Qu’en diraient … les sangliers ?

20111016-084145.jpg

10 degrés dans la maison, 2 degrés dehors au lever du soleil, ciel limpide, « une belle journée pour mourir » diraient certains, plus poètes moroses que les piliers du bar des chasseurs. Pas sûr que tous les sangliers soient de cet avis.

20111016-084832.jpg

Bien sûr, le ciel est magnifique, mais c’est le cas aussi la nuit à la campagne en ce moment. Le gibier aimerait sûrement profiter d’encore quelques belles soirées d’été indien, quelques levers de lune rousse et quelques festins de châtaignes sous les étoiles.

20111016-085225.jpg

Les Dieux décideront, en jouant aujourd’hui aux dés dans leur « Café des Sports des Dieux » comme hier pour le rugby. On ignore encore combien d’habitants des forêts seront victimes de la loi (divine) de la jungle mais on sait qu’un gros éléphant y passera. Le jeu sera moins mortel pour elle (ou lui, on ne sait jamais) que pour d’autres animaux et elle (ou lui, on ne sait jamais) touchera quoi qu’il arrive une confortable retraite en régime Special quelque part en France, ou ailleurs comme c’est la mode de nos jours quand on veut échapper aux mises sous tutelles pour les habitués au confort indignés par procuration, éviter cambriolages et expulsions pour ceux qui s’indignent au café mais ne descendent pas encore trop dans les rues (surtout jour de chasse …).

20111016-090803.jpg

Pendant ce temps, les sangliers regardent le ciel mais n’y voient pas trop de signes du destin, ni trop d’oiseaux migrateurs indiquant un chemin. C’est pourtant la saison. Des nuages aussi …

20111016-091110.jpg

Carpe diem.

20111016-091303.jpg

Pourvu que ça dure.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 16 octobre 2011

          

Publié dans Actualité, Humour, Pause Café, Politique | Un commentaire

Qu’en dirait … Kipling ?

L’auteur du « livre de la jungle », 1er Nobel de littérature anglophone (1907), portait sur sa contemporanéité un oeil de poète journaliste, optimiste mais trop clairvoyant pour ne pas être lucide sur un monde en voie de disparition aussi sûre que même le meilleur thé refroidit.

L’écrivain pragmatique ne se formaliserait pas qu’une marque de maroquinerie ait vampirisé son nom sur Google, qu’on ne le lise plus guère et qu’on trouve dans le cloud qu’une poignée de photos de lui noyées dans une marée de sacs à mains (amen ?) ou à dos (ados ?) et quelques images pour enfants, moins d’un siècle après sa disparition. L’écrivain voyageur s’en amuserait comme il avait sourit de l’annonce prématurée de son décès dans une revue : « Je viens de lire que j’étais décédé. N’oubliez pas de me rayer de la liste des abonnés. »

L’homme un temps installé en famille dans un genre de « petite maison dans la prairie » surnommée « Bliss Cottage » dans le Vermont adorait l’automne du Nord de l’Amérique. L’automne d’un Nouveau Monde, printemps d’un monde nouveau où il rencontra Mark Twain et qui n’était déjà plus depuis un moment la Nouvelle France, ni d’ailleurs la Nouvelle Angleterre … Cet automne tellement … d’Europe, d’où Conan Doyle lui rendit visite et lui transmis le goût du golf.

Kipling n’était pas notoirement sportif mais il était d’une époque où l’on chantait avec plus de coeur (choeurs ?) les hymnes nationaux et où l’on avait encore le souvenir d’un monde que se disputaient Français et Britanniques sans bien savoir lesquels s’en tireraient le mieux ou les derniers. Il savourerait en esthète amateur d’histoire(s) plus qu’en supporter un match de rugby au bout du Nouveau Monde entre Français et Gallois. Dirait-il « Allez les Bleus » ? Rien n’est moins sûr, il était citoyen du monde mais sujet de sa très gracieuse Majesté, quand même. Peut-être garderait-il pour lui son choix personnel et encouragerait-il les deux vaillantes équipes de capitaines courageux dans un fair-play « So British ».

L’écrivain, qui n’oublia jamais (ni ne s’en formalisa trop) ses débuts plus « pâtes » de journaliste débutant que « truffes » de vedette du médiacosme, gratterait probablement par routine un chapitre de livre de la jungle sur les élections de France mais le vieil enfant né en Inde trouverait les éléphants un peu fades, les vieux crocodiles un peu prévisibles, les coups de griffes un peu convenus, les singes un peu primaires, la jungle un peu monochrome et tous les petits d’hommes voulant être rois un peu … petits.

