Rentrée 2011 : business as usual

DSK se fait désirer, le plan d’austérité se fait raboter (saboter ?), le procès des emplois fictifs se fait saboter (raboter ?), les université d’été et la rentrée sont passées, la bourse et la température baissent : manifs programmées mais le mauvais temps est encore ailleurs.

Les gauloiseries de rentrée n’empêchent pas la terre de tourner, plus ou moins rond et plus ou moins vite selon les endroits. La fête n’est plus au village, on est habitué, ce n’est pas notre première rentrée et on n’a pas besoin de retourner en cours de philo pour comprendre pourquoi et comment le monde change autour pendant qu’on hésite entre les cahiers à petits ou à grands carreaux : Ambitious, adept and agile (Ernst & Young 2011) – how global entrepreneurs are changing the world.

Que ce soit le lobby « A » ou le lobby « B » qui crie le plus vite et fort contre le risque de coup de canif sur sa niche dans le capharnaüm fiscal ne donnera pas de nouvelles crampes à Nadal à Flushing Meadows et il est tout à fait indifférent pour la compétitivité et l’emploi en France qu’Eurodisney soit exempté de la hausse de TVA sur les tickets d’entrée, ou sur les boissons -trop- sucrées, ou sur les nuitées dans ses hôtels ou sur les plus-values des résidences secondaires achetées autour de Marne la Vallée par des patriotes bienfaiteurs de l’humanité pour faire du logement pas trop social mais assez bien défiscalisé. Il faudrait demander au Président de la République de l’époque quel fiscaliste fictif s’est occupé du dossier mais ça va être difficile, il est en arrêt maladie à la maison (et pas malade en maison d’arrêt, ce ne serait pas convenable s’agissant d’un ancien Président et ce serait ouvrir une boite de pandore contre les zélus de la République qui ont géré la boite depuis que le Général est parti, à Londres d’abord, en Irlande ensuite après avoir hésité avac Baden-Baden mais préféré la mer et le grand large en homme libre qu’il était) et ses anciens employés qui ont fait carrière connaissent mieux le dossier de la Défense. Les arrêts-maladie dés la rentrée, ça perturbe quand même le rythme de la reprise, il faudrait que le gouvernement propose une sorte de moratoire sur l’assurance-maladie en septembre contre quoi les parlementaires pourraient râler avant que les manifestants ne s’indignent, ou vice-versa, et que le Père Noël puisse promettre autre chose pour 2012 quand il y aura prescription.

Côté show-business, rien de très nouveau non plus : les bourses se lèvent à l’Est et se couchent à l’Ouest mais le CAC tourne autour de 3000 et ça ne fait plus d’audimat, la température monte et descend entre deux écrans de pub de Cantona ou un évanouissement de Nadal devant sa bouteille d’eau made in France, La Tribune cherche un modèle économique comme avant les vacances mais publie toujours de bons articles sur internet et l’investisseur russe qui s’était entiché de France-Soir a apparemment rencontré une autre « danseuse » pendant l’été mais le journal est toujours très présent sur le web. Le médialand gaulois n’est plus ce qu’il était quand les stars internationales se battaient pour occuper les plateaux, quand Luc Ferry et BHL contredisaient leurs vérités sur tous les sujets sur toutes les chaines TNT que personne ne regarde et que tous ceux qui ne savaient pas grand chose débattaient de la présomption d’innocence de DSK, des névroses norvégiennes ou de la radioactivité autour du Japon sur les chaines qui passent dans les campings, quand Jacques Chirac faisait de l’humour corrézien pour hilarischer les spectateurs français du monde entier sur FR3 région et TV5 monde et que Kadhafi ou Woody Allen passaient sur CNN avec des images de Paris en fond d’écran. Il y a bien un projet de G20 qui devrait faire du buzz global autour de la Tour Eiffel mais en attendant, c’est ambiance dernière séance, même que Monsieur Eddy tire sa révérence alors qu’il avait parfaitement réussi la barbe de 5 jours « retour de vacances » idéale pour être bien « vu à la TV ».

Le pire, c’est que sauf question préalable de constitutionnalité sur la présence de combattants français sur encore un nouveau théâtre d’opérations ou très bonne surprise de la part de ces Bleus-ci, le rugby, ça va aussi être business et fesses rouges as usual, sans autre forme de procès.

