Qu’en dirait Jackie Kennedy ?

Si déjà Jackie Kennedy avait la dent dure contre nos madeleines des 30 « glorieuses », que ne dirait-elle pas ces jours-ci … Même en faisant la part des choses et en mettant de côté sa grosse molaire contre Marilyn, seule explication pour avoir trouvé Mongénéral « méchant ».

A tout seigneur, tout honneur, elle consacrerait probablement les premiers rouleaux de sa Remington au Président. Et même si elle était un rien critique sur Luther King et si comme elle le dit au grand dam des féministes « ses opinions politiques étaient celles de son mari », ça lui ferait sûrement plaisir qu’un démocrate fidèle (à preuve du contraire ma pauv’ dame, ce monde va tellement à vau l’eau qu’on n’est plus sûr de rien) à une femme brune soit Président des Etats-Unis et elle écrirait probablement du bien d’Obama qui a l’élégance de réveiller l’esprit de la Nouvelle Frontière en regardant Mars sans vouloir marcher sur les pieds d’Armstrong ou faire de l’ombre à JFK sur la lune.

Elle ne serait probablement pas trop impressionnée par les cow-boys du moment : l’Indochine, c’était plus sanglant que l’Irak mais « Mash » et « Apocalypse Now », c’était quand même autre chose que les images satellites de bombardements de Bagdad ; la guerre froide contre Monsieur K était sûrement un peu moins excitante que la guerre économique mais les échanges d’espions dans le brouillard de ponts filmés en noir et blanc avaient quelque chose de plus civilisé que Michael Douglas dans « Wal Street » ou on ne sait même pas qui dans « Social Network » ; et puis même si Jackie avait apparemment un genre de béguin pour Malraux, les expéditions de BHL & Co. à la recherche du Kadhafi perdu ne lui arracheraient probablement qu’un soupir, on a les baies des cochons et les Barbudos qu’on mérite.

Elle soulèverait certainement un sourcil noir en voyant les nouveaux maîtres du monde passer du caviar du Winter Davos aux nids d’hirondelles du Summer Davos mais ce n’est pas la femme qui a épousé successivement les bonnes et mauvaises fortunes des Kennedy et les audaces spéculatives d’Onassis qui s’étonnerait trop longtemps qu’on joue toujours au poker, à la loterie ou en bourse pour essayer de, ou pire, réussir à devenir milliardaire plutôt que de construire des avenirs, ni s’indignerait trop tartuffement que les grosses voitures noires fassent encore rêver les petits garçons et les toilettes de luxe fantasmer les petites filles.

Pour la Grèce, elle serait peut-être sincèrement peinée pour les djeuns et moins djeuns en mode panic dans les rues d’Athènes mais Aristote (Onassis, pas le précepteur d’Alexandre du temps où les politiques étaient Grands et dont on ne parle sauf erreur pas dans le nouveau best-seller sur Jackie bizarrement déjà en promo à -46% chez Amazon) avait inventé le concept du rachat de morceaux du pays par ceux qui pouvaient s’offrir les meilleurs pièces des mondes antiques et modernes pour avoir eu l’intelligence de racheter à bon compte les surplus de guerre (à l’époque, les pétroliers étaient bradés par l’armée, aujourd’hui les actions des banques européennes sont en solde et on peut aussi acheter pour pas cher du terrain et des bras dans les pays émergents si on a la fibre industrielle) et le talent de surfer sur la nouvelle économie de son temps, qui est toujours la seule réelle n’en déplaise aux zexperts de plateaux TV et autres nostalgiques d’une certaine idée de l’économie d’avant la chute des murs. On a les Skorpios qu’on hérite.

Quant à la France où deux guerres des boutons en couleur mais sans charme essaient péniblement de rappeler un film en noir et blanc fait avec des petits bouts ficelles mais du gros talent et de grands coeur, où ceux qui ont perdu leur valise râlent à la TV plutôt que de risquer de déclencher une grève du transport aérien en contrariant les vrais responsables ou en la cherchant là ou elle est (c’est facile, il suffit de lever le nez et d’aller renifler où il y a une odeur) et où ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des universités d’été ou des primaires font de l’audimat à l’ORTF en menaçant d’aller chercher 500 signatures si on ne leur promet pas un bon maroquin ou au moins un sérieux fromage à indemnités inversement proportionnelles aux horaires et responsabilités (les emplois vraiment fictifs, en principe, c’est moins à la mode, même si on commence à revoir à la TV le gusse qui aurait mieux fait de faire ses cours à l’université que de parler pour ne rien dire et de pourrir les vacances de plein d’amateurs de thé à la menthe) comme à tout le monde, en parlerait-elle même encore où aurait-elle la charité d’attendre que la (grande ?) nation, voire le (grand ?) monde, ait retrouvé ses (grands ?) esprits ?

