Hello 2010 : Quel scénario 2.0(10) ?

Les ex-fan des sixties annoncent le retour de la parenthèse enchantée, Austin Powers avec un i-pod, Sophie Marceau en James Bond Girl (gros challenge, parce qu’Ursula Andresss sussurant « under the mango tree » en bikini blanc sur une plage jamaïcaine, ça faisait presque oublier le « play it again, Sam » de Bergman -Ingrid, pas Ingmar- d’une nuit à Casablanca).

Vers un happy end « à la Spielberg » ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Un dess(e)in (animé) vaut mieux que de longs discours … (désolé, pas trouvé comment réduire la taille des « thumbnails » géants)

Les millénaristes fans de Stieg Larsson prédisent pour leur part des catastrophes tigrezedragonesques, des syndromes chinois titaniquiens, des guerres des mondes godziliennes, un mondo cane à la sauce Moore (Michael, pas Roger). Pour eux, le Mur est tombé mais pas The Wall.

Scenario catastrophe ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Dess(e)ins

 

Ultra-violence, science sans conscience, déni suicidaire … l’avenir hésite entre les deux directions et le futur bégaie. On pense à Bill Murray (le pince-sans-rire de « Lost in translation ») dans « Un jour sans fin – Groundhog Day ». En reportage sur le réveil printanier de la marmotte, il découvre au matin que la date n’a pas changé et qu’il est condamné à revivre un par un les événements de la veille. Les jours passent, Murray vit la répétition infinie du Jour de la marmotte.

Script à la « Groundhog Day » pour le Millenium ?

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

?

Dess(e)ins

Ras le bol des marmottes ? Assez des scénaristes sans audace, des stars ou avatars à bonus mais sans supplément d’âme, des effets plus spéciaux que les films ? Envie de vraie vie de cinéma (et vice-versa) comme Hanna et ses soeurs ? Besoin d’y voir clair comme Harry le réalisateur dans tous ses états qui avait perdu le focus ? Espoirs inavoués de comédies érotiques de nuits d’été ?

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur 2010  sans jamais oser le demander …

 

2010 =

 

+

 

+

 

=

 

+

 

!

Dess(e)ins (nb  la scène complète d’Harry avec l’épatante descente en ascenseur est régulièrement censurée en anglais sur Youtube, mais on la trouve souvent en … italien en fouillant bien. De toute façon, 5 extraits, c’est juste un avant-goût : Woody ça mérite 2 ou 3 heures de surf sur internet, ou plutôt un passage dans une bonne salle de ciné.)

Et maintenant, en avant 2010 !  Par-dessus-bord les powerpoint et les illustrations des Armstrong Brothers (Louis pour la musique et Neil pour les dialogues). « O tempora, O mores » (pour les incorrigibles des BD des sixties).  Ya basta ! (pour les groupies du Che).  On tourne la page et on fonce !

D’abord parce que « Les hommes de peu de mots sont les meilleurs » (attribué à Shakespeare mais douteux car sauf erreur jamais cité dans Lucky Luke, alors je suis donc je doute).

Ensuite, parce que Développement Durable oblige, bien sûr ! En 2010 plus de papier ni d’émission de carbone (je voulais placer « dura lex, sed lex », mais le Conseil d’Etat m’a taxé mon effet sur le fil, tant pis pour cette fois).

Aussi parce que 2.0 oblige, bien entendu ! Fini les powerpoint. En 2010 il faut du web collaboratif, du réseau social, du networkcentric, du i-phone ready, du google-phone compatible (là, je peux caser « sic transit gloria mundi »).

Enfin,  HADOPI oblige, cela va de soi ! Au placard les copier-coller de citations de Shakespeare empruntées à Lucky Luke (« alea jacta est » est en revanche encore citable, le gaulois en tribu est moins à cheval sur les principes que le cow-boy solitaire), les shadoks pirates et les images paparazzées avec bande-son téléchargée. « O’ tempora, O mores » pour 2010.

Alors, condoléancer le vieux millénaire sur Twitter, avec fond sonore sur Deezer et des vidéos Youtube et Dailymotion sur Blip ?

