Les morts sont (presque) des gens (presque) comme les autres, qui boivent du café noir et du tequila rapido

Les morts invisibles (qui sont des voisins calmes, en général) sont des citoyens comme les autres morts-vivants : on fête leur anniversaire une fois l’an, on leur apporte des fleurs en passant et leur promet une heureuse résurrection plus tard, comme aux autres électeurs.

C’est la vie.

Ce n’est pas si mal comme ça, et de toute façon, what else ?

 A part en Corse, les morts invisibles ne touchent plus de remboursement de frais dentaires, ni de retraite ou de subventions agricoles, et ne votent généralement pas plus que les vivants abstentionnistes, sauf quand les sondages sont très serrés dans certains arrondissements parisiens où les noms des politiciens fleurent bon le maquis, ou qu’un pinzutu se présente contre l’élu local, mais tant qu’on n’est pas vraiment 100% certain du résultat du scrutin, mieux vaut ne négliger aucun être cher, peut importe qu’on soit plus ou moins loin de l’Île de Beauté et de la démocratie idéale, et que les morts plus ou moins vivants soient disparus depuis plus ou moins longtemps des carnets d’adresses.

Et à part en France, on attend en général que les morts-vivants soient sortis de leur tombe pour les ré-enterrer, mais à chaque pays ses traditions du passé pour l’avenir avec les fonctionnaires morts.

Au Mexique, par exemple, pour le jour des morts, on fait des pâtisseries et sucreries en formes de têtes de mort, qu’on mange avec le sourire en pensant aux disparus invisibles, plutôt que d’aller récolter des chrysanthèmes chez les fleuristes.

Chacun ses goûts et ses douleurs.

Chacun sa façon de faire la fête en général, des morts en particulier.

Tout le monde ne peut pas être fan des mariachis et autres chanteurs de Mexico.

Chacun ses superstitions.

Chacun ses perversions.

Chacun ses traditions.

Et inutile de raconter que tout ça c’est à cause de la décadence de la France depuis que Mongénéral est encore plus inaudible des excellents citoyens que quand il passait outre-Manche, que la mort n’est plus ce qu’elle était en Europe du temps des mémoires d’outre-tombe et que le monde va à vau-l’eau comme l’avaient prédit les Mayas avant de passer ad-patres, c’était tout pareil dés avant le réchauffement climatique.

C’est la vie, et c’est comme ça depuis toujours. Comme tous les autres citoyens normaux, les morts sont logés pour toujours à l’étroit, sans vue, avec une famille plus ou moins décomposée et/ou réduite s’ils ont un caveau collectif, et des politiciens qui ne les écoutent pas avant qu’il soit trop tard sauf s’ils ont une très bonne mutuelle, mais qui ne manquent jamais une cérémonie à des morts quand il y a des caméras et un temps de circonstance (si le réchauffement climatique accélère, on va devoir mettre les vacances et le discours de Toussaint à Noël et le pont et le discours du 11 novembre après ceux de Nouvel-An), ni une inauguration de chrysanthèmes de leur vivant, quitte à devoir brûler un peu plus de cierges et de bilan carbone s’il faut descendre jusqu’à Toulouse avant d’aller fleurir les plages de Normandie, les tombes des ancêtres médiatiques et les monuments du Nord, comme d’hab’.

