Qu’en dirait … Forrest Gump ?

« Life is like a box of chocolate …« , aucun doute là-dessus. Et on dit que le chocolat est bon pour la santé et excellent pour le moral. Mais il vaut mieux ne pas laisser fondre ou s’envoler les meilleurs en les réservant pour plus tard (ni jeter n’importe où le papier métallisé).

Forrest dirait que pour que les mo(r)ts et la vie aient un sens, il est important de penser à ses « proches » en période de Toussaint, d’aller embrasser les vivants et leur offrir un bon livre ou deux, et de faire l’effort de nettoyer quelques pierres tombales même si c’est aussi la saison de gratouiller un peu dans les jardins plus ou moins publics dont on apprécie qu’ils soient correctement cultivés ou les forêts plus ou moins privées où on aime se promener et chasser les champignons. Sans négliger les invisibles et les moins proches, bien sûr. Et ce n’est pas pêché mortel de profiter des soldes dans les clubs de bronzage d’outre-méditerranée et plus loin si affinités avec des aéroports où l’on ne rencontre pas son patron en tournée d’inspection de la filiale délocalisée en francophonie socialement amie ou les politiciens en récupération avant campagne des éprouvants (d)ébats de rentrée sur les sodas, les oreillettes et autres fiscachicayas insignifiantes.

Forrest dirait que pour que l’histoire et la civilisation aient un sens, il est important que les politiciens aient celui de l’humour et l’à-propos de s’effacer en prenant leurs responsabilités et en accomplissant le devoir pour lequel ils ont été recrutés en CDD malgré tout ce que de trop nombreuses anomalies et autres accrocs (escrocs ?) à la démocratie durable ont pu leur laisser penser. Et sont très correctement payés quoi qu’on ait pu leur raconter sur des salaires, des niches, des parachutes et autres régimes spéciaux encore plus scandaleusement dorés. Quitte à perdre des élections. Ou en partant en Irlande ou plus haut selon les circonstances avant d’emmener leurs contemporains vers le naufrage comme trop capitaines de Titanics hypnotisés par des icebergs trop lourds pour eux et autres patriarches voulant passer l’automne de trop entre fauteuils en velours et sièges en cuir sans comprendre qu’une balle dans la tête est possible, même pour ceux qui furent un jour (les) meilleur(s).

Forrest dirait que pour qu’une guerre ait un sens, il vaut mieux pouvoir en revenir vivant. Même si parfois on peut se demander si, la nature humaine étant « bien » faite, un conflit un peu long et assez lointain ne présente pas plus d’avantages que d’inconvénients pour pas mal de monde. Depuis les porteurs de valises (ou sacs de sports s’il s’agit de financer de justes causes plus modernes) jusqu’à toutes les catégories syndicales de porteurs de chaussures sur mesures et de décorateurs de villas de gradés expatriés et autres poitrines méritantes. Quant aux fabricants de fauteuils roulants menacés par les principes de précaution automobiles et autres lobbies pour l’euthanasie, ils ne peuvent que se féliciter que l’expatriation virile d’une partie de notre belle jeunesse soulage les DRH débordés par les hordes de stagiaires longue durée au tiers du SMIC et les CRS mobilisés même les jours de match par des quarterons d’indignés en révolution Facebook permanente.

Forrest dirait que pour que l’avenir ensemble ait un sens, il ne faut pas serrer des mains qu’entre amis de 30 ans supporters du même club sportif, politique ou social, entre membres des mêmes sociétés civiles, commerciales ou supposées secrètes, entre inconnus qui n’ont aucune intention de se connaitre mais qui se croisent en mondanités incontournables ou entre candidat(s) et zélecteur(s), ou vice-versa, sur les marchés et autres haut-lieux de la vie de la cité en période électorale. Parce que sans obligatoirement être zélote de la paix du Christ (ou assimilé dans les autres religions qui prêchent plus ou moins l’amour du prochain une fois par semaine en général) avec le voisin qui a la grippe, ses écouteurs sur les oreilles ou de grosses verrues à la main, ça ne peut pas faire de mal de (se) regarder et d’être regardé dans les yeux de temps en temps.