Le journaliste chercheur de vérité(s) frappé par le décès de son fils qu’il avait envoyé à la guerre (alors qu’il avait été réformé) avertirait probablement les dirigeants du siècle de la guerre économique et les pères des enfants qui manifestent un peu partout contre les dérives financières en leur rappelant ce qu’il avait écrit en 1915 : « Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous sommes morts, / Dites-leur : parce que nos pères ont menti ». Il leur recommanderait de lire sa nouvelle « Le jardinier » sur des visites dans des cimetières de guerre (et un peu de Voltaire, aussi).

Inventeur du « parce que », controversé y compris par les siens ou d’autres grandes gueules plumes de son temps qui avaient pris pour fond de commerce littéraire un radicalisme plus vendeur, comme tous les esprits libres qui osent penser et dire, il encouragerait sans doute les indignés à rester debout, à ne pas baisser, ni fermer les yeux.

Kipling avait refusé d’être anobli.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 14 octobre 2011

          

Ps : Kipling n’a pas écrit que des romans pour grands enfants, des poèmes pour grands hommes (et femmes) et des épitaphes pour grands empires sous couvert de science-fiction. Kim est un livre magnifique, précurseur des John Le Carré et autres explorateurs des parts d’ombres des guerriers guerres de tous les mondains mondes.

C’est fini pour aujourd’hui parce qu’avec ce temps magnifique il faut aller honorer Kipling l’Indien en profitant de l’été de même (après avoir chanté la Marseillaise avec la TV quand même, parce qu’Allez les Bleus du bout du monde qui ne se coincent pas de chewing-gum dans les protège-dents pendant les hymnes, eux …).

Publié dans Actualité, Humour, International, Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Qu’en dirait … Salomon ?

Le Roi Salomon ferait grise mine s’il devait voter ces jours-ci en France. Quel jugement porterait-il sur les débats, questions préalables, non-lieux, fictivités et arguties qui dictent les verdicts, le(s) choix, la justice, les vérités à gauche(s) ou à droite(s), entre autres ?

Sur l’affaire du policier lyonnais dont on ne parle plus, il se dirait probablement qu’il devait s’agir d’une erreur à la police juduciaire.

Sur l’affaire #DSK dont on ne parle pas encore de nouveau, il se dirait que le blanchiement semble à notre époque ne choquer que quand il s’agit d’argent, et encore.

Sur le dernier (d)ébat des primaires #PS, dont on a bien assez parlé, il se garderait de prendre parti (socialiste ?) à titre exclusivement personnel entre l’une et l’autre comme un jeune lion impétueux des steppes de l’Est, et n’enverrait pas un courrier en deux exemplaires mais poserait la question de confiance aux impétrants, à savoir « Schroeder or not Schroeder » (version presque contemporaine de « Churchill or not Churchill »), pour demander lequel est le plus prêt à se sacrifier pour la France et les Français d’aujourd’hui et de demain quitte à perdre et faire perdre les élections suivantes à ses amis politiques et autres proches et plus si affinités.

Sur les affaires, il se dirait que de son temps les voyous ne s’habillaient pas en prêt à porter made in China comme tout le monde et que c’était plus facile de les reconnaître des honnêtes gens sans devoir regarder très bas pour tenter de savoir si leurs chaussures sur mesures ont été offertes par des demi-mondaines.

Sur la mondialisation, et tant qu’à parler de pompes, il se demanderait pourquoi et comment on en est arrivé à ce que les savetiers émigrent tous en Italie ou sous-traitent beaucoup plus loin même pour des sabots en plastique alors qu’on a provisoirement sauvé une Plastic Vallée. Mais ne s’étonnerait pas que le chômage par la faute des autres soit un argument électoral de Mélenchon à la Le Pen en passant par Montebourg et à peu près tout le choeur poli antique (en « tique » ?).

L’Histoire jugera les godillots et les autres.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 14 octobre 2011

          

Ps : Salomon dirait que finalement, l’important c’est de ne pas perdre le sens de l’humour (ni le match de rugby, mais c’est une autre histoire, ça attendra demain).

C’est fini pour aujourd’hui, parce que Salomon nous dirait sûrement de regarder ailleurs.

Publié dans Actualité, Humour, Politique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires