2.012 : Produire or not Produire in #France #Europe ?

Il y a eu comme une (r)évolution : on est passé à toute vitesse de la « deuche » made in France de Bourvil (il faut dire qu’elle marchait moins bien et que de Funès roulait déjà en voiture étrangère pour le statut social) à la paradoxale Maserati de « Pas de bras, pas de chocolat« .

Il faut dire que Citroën, malgré le joli surf néo-rétro de la nouvelle DS, n’est plus la fierté nationale aux chevrons sauvages de la croisière jaune et des défilés de Mongénéral. On a beau avoir encore dans un coin de l’oeil quelques images sépia de voitures émouvantes et souvenirs de campagnes publicitaires épatantes, ses fils de pub sont passés de Grace Jones et du porte-avion au micro-hybride (lire « Stop & Start » mais hybride fait plus marketing du 20è siècle) et ça n’est pas parti pour s’arranger question parts de marché dans les BRICS à regarder les usines de nouveaux concurrents pousser comme des champignons, ni question assemblage de véhicules en France à en croire les panneaux dans les manifs syndicales.

Il faut reconnaitre que si Columbo impressionnait toutes les femmes du monde (sauf la sienne mais elle était vraiment spéciale, disent ceux qui l’ont connue), avec sa décapotable made in France qui lui tenait le neurone bien au frais, et si Peugeot a fait de sacrés numéros encore à l’orée du nouveau millénaire, la marque au lion en est rendue à sponsoriser le tennis et à laisser BMW gagner le Paris-Dakar (au demeurant évadé dans la pampa, mais c’est un autre sujet) pendant qu’elle discute avec General Motors sans dépenser trop d’énergie à préparer l’avenir de sa production à proximité de l’usine historique Michelin, au pays qui n’a même plus les moyens de sponsoriser le diesel pour protéger discrètement son (petit) marché.

Le cas de Renault est plus ambigu : la « firme au losange » (on aurait dû se douter qu’il y aurait un problème dans l’Hexagone) semble être passée sans trop de casse des lapins crétins pas très drôles et de l’espionnage industriel comique à l’adieu sans larmes (l’adieu aux armes, c’est une autre histoire, encore que tout soit un peu dans tout) de Billancourt et la délocalisation sans rire au Maroc. Le pari de la voiture électrique n’est pas perdu d’avance tandis que le partenariat avec Nissan est intervenu « just in time » (comme on dit au pays de Toyota) pour accrocher Renault au train de la mondialisation réelle au 21ème siècle, cependant rien n’indique à ce stade que la France soit particulièrement bien placée sur la ligne de départ pour devenir le coeur industriel mondial de la voiture familiale électrique.

Quant à la Bollo-Car, elle a beau être carrossée en Italie comme un vrai bolide de vrai luxe (les véhicules allemands sont de haut de gamme mais ce ne sont pas des voitures de luxe, c’est comme pour les cèpes et les truffes, les vrais gens ne s’offrent ni les uns, ni les autres, mais en principe on fantasme plutôt de truffes, affaire DSK mise à part) et partir sur des bases économiques moins abracadabrantesques que la Ségo-Ture, tout est dit dans son slogan : « la voiture qui fait chuuuut au lieu de faire vroum » .

Bien sûr, l’automobile est loin d’être la seule industrie française susceptible de « tirer » le produire en France, de dynamiser les filières de sous-traitance et de contribuer à la création des emplois durables de l’avenir. Le puissant secteur des « matériels de transport collectifs » allant du paquebot à l’Airbus en passant par les AGV (le TGV nouveau), les télécabines et les métros, est prometteur à tous les sens du terme même si les actionnaires des grands donneurs d’ordre n’ont pas l’emploi en France comme unique priorié. Et bien entendu, des jeunes PME innovantes du secteur pourraient contribuer au choc de compétitivité qui permettra à la France de jouer dans la cour des « Grands du transport du 21è siècle ». Le Baby Snow par exemple, si son développement n’est pas handicapé par le crédit crunch mondial, le changement climatique global, une baisse de la natalité nationale, un principe de précaution sécuritaire européen ou d’autres corporatismes gaulois, pourrait faire un malheur.

Les optimistes diront qu’il n’y a pas que le secteur des transports pour soutenir le « produire en France » et l’emploi. Et que même si ça la fiche un peu mal côté « services » que la dernière grosse boite de postproduction du pays des Frères Lumière, des subventions au cinéma et de Jean Dujardin soit en cours de vente par appartements après faillite, que même si les déboires de Photowatt éclairent d’une lumière préoccupante la filière Greentech française et que même si on peut se demander jusqu’à quand les consommateurs des BRICS se passionneront pour la maroquinerie de luxe made in France, il suffirait de déverrouiller un peu la capacité d’emploi un rien flexible et pas trop administré dans les PME, de faire appliquer un chouïa les lois sur les délais de paiement inter-entreprise et de ne pas trop encourager l’exil des entrepreneurs talentueux et des jeunes polyglottes (et vice-versa) pour déclencher une sorte de choc d’emploi à moindre coût qu’avec les emplois publics à crédit ou la formation des chômeurs par les mêmes qui s’occupent de la formation professionnelle depuis des décennies et sans bousculer les habitudes par un système de partage de l’emploi et des revenus qui n’est pas à l’ordre du jour au pays qui garde sous le coude la quasi-totalité du rapport Attali et jusqu’à la réforme des taxis parisiens plus de 20 ans après le décès de leur lobbyiste historique.