Cela serait moderne mais un peu brouillon. Un peu court pour enterrer un siècle qui s’il n’a pas été des Lumières (Voltaire, Montesquieu, mais aussi Franklin et Jefferson, Kant, Diderot et Rousseau, et même Adam Smith et d’Alembert, il avait du style le 18ème), … ni même des Lumières (Auguste et Louis ont juste inventé le cinéma, comme quoi la capitale de Gaules a su offrir autre chose à la France qu’un entraineur poussif, un manager général pesant et les Poulidor de la Champion’s League), … aura quand même été celui des Lumières (« …de la ville », Chaplin, 1931, lumineux, forcément lumineux) … avant de voguer vers les ampoules à basse tension bruxelloises, après avoir hésité quelques temps entre les néons tristes d’outre-mur et les éclairages adolescents, sinon incandescents, d’Américan Graffiti.

Ce serait un peu court : Court Bouillon de Goscinny ? Court Forrest, court de Gump ? Cours Saléchalotte ? Court métrage ? Court age ?

Trop court et pas assez théâtral en tout cas (le K, de Buzatti ? le beau cas d’Achille Talon ? Cas « Un » cas « A » ?)  pour démarrer (enfin !) un demain potable.

Alors qu’on pourrait dire, en paraphrasant Rostand et en faisant appel aux films du siècle … Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme. En variant le titre, par exemple, tenez :

L’arnaque (l’histoire des descendants de Butch Cassidy et le Kid un siècle plus tard, Newman et Redford encore épatants, forcément épatants) : « Moi, monsieur, si j’avais un tel bonus, Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse!  »

Home (photogénique, jolie musique, bilan carbone à vérifier) :  » Mais il doit chauffer dans votre Monde! A Copenhague, faites-vous fabriquer un hanap!  »

La Crise (l’air du temps selon Corinne Serreau avec Timsit et Lindon) :  » C’est un roc!…c’est un pic!…c’est un cap! Que dis-je, c’est un cap?… C’est une péninsule!  »

Dr Folamour (Kubrick et Peter Sellers atomiques) :  » De quoi sert cette oblongue capsule? De dissuasion, monsieur, ou de boîte à c… ?  »

Les Oiseaux (Hitchcock, Alfred, inquiétant comme il adorait l’être et bien servi par ses acteurs volants) :  » Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes de tendre ce perchoir à leurs petites pattes?  »

Austin Powers (Brice de Nice à Londres, gags lourdingues réservés aux pré-ados, comme les fraises Tagada, bien sûr):  » çà, monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée?  »

Danton (Wajda, admirable mais plus façon intello Palme de Cannes que glamour à la Oscar) :  » Gardez-vous, votre tête entraînée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol!  »

Les Bronzés (sur un malentendu …) :  » Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane!  »

Wall Street (Douglas, Michal, pas Kirk. Convaincant, trop convaincant) :  » L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane Appelle Hippocampelephantomadofélos Dut gérer dans ses fonds tant d’argent et tant d’or!  »

Kill Bill (Pulp Fiction à l’arme blanche, sans Travolta. Enterrement de 1ère classe) :  » Quoi, l’ami, ce sabre est à la mode? Pour fendre son prochain, c’est vraiment très commode!  »

The Perfect Storm (Clooney capitaine courageux, moins chanceux qu’avec Nespresso) :  » Aucun vent ne peut, Capitaine magistral T’emporter tout entier, excepté le mistral!  »

Pulp Fiction (Kill Bill sans sabre mais avec Travolta et gros calibres) :  » C’est la Mer Rouge en ce règne ! »

Les Tontons (cultes pas commodes familiers de Lulu la Nantaise, une blonde comaque) :  » Pour un flingueur, quel enseigne !  »

Les Tontons again (tigresques ! se préparent des nervousse brèquedaones) :  » Est-ce un c…, est-ce à cela qu’on les reconnaît ?  »

Vicky, Cristina, Barcelona (tigresses ! au bord de la crise de nerfs) :  » Ce monument, quand le visite-t-on ?  »

La folie des grandeurs (c’est l’or, Monseignor) :  » Souffrez, monsieur, qu’on vous salue, C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue !  »

Le bonheur est dans le pré :  » Hé, ardé! C’est-y un siècle? Nanain! C’est queuqu’ année géante ou bien queuqu’millénaire nain !  »

Danse avec les loups (dernière prairie avant la nouvelle frontière, tristes bisons aurait pu titrer Lévi-Strauss -Claude, pas Jean-) :  » Pointez contre cavalerie !  »

Ocean eleven (Yes they can !) :  » Voulez-vous mettre l’année en casino? Assurément, monsieur, que ce sera le gros lot !  »

Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:  » La voilà donc cette année qui des traits de son maître veut détruire l’harmonie! Elle en rougit, la traîtresse !  »

Un doute sur un vers ? On peut vérifier la tirade.