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 5 septembre 2011

          

Ps : sinon, il y aurait bien l’international pour changer un peu mais c’est loin, on ne parle pas Français et il n’y a même pas l’Euro partout ( International PME Diaporama ) et en plus, là-bas aussi c’est un peu business as usual. L’Asie prospère et ses milliardaires rachètent l’Europe à grosse bouchées de la Grèce à l’Islande ; les Allemands exportent malgré -aussi- leur Euro fort et les Américains exportent grâce -aussi- à leur Dollar faible ; l’ours blanc regarde la glace fondre malgré nos panneaux solaires chinois acheté à crédit AAA bien qu’on sache qu’il n’y a pas plus de réchauffement climatique que de refroidissement économique.

Ps2 : ou alors un pavé dans la mare de DSK, présumé innocent donc éligible sans question de constitutionnalité préalable ou autres arguties, qui faute de retrouver sa place au #PS, proposerait une grande coalition autour de lui histoire de ne pas rater le train de 2012 au risque d’atteindre l’âge de maladies du cerveau encore plus graves que le militantisme discipliné. Les centristes qui pourraient avoir un électorat significatif mais n’ont pas vraiment de candidat crédible, la droite du PS qui n’a guère envie de regarder les trains passer au ralenti pendant 5 ans et même la frange « ni-ni » de l’écologisme politique (ni EELV tendance « Lieber rot als grün », ni anarcho-protestataire tendance bobo indigné) pourraient trouver ça un peu transgressif, limite « étrange », mais indubitablement attractif. En tout cas, ça ne serait vraiment pas business as usual.

C’est fini pour aujourd’hui.

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Glamour, toujours glamour

C’est l’Amérique ! DSK is back, ça va relever le niveau de la (com) politique après les (d)ébats sur la teneur en sucre de la TVA des sodas au Futuroscope de Poitiers ou la teneur en jaune de la tête d’oeuf des Verts. S’il se présentait aux sénatoriales comme tout le monde ?

Le Sénat, c’est LA vraie bonne idée. Même pas besoin de Porsche pour y aller depuis la place des Vosges, un coup de Vélib’ pour traverser la Seine et hop! dans le sein des saints de l’innovation politique nationale. Charmes discrets du jardin du Luxembourg, luxe cosy d’un des Palais les plus confortables de la République, bonne cusisine et pas trop de tentations féminines de ce siècle dans la boutique, et puis c’est à un coup de pédale (ou de grosse Peugeot noire comme celle avec laquelle il est revenu de Roissy, rompant avec la très mauvaise habitude des Panzers noirs) du Café de Flore et de Solférino. Et sur un concours de circonstance, un changement de majorité de la très vénérable institution sur un mouvement d’humeur de grands électeurs et sur un malentendu on a vite fait de se trouver « vice-président de la République » … Et surtout, si Placé gagne le siège que #PS lui a concédé grâce au buzz que lui a offert un umpiste inconnu à Marseille et si Mélenchon n’est pas élu à de plus hautes fonctions mi-2012, ils pourront créer un soviet de rebelles de la gauche révolutionnaire réelle au cas où les zétudiants et autres zindignés brûleraient quelques vitrines et plus si affinités dans le quartier à un moment ou un autre.

Sinon, rien n’empêche les révolutionnaires #PS de faire table rase du passé récent et de remettre leurs mouchoirs là où ils étaient jusqu’à début mai 2011 (ah! le 10 mai sponsorisé par les Inrocks à la Bastille, quelques jours avant qu’on se demande s’il n’allait pas finir ses jours embastillé en exil …) parce que quand même, on est en France, pas dans un pays où on change de président à tort et à travers juste pour une petite histoire d’amour ou d’écoute clandestine. D’ailleurs, même aux Amérique, on n’est plus au temps du Watergate, le monde a changé (Le Monde et la politique, pas trop) depuis le Monicagate. By the way, si vraiment les sondages ne sont pas bons, rien n’interdit non plus à Anne Sinclair de jouer les Hillary Clinton, voire de tenter d’aller one step beyond vers l’Elysée : cela s’est vu en Argentine ou en Thaïlande récemment et comme DSK n’a pas de frère actif en politique à la différence de feu JFK (honni soit qui penserait aux société secrètes), whatever glamorous family works.

Anne Sinclair en politique pour joindre l’utile à l’éligible ? Rien ne l’indique et Christophe Borgel n’en parle pas à la TV mais on n’a pas rien vu ou entendu de tellement convaincant aux diverses universités d’été de la politique gauloise et le « précédent » Clinton n’est pas anodin.

