Hello 1er avril 2010 et Joyeuses Pâques

Le premier trimestre est passé.

C’est encore un peu la crise ou sa convalescence, voir :

Mais, selon la formule consacrée : « Jusqu’ici tout va bien »

Copenhague est à la trappe et le thon rouge est aussi mal parti que l’ours blanc ou les bêtes à cornes ou ailerons supposés aphrodisaques mais rien de très gravement nouveau sous le soleil. A suivre pour se tenir au courant ou soutenir une bonne cause parmi trop d’autres : http://www.wwf.fr/ ou www.unicef.fr par exemples.

A part quelques tremblements de terre ailleurs ou sécheresses loin et une tempête très près qui a rappelé les règles de base pour les permis de construire, business as usual, pas d’éruption volcanique majeure, pas de nouvelle épidémie de vaccins et pas de crash financier. La fin du monde et 1929 ont, semble t’il, été momentanément évités, les paniers AMAP luttent contre le réchauffement climatique et la faillite grecque met les points sur quelques « i » européens tandis que les succès du « modèle allemand »,  ne vont pas sans déclencher certaines divergences d’analyse mais permettent, pour faire lien avec une vieille blague de l’Almanach Vermot parce qu’on est quand même le 1er avril, de chercher les clefs de l’avenir où on les a perdues et pas où il y a de la lumière (ou des caméras).

Les cafés de Saint Germain des Prés n’étant plus lieux de débats intellectuels sur les lendemains qui chanteront,  le sexe des anges politiques ou la psychanalyse des contes de fées sociaux, les Gaulois discutent par Internet ou sur la TV publique de boucliers de Brennus fiscaux, sociaux, bientôt carbones … « O tempora, o mores … » (relire Astérix « Le bouclier arverne »). Ils ont aussi profité du calme de la saison d’hiver pour brainstormer sur sur la compétitivité de leur industrie, la traduction française de « Mittelstand », les ETI, le permis de chasse à la croissance à l’international, le « Made in France » et autres sujets connexes au patriotisme économique et à son vilain cousin toujours à l’affut d’un mauvais coup, le protectionnisme.

Le très documenté rapport du Conseil d’Analyse Economique sur la relation entre la performance et l’investissement direct étranger est déjà téléchargeable sur   http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/CAE89_IDE.pdf, (résumé 4 pages http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/CAE-2010-02_IDE.pdf ). Convaincant le plus souvent, à la frontière du totaulogisme parfois, ce rapport est une saine lecture.

Sur le « Made in France », très commenté par la presse lors des Etats Généraux de l’Industrie, un rapport officiel attendu en mars devrait sortir courant avril. D’un point de vue modestement perso à quelques jours de Pâques, le civisme économique 2010 peut ressembler à un chemin de croix. Ci-après quelques exemples vécus récemment sur le « made in France » :

Contrôle technique oblige, j’ai remplacé un véhicule (de près de 25 ans et devenu un peu capricieux, certes) qui fonctionnait très bien dans son rôle de base d’instrument de transport d’un point A à un point B, ne polluait pas plus que nécessaire (moteur à essence, pas diesel à fumée noire, et contrôle de CO2 régulièrement OK) et ne consommait pas plus en ville que n’importe quelle citadine récente. Dura lex, sed lex, le contrôle technique ne connait pas la crise et le morceau de pare-choc qui manquait et qui n’existait plus en catalogue ou même en casse risquait certainement d’éborgner un passant qui aurait passé la tête au ras du bitume. Ayant renoncé à lutter contre Courteline et abandonné le projet d’un geste symbolique « développement durable » faute d’hybride made in France et accepté de ne pas acheter « logique » made in Roumanie ou « ludique » made by Germany in England ou Smart made in France but by others (et vraiment tout petit) afin de soutenir ma conscience et l’emploi en période de crise, j’ai conclu avec un des contructueurs nationaux en mettant de côté les préceptes familiaux datant des sixties (« germanique ou japonais tu achèteras car elles roulent mais ne rouillent »), les doutes sur la nationalité des actionnaires du constructeur, l’incertitude sur le lieu de fabrication et l’origine des composants, enfin la suspicion légitime sur l’impact réel en termes de balance commerciale. N’ayant donc pas cherché à vérifier où la machine était fabriquée et étant parvenu à éviter les délais de livraison abracabrantesques en choisissant une occasion presque neuve (mais ne permettant pas la prime à la casse, hélas), force est de reconnaître que le contact commercial, la voiture et le service qui vont avec sont jusqu’ici parfaits.

