www.france.fr : le coût de l’exil « fiscal »

Un rapport à rendre public lundi par le SNUI (Syndicat National Unifié des Impôts) montrerait que l’impact budgétaire et fiscal de l’ISF est marginal tout en soulignant, opportunément à la saison des débats parlementaires, que non seulement le nombre d’exils fiscaux est marginal, mais qu’il est en large partie compensée par des « retours » (821 départs vs 327 retours).

Une publication récente de l’Institut d’Etudes du Crédit Suisse aurait pour sa part estimé à 2,2 millions le nombres de millionnaires en dollars résidant en France (aux taux de change actuels, 1 million de dollars équivaut peu ou prou au seuil de fortune pour l’ISF, soit le prix d’un 4 pièces à Paris).

Tout cela poursuit une longue série de fantasmes, de suspicions plus ou moins infondées, de réalités moins ou plus choquantes et de tentatives d’évasions inégalement élégantes, la tatillonnerie ci-après approchant du degré zéro du panache fiscal (pour ne rien dire du civisme mais l’époque est contestataire) :

En attendant de pouvoir consulter la version publique du rapport du SNUI annoncée pour lundi, plusieurs organes de presse ont rebondi sur la « sortie » du sujet par la Tribune vendredi. Notamment l’Expansion, avec l’inévitable commentaire pavlovien :

http://www.lexpansion.com/economie/isf-821-departs-327-retours_241181.html

http://www.lexpansion.com/economie/isf-821-departs-327-retours_241181.html#commentaires

Au-delà des analyses forcément divergentes selon qu’on est plutôt supporter d’un club politique de droite, de gauche ou du centre, payé par un think-tank « dit progressiste » ou réputé « libéral », sponsorisé par un lobby ou par un autre, assujeti plus ou moins confiscatoirement à une fiscalité qui n’est ni juste ni injuste dans l’absolu, ni laxiste ni harcelante par construction, mais dont tant la complexité que les fuites (« niches », en français de France) et les finalités (gabegies, en français de l’extérieur) laissent rêveur (cauchemardeur, en n’importe quelle langue), 3 remarques :

  • Plutôt que le nombre de propriétaires d’appartements à Paris ou de résidences secondaires au bord de mer ou à la montagne qui s’installent à Genève, Bruxelles ou anywhere près de l’hexagone 6 mois et 1 jours par an, et plutôt que la perte fiscale rapportée à l’ISF collecté, c’est la croissance potentielle manquée, le nombre d’emplois directs et indirects perdus ou non créés directement imputables aux cessions et liquidations d’entreprises pour motifs fiscaux, au sous-investissement et à la sous-capitalisation des PME qu’il serait intéressant de comptabiliser.
  • Nettement plus de 2 millions de français (se) sont délocalisés à l’étranger : plus que le recensement de quelques centaines d’exils dits « ISF », on devrait étudier le solde des migrations de créateurs d’entreprise, de jeunes, de vrais chercheurs (sans polémiquer, un solde positif d’étudiants-chercheurs en sociologie des grèves ou histoire des nostalgies soixanthuitardes est un indicateur assez inquiétant), de vrais investisseurs (sans polémiquer, l’investissement défiscalisant en immobilier loué à des locataires insolvables, c’est assez peu créateur de richesse), de vrais donateurs (sans polémiquer, les dérives d’associations genre carrefour du développement ou autres ARC grande époque, voir liste dans rapports de la cour des comptes, sont assez dissuasifs)  … Ou l’évolution des virements « Western Union », jusqu’ici plutôt orientés de France vers les anciennes colonies, mais entre l’absence de retraite des anciens et la pénurie de boulot pour les jeunes, la diaspora française devra bientôt subvenir aux besoins des villages gaulois surendettés …
  • Les chiffres datent de 2008 et les séries de données analysées sont incomplètes : on sera en 2011 dans 3 mois, depuis fin 2008 le PIB chinois a cru de près d’un quart, la faillite de Lehman a rebattu les cartes économiques mondiales, la crise grecque secoue l’Euro et pousse inexorablement une partie de l’Europe vers des ré-échelonnements de dette en futur Club de Berlin (le Club de Paris, c’était hier …), voire vers des dévaluations selon les tables de la Loi de Bretton Woods (jusqu’ici tout va bien, l’euro-CFA n’est qu’une chimère pour déclino-pessimistes indécrottables). C’est une des caractéristiques des pays dits « en développement » de produire des statistiques obsolètes ou très orientées : en un sens, voilà une bonne nouvelle pour la France, nous sommes peut-être en développement malgré tout.