Sinon, « King of the Cool 2011 » jouant les Thomas Crown de la politique gauloise, ça aurait de la gueule. Ce serait bien sûr un peu borderline pour les vieux de la vieille d’une certaine idée de la France des siècles d’avant le monde réel du 3ème millénaire, ça mettrait en dépression profonde une bonne partie des éléphants et autres primaires et ça donnerait l’occasion aux « Marleix de service » de faire les petites phrases médiatisées sans lesquelles les buvettes des universités d’été ne seraient que des comptoirs comme les autres. Comme ils ne lisent pas trop et que même pas ils fréquentent les terrasses du Flore ou du port (n’importe lequel du moment que c’est chic, qu’il y a des people et que les micros de médialand sont branchés) pour savoir ce qu’en pensent BHL et autres incontournables, ça tournerait autour de trucs que tout le monde au bar a vu à la TV type « Inglourious basterds », ou un clin d’oeil un peu lourdingue aux djeuns zélecteurs genre « Grey’s Anatomy ».

Mais, tant qu’à avoir eu la sagesse d’abandonner les grosses bagnoles allemandes stupidement rapides en dehors de chez elles et suicidairement coûteuses qu’on soit politicien tout sauf allemand ou cadre sup tout sauf fils du patron en début de négociation de pré-retraite, King of Cool & Co. pourraient prendre un peu de champ, cultiver un peu leurs jardins français, au moins jusqu’à la fin de l’été avant de chercher un coin avec du wifi pour l’iPad et une ligne téléphonique directe sur « Master of the Universe Club ».

Ah! le glamour …

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 4 septembre 2011

          

Ps : en tout cas il est très satisfaisant que le couple DSK ait choisi des moyens de transport volant et roulant « made in France » et très raisonnable de leur part d’être rentrés chez eux et de ne pas avoir cherché un palace à Paris pas encore vendu à ceux à qui on a donné 2000 ans d’économies pour bourrer de diesel des virilités d’apparat importées et rouler à vitesse déraisonnable (illégale, aussi) vers l’exil fiscal, le golf à la montagne et autres plages privées pour les premiers, le désastre d’autant plus annoncé pour les nombreux derniers que si on n’a pas les moyens d’entretenir sa grosse bagnole noire made in elsewhere comme il faut, ça peut vite devenir des cercueils roulants avec pièces détachées contrefaites et électronique bidouillée. Ils auraient pu tourner longtemps malgré l’appli iPhone « Trouver un coin discret où le room service sert les pâtes aux truffes à toute heure sans entrer dans les chambres occupées » et en plus ça n’aurait pas donné l’occasion au voisin Jack toujours là quand il y a des micros de causer à la caméra sur le chemin de sa gym du dimanche et tout le monde aurait encore dû louer un jet pour aller coucher à Marrakech. Galère …

C’est fini pour aujourd’hui.

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The Clash qu’on hérite

On craignait un esclandre de Coppola à Deauville, le film vengeur de Depardieu contre Air France sur Youtube ou une nouvelle provoc de http://www.martineaubry.fr à Marseille, mais c’est un vieil ami de 30 ans qui fait frémir les djeuns près du Vieux Port.

Wall Street a tremblé et Paris « s’est effondrée » de 3% vendredi mais le CAC40 est toujours à quelques pou-ièmes près autour de 3200 et on ne voit pas encore de jeunes cagoulés armés de battes de base-ball à logo brûler des bagnoles ou casser des vitrines à New-York. Ouf ! le Festival du film américain de Deauville n’est pas trop destabilisé par les marchés fous et personne n’a perdu ses nerfs au point de provoquer Coppola en lui parlant d’hommage (il parait que ça l’énerve et qu’il sort sa batte de base-ball perso pour casser quelques têtes comme de Niro dans « Le Parrain » si on lui propose un genre de médaille, une standing ovation ou autre truc du genre qui fait généralement plaisir quand on part en pré-retraite ou qu’on fait un discours à un congrès de commerciaux ou un meeting politique, alors comme c’est à peu près le seul Américain un peu connu qui ait accepté de venir à Deauville pendant la Mostra de Venise, il faut le ménager sinon les acteurs français vintage invités ne voudront pas faire de photos tout seuls sur le grand tapis rouge). Dommage, ça manque quand même un peu d’animation ce jamboree de vieilles gloires californiennes bronzées en tournée de promotion au soleil de Normandie, c’est moins Rock que les Vieilles Charrues.

Le transport aérien, pour une fois ni en grève ni coincé par un volcan ou une chute de neige mais déjà déstabilisé par une rumeur sur l’intérêt prêté à Bernard Tapie pour Air France-KLM, par les commentaires fielleux d’experts boursiconservateurs furieux du retrait d’une banque du CAC40 pour la remplacer par une boite industrielle (oui, il en reste) de l’aéronautique moins spéculative et par les incertitudes sur le numéro de vol de DSK pour son retour en France (résa sur le 007, il a vraiment l’humour très masculin) a subi un choc systémique majeur avec l’humour de sanglier irresponsable du Dipardiou national. Mais là encore, il doit y avoir une erreur dans les dosages de Prozac parce que personne chez Air France ne râle et même les passagers arrivés avec 2 heures de retard le temps de nettoyer la table du banquet gaulois semblent apprécier qu’on passe tous les caprices de leurs vedettes préférées. Il faudra faire un sondage, peut être qu’un ticket Dipardiou-DSK sponsorisé par Air France et Sofitel serait une bonne idée pour mettre un peu d’animation dans le combat des chefs 2012 du village gaulois (mais lequel des deux ferait Astérix ?).