Divine surprise, mais … c’était 2009 !

En 2010, ça se gâte.

En cuisine que je devais équiper : à part les plaques de cuisson dont une marque est encore assemblée en Alsace, le magasin (français d’origine mais racheté depuis quelques années par un groupe britannique) n’avait rien, absolument rien de vaguement Made in France même en acceptant de payer (un peu) plus cher pour pareil, voire (un peu) moins bien, comme c’était encore possible dans ma jeunesse. La Mère Denis est revenue à la télé mais les frigos et lave-vaisselle sont au mieux allemands, les machines à laver apparemment plus ou moins toutes italiennes sous des noms germaniques, scandinaves ou français, et les micro-onde invariabement made in China avec quelques exceptions thaï et vietnamiennes. Pour le micro-onde, j’ai trouvé une marque japonaise, ça fait plus sérieux mais c’est également fabriqué en Chine. Too bad pour la cuisine made in France, à moins d’avoir la place pour une vieille Godin d’avant-guerre, tout au plus peut on acheter quelques casseroles en fonte et poëles anti-adhésives au téflon avec drapeau bleu blanc rouge, un poivrier Peugeot (ça c’est pour équilibrer la pub en douce parce que la voiture, quand on voit comment je m’appelle, il ne peut y avoir de doute) et des topinambours cultivés sans engrais étrangers en vente directe du petit producteur. La bonne nouvelle pour l’emploi en France c’est qu’avoir trouvé un vendeur compétent et attentif, ça m’a évité deux ou trois grosses bêtises que les sites Internet m’auraient laissé faire sans sourciller.

Au salon : j’ai acheté un ordinateur portable. No comment, à l’école on m’a appris que la France et son champion Bull du Plan Calcul ont inventé le Micral mais il doit y avoir eu un bug quelque part parce que c’est encore pire que côté cuisine, même plus un Goupil de service caché à l’arrière des rayons ou un modèle d’occasion possible. J’ai pris le modèle californien de base 100% made not in France dans ce magasin qui vend aussi des livres et qu’à tort ou à raison je crois encore un peu gaulois, voire vaguement citoyen. J’en suis d’autant plus content qu’il est joli et me rappelle mes années d’étudiant semi-rebelle avec les pub « think different » tellement réussies qu’on y croirait presque, mais sauf si le processeur contient des morceaux produits à Grenoble, je crains de n’avoir que très peu contribué à l’emploi et je ne suis pas certain que ces pommes soient très vertes au demeurant. Anyway, les vendeurs du magasin sont toujours aussi sympas et compétents et eux au moins auront travaillé grâce à cet achat.

Au salon bis : l’abonnement internet, le cauchemar si on essaye de comparer les offres sur écran, les triple ou quadruple play avec 3G+, les groupages et dégroupages à géométrie variable etc …  mais si on prend le fournisseur avec le mot France dans son nom et basta cosi, ça marche en fait assez simpement, sans trop de paperasserie, et les commerciaux sont humains et super sympas au téléphone. On peut avoir vaguement le sentiment que les autres opérateurs proposaient plus ou moins la même chose pour un peu moins cher et étaient étonnamment tous plus ou moins gaulois à ce stade mais parfois il faut trancher au glaive sans trop se poser de questions ni demander si le délai d’attente au téléphone sera aussi court pour le support technique au cas où … Cocorico donc même si sûrement tout le barda éléctronique doit être made in far away, ça fait plaisir d’être branché sur les PTT qui ont inventé le Minitel.