Forrest dirait que ce serait mieux que l’Europe et l’Euro gardent le cap pour une certaine idée du futur mais que ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat (de crevettes cajun style de chez Bubba Gump Shrimp ?), d’acheter des sondages et de faire causer à la TV aux tarifs de jour férié tout le landerneau des usual suspects médiatiques plus ou moins zexperts de permanence, politiques à la mode ou juste auto-bronzés qui passaient par le studio et qui se (nous ?) trompent tous à peu près tout le temps parce que les variations des cours du pétrole ou du dollar, la concurrence plus ou moins asiatique et plus ou moins sauvage, les tempêtes et autres atteintes contrariantes à l’environnement, les marchés hostiles et spéculateurs meurtriers, les réglementations administratives ubuesques et élucubrations politiques farfelues, les capitaines débutants et éternels marins d’eau douce, toussa-toussa c’est business as usual dans le chocolate box pour Monsieur « tout le monde » alors c’est pas la peine de mobiliser les grands du monde de l’économie et de la finance en tarif de nuit et de remplir un Carlton et un Sofitel à Bruxelles pour décider de refaire une réunion plus tard dans la semaine parce qu’une nuit de vol en première classe porte conseil et apporte des miles, sans compter que depuis que DSK voyage moins en long courrier, les jolies hôtesses qui servent du bon champagne à volonté ne sont plus en chômage technique. Et parce que même si Cap’tain  Trichet part à la retraite et sera remplacé par un G.O. de l’Euro Club Med, et même si des pirates profitent de la situation et même si la ligue hanséatique est un peu casse-bonbon, « la nave Europe va ». De toute façon, ni elle, ni le monde n’ont vraiment le choix parce que c’est comme ça avec le chocolate box : on ne sait pas vraiment ce qu’on aura mais la boite n’est jamais vide et c’est toujours comestible.

« T’es déjà monté sur un crevettier ? Non, mais je suis déjà monté sur un tas d’autres arbres. » (FG ?).

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 22 octobre 2011

  

Ps : enfin, Forrest dirait quand même qu’il y a des politiciens qui servent et ressemblent moins à rien que d’autres, qui donnent l’impression de ne pas seulement regarder au raz du rond-point à inaugurer et qui inspirent confiance pour trouver des solutions potables en cas de vraie crise « grave et sérieuse » limite « catastrophe » (vérifier les éléments de langage validés par les communicants pour le week-end) du genre à déclencher une petite fin du monde si on ne fait le job. Si Forrest n’était pas pro-européen et courtois, limite poète, il dirait qu’on a eu toutes sortes de missiles plus ou moins politiques (demi-sel ?) depuis un petit demi-siècle et qu’on a les Cuba (culs bas ? coups bas ?) qu’on mérite.

C’est fini pour aujourd’hui parce qu’il n’y a pas que les rug-Bleus qui doivent courir un peu.

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Qu’en dirait … César (Borgia, pas Jules, quoique …) ?

« Aut Caesar aut nihil » (Ou César, ou rien) répèterait l’héritier (des ?) Romain(s) au sujet duquel Machiavel a dû retenir sa plume pour transcrire une Histoire brutale de tyran de juste avant la Renaissance européenne en un genre de « Gouverner pour les Nuls » vintage.

Shakespeare fait dire à l’autre César (Jules) pas mal de vérités dont certaines visaient à fâcher les (im)puissants des Empires du moment. Rien de particulier sur les cours (les courts ? la cour ?) du sesterce, le déclin de la Grèce (graisse ?) ou autres épiphénomènes (real men ?) de l’Histoire antique parce que comme tous les « grands » et artistes un peu détachés des bassesses et autres contingences, il devait penser : « l’intendance suivra ». Va savoir s’il ferait dire « Veni,vidi,vici » à l’ambitieux Borgia, et en quelle latin, s’il pouvait écrire aujourd’hui.