Quant aux politiciens morts, c’est pareil que les vivants (qui ne meurent jamais, mais c’est encore une autre histoire à faire peur, genre film d’horreur), ils sont responsables de pas mal de trucs (en direct ou via des collaborateurs, militants, supporters et autres idiots utiles), mais jamais coupables de rien (ni condamnés à quoi que ce soit, ni travaux généraux parce qu’ils ne sauraient plus travailler, ni mort car c’est interdit en France même s’il faudra peut-être bien se reposer la question un jour quand on aura réalisé qu’on n’a plus de budgets pour nourrir tous les logés-nourris-sécurisés-soignés à l’oeil à perpète, sauf à mettre les hospices, hôpitaux et écoles sérieusement à la diète), d’autant qu’on leur cache pudiquement les seins et autres tartuffes qu’ils ne sauraient voir, en général ; ils racontent n’importe quoi entre un cocktail au champagne et un repas avec truffes mais personne ne les écoute sauf leurs groupies, les groupies de leurs adversaires et les journalistes qui doivent écrire un papier pour la veille et n’ont rien trouvé de copier-collable sur le web ou de pas trop insultant pour l’intelligence du lecteur (électeur ?) éventuel dans le dossier d’éléments de langage mailé  par le service de presse avant le cocktail pour la presse ; et ceux qui sont fonctionnaires sont un peu moins payés à l’heure de boulot que ceux qui ont défroqué ou qui avaient raté le concours, mais ils bénéficient, en attendant la retraite privilégiée avec fromages républicains éternels, de pas mal d’avantages acquis sociaux compensatoires et non fiscalisés (le seul souci, c’est que tant que l’industrie automobile française ne sera pas enterrée -elle est déjà morte, mais on ne veut pas le savoir, elle non plus-, les politiciens professionnels fonctionnaires sont plus ou moins obligés de rouler en bagnoles pour assistés de banlieues pauvres ou de vieux notaire de province sans concession Audi à moins de 100 bornes, avec des sièges en cuir de génisse et une banquette arrière sans frigo-bar ni massage intégré).

Quoi qu’il en soit, maintenant, grâce aux nouvelles technologies, les morts qui parlent des langues vivantes sont un peu plus nombreux.

Grâce aux nouvelles technologies, ils peuvent rester plus près de nous, tout en étant entre eux (têtes d’eux ?) et plus près d’eux, leurs Dieux.

Grâce aux nouvelles technologies, nos chers disparus peuvent continuer à faire des tournées de promo et vendre des disques pour Noël, comme Johnny.

Alors, comme nous aussi on a accès aux nouvelles technologies, on peut leur envoyer un twit ou un message sur facebook, sauf s’ils avaient pris la précaution de clôturer leurs comptes avant de partir, mais les morts sont des gens négligents qui procrastinent (oui, je sais, avant ça ne se conjuguait pas trop en littérature classique, mais c’était avant) comme les autres, ils parlent d’économies d’énergie, de préparation de l’avenir, de comme on fait son lit on se couche et toussa-touça, mais quand il s’agit de ne pas finir le paquet de crocos Haribos pour ne pas devoir devoir racheter des fringues une taille au-dessus en se tuant le pouvoir d’achat, d’éteindre la lumière pour ne pas mourir de surendettement après les hausses de tarifs, de TVA et de CSG sur l’électricité, et de prendre moins souvent des vacances avec voyage en avion et transits en bus diesel pour éviter le réchauffement climatique (ou alors, au moins, compenser carbone) , c’est mort.

C’est comme ça, il vaut mieux en rire ; lire bloguer.

Quoi qu’il arrive de bien, de moins bien ou de pire, la vie continue.

C’est pareil pour tout le monde, mort ou vif.

E la vita e bella comme ça, basta cosi.