En vacances enfin, quelques jours au ski. La station a été plus ou moins rachetée par la Caisse des Dépôts, ça c’est bien gaulois (même si les télésièges ne sont pas de la marque de ce fleuron isérois qui a été racheté par un groupe italien), il y a partout des photos de nos champion(ne)s (c’était imprévisible qu’ils reviennent sans même une médaille) et mon coach est un ancien de l’équipe de France avec ESF écrit dessus comme le porc salue (pas résisté, désolé) : plus gaulois tu meurs, jusque là tout va bien. Mais ça se gâte quand même : ni skis, ni chaussures, ni bâtons, ni lunettes, ni casque, ni gants, ni protège-tibias pour le slalom, ni bonnet, ni rien de rien de made in France n’est achetable ou louable pour s’équiper alors qu’il y a 30 ans Killy rafflait toutes les médailles avec du matériel et le toutime made in 100 km autour de Grenoble et ses chaussures en cuir de vache de pas loin. Il y a un bug aussi dans le Plan Ski on dirait. Pas très grave si le réchauffement climatique fait fondre les glaciers mais quand même, c’est un peu déstabilisant de glisser sur des skis de marque US made in Austria pour le géant et suisse pour le slalom, avec des chaussures italiennes inévitablement. J’ai encore mes vieux batons Look d’il y a 25 ans avant que Tapie les rachète et revende, mais ils étaient déjà made in Italy. L’honneur gaulois est pourtant sauf : le lipstick de l’Occitane en Provence (qui semble avoir relancé son projet de cotation à Hong Kong pour financer son développement en Asie, magnifique boite qui surfe superbement sur la mondialisation) est fait quelque part en France et il parait qu’un petit fabricant continue à produire des skis sur-mesure quelque part dans le Jura tandis que les nouveaux propriétaires de Rossignol et Dynastar (revendus l’an dernier par l’américain Quicksilver à un pool d’investisseurs) n’ont pas jeté l’éponge de la fabrication en France.

Bon, j’entends sonner, c’est la fin de la pause déjeuner, un nouveau trimestre de pêche à la compétitivité et de chasse au « made in France » débute : au travail. Ou alors ce sont les cloches de Pâques ?

Byzeway, les chocolats de Pâques, c’est une occasion de faire travailler un peu des gens, des artisans de proximité par exemple, voire de fondre du chocolat (si possible un peu équitable) dans ses propres moules en mode convivial. On n’est pas obligé d’acheter seulement des petits lapins dorés mondialisés (je n’ai pas dit « lapins crétins »).

Joyeuses Pâques

RF

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Hello 2010 : Quel scénario 2.0(10) ?

Les ex-fan des sixties annoncent le retour de la parenthèse enchantée, Austin Powers avec un i-pod, Sophie Marceau en James Bond Girl (gros challenge, parce qu’Ursula Andresss sussurant « under the mango tree » en bikini blanc sur une plage jamaïcaine, ça faisait presque oublier le « play it again, Sam » de Bergman -Ingrid, pas Ingmar- d’une nuit à Casablanca).

Vers un happy end « à la Spielberg » ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Un dess(e)in (animé) vaut mieux que de longs discours … (désolé, pas trouvé comment réduire la taille des « thumbnails » géants)

Les millénaristes fans de Stieg Larsson prédisent pour leur part des catastrophes tigrezedragonesques, des syndromes chinois titaniquiens, des guerres des mondes godziliennes, un mondo cane à la sauce Moore (Michael, pas Roger). Pour eux, le Mur est tombé mais pas The Wall.

Scenario catastrophe ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Dess(e)ins

 

Ultra-violence, science sans conscience, déni suicidaire … l’avenir hésite entre les deux directions et le futur bégaie. On pense à Bill Murray (le pince-sans-rire de « Lost in translation ») dans « Un jour sans fin – Groundhog Day ». En reportage sur le réveil printanier de la marmotte, il découvre au matin que la date n’a pas changé et qu’il est condamné à revivre un par un les événements de la veille. Les jours passent, Murray vit la répétition infinie du Jour de la marmotte.

Script à la « Groundhog Day » pour le Millenium ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Dess(e)ins

Ras le bol des marmottes ? Assez des scénaristes sans audace, des stars ou avatars à bonus mais sans supplément d’âme, des effets plus spéciaux que les films ? Envie de vraie vie de cinéma (et vice-versa) comme Hanna et ses soeurs ? Besoin d’y voir clair comme Harry le réalisateur dans tous ses états qui avait perdu le focus ? Espoirs inavoués de comédies érotiques de nuits d’été ?

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur 2010  sans jamais oser le demander …

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

+

 

!

Dess(e)ins (nb  la scène complète d’Harry avec l’épatante descente en ascenseur est régulièrement censurée en anglais sur Youtube, mais on la trouve souvent en … italien en fouillant bien. De toute façon, 5 extraits, c’est juste un avant-goût : Woody ça mérite 2 ou 3 heures de surf sur internet, ou plutôt un passage dans une bonne salle de ciné.)

Et maintenant, en avant 2010 !  Par-dessus-bord les powerpoint et les illustrations des Armstrong Brothers (Louis pour la musique et Neil pour les dialogues). « O tempora, O mores » (pour les incorrigibles des BD des sixties).  Ya basta ! (pour les groupies du Che).  On tourne la page et on fonce !

