Le Matin de Paris était une sorte de supplément quotidien de l’Obs’, créé en 1977 par #PS en route pour 1981. Il fut liquidé en 1987 cause dérive en Rocardie imposant le sabordage par l’amirauté. Il faudrait penser à un journal officiel de campagne plus 2.0 pour 2012.
Le Matin, organe bêtement et méchamment militant, volontiers vachard et sectaire et vice-versa, se régalerait à commenter … les commentaires des UMPistes de service sur les primaires PS d’hier. Il n’aurait pas trop de mal à se donner entre les mor-âneries prévisibles (c’est comme le courrier des lecteurs du Figaro, une raffarinade ou une ramayaderie, on est rarement déçu), les éléments de langage policés du ministre présentable mobilisé le jour de la messe (en l’occurrence, comme ce n’était pas du niveau Fillon et que les autres devaient avoir des communions ou des déjeuners de famille, c’est le genre idéal Wauquiez qui s’y est collé parce que Pécresse, par ailleurs visiblement crevée, devait se reposer ou se faire une toile et que NKM ne peut quand même pas être partout tout le temps même si elle semble moins présente sur le front de Fukushima et autres terrains minés en ce moment) et les calculs de l’excellent Copé qui aurait mieux fait de consulter un polytechnicien de l’INSEE ou de demander à Frédéric Lefebvre de jouer les porte-flingue-parole avant de compter sur ses doigts d’avocats que 2+ millions de votants ça fait 4% des Français parce que même si c’est mathématiquement presque vrai à ceci près que les bébés ne votent en principe pas plus que les morts et les abstentionnistes dans les cantons où la démocratie est un tant soit peu classique, c’est politiquement assez rustique, limite moranesque, un peu en-dessous de ce qu’on est en droit d’espérer du « meilleur d’entre nous 2.017 », un ami de 30 ans de Didine …
Devant les larmes de vieux sac en crocodile usé de la fabricante de voitures électriques du Poitou, un journaliste stagiaire (lire le rejeton d’un annonceur en école de commerce ou l’élite en cours de reproduction d’un ponte #PS en prépa Science-Po) aurait peut-être été déstabilisé 2 ou 3 secondes avant de se demander si le gars en écharpe rouge avec elle était le très télévisuel patron de l’Express ou un vieux miterrandien solidaire (So-Li-Da-Ri-Té !) et de préparer sur son iPad une laborieuse nécrologie politique sur « je prenzacte et je regarde devant ». Mais le rédac-chef aurait sélectionné une photo en gros plan avec maquillage aussi coulé que la candidature et titré « malheur aux vaincus » (pas « au vain Q » parce que de nos jours c’est illégal d’écrire du sexisme) parce qu’Aubry ou pas, l’avenir n’est plus aux inoxydables Mitterrand (re)commençant une carrière à 60 ans avec des ordinateurs d’aujourd’hui mais des slogans et des photos du siècle d’avant et des idées (et des électeurs ?) de celui d’encore avant.
Sur le risque de guerre Nord-Sud et de massacre à la tronçonneuse des roses de Solférino entre la Mamyderme du Nord et Julio le Corrézien au second tour, le comité central de rédaction du Matin aurait interrogé la Société des Journalistes Progressistes, consulté le Politburo des propriétaires du journal et écouté les avis non demandés mais bruyamment exprimés des gourous auto-proclamés de la média-gauche prêchi-prêcha pour certainement décider de s’abstenir par principe de précaution de prendre parti entre l’un et l’autre des premiers de la classe (sauf erreur, le rang de sortie de l’une doit être légèrement meilleur que celui de l’autre, les légitimistes des deux sexes voteront probablement pour Martine mais les esthètes ne seront pas hostiles au grand corps de François qui est quand même sorti dans la botte de cette école qui nous fournit les fonctionnaires que le monde entier nous envie et qui gèrent si efficacement la boutique depuis quelques décennies). Tout au plus laisserait-il passer dans les pages intérieures, en face d’une pub pour une boite de cosmétique, un comparatif non signé sur les auto-bronzants d’autant plutôt favorable à Hollande que Valls avait placé la barre très haut question bronzage télévisuel à la Séguéla, et un topo sur les colorations capillaires d’autant plus élogieux pour Aubry que depuis des années elle partageait son coiffeur avec Dominique Voynet et qu’elle a changé de cap(illaire) au bon moment pour les campagnes.