RF 24 octobre 2010

Le bonus, pour se rassurer : supposé économiquement « burnout » il y a moins de 10 ans, confronté à un cocktail explosif de difficultés démographiques et migratoires, supposé irrémédiablement « clivé » par le bilinguisme, coincé entre la banquise et l’hyper-puissance US, enfin obstinément démocratique, le Canada montre un chemin de sortie de crise et d’adaptation au monde d’aujourd’hui par le haut.

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www.france : le coût de la panne (de) décence ?

Comme tout le monde, j’ai fait la queue ce week-end pour remplir le réservoir « au cas où … » et comme tout le monde, j’ai dû ronchonner contre le « blaireau » qui n’avançait pas devant moi, le « c…ard » qui klaxonnait inutilement derrière et la pauvre mamie revenant de la messe qui ne savait pas comment débloquer la sécurité du bouchon du réservoir de la voiture (made in elsewhere bien sûr) gentiment prêtée par son gendre qui regardait Téléfoot, avec pour seule condition « d’aller faire le plein, belle maman ». Pour me donner bonne conscience, je coupais le moteur pour faire du « stop & start » (micro-hybrid en « pubeux ») en espérant secrètement que les supporters du diesel sousfiscalisé (tiens, une niche oubliée) allaient faire choux blanc.

En passant à la Bastille lundi, n’écoutant que mon courage (et FIP) pour aller à un rdv à la Porte Maillot avec un gars qui avait traversé la moitié du monde pour venir au salon de l’agroalimentaire et auquel je ne pouvais quand même pas poser un lapin à cause de quelques lycéens solidaires des retraités, j’ai fait 10 minutes de sur place le temps que quelques CRS viennent déloger une petite bande de guévaristes assis sur un passage clouté (enfin façon de parler, en fait de jolies bandes blanches au soleil). Je me suis garé au parking, pas la peine de tenter le diable. Une rutilante Jaguar toute neuve, immatriculée en Bretagne, avait pris la même précaution. Je me suis demandé quel était l’équivalent en emplois expatriés et en retraites bousillées de ce genre de choix. Enfin, peut être le conducteur (99% de chance que ce soit un homme, quelle femme regarderait Téléfoot dans un pénis de substitition de 5 mètre de long ?) est il anglais, actionnaire de BP et exilé fiscal en Bretagne, auquel cas rien à dire, c’est un patriote et un actionnaire avisé. En plus, ce n’est n’est pas un dieselâtre, et le carburant peut faire la différence cf ci après :

Quoi qu’il en soit, l’angoisse de la panne est une des névroses les mieux partagées en France, à gauche comme à droite, puisque si les conducteurs sont prêts à beaucoup de compromissions et sacrifices pour un peu de viagra made by BP ou autre entreprise citoyenne exemplaire dont nous autres actionnaires directs et indirects nous félicitons by ze way de l’excellente gestion, les passagères et auto-stoppeurs sont tout autant préoccupés du risque du coup (coût ?) de la panne. Pour revenir au vrai (?) sujet, ce n’est en effet pas parce que l’on n’est pas encore à la retraite, et généralement plus près de la crêche que de l’hospice, qu’on ne doit pas être inquiet et révolté contre … « whatever works » et particulièrement contre une réforme que tout le monde sait indispensable. Comme on savait il y a quelques mois que si rien n’était décidé à Copenhague, on irait à la catastrophe et il y a quelques semaines que si le dollar et le yuan continuaient à baisser, on irait à la catastrophe. Quelqu’un a dit « Change » ? Non, j’avais cru entendre mais c’était sûrement une hallucination, ou alors « guerre des changes ».