D’abord parce que « Les hommes de peu de mots sont les meilleurs » (attribué à Shakespeare mais douteux car sauf erreur jamais cité dans Lucky Luke, alors je suis donc je doute).

Ensuite, parce que Développement Durable oblige, bien sûr ! En 2010 plus de papier ni d’émission de carbone (je voulais placer « dura lex, sed lex », mais le Conseil d’Etat m’a taxé mon effet sur le fil, tant pis pour cette fois).

Aussi parce que 2.0 oblige, bien entendu ! Fini les powerpoint. En 2010 il faut du web collaboratif, du réseau social, du networkcentric, du i-phone ready, du google-phone compatible (là, je peux caser « sic transit gloria mundi »).

Enfin,  HADOPI oblige, cela va de soi ! Au placard les copier-coller de citations de Shakespeare empruntées à Lucky Luke (« alea jacta est » est en revanche encore citable, le gaulois en tribu est moins à cheval sur les principes que le cow-boy solitaire), les shadoks pirates et les images paparazzées avec bande-son téléchargée. « O’ tempora, O mores » pour 2010.

Alors, condoléancer le vieux millénaire sur Twitter, avec fond sonore sur Deezer et des vidéos Youtube et Dailymotion sur Blip ?

Cela serait moderne mais un peu brouillon. Un peu court pour enterrer un siècle qui s’il n’a pas été des Lumières (Voltaire, Montesquieu, mais aussi Franklin et Jefferson, Kant, Diderot et Rousseau, et même Adam Smith et d’Alembert, il avait du style le 18ème), … ni même des Lumières (Auguste et Louis ont juste inventé le cinéma, comme quoi la capitale de Gaules a su offrir autre chose à la France qu’un entraineur poussif, un manager général pesant et les Poulidor de la Champion’s League), … aura quand même été celui des Lumières (« …de la ville », Chaplin, 1931, lumineux, forcément lumineux) … avant de voguer vers les ampoules à basse tension bruxelloises, après avoir hésité quelques temps entre les néons tristes d’outre-mur et les éclairages adolescents, sinon incandescents, d’Américan Graffiti.

Ce serait un peu court : Court Bouillon de Goscinny ? Court Forrest, court de Gump ? Cours Saléchalotte ? Court métrage ? Court age ?

Trop court et pas assez théâtral en tout cas (le K, de Buzatti ? le beau cas d’Achille Talon ? Cas « Un » cas « A » ?)  pour démarrer (enfin !) un demain potable.

Alors qu’on pourrait dire, en paraphrasant Rostand et en faisant appel aux films du siècle … Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme. En variant le titre, par exemple, tenez :

L’arnaque (l’histoire des descendants de Butch Cassidy et le Kid un siècle plus tard, Newman et Redford encore épatants, forcément épatants) : « Moi, monsieur, si j’avais un tel bonus, Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse!  »

Home (photogénique, jolie musique, bilan carbone à vérifier) :  » Mais il doit chauffer dans votre Monde! A Copenhague, faites-vous fabriquer un hanap!  »

La Crise (l’air du temps selon Corinne Serreau avec Timsit et Lindon) :  » C’est un roc!…c’est un pic!…c’est un cap! Que dis-je, c’est un cap?… C’est une péninsule!  »

Dr Folamour (Kubrick et Peter Sellers atomiques) :  » De quoi sert cette oblongue capsule? De dissuasion, monsieur, ou de boîte à c… ?  »

Les Oiseaux (Hitchcock, Alfred, inquiétant comme il adorait l’être et bien servi par ses acteurs volants) :  » Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes de tendre ce perchoir à leurs petites pattes?  »

Austin Powers (Brice de Nice à Londres, gags lourdingues réservés aux pré-ados, comme les fraises Tagada, bien sûr):  » çà, monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée?  »

Danton (Wajda, admirable mais plus façon intello Palme de Cannes que glamour à la Oscar) :  » Gardez-vous, votre tête entraînée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol!  »

Les Bronzés (sur un malentendu …) :  » Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane!  »

Wall Street (Douglas, Michal, pas Kirk. Convaincant, trop convaincant) :  » L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane Appelle Hippocampelephantomadofélos Dut gérer dans ses fonds tant d’argent et tant d’or!  »

Kill Bill (Pulp Fiction à l’arme blanche, sans Travolta. Enterrement de 1ère classe) :  » Quoi, l’ami, ce sabre est à la mode? Pour fendre son prochain, c’est vraiment très commode!  »