En tout cas Jackie Kennedy, qui semble avoir déjà à son époque eu une très lucide certaine idée de la France, n’en tomberait probablement pas beaucoup plus amoureuse aujourd’hui, surtout qu’elle avait quand même un faible pour les gens riches même si elle semble avoir été émue par Malraux (l’histoire ne dit pas si ses yeux voyaient le ministre de la culture du pays des Lumières, le fidèle de Mongénéral épris de liberté et d’anticolonialisme ou l’aventurier d’autres voies royales). On a ce qu’on mérite.

Anyway, Jackie ne serait ni très étonnée, ni très déçue d’ailleurs, par grand chose du temps présent en fait, parce qu’elle connaissait assez bien la nature humaine pour avoir fréquenté autant les grands que les petits devenus grands de ce monde et savoir qu’aucun n’était grand … chose d’autre que quelques dizaines de litres d’eau pas très pure, un petit tas d’os pas très solides et un peu de viande plus ou moins hormonée sinon avariée ; elle n’ignorait pas le goût des compatriotes de Zorba pour les déclins, tragédies et autres désastres annoncés ; et elle savait le talent des Européens pour des suicides collectifs spectaculaires alors que les fils de Jean Monnet choisissent une espèce de noyade sans panache avec avocats plus ou moins professionnels pour le constat de décès et politiciens plus ou moins fonctionnaires pour la lecture des volontés des défunts, ou vice-versa, ne la surprendrait probablement qu’à moitié, même si les voies et moyens lui sembleraient un peu étriqués, un peu … franchouillards ? On a la cigüe qu’on mérite.

Elle se dirait quand même qu’il doit y avoir une Nouvelle Frontière. Vers le haut.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 15 septembre 2011

          

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Quand même les actions de banques pour bons pères de famille décalent de 20% en séance, la France commence à douter d’un peu tout et à se demander si c’est de l’Euro, du CFA, du dollar ou du … « Pascal » dans ses valises. Il faudrait interroger le chat de Bercy.

Parce que même si toutes ces spéculations et autres fringales de fonds au poches profondes et pas toujours très claires sur lesquelles les zexperts qui se sont toujours trompés se font payer pour expliquer entre deux pubs à la télé ce qu’ils ne comprennent pas ou ce que les théoriciens du complot des banques anglo-saxonnes ont voulu dire sont plus un thermomètre mal placé pour l’économie et l’emploi que la cause de la fièvre européenne qui vient assez simplement et maastrichtiennement de budgets déquilibrés pour cause de clientélisme chronique, d’électoralisme de bas étage et de dettes publiques qui ont crevé les plafonds pour éviter le pire en 2008, à part le chat de Bercy qui doit quand même avoir quelques logiciels pour espionner les transactions boursières suspectes et y voir clair dans les flux (clear stream, faut suivre) de chambres de compensations obscures (by the way, étymologiquement, « Luxembourg », ça ne voudrait pas dire village de lumière ?), on voit mal qui pourrait identifier les tricheurs et autres rumeuristes de marchés confortablement exilés dans leurs paradis fiscaux et autres sièges en cuir.

Parce que pour toutes ces histoires de financements politiques plus ou moins bizarres pour lesquels les lignes France Télécom n’ont plus d’abonnés, les listings flottent, les « balances » s’affolent et les mémoires flanchent (avant que les juges autographient leurs bouquins à toutes les universités d’été et que les Péan et consorts soient moins censurés qu’au temps du bon docteur Gubler, les vrais-faux suspects partaient en Amérique du Sud et des avions privés disparaissaient avec des dossiers et des gens en dehors des zones de couverture radar, c’était moins tiré par les cheveux et les amnésiques et autres morts ne portaient plus ni valises, ni plaintes), sans le témoignage du chat qui a vu passer la plupart des protagonistes et qui peut sûrement accéder aux fichiers qui vont bien, il faudrait vraiment que les clients aillent chercher leur avocat au tribunal pour enfant de c(h)oeur pour ne pas obtenir un non-lieu comme tout le monde, ou au moins un report sine-die si les juges ont égaré leurs lunettes de lecture ou leurs marques-pages.

