Guerre Eco-merciale : Mission Impossible réussie : bravo & merci Anne-Marie Idrac

Anne-Marie Idrac est allée chercher la croissance avec les dents, sillonnant les marchés et mobilisant les nouveaux exportateurs. Elle n’appartient pas au gouvernement « Fillon III » mais se retire avec élégance, mission accomplie.

C’était un genre de mission impossible I de la 1ère guerre éco-merciale mondiale que de restaurer la compétitivité internationale de la France entre l’émergence de nouvelle concurrences, les tentations protectionnistes et la bataille des changes. Pour ne rien dire de la puissance de feu allemande et de l’entrée en guerre commerciale des Etats-Unis ( la « National Export Initiative » du Président Obama vise rien de moins que le doublement des exportations US en 5 ans)

C’était Mission Impossible II de la guerre des Gaules de vaincre des rivalités institutionnelles, d’éviter les tirs de balles dans les pieds et de ne céder ni à la tentation de l’effet d’annonce, ni aux sirène des marchands d’illusions. Pour ne rien dire du challenge de mobiliser des exportateurs malgré les boulets sociaux-fiscaux et les grèves des ports et de succéder à … Christine Lagarde.

C’était Mission Impossible III d’avoir l’élégance de ne pas rejoindre le gouvernement Fillon … III sans avoir ni démérité, ni craché dans la soupe, ni comme d’autres levé le pied 6 mois avant ou démissionnée 11 heures après le remaniement. Pour ne rien dire, sous réserve de ce que l’avenir sera, de l’ambition de continuer à servir la République alors que d’aucuns n’ont guère hésité à aller soutenir les actionnaires ou la concurrence étrangère (il faut dire que le très déontologique Ubu Roi interdisant aux ex-fonctionnaires de travailler pour des entreprises françaises sur lesquelles ils ont eu une influence, ce qui semble très légitime pour lutter contre les conflits d’intérêts, certains n’ont d’autre option que de se mercenariser pour des puissances étrangères, ce qui est un peu dommage pour la compétitivité française, d’autant que Boeing ou  GE hier, des Chinois ou des Indiens demain, recrutent rarement les lapins les plus crétins).

Missions accomplies par la marraine de l’Equipe de France de l’Export. Si l’on voulait filer la métaphore sportive, on pourrait dire qu’elle a été à la fois Capitaine et « Impact Player » de cette équipe. Une sorte de Zidane de l’export, en plus attractive, sans le coup de boule, ni la publicité à la télé. Une autre « Grande Dame ».

Le nouveau coach, Pierre Lellouche, trouve une équipe en ordre de marche. Pas assurée de gagner tous les matchs et de redresser rapidement de profonds déficits du commerce extérieur dont les causes sont graves et multiples, à commencer par l’appétit d’importation de produits étrangers qui traduit une certaine idée du patriotisme économique, une certaine analyse des moyens de financer les retraites, mais aussi une certaine réalité industrielle. Ni même une équipe absolument compacte autour de l’objectif de la gagne alors que certains joueurs ont des motivations … plurielles où au contraire très personnelles sous couvert du noble maillot de l’intérêt général. Mais au moins le nouveau Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur ne part-il pas avec un handicap insurmontable. De plus, avec Eric Besson à l’Industrie et Frédéric Lefebvre aux PME, c’est une belle équipe d’encadrement pour la compétitivité internationale dont disposent les entrepreneurs français. Des « Pros » comme cela a été dit de l’ensemble du nouveau gouvernement, ce matin, par Christine Lagarde.

« MI IV : New team being assembled … » : Si tout les joueurs/entrepreneurs mouillent le maillot comme Anne-Marie Idrac, si personne ne joue petit bras dans le bus ou contre son camp sur le terrain , Mission Impossible 4 sera (presque) une promenade de santé.

Allez les Bleus !

RF 15 novembre 2010
(PS : non, ce n’est pas du cirage d’escarpins, pas le genre de la maison, ça se saurait…)

Le bonus : parce que « There cannot only be one », fut-il/elle James Bond …

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Home en Danger ! (& homme, femme, tigre, etc … )

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Home (Earth, Aung San Suu Kyi, Tiger …) : Danger !

You can do something ! Vous pouvez faire quelque chose ! http://minu.me/3aov

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2 minutes to think about it ? 2 minutes pour y songer ?

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5 minutes to think about it ? 5 minutes pour y réfléchir ?

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90 minutes to think about it ? 90 minutes à y consacrer ?

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Roar Now ! On peut Rugir. Maintenant !

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RF 14 novembre 2010

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Bonus : parce que « nous, on peut faire quelque chose »… Because « we can do something »… « Weil wir etwas machen können »… « Porque Podemos Hacer Algo »… « Porque A gente pode fazer uma coisa »…

Yes we Can ! http://minu.me/3aov

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Aung San Suu Kyi : une femme libre !

Libre !

Il y a du Mandela dans cette femme. Une dignité qui impressionne. Du Gandhi aussi. Une force intérieure qui rayonne. Du « elle-même », surtout. Une beauté qui fait baisser les yeux.