Mais s’il avait les coudées franches sur un malentendu et une crise d’audace potache, le rédac-chef pourrait titrer « Mâtin, quel (conjoint de) journaliste ! » plutôt que de répéter avec d’autres mots du dictionnaire ce que tous ses confrères ont écrit à longueur de plume. Parce que le côté porte drapeau des mécontentements du Rastignac un peu rebelle et casse c… système, les rugissements prévisibles du jeune (enfin, par rapport aux autres) lion du Jura genre « Vive la 6ème République et vive la nouvelle France », ça ne fera pas vendre beaucoup de papier ou d’écrans publicitaires, tout le monde s’en fiche à peu près autant que des panneaux des indignados enfin arrivés à Bruxelles à pieds (trop tard parce que la météo n’est plus à mettre une caméra dehors au Nord d’Avignon), des probabilités de grève des contrôleurs aériens pour les vacances parce que tout le monde a compris maintenant qu’on peut partir d’Amsterdam sans perdre ses miles Air France, ou de pourquoi Montebourg est le seul #PS un peu médiatique à avoir raté le concours de l’ENA alors qu’il est si grand à l’oral. Sinon, on aimerait bien savoir ce que c’était ce truc vert qu’il buvait à sa fête hier soir, on aurait dit un mojito pour faire djeun rebelle à la santé du Che mais ce serait presque trop parfait, à croire qu’il aurait de loin les meilleurs communicants politiques à l’Ouest de Solférino : il faudra demander à ses porte-paroles à l’occasion.
Enfin, le Matin de Paris est mort, vive le Matin à Paris quand même. Et c’est peut-être Joffrin du Nouvel Obs qui trouve les mots les plus justes ce … matin sur #Primaires #PS : c’est naturel pour l’organe de presse de référence de la gauche responsable mais ça rassure pour l’Obs (talonné par les Inrocks chez les quadras, menacé par le supplément hebdo du Monde chez les 68ards encore en activité -sic- et abonnés par leur employeur, challengé par le Libé des Rotschild de gauche chez les bobos anticonformistes ou en crise de la quarantaine et surtout ignoré par les progressistes de moins de 40 berges qui n’ouvriraient les pravdas pour vieux gaulois plus ou moins chevelus pour rien au monde, même en version iPad).
Mâtin, quel (sujet de) blog !
Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 10 octobre 2011
Ps (c’est le cas ou jamais de le dire) : mais ce qu’on attend avec impatience, plus que les commentaires des journalistes et autres communicants professionels, c’est l’avis du haut comité théodule de contrôle des bonnes moeurs des primaires et les déclarations officielles des deux gars. Ils sont un peu moins hilarisch-nicht qu’étaient Dodo et Fredo de l’UMP mais c’est comme pour le Matin de Paris, le report de voix conforme aux consignes ou certain(e)s candidat(ure)s aux primaires, qu’on soit content ou pas, il y a des choses et des gens politiques qu’on ne reverra plus au 21è siècle et peu importe parce que le vrai truc important du week-end prochain, c’est le rugby samedi, et que l’essentiel pour les journalistes c’est qu’il y ait un(e) candidat(e) #PS au … 1er tour 2012 pour que les supporters du club de Solférino puissent voter contre les supporters du club de la Boétie, tout le reste est littérature, pas comunication politique.
C’est fini pour aujourd’hui, parce que : « il faut que ça change » (« vraiment », « enfin », ou whatever never worked mais plus ça rate et plus on a de chance que ça marche, comme disaient les Shadoks ou semblait penser cette candidate aux primaires #PS dont on a oublié le nom …).