The Perfect Storm (Clooney capitaine courageux, moins chanceux qu’avec Nespresso) :  » Aucun vent ne peut, Capitaine magistral T’emporter tout entier, excepté le mistral!  »

Pulp Fiction (Kill Bill sans sabre mais avec Travolta et gros calibres) :  » C’est la Mer Rouge en ce règne ! »

Les Tontons (cultes pas commodes familiers de Lulu la Nantaise, une blonde comaque) :  » Pour un flingueur, quel enseigne !  »

Les Tontons again (tigresques ! se préparent des nervousse brèquedaones) :  » Est-ce un c…, est-ce à cela qu’on les reconnaît ?  »

Vicky, Cristina, Barcelona (tigresses ! au bord de la crise de nerfs) :  » Ce monument, quand le visite-t-on ?  »

La folie des grandeurs (c’est l’or, Monseignor) :  » Souffrez, monsieur, qu’on vous salue, C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue !  »

Le bonheur est dans le pré :  » Hé, ardé! C’est-y un siècle? Nanain! C’est queuqu’ année géante ou bien queuqu’millénaire nain !  »

Danse avec les loups (dernière prairie avant la nouvelle frontière, tristes bisons aurait pu titrer Lévi-Strauss -Claude, pas Jean-) :  » Pointez contre cavalerie !  »

Ocean eleven (Yes they can !) :  » Voulez-vous mettre l’année en casino? Assurément, monsieur, que ce sera le gros lot !  »

Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:  » La voilà donc cette année qui des traits de son maître veut détruire l’harmonie! Elle en rougit, la traîtresse !  »

Un doute sur un vers ? On peut vérifier la tirade.

On dira ce qu’on voudra, mais le théâtre, des fois ça passe bien au cinéma. Ce siècle qui avait 10 ans mériterait qu’on lui filme du Shakespeare (la Tempête), du Corneille (le Cid), du Tchekov (la Cerisaie) , du Reza (Art, à voir sur http://www.dailymotion.com/video/x66105_art-de-yasmina-reza-la-piece-aux-2_fun), du Molière (Tartuffe soit qui mal y pense), du Beaumarchais (l’autre Tartuffe, Figaro l’insolent) … !

En attendant, merci à Edmond Rostand du soutien technique pour cet entracte, même si toute ressemblance serait non seulement fortuite mais aussi anachronique qu’une Nike au pied de Marie Antoinette dans un film de Coppola (Sofia, pas Francis Ford). Pour les amateurs, la version complète avec, dans le rôle de Cyrano, Jean-Paul Coquelin, petit-fils de Constant dit « Coquelin aîné », créateur du rôle en 1897 :  http://www.deezer.com/fr/#music/coquelin/cyrano-de-bergerac-257266

Mais halte ! Les entractes doivent avoir une fin (il y aurait à cet égard une réflexion à mener sur la faim programmée des ours polaires au soleil de minuit et la fonte des eskimos dans les salles obscures du cinéma de la même heure : mystère, mystère glacé …).

La suite, le bonus comme on dit en vocabulaire DVD (la seconde partie de la séance, ou encore les « rushes » en langage cinéma d’hier), se trouve dans un avatar 2.0 de carte de vœux sur PearlTrees. PearlTrees, d’abord parce que c’est une startup française et que leur trouvaille m’a amusé, ensuite parce que j’ai essayé de bidouiller sur Second Life, mais si c’est plus excitant que powerpoint, c’est incroyablement pas pratique, lourd et beaucoup trop lent. A re-tester l’an prochain si le logiciel s’améliore et si rien de plus « geek » n’est apparu sur le net dans 12 mois. Quant à Twitter, ça manque de caractères (140 en l’occurence, c’est un peu court, mais on l’a déjà dit), tandis que Blip et Deezer sont trop spécialisés, « de genre » ou « pas grand public » pour rester dans le vocabulaire cinématographique.

PearlTrees, c’est un peu d’Art(s) et d’Essai(s), on aime ou pas, c’est expérimental, toujours « en contruction » et un peu en dehors des codes, parfois agaçant quand d’un clic on se perd ou quand on mélange irrémédiablement un tas de perles, mais ça vaut le coup d’être attentivement suivi en 2010, c’est un des trucs excitants du moment sur le web. Pour se faire une idée, séance permanente sur :

http://www.pearltrees.com/#N-s=1_390208&N-f=1_390208&N-u=1_28783&N-p=2427541

Le mode d’emploi est en ligne. Pour butiner dans le labyrinthe « 2010, Silence on tourne ! », cliquer une fois sur une perle ou un arbre à perles pour les sélectionner, deux fois pour « entrer ». Une fois la perle ouverte, on peut continuer à naviguer dans le web via l’application lancée, revenir dans le PearlTree en cliquant sur le pictogramme en bas à gauche, s’égarer, s’échapper et revenir quand on veut…

Se balader en 2.0(10) dans PearlTrees, c’est simple comme « bonjour », ou plutôt en l’occurence « bonne année ».