Il y a aussi quelque chose qui ne dérange pas que la junte militaire birmane en cette femme. Pourquoi n’a t’on jamais accroché le portrait du prix Nobel de la Paix, sequestré 15 ans, au fronton de mairies françaises ? Qu’est ce qui fait que depuis 20 ans on n’ose pas regarder dans les yeux la lauréate du Prix Sakharov de la Liberté de Pensée décerné par le Parlement Européen en 1990 ?

Est-ce simplement parce que la virile longueur des cigares ne saurait être mise en cause par une femme, libre avec ou sans barreaux (de chaise ?) autour d’elle de surcroit ? Est-ce parce que si la personne est admirable, ses proches, ses alliés, ses soutiens et/ou ses manipulateurs sont, comme pour Mandela ou tant d’autres, moins désintéressés ? On ne peut s’empêcher de penser que quels que soient les mérites admirables de la personnes, on regarde trop souvent la lune et pas celui qui la montre du doigt, le proverbe chinois étant évidemment moins simpliste qu’il n’y parait, avec notre bonne conscience hautaine de défendeurs des droits de quelques hommes et de certaines femmes, de déclino-masochistes sans balises tirant sur notre propre ambulance. Anyway, cette femme inspire, même ceux dont on n’attendait pas tant (épatant ;-)) : Yes he could !

« Notre maison est en feu et nous regardons ailleurs » disait quelqu’un qu’il est aujourd’hui de bon ton de moquer dans le microcosme et mais qu’on n’a pas remercié assez pour le musée Branly et quelques autres petites choses comme un certain discours en Afrique du Sud. Nous l’avons écouté comme nous avons entendu Copenhague, d’une oreille aussi méprisante que sourde, comme l’idiot cherche ses clefs là où il y a de la lumière et pas là où il les a perdues. Nous aimons chercher des chimères dans la jungle colombienne et dans tant d’ailleurs africains, afghans ou autres. Nous aimons tellement croire au mamouth souriant, à la graisse plutôt qu’à la Grèce. Avoir tort avec Allègre plutôt que raison avec Socrate. French paradox au pays de La Fontaine, il faut dire que le renard parle tellement bien aux corbeaux qu’on ne sait plus que penser, qui croire, à quel saint lobby se vouer, si l’allégorie de la caverne est de Platon ou de John Gray.

Mais les poules, fussent-elles Coq Gaulois, n’ont pas de dents et appeler un tigre un tigre est bon pour le (la ?) moral(e?), ce tigre fut-il une tigresse. Nous devrions savoir, admettre que c’est en Asie, et pas seulement au Myanmar (un bizarre masocho-conservatisme à géométrie variable fait qu’on l’appelle toujours Birmanie en France qu’alors qu’on s’est précipité pour adorer le Zimbabwe nouveau et pour changer dans nos atlas les noms des villes de tel ou tel pays plus ou moins démocratique, émergent et/ou emblématique de la décolonisation), c’est en Asie que le tigre libre est menacé.

Peut être pourrions-nous avoir un peu plus le goût de la vérité, souvent cousine de la liberté et d’autres avantages non acquis. Ce serait plus utile pour les (2000 ?) prisonniers politiques birmans et pour la population de ce pays soumis à un régime dictatorial, plus détestable que d’autres à preuve du contraire,  mais qui a quand même pris la peine d’organiser des élections, si imparfaites fussent-elles, et de libérer Aung San Suu Kyi. Pour et contre lequel/laquelle les bonnes âmes de service vont probablement remonter sur leur autobus à impériale et sur les plateaux de télés pour toucher les dividendes de leur bien-pensance jusqu’à ce qu’un nouveau clou médiatique chasse la junte birmane du journal de 20 heures à défaut de la chasser du pouvoir dans un pays où tellement d’intérêts sont en jeu.

Ce serait bon de comprendre que s’il est certainement souhaitable de chantonner dans les rues de Paris (« Tartuffe », vous avez pensé « Tartuffe » ?) pendant l’été indien pour de meilleures retraites ou contre tels ou tels dirigeants plus ou moins lointains ayant le malheur de ne plus plaire, les chants de cygnes,  les pleurs de veaux et autres larmes de crocodiles sont plus harmonieux sur les cercueils des tigres qu’utiles pour « Faire Face » (devise de Guynemer) à la Vérité, à la Liberté, à l’Avenir. Walk On !

Pour pouvoir regarder Aung San Suu Kyi dans les yeux aujourd’hui. D’autres Tigres à quatre pattes ou debouts d’Asie ou d’ailleurs, demain. Nos petits-enfant après-demain, qui ne nous diront jamais, j’espère : « Vous chantiez ? Et bien dansez maintenant ». Nous aimerons toujours les fables, mais leurs morales nous déplaisent. Souvent. Déjà.

RF 13 novembre 2010

Le bonus : comment éviter « être une femme libérée, c’est pas si facile » ?

Et la version pour mal (mâle avec un petit … « h ») dominant parce qu’il faut savoir sourire même dans la gravitude. D’ailleurs Aung San Suu Kyi est magnifique, aussi, quand elle sourit.

« Tigresque » dirait Audiard. Un homme libre.

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