Surtout que si on prend le dossier par le bout des petites entreprises politiques plus ou moins fictives mais pas perdues pour tout le monde et pas par la tête du poisson qui sent un peu fort dans la gueule du chat, on n’est pas sorti de l’auberge.

En attendant, avec toutes ces légions (d’honneur) d’histoires où l’argent n’a pas trop d’odeur genre Servier (grand croix), Gourgi et jusqu’à la gloire cycliste nationale (commandeur) alors même que le Tour de France avait été « dopage-free » à preuve du contraire, même le chat ne semble pas au courant et recommande de s’adresser à plus expert que lui en médailles : on ne sait plus à quel chien se vouer même entre meilleurs amis (de l’homme ?).

Pour ces histoires de médaille en chocolat qui ont comme un goût et autres fonds odorants, il faudrait quand même vérifier avant 2012 si la Grèce ou d’autres présumés innocents n’auraient pas porté ou reçu des valises en excédent de bagage en avion plus ou moins privé, pris quelques libertés avec des impôts ou dépassé irrégulièrement les 35 heures hebdomadaires d’emplois fictifs et autres fromages réels. Avant qu’un journaliste ou autre twitteur ne sème encore des malentendus entre amis politiques et plus si affinités, ou qu’un rumoriste ou autre anonyme sur Facebook n’affole les marchés en racontant que nos champions étaient dopés ou en diffamant d’honnêtes politiciens professionnels, ou leurs plus ou moins proches, ou des patriotes grandement commis au service de l’intérêt général au-dessus de tout soupçon de spéculation sur le Franc … suisse.

Parce que « ça la ficherait mal » et que les TV françaises croiraient encore que c’est essentiel et nous gaveraient 48 heures de ce clou qui chasserait les autres en oubliant comme d’hab’ que le monde tourne pendant qu’on regarde l’eau trouble sous nos vieux ponts incontinents (honni soit qui vieux mâle y pense) avec quelques cadavres romantiques et autres rats d’égouts (dégouts ?) qui passent de temps en temps et même des péniches pleines de touristes fatigués par le décalage horaire ou la queue aux musées parisiens.

Parce que ces « toussa-toussa » gaulois, même s’ils sentent un peu comme les bouches d’égouts quand la municipalité a négligé les travaux de voirie parce déjà elle ne peut plus payer l’électricité ni rembourser ses emprunts à taux variables en francs suisses mais que quand même elle se présentera et sera élue aux prochaines élections sauf si quelqu’un de vraiment motivé à prendre la place prouve devant huissier et caméras de vraies malversations graves, du dopage à très hautes doses ou des incompétences pathétiques juste avant le vote pour éviter les non-lieux et autres présomptions d’innocence qui font hésiter le bon citoyen et rassurent le militant godillot dans l’isoloir, c’est quand même moins important pour l’avenir des Français et autres Européens que la Grèce, Moddy’s, la fonte des banquises, les révolutions du jasmin, le salon automobile de Francfort, la coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande ou cet été sérieusement pourri mais qui finit beaucoup trop vite quand même.

Parce que même si c’est pas le chat et si qui sait ce que sait le chat, le chat sait qui c’est (mais qui a marché sur la queue du chat ?) et il connait la blague « c’est le chat ». Et aussi celle sur ce restaurant où la nourriture est très mauvaise et … les portions trop petites.

C’est fini pour cette fois.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 14 septembre 2011

          

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Maudit Mood’ys ou Participation 2.0 ?

De jeunes vendeurs de (fausses ?) notes préconiseraient de déclasser, après Japon, Etats-Unis etc … des banques françaises exposées au risque grec. Les bourses d’Europe et l’Euro plongent le nez dans leur café, le CAC glisse sous 3000 mais New-York et l’Asie regardent ailleurs.

Heureusement, les marchés ne sont probablement pas des gens beaucoup moins sérieux que les autres et personne n’attache beaucoup plus d’attention aux analystes de crédit qu’aux experts en sondages ou en nucléaire, aux commentateurs de justice ou de poker, aux météorologues et autres journalistes sportifs, et aux autres communicants politiques en général, probablement trop nombreux et certainement tous beaucoup trop payés pour ce qu’ils apportent réellement à l’écosystème (c’est pour dire « humanité » avec moins d’ambiguïté parce que sinon on pourrait croire que tous les gens sont humains, et moins de risque d’hilarité qu’avec « civilisation » parce que ce mot là, il fait vraiment ringard, limite vintage) avec leurs game-boys pour adultes.

