Doux en danger : The Economist va encore faire de l’humour britannique sur les Frenchonomics …

Doux fait partie des naufrages à craindre. The Economist va probablement se fendre d’un papier ironique sur le coq gaulois et les poulets français dans la jungle économique réelle, plus solidaire du prêteur britannique (Barclays) que des fournisseurs et salariés français. Normal.

The Economist ne va sûrement pas rater l’occasion de « s’interroger » sur l’efficacité des aides publiques européennes et nationales (même si nombre d’entreprises agricoles du Royaume-Uni en sont bénéficiaires) à l’agriculture et l’agro-alimentaire, entre autres. Normal.

Mais peu importe ce que dit The Economist. Qui n’est, par nationalité, pas objectif sur la France, par réflexe libéral pas capable d’apprécier les subtilités de l’économie mixte à la française (un genre de cogestion, en toujours plus compliqué et généralement moins compétitif) et par définition incompétent en prévisions économiques (sinon, il s’appellerait autrement et choisirait ses titres différemment).

On sait bien depuis longtemps que même quand The Economist semble exprimer un avis positif sur la France, c’est biaisé, tendancieux, faux-jeton, suspect et touça toussa, parce que les Anglais ne peuvent s’en empêcher : on le sait bien depuis le procès de Jeanne d’Arc.

On sait depuis avant l’élection présidentielle 2012, que The Economist n’apprécie pas à leur juste valeur la méthode Coué, le dialogue social et une certaine idée de l’économie administrée par des diplômés d’autres établissements spécialisés que Cambridge et Oxford.

Alors quelle crédibilité attacher aux analyses de gens qui ne sont même pas parvenus à créer une Livre-CFA pour leur ancien Empire, qui avaient perdu leurs Indes avant même le début de notre guerre d’Indochine et qui ont dû abandonner Hong-Kong, en attendant Gibraltar ?

Quelles leçons écouter venant d’un pays voisin qui n’est que marginalement moins farfelu que le nôtre pour ce qui concerne les prix de l’immobilier, fous en général (inquiétante forêt noire derrière l’arbre du pouvoir de consommation), et vraiment délirants dans la capitale ?

Quelle confiance accorder aux porte-voix de la fraction de la City la plus froidement bénéficiaire des endettements publics et la plus dépendante de la prédation sur les forces productives des économies développées en général et de l’Europe continentale en particulier ?

Enfin, les Britanniques sont à peu près les seuls parmi les « grands » pays à avoir performé globalement plus mal que la France sur les 5 dernières années pour la création de richesse par habitant, étant entendu que la répartition est plutôt encore plus inégalitaire chez eux.

Et question corruption et indicateurs de « développement », les Anglais ne sont pas vraiment mieux classés que la France dans les classements ONU ou ceux d’ONG assez neutres, sinon absolument fiables ou réellement apolitiques, comme Transparency International.

Alors, comment ne pas penser comme n’importe quel prévisionniste sérieux qu’à long terme, nous serons tous morts comme les anglo-saxons et autres dinosaures, même lauréats de Prix Nobel d’économie et évaluateurs patentés d’indices de satisfaction des contribuables.

