Charlie Hebdo, vaste programme

Charlie, c’est comme Hollande, les gens qui ont assez d’humour tolèrent qu’il soit dans le paysage, mais sans mettre trop de gens dans (à) la rue, et si possible sans coûter trop cher en impôts et morts un peu partout à ceux qui ne l’achètent pas mais doivent payer pour sa liberté.

Ceci dit, tant que les caricaturistes ne dépassent pas plus les bornes qu’avant …

Tant que les médias respectent le(s) vrai(s) Dieu(x), le(s) vrai(s) Prophète(s), le(s) vrai(s) jour(s) de truc(s) religieux et toussa-touça comme avant …

Tant que c’est plus drôle que bête et méchant, il n’y a pas de raison de se faire hara-kiri.

Mais comme on dit, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleurs et comme la sécheresse est revenue en France après le mois de juillet de pluie et celui d’août de nuages, ce serait quand même plus cool si on évitait de mettre le feu au Lac en disant des trucs qui énervent les djeuns et les barbus comme Mongénéral et quelques autres dvieux (dieux ?) avant 68.

C’est pourtant facile de caresser un peu dans le sens poil avec des éléments de langage TV  garantis pur porc pour mettre les djeuns, les dvieux et toussa-touça dans sa poche, genre :  « Je vous ai compris ! », « Je fermerai Fessenheim ! », « Vive le Québec libre ! », « Vive la transition écologique ! », « Faites l’amour (l’humour ?), pas la guerre ! », « Ma priorité, c’est l’emploi (des militants qui ont aidé pour ma campagne ?) ! », « Mariez-vous (marrez ?) les uns les autres ! »,  » enfin whatever works depuis toujours et pour longtemps même si on ne le fait pas en grand public et si on n’en fait pas la « une » de journaux qui se vendent à plus de quelques milliers de (é)lecteurs de plus de 50 ans avec Rolex, Audi et souvenirs du temps où ils militaient pour des causes comme la laïcité, la libération des femmes, le développement juste de l’Afrique, la fin de l’esclavage, l’amour libre, Woodstock enfin tous ces trucs d’avant le walkman.

Alors, si Charlie pouvait mettre un peu la pédale douce …

Faire l’humour sur des trucs légaux en France et aussi chez (tous) les barbus …

Mais bien sûr, c’est la crise …

Et la presse, c’est un business comme les autres, avec des concurrents qu’ils ne faut pas laisser prendre trop d’avance …

Alors, c’est comme pour les autres activités culturelles subventionnées par le con-tribuable pour que les biobos parisiens et les touristes étrange(r)s puissent profiter des soirées de semaine au ciné (subventionné) ou au théâtre (subventionné) entre la saison des festivals culturels (subventionnés), l’opéra (subventionné) ou l’expo (subventionnée) du week-end, en théorie les subventions sont faites pour que les djeuns les moins friqués et les vieux les moins privilégiés et les gens normaux même sans carte du Parti puissent se distraire entre une agression plus ou moins verbales dans le RER et une catastrophe annoncée dans le journal « gratuit » (lire : « financé par les lobbies qui ont de la propagande à faire passer et les con-sommateurs des produits qui font de la pub »), se rafraîchir un peu la tête entre pas mal de souçailles dont ils ne sont qu’en partie responsables et oublier que s’ils ne sont pas encore chômistes ou ruinés, leurs enfants (qui logent chez eux parce que la liste d’attente des logements sociaux est bourrée de privilégiés qui ont déjà un grand appart social et en exigent un pour chacun de leurs mômes, un pour chacune de leurs amants et maitresses, un pour les partouzes, un pour pour les soirées drogues entre amis et un par principe de précaution) le sont ou le seront et qu’on ne pourra même pas punir les politiciens qui auront laissé faire par calcul ou incompétence mais au pire finiront dans un fromage doré avec retraite spéciale et logement social(iste), ni se venger des zélites incapables exilées ou bien nichées en France et payant leurs dépenses courantes grâce au Scellier-Duflot, ni même manifester ou brûler des bâtiments publics (lire : « payés par nos ancêtres, occupés par des protégés et/ou privilégiés et entretenus -les bâtiments, les protégés et les privilégiés- avec nos impôts et l’argent prêté par ceux à qui on achète des trucs pas durables et inutiles et/ou du pétrole à prix d’or pour qu’ils puissent nous prêter de quoi payer les protégés et privilégiés et l’entretien du patrimoine qu’on ne leur vend que petit à petit ou en viager, pour l’instant …) français, en France … il faut accepter que ce soit n’importe quoi, nous dit-on sur un peu tous les tons, tous les fronts, même républicains et pas encore trop carbonisés du neurone.