Renaud Favier – 1er novembre 2012

Quoi qu’il en soit, qu’on soit plus mort-vivant que vif ou bon vivant ; qu’on soit, ou pas très impatient de pouvoir lire le déjà téléchargeable eBook « Compétitivité 2012 » et/ou d’enfin savoir si Louis Gallois préconisera officiellement de libérer la croissance des entreprises en voie de disparition en France et de rembourser un peu de dette avant la hausse des taux et la baisse des prix du gaz de schiste ; qu’on voit, ou pas, un espoir de survie pour le made in France laissés aux bons soins palliatifs du ministère de la production en érection, sauf pour les pompes funèbres qu’il semble quand même compliqué de délocaliser tant qu’on n’aura pas installé tous les hôpitaux et hospices en pays low-cost ; qu’on voit, ou pas, une trajectoire pour le redémarrage de la filière automobile française (en Corse pour les concessionnaires Porsche, ça devait pouvoir durer encore quelques décennies) ; qu’on soit, ou pas, consommateur plus ou moins furtif de littérature érotique, ou porno-lignt, voire carrément hard (nb que si on achète ça sur internet ou par carte de crédit dans une librairie, n’importe quel avocat du divorce pas trop demeuré et manquant d’humour trouvera de quoi alimenter son dossier et faire augmenter son bonus de résultat), juste nouveau lecteur connecté très, voire trop normal, rat de bibliothèque à l’ancienne, amateur de belles lettres, esthète des éditions rares, gastronome de l’odeur du vieux papier et des annotations manuscrites, furtif consommateur de SAS ou de Max Gallo, pervers boulimique de littérature sud-américaine ou de vieux poètes morts du monde d’avant-hier, aveugle préférant le braille (aux braillards ?), grand routier ou cadre passant la moitié de sa vie en réunions condamné aux livres audios, ou pas … si on peut porter un Kindle et si on sait télécharger sur Amazon, on peut emporter une bibliothèque électronique entière pas nocive pour le neurone dans sa poche pour les vacances scolaires ou les RTT de Toussaint. Quelques échantillons en cliquant sur les icônes.

        

Si on a un SmartPhone plus ou moins de fonction et/ou si aime bien avoir partout avec soi la tablette à plus grand écran genre iPad ou Notebook dont on bénéficie comme avantage en nature réservé aux hauts potentiels (mais qui, sinon, peut s’acheter à la FNAC tant qu’elle vend ça entre les aspirateurs automatiques made in China et les présentoirs pour bestsellers érotiques made for desperate housewives qui ont arrêté de suivre « Plus belle la vie » parce que c’était trop intello, ou chez Surcouf pour faire plaisir aux vendeurs qui étaient toujours sympas avant la triste fermeture définitive, quitte à coller un logo de la boite derrière pour ne pas passer pour un blaireau en réunion de service mais à pouvoir cacher l’autocollant dans le train ou l’avion avec le protège-écran si la jolie voisine préfère les hommes un peu libres), on peut également lire online ou télécharger plein de livres électroniques sur la plateforme française Youscribe (nb le format pdf disponible sur Youscribe est assez pratique sur grand écran et moins fantaisiste que ePub à l’impression en format A4, recto-verso 2 pages par feuilles pour le bilan carbone, bien sûr). Quelques exemples en cliquant sur les icônes ci-dessous.

               
               
         
           
        

Et si on préfère lire ce qui est gratuit, rapport à l’argent, ou parce qu’on en fait une question de principe, ou parce que c’est la crise, par exemple, on n’a qu’à cliquer sur les icônes ci-dessous pour télécharger des livres électroniques, mais pas tristes, à l’oeil.

        

Et puis, si on est vraiment fanatique du commerce extérieur français qui ne s’est pas tellement amélioré depuis que la nouvelle Ministre achète des sacs à main made by France à l’étranger pour doper les chiffres de l’export en mouillant elle-même le chemisier, ou passionné par la compétitivité des entreprises françaises avant les éléments de langage des conseillers en communication de Montebourg ; le rapport Gallois ; le Plan Hollande au XXIè siècle, ou si on a un peu besoin de se documenter sur le sujet en mode un peu “think different” pour son boulot ou ses études, on peut aussi e-lire gratuitement sur la compétitivité et toussa-touça en France, en cliquant ci-dessous.

              

Le bonus de saison (pas d’angoisse, cliquer sur l’image est sans danger de tomber sur un rapport sur la compétitivité sexuelle, une version plus ou moins clandestine ou rivale de « Fifty Shades of Grey », un powerpoint sur la trésorerie des petites entreprises individuelles et autres auto-entrepreneurs/ses, ou une vidéo sur le commerce d’objets en cuir bio manquant d’humour sauf pour les blagues fiscales), parce qu’on a beau être mortel et la météo a beau ne pas inciter à la bagatelle entre Halloween et la fête des morts, on n’est est pas moins humain.

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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