Mais César Borgia, c’est une autre histoire même si ça se passe plus ou moins au même endroit et et définitive à peu près dans les mêmes circonstances et avec des gens peu différents. César Borgia n’a par exemple, pas pu dire « Toi aussi mon fils » à sa seule fille « officielle » qu’il n’a guère connue et qui n’a pas commis de méfaits notables, ni à la grosse douzaine d’enfants illégitimes dont aucun n’a, heureusement, pu perpétuer les moeurs du « glorieux ancêtre ». Il pouvait, en revanche, dire ‘Mon Père » à double titre au sien, ce qui n’est pas donné à tout le monde. En tout cas, cela amuserait autant Shakespeare que Machiavel de revisiter la formule en inventant un genre de « Toi aussi, mon petit fils, » au sujet de la famille Bettencourt qu’il jugeraient peut-être digne, sinon d’hériter des milliards d’un inventeur de shampoing (on a les parents commerçants qu’on mérite, tout les mécènes ne peuvent pas être fils de pharmaciens florentins comme les Médicis, et les dividendes qu’on hérite, mais tout le monde ne peut pas s’offrir des suites garnies dans de grands hôtels comme les petits Borgia du 21ème siècle), du moins d’être honorée de la médaille « Borgia » que le petit César d’il y a 5 siècles aurait créé s’il avait vécu assez longtemps pour devoir inventer un honneur pour les généreux notables et autres fidèles soutiens comme tout Prince soucieux de l’équilibre de son canton, de la satisfaction des vanités (faute de bûcher) et du financement de son parti.

Sur ce Kadhafi dont la vie s’est déroulé en 3 actes comme toute bonne tragédie classique (la jeunesse du révolutionnaire adulé, l’âge mûr du terroriste controversé, le déclin du tyran détesté), Shakespeare, Machiavel et Goscinny s’amuseraient à faire dire à leur petit César « Delenda est Kadahafi » s’ils voulaient faire sourire mais Borgia ne se moquerait probablement pas d’une sorte de disciple qui a très consciencieusement empoisonné plus de décennies qu’il n’en a lui-même vécu et qui est mort pareillement sans gloire lors d’un siège militaire sans importance.

En tout cas « tu n’es qu’un homme » penseraient également César Jules et Borgia César sur le très (trop ?) gaulois DSK même s’il se confirme qu’il est non seulement blanc pour le Sofitel et pour la journaliste (voir la presse hostile au conservatisme de gauche en général et à la candidature #DSK en particulier pour les derniers développements de la forêt derrière l’arbre Tristane), mais transparent pour le Carlton et ni responsable, ni coupable de la guerre électorale d’une Gaule devenue de candidats et zélus coupeurs de cheveux et autres poils de chevaux en quatre au tarif de nuit après avoir celle de guerriers mieux chevelus et souverains plus mémorables. Mauvaise surprise pour César, fut-il Borgia, que les petitesses des nouveaux maîtres du monde gaulois.

Sur les députés qui passent leur séance de nuit (en heures sup ?) à protéger la niche fiscale des chevaux de course ou à vérifier le taux de sucre des boissons pour adolescents alors que Rome l’Europe brûle ; sur les donneurs de leçons médiatisées ramollis de trop de pouvoir, trop d’honneurs, trop de confort, trop de tout comme de vieux maréchaux napoléoniens qui n’auraient même pas livré de batailles avant de se vautrer dans l’autobronzant et les canapés des plateaux TV ; sur les responsables économiques qui n’ont pas entretenu notre jardin d’éden sans voir que des communistes cultivaient avec succès leurs rizières et que des koulaks faisaient refleurir leurs kolkhozes, César Borgia dirait comme son illustrissime impérial prédécesseur romain que c’est pas un cadeau que d’avoir de telles zélites zélus.