Ceci dit, c’est moins compliqué qu’il n’y parait : répartir un peu différemment le « gâteau » du travail, enlever un peu des garnitures genre privilèges acquis et fromages dorés, partager un peu plus équitablement les revenus de la production rentable entre les travailleurs productifs et les autres en France en dégelant un peu le toutime, on peut perdre un peu de temps à faire un Grenelle avec les ayant-droits de l’héritage et un peu d’argent avec des notaires et des consultants anglo-saxons 3000 euros la journée mais il n’y a pas besoin de faire 6 mois de meetings et contre-meetings, plateaux TV et plateaux repas devant la TV, marchés et contre-marchés, promesses et contre-promesses devant les micros : ce n’est pas un jeu d’enfant, mais de la à penser que ce serait révolutionnaire (et quand bien même, on a inventé le concept, non ?).

Alors évidemment, il y a ce petit problème de la divison internationale du travail quand en France on est genre 1% des terriens du nouveau siècle et qu’à cause des droits de l’homme made in France mais qu’on aurait préféré exporter, des publicités à la TV couleur pour des godasses et autres trucs électroniques made in China, et d’internet qui permet d’énerver les djeuns et d’organiser des apéros facebook, les 99% d’autres ne veulent plus trop faire les petits jobs pour un bol de lentilles, rembourser des dettes de guerre plus ou moins perdues d’avance ou prêter presque gratuitement leur argent plus ou moins perdu d’avance pareil, ou échanger contre de verroteries et fanfreluches made in France leurs peaux d’ours et bois de feu pour l’hiver et trucs utiles ou comestibles qui sortent plus ou moins naturellement du sol parce que des dinosaures ont eu la bonne idée de pourrir il y a quelques millions d’années ou qu’il y a encore du terrain pas transformé en golf, des transports pas en grève et de l’eau d’arrosage chez eux. Mais la mondialisation, les termes de l’échange, le gagnant-gagnant avec certains plus gagnants que d’autres, le monde qui tremble quand la Chine s’éveille et toussa-touça non plus, ce n’est pas une découverte révolutionnaire. On connait le truc depuis au moins la première faillite des Grecs.

Et puis la bonne nouvelle, c’est qu’entre les prêches des apôtres de la décroissance rarement désintéressés et les rapports de coûteux lobbyistes de mondes nouveaux garantis 100% meilleurs que la vieille Europe un peu suicidaire, des gens de bonne volonté ont (ré)inventé l’Euro(pe) entre la première et la dernière faillite des Grecs. Personne n’est 100%, même 51%, certain que ça va suffire pour maintenir l’Euro-TGV sur les rails et tout les passagers du wagon bar sponsorisé par les Allemands (qui ne sont pas des philantropes, bien sûr) dedans mais en même temps, Bruxelles et Berlin ne sont pas à quelques centaines de milliards d’Euros près, même si on ne les imprime pas (encore ?) aussi facilement que d’autres fabriquent des Dollars parce qu’on a ce mauvais souvenir du temps de l’inflation réelle où il fallait un sac à dos pour porter les billets qui permettaient à peine d’acheter un bout de pain de la taille du porte-monnaie vide, si on courait assez vite vers la boulangerie (la queue les poches et l’estomac vides devant la boulangerie vide, c’était en d’autres temps ou d’autres lieux, mais c’est une option aussi si on vasouille). Surtout tant qu’on peut emprunter pas cher et qu’il reste un peu d’épargne en Europe en général et en France en particulier (en Franc Suisse aussi, mais c’est un autre sujet, ou pas).

C’est un rien plus compliqué depuis que la Chine s’est (r)éveillée, que quelques autres se sont aperçus que la vie est bien plus confortable en vendant le pétrole, le jus d’orange, la main d’oeuvre et le jus de cerveau un peu plus cher qu’en attendant l’aide au développement et qu’on est un peu plus nombreux autour de la table mais avec un iPad3 made by America in China payable à crédit à taux fixe avant la hausse en Euro avant la dévaluation, l’Europe de la connaissance et de l’intelligence devrait quand même arriver à réussir un genre de Renaissance 2.0 au printemps 2.012.

