Qu’en dirait un … Marseillais ?

Un amoureux de l’OM dirait qu’hier soir la sardine a bouché le port de Dortmund (3-0). Un supporter militant ajouterait que ce qu’il a vu de « Question pour un champion #PS » avant de partir au Vélodrome n’était pas mal mais que les so(po)lférinistes ont trop d’accents.

Et qu’ils ont l’air bien parisien, quand-même.

Sur la dame en noir et blanc qui parle comme une prof’ immigrée du Nord (dont les groupies se rallieront vite et sans états d’âme au vainqueur en fin de championnat mais auront quand même du mal à toutes obtenir des maroquins significatifs en cas de victoire, il y en a qui vont devoir s’accrocher à leur siège en velours aux législatives et mettre leurs ceintures de sécurité en cumulant quelques fromages politiques par principe de précaution) on a bien senti au Vieux Port que déjà avoir été promue surveillante générale des courants de Solférino et grand chambellan de la Rochelle la gave passablement, alors qu’elle n’espère rien moins qu’une victoire surprise en match de division française qui la qualifierait pour la Champion’s League de 2012.

La pasionaria (non, ce n’est pas une erreur, ça s’écrit comme ça et avec un seul « s ») en rouge avait -cette fois- laissé à la maison son rang de perles de Versaillaise. On aime bien son côté syndicaliste étudiante un peu donneuse de leçons « seule contre tous et surtout contre Paris », du côté du bar de la Marine. Mais quand même, à part le journaliste ancien d’ORTF2 qui commente la politique sur BFM depuis que la droite est au pouvoir et ses twittos amoureux transis depuis la campagne de 2007, personne ne croit une seconde souhaitable de l’éloigner des sympathiques désirs d’avenir du Poitou.

Le djeun de droite de la gauche, on ne le trouve pas désagréable du côté de Notre Dame de la Garde même si on a déjà eu une bonne dose de pisse-vinaigres de centre-droit lors du jamboree d’été des UMPistes début septembre. Mais les supporters savent bien qu’un attaquant de poche, même s’il peut marquer un but d’anthologie à Liverpool dont on se souviendra toujours autour de l’anisette, c’est un peu « léger » pour compenser les pitreries de toute l’équipe, surtout qu’il parle anglais avec un accent bizarre.

Le djeun de gauche de la gauche, il fait sourire comme une soucoupe de pistaches avec un verre de rosé avant l’apéro mais il dit tellement de « sôtises » avec son accent Gambaisien, mélange (d)étonnant mais médiatique de patois des Yvelines anti-mondialisation et de dialecte du Jura ouvrier, que tout le monde lui recommande de faire encore quelques fêtes de l’Huma en famille pour hériter de Mélenronchon plutôt que de faire du scandale en agaçant certaines puissantes fédérations.

Le radical de l’étape, c’est de loin le préféré à bord du ferry-boat. Avec sa bonne tête « à la Raimu », son accent du midi rouge et ses cris du coeur pour la laïcité ou autres bonnes vieilles causes qui sentent bon les anciennes Républiques, c’est le seul qui rappelle le bon vieux temps de Gaston (Defferre, pas Monnerville, quoique on aime bien le confort du Sénat, à Marseille, ni Lagaffe, quoiqu’il y en ait aussi …), quand personne de loin du port n’aurait eu l’indélicatesse de venir renifler en cuisine les poissons pour la bouillabaisse.

Mais à Marseille comme partout ailleurs, on sait bien qu’à part au foot où seule l’exception confirme la règle selon laquelle on joue à 11 et les Allemands gagnent en général, c’est l’homme en bleu (marine …) qui a les meilleures cartes et que du moment qu’il ne dit pas de couillonnade, il gagnera la partie même si ça doit fendre le coeur des nostalgiques du temps de Pagnol, où la France de Marius préfèrait aller voir le Zambèze que faire campagne en Corrèze. Mais c’était un temps que les zélecteurs de moins de 60 ans n’ont pas pu connaître, un temps où les dockers étaient déjà aussi privilégiés que des sénateurs mais où le port n’était pas toujours en grève.

Quant au sénateur marseillais trop occupé pour passer trop de temps à faire valoir ses droits à billets TGV ou Air France à tarif réduit pour monter au palais du Luxembourg, il avait probablement « mieux affaires » que de regarder Arlette Chabot à la TV ou de twitter comme un jeune militant (les UMPistes étaient presque plus nombreux dans le cloud que les petites mains du Club des 6, ça promet pour les bureaux de vote d’octobre) de permanence mais on ne peut lui nier un vrai sens du bon mot de la cannebière et il encouragera sûrement ses amis de 30 ans (d’amitié, pas d’âge, parce que ceux qui sont passés à la TV hier étaient tous assez près de l’âge préconisé par le PS pour la retraite à taux plein) à venir le voir souvent pour prendre des nouvelles de sa santé, sans (se) balancer comme quelqu’un qui ne saurait pas divorcer comme il faut.

En tout cas, tout le monde est bien d’accord pour continuer à tirer sur le pianiste pour ne pas risquer (sur un malentendu, parce que les billets Paris-Marrakech sont tellement bon marché qu’on peut faire campagne depuis son riad) un moment de « gloire de notre paire ».

Mais tout le monde à Marseille se pose quand même encore une seule question : « Oh Dominique, tu (te) pointes ou tu (te) tires ? »

Oh putaîngue !

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 29 septembre 2011

          

Ps : ce qui est certain, c’est qu’on ne voit pas les choses exactement de la même manière, non pas entre les « 6 » qui sont comme les doigts d’une même main (au PS, on vénère le doigt à la différence), mais entre les deux villages de fous du foot et plus (ou moins) si affinités.

C’est fini pour aujourd’hui : on ne va pas commencer à parler des racines grecques de Marseille ou de la crise ou de Berlin ou d’autres embarras de Paris, parce qu’avec ce beau temps, c’est bientôt l’heure de la pétanque, alors il ne faut pas tarder pour l’anisette avec quelques olives sous un parasol.

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