« Bravissimo » concluerait l’empoisonneur devant les prêts toxiques à des collectivités dirigées par des élus peut-être bon père de famille selon la formule consacrée en cours de droit de 1ère année mais (très) naïfs et qui pourraient quand même prendre quelques cours du soir de finances plutôt que de passer leur temps à faire la claque dans des meetings ou le public sur des plateaux TV, quelques leçons d’économie réelle le week-end plutôt que de serrer des paluches ou tracter des publicités politiques jamais lues sur les marchés et de mériter un tant soit peu les voix en semaine plutôt que de faire marcher le petit commerce dans les grands hôtels ou de voyager (d’études ?) en business et plus si affinités pour aller voir perdre des matchs de foot en Espagne pour les uns, faire des photos (souvenirs ?) électorales à Fukushima pour les autres, ou simplement faire pré-campagne pour les élections des députés des Français de l’étranger pour un peu tout ce petit monde qui ne mérite guère de lauriers.

César Borgia est mort à 31 ans. Au moins n’a t’il pas consacré trop de son temps sur terre à préparer sa retraite ou son exil, à ridiculiser la démocratie pour s’assurer une élection à un genre d’Assemblée pas trop indispensable ou le parachutage de notables « amis » dans des fromages pas trop nécessaires, ou à se faire construire sur fonds plus ou moins suspects des datchas plus ou moins consternantes sur l’une ou l’autre rive du mare nostrum et des niches fiscales de taille palais autour de l’un ou l’autre des parking à 4-4 à sièges en cuir du Nord de l’Euroland. Mais même s’il peut rester silencieux parce que Machiavel lui a assuré une gloire éternelle avant même les mangas, Manara et Canal+, il nous dirait volontiers qu’on a les César et les Romains qu’on mérite.

« L’Euro(pe) ou rien » dirait César Borgia aujourd’hui. Ou pas …

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 21 octobre 2011

  

Ps : sur le affaires et la justice du moment, César (Borgia, pas Jules, quoique …) dirait d’aller poser des questions préalables à Montesquieu parce que même s’il en a vu de toutes les couleurs avec Lucrèce et quelques autres délinquants, lui, il n’est qu’un homme qui ne commente pas les (in)décisions de justice et qui sait bien que « Dura lex, sed lex », en général. Ou pas …

C’est fini pour aujourd’hui, parce qu’il y a temps pour l’humour et un temps pour la littérature sérieuse sur les Borgia.

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Qu’en dit-on … dans Net-Land-Art ?

Net-Land-Art est un des rares trucs à lire sur demain dans lequel on ne s’interroge pas (encore ?) sur le prénom de la dernière première petite fille de France et où ce qu’on lit n’est pas (encore ?) sponsorisé, ni (trop ?) lobotomisé par des réflexes militants de vieux … siècles.

Dans Net-Land-Art 1, on parlait un peu de la météo et d’autres contrariétés à venir après Copenhague, Cancun et autres thermomètres du changement climatique mais on n’avait pas vraiment prévu les cours des bourses ou les manifestations de l’été indien après l’été pourri.

Dans Net-Land-Art 2, on a un peu suivi la sécheresse et les tribulations d’un écolo en classe primaire autour de la Rochelle (sic) mais on s’est vite rendu compte que toussa-toussa n’aurait guère d’impact sur la fonte des glaces, la e-réputation des vrais et faux requins ou le destin des éléphants.

Dans Net-Land-Art 3, on a constaté les dérèglements politique et climatique et on s’est bien dit qu’une météo des vacances pourrie comme ça allait indigner un peu tout le monde et que ça promettait des burn-out et autres manifs de rentrée en cas d’été indien.

Dans Net-Land-Art 4, on reparlait un peu « d’avenir du futur », comme on disait dans les années 70, mais on a oublié le manuscrit à la bibliothèque de Paris-Plage et on verra un peu plus tard si quelqu’un a la gentillesse de le rapporter. En attendant, on peut toujours boire un café.

Dans Net-Land-Art 5, on verra très bientôt ce qu’on en dira, de ces histoires d’indignations, de djeuns, de révolutions, d’octobre, de AAA, de primaires, de sauvetage de l’Euro(pe) et plus si affinités avant qu’il ne soit trop tard parce que la bise (mortelle ?) fut venue et toussa-toussa.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 20 octobre 2011

C’est fini pour aujourd’hui, mais ce n’est pas une raison pour se (re)coucher.

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