Sinon, on peu aussi ne pas trop (ré-)acheter n’importe quoi, ne pas trop (re-)voter n’importe quoi, ne pas trop (re-)lire n’importe quoi, ne pas trop (re-)gober n’importe quoi, ne pas trop (re-)faire n’importe quoi, ne pas trop manifester pour ou contre n’importe quoi alors que déjà entre les travaux  inutiles, la stérilisation dogmatique des voies sur berges et les prix stratosphérique de l’essence, c’est l’enfer de circuler à Paris … Pas n’importe quand, pas juste quand on ne parle plus de la crise économique annoncée à la rentrée à Châlons en Champagne alors sûrement qu’elle est finie et qu’on peut arrêter de s’indigner dans les rues et dormir tranquille sans somnifères pour changer, juste quand on ne parle plus de la crise écologique grâce à la grande conférence environnementale alors sûrement qu’elle est finie et qu’on peut arrêter de s’indigner devant la TV et prendre son anti-dépresseur tranquille sans s’angoisser pour l’ours blanc pour changer, pas juste quand en principe on n’a plus d’élections pendant quelques mois alors sûrement que le harcèlement politique est fini et qu’on peut arrêter de s’indigner dans les rues et utiliser son clavier pour s’inditwitter (synditwitter, c’est autre chose, c’est surtout pendant les crises sociales, plutôt pendant les partiels que juste à la rentrée universitaire) sur des sujet normaux et essentiels, pour changer, maintenant.

Ou pas.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas sourire de tout, et si on veut parler de sujet qui risquent de fâcher certains pour être dans l’air du temps et ne pas trop fuir ses responsabilité de citoyen vivant dans le monde réel tel qu’on l’a laissé devenir (ou voulu), le mieux c’est quand même d’essayer de ne pas mettre d’images qui pourraient être jugées provocantes par les uns, insultantes par les autres, et faire râler tout le monde, ou pire si pas d’affinités ni le sens de l’humour. C’est quand même facile de montrer des objets d’obscurs désirs coupables en cachant ces saints que personne ne sauraient voir, ça fait des milliers d’années que tout le monde fait ça et que ça marche cahin-caha sans qu’on brûle tout le temps de biblothèques pour commencer, des livres en place publique pour continuer, des gens pour s’amuser ou se refaire un peu d’espace vital ou récupérer quelques dents en or, tableaux et/ou boutiques bien placées, si personne ne dit « Non ! » en joignant de préférence quelques gestes aux bonnes paroles.

Non, merci ! (mais on en reparle, reblogue et retwitte sérieusement après la Coupe Icare, parce que même si météo France est incapable de dire mieux que « ça pourrait ne pas être terrible mais l’indice de confiance n’est qu’à 2/5 », quand il faut y aller, il faut y aller même si les manifs sont interdites, même si des otages sont menacés, même si des parents de lycéens sont inquiétés, et même si l’or approche discrètement de 1800 sur les marchés financiers  comme s’il se préparait un ou plusieurs sales trucs toxiques, voire brutaux tendance tsunamesques, dans le monde réel).

Renaud Favier, 20 septembre 2012.