Les vrais professionnels de la bourse et autres animaux à sang froid s’étaient déjà rendus compte depuis quelques semaines que les banques françaises ont acheté pas mal de titres grecs pour faire plaisir à court terme à leurs actionnaires (voire aux analyses qui ne détestent pas un peu de window-dressing discipliné) trop contents de voir des obligations d’état en Euro, lire « des titres sans risque, en principe », rapporter autant que des investissements aventureux et moins liquides au bout du monde. Pas mal de gens sérieux avaient déjà vendu, quitte à se goinfrer d’options « Call » et autres produits dérivés pour bien surfer sur les rebonds.

Les marchés européens ont joué le jeu hier pour le principe et on courtoisement dévissé comme un gentleman ôtait son chapeau ou un gentilhomme faisait le baise-main, parce que ce sont des gens disciplinés qui respectent quelques apparences et traditions mais à part les vrais gens de l’économie réelle européenne, notamment ceux de l’Europe Club-Med selon l’aimable formule de l’Allemagne qui en économie comme au foot gagne en général même si de temps à autres un Club-Med plus ou moins dopé fait illusion, tout le petit monde boursier se fiche des fondamentaux et autres sous-jacents et surfe les vagues d’où qu’elles viennent, trop content que la mer soit agitée même si les tsunamis à répétition pourraient à la longue avoir des effets un peu imprévus, voire contrariants.

A force de jouer avec le feu, ils vont finir par dérégler le climat en Europe et même si le réchauffement pourrait aider la Grèce et autres Club-Med qui pourront vendre quelques années de l’électricité solaire à l’Allemagne qui a arrêté son nucléaire, les seuls qui gagnent sérieusement de l’argent avec les panneaux solaires, c’est les propriétaires des usines chinoises qui les fabriquent, les vendeurs de technologies et de composants pour panneaux et quelques intermédiaires bien connectés dans le nouvel écosystème.

Ce qui est sûr c’est qu’aux prix soldés du moment, il y a d’assez jolies opportunités pour quelqu’un qui aurait les poches un peu profondes, genre fond souverain ou autre gros acteur économique solvable qui ne sait plus trop quoi faire de la trésorerie accumulée à force de virer du monde et de vendre les actifs potables, maintenant que l’or est un peu cher et que le moindre mètre carré un peu sympa dans les villes musées d’Europe a déjà été acheté par lui-même ou ses congénères. Parce que les agences des banques françaises sont bien placées en général, pas mal sécurisées ce qui pourrait s’avérer utile en cas de révolution prolétarienne ou autres grèves étudiantes avec casse de vitrine et pillage de magasins, et qu’aux cours de bourse actuels, ça vaut le coup d’acheter pour transformer les DAB en distributeurs de DVD ou en bornes d’accueil pôle emploi.

C’est pas que ce serait un vrai drame d’avoir un DAB de moins sur les places de centre-ville où on a en général au moins 4 ou 5 qui se regardent en chien de faïence mais déjà que tous les petits commerces sont à la ramasse et que les seules lumières en ville la nuit sont les enseignes des banques parce que les zélus municipaux et cumuls si affinités ont tellement géré les finances en bons pères de famille qu’ils nous ont endettés à taux variables en franc suisse ou autres placements miracles indexés sur l’or ou autres diesels financiers pour lapins crétins gaulois du 20è siècle et qu’ils ne peuvent même plus s’endetter pour payer l’électricité à crédit, ce serait quand même dommage de vendre en solde les derniers bijoux immobiliers de famille à des zinvestisseurs zinstitutionnels zétrangers qui feront comme pour leurs appartements parisiens et autres châteaux en province, les travaux de mise aux normes avec des robinets de luxe made in Germany, d’équipements de cuisine avec du matos made in far away et la mise à niveau du toutime de sécurité made in encore plus far away parce que comme c’est juste pour thésauriser et que personne n’occupera les lieux hormis un gardien si c’est très grand, il ne faut pas que les boulangers et autres restos du coin espèrent que ça va leur apporter de la clientèle.