Bon, je ne vais pas non plus faire mon « Mélenronchon ». Tout ce binz est un peu pénible pour les visiteurs du monde entier qui viennent faire du tourisme en France ou participer aux salons professionnels qui ne sont pas encore délocalisés mais il y a moins de téléspectateurs que pour la coupe du monde de foot, les grévistes sont moins payés que les guignols déguisés en Bleus exilés fiscaux en général et vacanciers en Afrique du Sud en juin 2010, et surtout, le métro marche et la ligne 1 sera bientôt automatisée. Un autre « Soleil Vert » est possible :

Bonne journée.

RF 19 Octobre 2010

Le bonus, parce qu’avec cette météo chafouine, on a besoin d’un peu de … soleil vert ! dans le monde de brutes :

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www.France Mai 68 2.0, vaste programme …

Jolie photo sur les manifestations étudiantes pour les retraites, ou contre, ou autre chose, whatever works du moment que pendant ce temps là on oublie qu’entre les Chinois qui bossent et les ex-68ards qui comptent leurs points retraite à la mamounia et s’incrustent dans les grands bureaux en étages, la plage n’est probablement pas sous les pavés de bonnes intentions.

Des manifestations très importantes, mais moins suivies que le 12 octobre, ont eu lieu partout en France samedi contre la réforme des retraites, sur fond de durcissement du conflit et de pénurie naissante de carburants, notamment à l’aéroport de Roissy. ( http://www.afp.fr/afpcom/fr/taglibrary/thematic/politic )

Le monde est assez bien fait puisqu’avec ces manifs, pas possible de circuler en voiture en ville alors pas besoin d’essence pour les Smart (made in France, by the way) et les grèves des ports ou des raffineries ne dérangent guère dans les arrondissements où vivent les syndicalistes, les politiciens et les … blogueurs ;-). Et comme la saison des week-ends à Deauville est finie, pas grave s’il y a vraiment pénurie de carburant (pour) fossile au pays du conservatisme éclairé conducteur de berlines diesel made in Germany. Et si le TGV pour le Lubéron et les Golfs de banlieue sont en grève, il sera toujours possible de rouler avec la Prius à sièges en cuir de madame (honni soit qui pense « à siège en cuir aussi ») jusqu’à l’aéroport de Bruxelles, Londres ou Genève pour aller demander l’asile politique à Marakech ou dans une autre poussière d’empire d’avant-hier (avant hiver ?).

Il faut que ça cesse !

Retenez les ou ils partiront, avec ou sans pub à la télé et sur youtube

Ach, l’exil, gross Malheur …

Je n’ai pas trouvé « Reds » dans les DVD à 10 pour 50 Euros à la FNAC (la pub clandestine pour le made in France, ça devrait être obligatoire), et Dr Jivago est quand même trop ringard mais j’ai déniché « Le Péril Jeune », « Soleil Vert », « Courage Fuyons » et « L’insoutenable légèreté de l’être », parfaits pour un dimanche pluvieux où les TV bêlent sur le nombre de manifestants et où à part un ou deux twits ironiques sur le nouveau rapport dit « Attali » remis vendredi en catimini (pas le genre de la maison pourtant) et les résultats provisoires du foot, rien d’excitant sur le net depuis que les mineurs chiliens sont sortis de terre et expulsés de medialand.

Avec le café du matin au lit (c’est dimanche), j’ai regardé « Havana », un petit Sidney Pollack alimentaire éreinté par la critique en son temps. La très craquante Lena Olin (épatante dans l’insoutenable légèreté) et Redford rejouent « Casablanca » sur générique de fin d’une certaine idée de Cuba. Et de début de la fin d’une autre toute aussi certaine idée de la Révolution, mais c’est une autre histoire même si on a déjà vu le film et si on connait la chanson. J’ai bien aimé le film (et Lena Olin, mais ça aussi, c’est une autre histoire) probablement un peu par esprit de contradiction et parce que la scène où Redford lave l’épaule de Roberta (pas glamour le prénom) et quand même un prodige de renvoi presque subliminal au shampoing dans la jungle d' »Out of Africa » de Pollack avec Redford. Play it again ou encore de la pub clandestine, nsp, chacun ses fantasmes et ses références, n’est pas critique à Télérama qui veut 😉

(R)évolution, vaste programme, on peut aussi regarder l’intégrale des shadoks pour se changer les idées (?) …

RF 17 Octobre 2010

Le bonus du dimanche (un peu de hauteur dans un monde de brutes, made in France, by the way 2.0)

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