Ceci écrit, qu’on soit abonné irréductible à PlayBoy Charlie, amateur furtif de NewLook Libé, nostalgique inconsolable de Lui Pilote, ou pas, on peut télécharger sur Amazon quelques eBooks sur le monde tel qu’il va (ou pas) vraiment, pour se préparer avec humour mais sérieux à la France, à l’Europe et au monde tels qu’ils approchent à vitesse encore un peu plus déraisonnable qu’une joli coupé RCZ ou une Alpine à pleine bourre sur circuit à quelques semaines du salon de l’Automobile de la Porte de Versailles (avant, on disait “Mondial”, mais c’était avant que ceux de Shanghaï, de Séoul, de Sao Paulo et bientôt Varsovie, Prague et Istambul n’aient gagné la bataille de l’automobile dans la guerre économique et qu’on parle de le délocaliser au Maroc, maintenant que la France est officiellement en crise et qu’on ne voudrait pas imposer des heures sup aux douaniers de Roissy ou aux fonctionnaires du STIF/RATP déjà obligés de lire tous les compte-rendu du dialogue social dans leur administration, de participer à des séminaires d’information sur la vie après les plan sociaux et les contrats de générations, et de perdre du temps à remplir les formulaires de RTT en 3 exemplaires parce qu’il n’y a plus de budget pour remplacer l’imprimante en obsolescence pré-programmée pour laquelle on avait acheté 5 ans de stock de toner d’avance via un intermédiaire qui avait des fournisseurs en Belgique mais qui ne reprend bien sûr pas la marchandise incompatible avec l’imprimante qu’on achètera quand in y aura des crédits) depuis que l’écologisme globalement responsable s’est noyé à Copenhague, qu’une certaine idée de la politique française n’est pas sortie blanche comme neige de 40 ans de hautes certitudes inefficaces de la suite d’un certain Sofitel, et qu’il a fallu accélérer la dérive des dettes publiques des Clubs-Meds à cause des subprimes et de quelques autres incongruités financières d’origine principalement anglo-saxonnes et fantaisies budgétaires à la française, et se faire une (dé)raison de contreperformances commerciales d’origine pas seulement chinoise ou allemande, et que la politique d’achat de temps contre la crise approche dangereusement de ses limites avec ou sans QE3 aux USA, MES ou MOT en Europe, les dignes vieux de Karlsruhe, les djeuns indignés d’Athènes ou Madrid et toussa-touça kivapa vraiment plus du tout d’autant que le feu semble avoir pris plus au sud dans la foulée des révolutions de jasmin dont toutes les bienpensances se félicitaient pourtant avec autant d’enthousiasme qu’elles se laissaient inviter en vacances et/ou avion par les prédécesseurs des incendiaires. Mais what else ? Comme le dit Saint Woody Allen : “Je hais la réalité, mais où ailleurs se faire servir un bon steak ?”.

    

On peut également lire ou télécharger ces eBooks sur la plateforme française Youscribe (nb le format pdf disponible sur Youscribe est assez pratique sur grand écran et mieux adapté que ePub à l’impression en format A4) en cliquant sur les icônes ci-dessous avec le mulot.

               
               
         
           
        
       

Whatever works, mais si on a du 3G ou du wifi, on peut aussi lire (gratuitement) le dernier billet du blog “Café du matin à Paris” (ou un résumé en anglais si on est anglophone et/ou pas trop chauvin) avec le café à n’importe quel bout du monde, cela ne peut pas nuire plus gravement que tout les restes aux exportations sans entrepreneurs, à la réindustrialisation sans capital ou au made in France sans clients.

Mais on peut préférer acheter ses livres sur les étagères d’un bon libraire, dans un café librairie sympa ou entre les aspirateurs automatiques et les cafetières d’un agitateur d’idées un peu rangé des voitures mais auquel on est habitué et dont on prend toujours la carte de fidélité par habitude, ou vice-versa.