On peut quand même s’étonner un peu du silence assourdissant de nos responsables politiques. Bien sûr, ceux qui ne sont pas aux manettes sont trop occupés par les échéances électorales ou les commentaires circonstanciés sur les accidents nucléaires dont ils ne savent rien ou les petites affaires du moment dont ils savent depuis longtemps, au gré des annonces TV ou de la publication dans les livres de rentrées de vérités garanties plus ou moins véritables mais également connues depuis aussi longtemps par le microcosme que la double vie de François Mitterrand ou les troubles de mémoire de Jacques Chirac. Bien sûr, ceux qui sont aux manettes ont du boulot et le nez trop sur le guidon pour regarder beaucoup plus loin que le G20 (pour 2012, c’est vrai qu’ils n’ont pas trop à s’en faire si les ceusses d’en face continuent comme ça, si les ceusses des centres continuent comme ça et si l’extrême tribord n’obtient pas de ralliement de star de la TV) mais c’est quand même le moment ou jamais de rappeler que parmi les trucs pas lapin crétin que Mongénéral avait proposés, il y avait la participation. Alors puisque les grandes fortunes proposent spontanément d’acheter quelques indulgences de payer un peu d’impôts et que les petits épargnants s’inquiètent pour leurs éconocroques, ce serait une bonne idée de vite créer un fond souverain d’investissement, qu’on appellerait FSI 2 par exemple et pour ne pas déstabiliser les zinzins, qui pourrait par exemple investir 80% dans les banques françaises et 20% dans les PME parce que quand même c’est là que des emplois pourraient se créer si on baisse un peu les barrières sociales et fiscales.

Sinon, on peut continuer à maudire Moody’s aux cafés du commerce, à hésiter à recapitaliser parce que ce serait en principe contraire aux intérêts à court terme des actionnaires, à tergiverser sur une nationalisation temporaire parce que ce serait idéologiquement contrariant, à laisser nos banques et plus si affinités aux piranhas.

Sinon, si vraiment l’Etat ne peut ou ne veut pas pour conserver son AAA (qui est un peu une légion d’honneur de complaisance mais qui a la même utilité en rehaussant le crédit), un acteur privé un peu économiquement patriote, ou juste sympathisant francophile, ou simplement oportuniste, pourrait faire le job, même un exilé fiscal, parce qu’au point où on en est, on va bientôt devoir faire comme ces villages de pays un peu en dehors de la mondialisation qui survivent grâce aux remises de leurs travailleurs émigrés. En un peu « différent », bien sûr, parce que le village françafricain, c’est autre chose, comme toujours (mais c’est un sujet compliqué, les avis divergent même si Montebourg et Bourgi étaient « ensemble » sur Canal+ hier soir et les flingues tirent bas en période électorale alors il vaut mieux baisser la tête tant que ça défouraille et s’occuper de son jardin ou de la bourse plutôt que du marché aux -gros- poissons pourris).

Sinon, le petit épargnant français de 2011 peut placer un peu de ce qui lui reste d’épargne de précaution dans la bourse française en général (de préférence sur de boites qui ont compris la mondialisation, parce que c’est pas parce qu’on est un peu patriote qu’il faut être lapin crétin quand même), les banques françaises en particulier parce qu’on est jamais mieux servi que par soi même et que de toute façon, si jamais un malheur genre faillite grecque et/ou bancaire et/ou inflation et/ou plus si affinités arrivait, les actions des banques ne seront pas plus massacrées que les comptes et les indignés de whatever bord viendront avec des détecteurs de métaux piquer l’or caché dans la boite à sucre de l’armoire de cuisine.

Tomber or not tomber (dans le panneau, solaire ou pas) ?

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 12-13 septembre 2011

          

Ps : sinon, on peut aussi cultiver son jardin en espérant qu’il n’y a pas de nuage radioactif fantôme qui passe en déclenchant moins de procédures d’urgence que de silences lourds et autres criailleries opportunistes en période électorale, en priant que les impôts fonciers et tutti quanti ne grimpent pas encore plus pour rembourser la dette des municipalités, des départements, des régions, de l’état ou de tout autre boulet auquel on a délégué la gestion des dépenses souvent incontrôlées, des recettes parfois nauséabondes et des investissements parfois hasardeux, en rêvant à une sorte de sursaut incarné par des gens en qui on aurait au moins un peu confiance, à défaut de vraiment les aimer, en regardant un peu en arrière pour essayer d’y trouver l’inspiration, voire un genre d’espoir, une moins incertaine idée pour la France.

Ps2 : la nostalgie n’est plus ce qu’elle était, depuis un moment déjà, mais ce n’est pas une raison pour renoncer aux technologie modernes genre les e-books plutôt que les affiches électorales écrites par des stagiaires et vendues en librairie ou aux meetings pour groupies, ou au droit de vote « pour » si possible, « contre » si on n’a vraiment pas d’autre choix.

C’est fini pour aujourd’hui.

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