche, la fête de la Bastille) et le son dépassé (à droite, l’opéra Bastille) : il y a des nuages gris foncé mais il ne pleuvra ni même ne tonnera ; on économise l’électricité (ou alors elle a été coupée par les créanciers ou par les anti-nucléaires) mais demain sera un autre jour et le génie est toujours là-haut. Et les lampadaires (lampes à huile, dans le quartier) ressemblent à des albatros, non ?

Le génie tente de s'échapper, rattrapez-le !

C’est fini pour aujourd’hui, et pourtant, il y en aurait à dire, pas seulement sur la France du 10 mai (1981 ou 2011, peu importe, c’est du presque pareil au quasi-même, juste un peu moins bien et nettement plus cher), d’ailleurs, parce qu’il y avait quand même mieux que « Saga Africa » pour penser à mai 1981. Noah a gagné en 1983 mais Bob, DCD le 11 mai 1981, rebelle aussi mais dans un autre registre, a plus de fans mélomanes sur Facebook. Et Siegfried est mort depuis longtemps, alors tant qu’à mettre de la musique en conserve sur écran, autant en choisir de la vraiment bonne mais pas trop vieille dans la tête pour chanter « Salut, l’artiste« .

Le lion est mort en 1981 ... le 11 mai

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