Auquel cas, la reco de la rentrée “littéraire” : “La théorie de l’information“, un genre de “western financier” à clefs (lire : sur les corsaires français des télécoms, nb pour éviter tout malentendu que la formule, citée ci-dessous, qui fait sourire les auditeurs des radio-business-fm, vise quelqu’un d’autre que DSK qui a bien dû s’occuper de télécoms françaises dans sa carrière ministérielle mais n’est pas dans ce “coup”, les puristes auront bien entendu rectifié d’eux-mêmes car ni son Audi à Washington, ni la Porsche de son communicant à Paris, ni probablement son véhicule à Marrakech où il fait trop chaud pour circuler sans capote, ne sont des décapotables, étant entendu que DSK lui-même n’est pas un pornocrate, si on ne l’écrivait pas on risquerait un malentendu, mais est indubitablement un peu chaleureux pour circuler à l’étranger sans capote) du jeune Aurélien Bellanger, chez Gallimard, ravira les vieux qui lisaient non pas des romans d’amour mais du Sulitzer et du Dumas dans leur jeunesse, avec des trouvailles comme ” … les pornocrates en cabriolet …” (lire : “les gusses, devenus maintenant très fréquentables parce que très riches et puissants, qui avaient fait un hold-up sur le plancalculo-télécom à la françaises en inventant le “Minitel rose” sans opposition des politiques bien avant que les pirates en Rolls roses prospèrent sur Internet sous les “vivas” des djeuns #occupy et les sourcils froncés des ingénieurs télécom à la française occupés à suivre les cours de bourse d’Alcatel et France Télécom, l’honnêteté intellectuelle obligeant à signaler à leur décharge que des ingénieurs des mines et des ponts se sont également mêlés de ces triomphes monopoli(s)tiques à la française sous le haut patronage de l’administration et des politiques (in)compétents, et que ce n’est pas leur faute si les ingénieurs français qui savaient compter ont tous préféré aller dans la banque, les cabinets ministériels et/ou, pour les plus conservateurs, les fromages résiduels du bon vieux temps de l’économie mixte genre Tunnel du Mont Blanc, Française des Jeux, EDF, feu l’industrie automobile, sidérurgie ou du transport aérien etc encore moins verts et/ou plus, voire trop mûrs souvent …).

Sinon, côté littérature économique, les usual suspects de l’exploitation, explication ou futurologie de la crise vont probablement publier pour Toussaint afin de surfer sur la vague de morosité de début novembre, tandis que les vendeurs de Trente Glorieuses devant nous, de bilan et perspectives du gouvernement ou de France se renforçant dans l’adversité attendront certainement la saison des achats de cadeaux de Noël pour profiter du regain de bonne humeur des (é)lecteurs devant les jolies vitrines, les étals tentants et les décorations festives. Il n’en reste pas quelques écrits recommandables comme “Homo Economicus” de Daniel Cohen, qui vole un titre mais écrit très honnêtement et opportunément sur la bipolarité de l’être humain occidental compétiteur et coopérateur à la fois, en crise grave depuis que le mot coopétition inventé à peu près au même moment que partenariat public-privé et junk-bonds est à peu près aussi has-been que l’économie mixte et les coopératives ouvrières du temps de Mongénéral, sauf dans les conversations d’après digestif dans certains milieux privilégiés restés politiquement au début des très progressistes mais non viables années 80, économiquement au début des très psychédéliques mais ultra-confortables années 70, et intellectuellement à la fin des très regrettées mais über-déstabilisantes roaring sixties.

Enfin, côté littérature érotique pour filles, on murmure dans le landerneau que l’anglais de la version originale est tellement simpliste qu’il ne sert vraiment à rien d’attendre la sortie prévue en octobre (en France, Lattès, 17 octobre) de la version en français de l’incontournable “Fifty Shades of Grey” (et que c’est une excellente raison d’acheter un truc électronique pour lire dans le métro (ou d’apprendre à télécharger en pdf sur iPhone, iPad ou n’importe quel machin électronique moderne portable, ou pas) pour éviter que les voisins, collègues, enfants, parents et autres impedimenta sachent qu’on mange lit du cochon en cachette comme tout le monde qui a du temps à perdre et de la libido à dissiper mais un(e) conjoint(e) moins disponible que DSK dans les années de jeunesse, et plus assez d’énergie, d’audace ou de méthode pour sortir draguer).

Conclusion provisoire : cliquer sur l’image ci-dessous

Passage au blog “Compétitivité” : cliquer sur l’image ci-dessous

Passage au blog “Voyage en 2012” : cliquer sur l’image ci-dessous

Passage au blog “France 2012” : cliquer sur l’image ci-dessous

Passage au blog “English Coffee” : cliquer sur l’image ci-dessous

Passage au blog “Café du matin à Paris” : cliquer sur l’image ci-dessous

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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2 commentaires pour Charlie Hebdo, vaste programme

  1. Ping : Balles tragiques à Paris : 12 morts au moins #JeSuisCharlie #CharlieHebdo | Renaud Favier : Café du matin à Paris

  2. Ping : Cette fois, c’est mort #CharlieHebdo #JeSuisCharlie | Sur le Pouce de Paris

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