On dira ce qu’on voudra, mais le théâtre, des fois ça passe bien au cinéma. Ce siècle qui avait 10 ans mériterait qu’on lui filme du Shakespeare (la Tempête), du Corneille (le Cid), du Tchekov (la Cerisaie) , du Reza (Art, à voir sur http://www.dailymotion.com/video/x66105_art-de-yasmina-reza-la-piece-aux-2_fun), du Molière (Tartuffe soit qui mal y pense), du Beaumarchais (l’autre Tartuffe, Figaro l’insolent) … !

En attendant, merci à Edmond Rostand du soutien technique pour cet entracte, même si toute ressemblance serait non seulement fortuite mais aussi anachronique qu’une Nike au pied de Marie Antoinette dans un film de Coppola (Sofia, pas Francis Ford). Pour les amateurs, la version complète avec, dans le rôle de Cyrano, Jean-Paul Coquelin, petit-fils de Constant dit « Coquelin aîné », créateur du rôle en 1897 :  http://www.deezer.com/fr/#music/coquelin/cyrano-de-bergerac-257266

Mais halte ! Les entractes doivent avoir une fin (il y aurait à cet égard une réflexion à mener sur la faim programmée des ours polaires au soleil de minuit et la fonte des eskimos dans les salles obscures du cinéma de la même heure : mystère, mystère glacé …).

La suite, le bonus comme on dit en vocabulaire DVD (la seconde partie de la séance, ou encore les « rushes » en langage cinéma d’hier), se trouve dans un avatar 2.0 de carte de vœux sur PearlTrees. PearlTrees, d’abord parce que c’est une startup française et que leur trouvaille m’a amusé, ensuite parce que j’ai essayé de bidouiller sur Second Life, mais si c’est plus excitant que powerpoint, c’est incroyablement pas pratique, lourd et beaucoup trop lent. A re-tester l’an prochain si le logiciel s’améliore et si rien de plus « geek » n’est apparu sur le net dans 12 mois. Quant à Twitter, ça manque de caractères (140 en l’occurence, c’est un peu court, mais on l’a déjà dit), tandis que Blip et Deezer sont trop spécialisés, « de genre » ou « pas grand public » pour rester dans le vocabulaire cinématographique.

PearlTrees, c’est un peu d’Art(s) et d’Essai(s), on aime ou pas, c’est expérimental, toujours « en contruction » et un peu en dehors des codes, parfois agaçant quand d’un clic on se perd ou quand on mélange irrémédiablement un tas de perles, mais ça vaut le coup d’être attentivement suivi en 2010, c’est un des trucs excitants du moment sur le web. Pour se faire une idée, séance permanente sur :

http://www.pearltrees.com/#N-s=1_390208&N-f=1_390208&N-u=1_28783&N-p=2427541

Le mode d’emploi est en ligne. Pour butiner dans le labyrinthe « 2010, Silence on tourne ! », cliquer une fois sur une perle ou un arbre à perles pour les sélectionner, deux fois pour « entrer ». Une fois la perle ouverte, on peut continuer à naviguer dans le web via l’application lancée, revenir dans le PearlTree en cliquant sur le pictogramme en bas à gauche, s’égarer, s’échapper et revenir quand on veut…

Se balader en 2.0(10) dans PearlTrees, c’est simple comme « bonjour », ou plutôt en l’occurence « bonne année ».

Mais attention, une fois dans cette manière de « Matrix » mêlant Facteur Cheval et Lewis Carroll, on peut aller à peu près n’importe où dans le web et y passer tout 2010, et plus si affinités.

Coupe-file pour très pressé allergiques aux perles (pas très crédible à ce stade de la conversation … mais ça me rappelle le  jazzy « When Harry met Sally », quand Harry explique à Sally qu’il commence toujours en lisant la dernière page des livres, au cas où … ) :

Bonne balade en 2.0(10)

RF – Janvier 2010

ps : un petit shadok quand même, pour le plaisir

un petit autre parce que quand même, 2009 nous a bien pompé l’air

Et le petit dernier, tellement fait pour 2010 …

Oooppps !  J’allais oublier le dernier ingrédient des meilleurs voeux 2.0(10)

Cette fois-ci …

C’est fini pour aujourd’hui

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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Un commentaire pour Hello 2010 : Quel scénario 2.0(10) ?

  1. Ping : Pari(stocat)s New Year(s) ! – Bonnes Années !

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