Mais attention, une fois dans cette manière de « Matrix » mêlant Facteur Cheval et Lewis Carroll, on peut aller à peu près n’importe où dans le web et y passer tout 2010, et plus si affinités.

Coupe-file pour très pressé allergiques aux perles (pas très crédible à ce stade de la conversation … mais ça me rappelle le  jazzy « When Harry met Sally », quand Harry explique à Sally qu’il commence toujours en lisant la dernière page des livres, au cas où … ) :

Bonne balade en 2.0(10)

RF – Janvier 2010

ps : un petit shadok quand même, pour le plaisir

un petit autre parce que quand même, 2009 nous a bien pompé l’air

Et le petit dernier, tellement fait pour 2010 …

Oooppps !  J’allais oublier le dernier ingrédient des meilleurs voeux 2.0(10)

Cette fois-ci …

C’est fini pour aujourd’hui

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Hello Copenhague : mug à moitié vide, vert à moitié plaint

After à Copenhague : temps glacial, neige, nuit blanche.

Fin de soirée hier. Les VIP sont couchés. Négociations et négociateurs au ralenti. Les i-phone à batterie solaire des blogueurs s’éteignent. Les belles âmes les plus résistantes au froid font un sit-in un peu tristounet autour de bougies dans la nuit (nsp s’ils écoutent Elton John ou Joan Baez pour se réchauffer). Espérons qu’il y a du vin chaud.

Dans la nuit, les communiqués officiels slaloment grosso modo entre la ligne du « c’était la meilleure conclusion possible » du pôle Nord et « les riches n’ont pas voulu payer » du Pôle Sud. La presse et les leaders d’opinion renvoient tout le monde dos a dos sur l’accord « a minima ». Personne ne propose vraiment de Plan B, chacun joue selon son ADN. Si c’était du foot, ça sentirait le zéro-zéro sifflé par le public mais qui qualifie les deux équipes pour le tour suivant. Toujours mieux qu’un match nul gagné il y a quelques semaines sur un malentendu (ou un défaut de vision) et qui a éliminé des verts, mais le Champagne serait un peu amer.

Minuit, Londres twitte la fermeture du pub :   » 10 Downing Street, London PM: 2400 – this is hard work and I haven’t got all I wanted. But it is a vital first step towards a greener future.  » Tout est dit, Albion a le pragmatisme fulgurant. La langue anglaise est une lame si parfaitement aiguisée ; on pense à Neil Armstrong il y a 40 ans et son également synthétique « small step, giant leap for mankind ». Evidemment, lui il avait décroché la lune et on pouvait trinquer à Appolo sans arrière-pensée.

Petit matin. Dans les cafés parisiens, où le foot est un sujet tabou et où on connait mal les subtilités de Kyoto, la diplomatie russe ou le potentiel du fonds proposé par Hillary Clinton sur le modèle (intéressant) du fonds global contre le Sida, on (ciné)file avec autant de naïveté touchante que de viriles certitudes la métaphore marine. « La croisière s’amuse » d’abord, puis « Titanic » avec ou sans choix de la musique pour l’orchestre et digression sur le nombre de chaloupes (ça loupe ?), enfin, l’arrivée à bon port avec passagers émus, verre de l’amitié et corne de brume triomphante (variante petite sirène de Copenhague). Un intellectuel tente de faire le malin avec le Radeau de la Méduse. Un supporter d’Austin Powers s’amuse à qualifier la conclusion de Copenhague d’accord « à Mini-Me ». Au comptoir, petit noir serré.

A Copenhague, on breakfaste, un mug tiède à la main, en attendant les fêtes de fin d’année en famille (le taxi pour l’aéroport, d’abord). Mug à moitié vide ou Vert à moitié plaint ? Au pays d’Andersen, on n’est pas obligé de croire au Père Noël mais on a lu les contes et on espère que le vilain petit canard de fin 2009 prélude un cygne magnifique pour l’avenir.

A la santé d’Andersen et du cygne !

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