Alors, printemps 2.012+, mode d’emploi ? Produire ou ne pas produire ? En fait, c’est quand même un peu compliqué, en particulier en France, parce que sauf à être assis au bord d’un fleuve magique à pouvoir d’achat hérité, mérité, usufruité ou usurpé d’une manière ou d’une autre, on a beau être encore en course pour l’Oscar du meilleur film musical muet 2012, on a vu d’autres films et on sait qu’on n’a pas trop le choix : « pas de bras, pas de chocolat » (made in France ?). Et, sans bras, tout se complique même avec du wifi gratuit, un panneau solaire et un nouvel iPad-Phone qui parle promis par le Père Noël : parce que pour Twitter, il faut quand même pouvoir bidouiller à la main le  smartphone de temps en temps pour le « déplanter » ou changer la carte sim.

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Haddon Hall une BD sympa chez Gallimard pour s’évader en joli mode néo-rétro, surtout si on aime écouter David Bowie bulles-et-onomatopees.blogspot.com/2012/02/haddon…

Byzeway l’action #Peugeot a grimpé hier de jusqu’à 20% en séance sur « rumeurs », mais est stable ce matin. #fondamentaux #spéculation #France

Si les communicants #Sarkozy désamorcent le #Fouquet‘s 2 mois avant le 1e tour et si #DSK passe un mois de mars compliqué, rien n’est fait

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On dira ce qu’on veut mais 1-0 à l’arrache à la 93è minute, c’est mieux qu’un nul avant le match retour à Milan #OM #Marseille #Football

On peut penser ce qu’on veut mais question « campagne », le col roulé et les promesses à la TV, c’est plus moderne que les marchés en cravate

#Royal défend + que les autres #PS #Hollande #FH2012 : parce qu’en 2017 ça se verra trop que « son » Poitou n’est pas un modèle viable ?

Bravo @ #Nihous, chasseur qui à su s’auto-chasser de la campagne de #France où ça flingue (ch…) très bien sans lui pic.twitter.com/r9R9W2fU

Bravo @ Cahuzac qui a très bien fait son job de soutien à #Hollande ET de député responsable ce matin chez @JJBourdin_RMC replay #RMC #BFMTV

Mercredi des Cendres les mauvais-esprits diront que c’est un jour ambigu pour dévoiler des discussions #PSA #GM #France wp.me/pJjbe-46r

Tiens, on a parlé un peu de #compétitivité des #PME mais où est passé le Small Busines Act (#SBA) depuis un an ? wp.me/pJjbe-Hg

Let’s Enjoy « Mayonaise » w/ Smashing Pumpkins (Live) –renaudfavier.com/net-land-art-o…… ♫ blip.fm/~1a8k4s

C’est mercredi des Cendres, mais il n’y a pas eu le feu en #Europe & c’est pas trop grave en #France wp.me/pJjbe-46r via@renaud_favier

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Renaud Favier : France & Facebook is out! bit.ly/g8PTOA

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Avec #Dragon 2.012 n°5 #eBook #français, 3 places gagnées et 2 « grosses » maisons d’édition doublées sur #Youscribe 😉 youscribe.com/catalogue/livr…

Que pense Dieu des sondages ce mercredi des Cendres ? Il a peut-être d’autres chats à fouetter, non ? viadeo.com/s/FPNjq

Que dit Dieu de l’industrie #automobile française de #France mercredi des Cendres ? lnkd.in/62NqsX

Que dit Dieu des sondages ce mercredi des Cendres ? Et vice-versa ? Peu importe, non ?… fb.me/1uac1cYzu

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2.012 : c’est les Cendres, mais c’est pas (encore trop) grave en #France wp.me/pJjbe-46r

Carpe Diem w/ Johnny Hallyday « Allumer le Feu » youscribe.com/catalogue/livr… … ♫ blip.fm/~1a8hxc

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© 23/2/2012 – Renaud Favier – (Comp&titivité) – renaudfavier.com – musique

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Retour vers les autres e-books plus ou moins sur l’avenir en chantant (enchanté ?) de l’environnement urbi et orbi, plus que moins sur le présent de la France Ubu et urbi et souvent avec un rien plus que la dose d’humour noir réglementaire mais tout juste le minimum syndical de respect de la ponctuation et d’autres conventions inutiles du siècle d’avant 2012.

            
            
              
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Retour vers café du matin à Paris qui est un des rares trucs qui ne réserve pas de mauvaise surprise météo ou autre en année 2012 électorale du dragon d’eau (noire), sauf si on espère des discours lénifiants sur l’avenir du modèle français RTT-Amen-Tartuffe-Elite (ça fait “raté”, amusich, nicht ?), des compliments à la génération Rolex-Audi-Truffe (ça fait “rat”, amusich aussi, nicht aussi ?) ou une admiration dévote pour les tartuffes du patriotisme économique en saison électorale (quant à ceux du patriotisme automobile, c’est un autre sujet, ou pas …).

 

Please, mind the gap click on the mug for English version.

  

Retour vers un excellent 2012 avec ou sans  voiture ou chocolat made in France.

 

Et bonne compétitivité parce que production en France ou pas, business is business InRealWorld 2012.

  

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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