Alors, comme de toute façon on n’a aucune visibilité à part sur l’inéluctabilité du transfert massif de richesse vers les pays producteurs de ressources indispensables comme les matières premières, la main d’oeuvre compétitive et l’intelligence pas fermée après 17 heures et/ou 60 ans ; comme personne ne sait où va l’économie mondiale en général, l’écosystème européen en particulier ; et comme la situation est presque partout grave tendance inquiétante (même en prospère Norvège à l’écart d’une bonne part des contrariétés de l’époque, les fonctionnaires manifestent parce que la hausse de leurs salaires d’un peu moins de 4% est un pou-ième plus modeste que celle du privé un peu au-dessus de 4%. Quant aux étudiants damnées de la terre francophone du Québec, on ne peut qu’espérer pour eux que la France saura se montrer généreuse et accueillante et autorisera les réfugiés économico-politiques de l’enfer québecquois qui auront survécu à 100 jours dans les rues, à émigrer en masse vers Paris au cas où ils ne choisiraient pas l’Amérique anglophone quand ils auront rangé leurs casseroles et fini leurs études, même un petit peu moins massivement subventionnées) quand bien même l’Euroland n’éclaterait-il pas, le système financier serait-il sauvé pour cette fois à coup de cocktails d’inflation contrôlée par les banquiers centraux et de ponction non mortelle sur l’économie réelle par les établissements privés prêteurs (et installateurs de DAB un peu partout) et par les états et autres acteurs publics emprunteurs, et les djeuns partiraient-ils comme d’habitude en grandes vacances ou pour plus longtemps vers des endroits où l’économie marche mieux, sans perdre leur temps à chercher des jobs d’été qui ont disparu en Europe du Sud avec les changement climatique ou attendre des promesses de lendemains qui chantent que même les politiciens professionnels les plus oldschool ne prennent plus la peine de faire … personne ne peut garantir que quelques nouvelles dizaines de milliards empruntés pour financer des dépenses sociales, quelques poids supplémentaires aux pieds des entrepreneurs restant en France ou quelques certitudes à la française en matière de politique industrielle ou d’élevage de poulets changeront grand chose aux perspectives des 1% de citoyens du monde habitant en France et réalités des 99% de France et du reste du monde tel qu’il va, à la constitution de fait d’un bloc d’états du Sud de l’Euroland moins compétitifs mais bien dotés en infrastructures touristiques modernes à capitaux étrangers ou exilés (les anciens établissements sont vouées à l’extinction par les normes dites « européennes » comme les vieux poulaillers français, les usines de montage de voitures mal placées entre les établissements allemands en Allemagne ou en Angleterre, et les maillots du PSG de l’an dernier dépassés par les nouveaux made in Bangladesh pour probablement 2 ou 3 Euros mais vendus 120 euros aux jeunes supporters parisiens) autour de la France, à la tendance apparemment inexorable de la dégradation du ratio des emplois productifs et/ou économiquement viables rapporté aux fonctions prédatrices en France (même si quelques dizaines de salaires de dirigeants et suspentes de parachutes dorés sont un peu rognés en saison électorale pour le principe et si rien n’interdit d’espérer que certaines indemnités et autres dépenses incontrôlées sur fonds publics pourraient être un rien plafonnées ou rationalisées comme le suggèrent la Cour des Comptes et ses homologues décentralisées depuis au moins des décennies), et d’un report aux calendes (pas grecques, on ne sait jamais si les choses ne pourraient pas évoluer plus vite que prévu là-bas) de tout ce qu’Attali (ou le FMI, ou n ‘importe quel observateur « normal », mais ce serait politiquement incorrect, limite « honnissable », de le penser) et la plupart des observateurs rationnels de l’économie française suggèrent plus ou moins entre les lignes de presque tous les bouquins plus ou moins brefs consacrés à l’avenir, la France, parfois les deux, et qui ne parlent pas exclusivement d’amour, de Ghandi ou de la vie éternelle de Karl Marx.

Bref, ce n’est pas parce que les Grenelle et autres Frenchonomics n’ont pas tellement marché depuis une bonne quarantaine d’années plus ou moins « normales » que ça continuera à ne pas marcher si on ne change rien pour que tout change, ou vice-versa. En tout cas, peu importe ce qu’en pensent les Anglais et The Economist.

* * *

Si on n’est pas abonné à The Economist ou si on s’interdit par principe de lire des journaux économiques anglo-saxons le vendredi parce que « Casual Friday, c’est sacré » et qu’il ne faut pas se casser le moral avant le week-end, on peut cliquer sur les icônes ci-dessous pour (re)lire quelques phrases en français. Pas toujours aussi courtes que certaines idées sur les changements réels de l’économie normale et du monde réel en général, les politiques publiques et réalités individuelles françaises au service de la croissance avec modération et de l’emploi avec parcimonie, en particulier … nobody’s perfect.

    

Ps : les lecteurs assez aimables pour cliquer sur les images et jeter un oeil sur l’un ou l’autre de la trentaine de eBooks e-publiés sur plateforme électronique n’ont bien entendu aucune obligation d’achat, d’autant que la plupart des publications sont gratuites y compris en téléchargement aux formats pdf et ePub, mais ils seraient très aimables de cliquer sur les étoiles de Youscribe et autres “like” de facebook s’ils ont souri entre un twit et un café.

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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