C’est à Marseille qu’on avait le plus peur : pas du séisme de la visite d’un ministre, même si la taille de la casquette du préfet qu’il intronisait est impressionnante et si son karcher à nettoyer les parkings effraye autant (plus, en fait) les belles âmes que les délinquants, mais plutôt des contrecoups du pas lourd d’un éléphant de haut rang descendu à l’improviste pour une tournée de boeuf carotte. Le démondialisateur du Jura a beau avoir judiciairement tort puisqu’il est politiquement minoritaire, selon l’historique formule consacrée, les cinéphiles qui savent que Borsalino finit mal (cela arrive dans les films de Belmondo, en définitive plus clown triste que guignolo) s’inquiètaient quand même un peu du risque de balles perdues si la saison de la chasse à tout était anticipée dans le sud-est. Enfin, jusqu’ici plus de peur que de mal, au point (poing ?) que quand un local de l’étape a essayé de rappeler l’épisode aux comices de son propre Parti pour réveiller les journalistes, c’est sur le menu de rentrée du -très chic- restaurant de terrasse avec vue sur Notre-Dame (de Paris, pas de la Garde) d’un institut parisien que les envoyés spéciaux l’ont félicité, laissant prudemment de côté le sujet qui fâche en principe le camp d’en face mais qui risque toujours d’éclabousser ou de boomeranguer (boom haranguer ?) et dont il est de toute façon urgent d’attendre que le juge ait commencé à juger.

Mais le vrai clash marseillais qui énerve les djeuns en polo bleu du campus, le poisson pas frais devant la navette du Frioul, la tricherie de la partie de belote de Marius, la sardine qui empêche le ferryboate électrique de traverser le vieux port est venue d’ailleurs : une colère monumentale du commandeur des croyants en la TVA différenciée selon les capacités de lobbying et autres nuisances hémicycliques, un coup de lipdub du plus centriste des Djeuns du Parti des polos bleus ensemble, un drame familial comme on n’en voit pas plus de deux ou trois par jour à la TV et à peine plus si affinités de plus ou moins 30 ans en période électorale.

On a les Clash qu’on mérite.

Punk Rock Live !

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 3 septembre 2011

          

Ps : on n’est quand même pas les rois du monde pour le show-business. Si au moins l’affaire Béttencourt était autre chose que (show-)business as usual pour journalistes stagiaires ou si Jean-Louis et ses borlettes n’avaient pas quitté l’UMP ou si le généralissime du Nouveau Centre n’était pas en formation continue de nouvelle cuisine, on aurait peut-être des clash plus excitants pour la presse mondiale et on passerait devant la Mostra et Toronto au buzz des cinéphiles et ça ferait baisser le CAC40 sous les 3148 et le monde de la finance tremblerait de Pékin à Londres et vice-versa mais là, à part Mazerolle qui fait tous les jamborees pour améliorer son mileage à la SNCF, les journalistes politiques parisiens sont à la braderie de Lille, pour une fois qu’il n’y pas de nuages au Nord parce que même les plus débutants trouvent que les écrans de fumées de toutes les couleurs et nuances qui se multiplient au Sud, c’est un peu cousu de fil blanc. En plus, depuis Lille ils pourront revenir facilement à Roissy ou au Bourget par l’Autoroute Lille-Paris au cas où DSK serait confirmé dimanche matin et voudrait raconter son clash à New-York. Broadway et le « Kennedy gaulois », ça fait quand même plus rêver que JPR et les studios de « Plus belle la vie », surtout que tout le monde espère qu’il se sera passé un truc croustillant dans l’avion ou que les communicants de « doume » viendront le chercher avec une petite mise en scène pour le buzz, genre musique du Parrain comme à son anniversaire (vérifier si Coppola est OK) et grosses bagnoles noires germaniques chères comme d’hab’ pour faire de bonnes photos. Et si l’entarteur de service avait de l’humour, il prévoirait un plat de pâtes aux truffes et ça pourrait faire des photos plus sympas pour l’audimat que les trucs terriblement ennuyeux que son service de presse diffuse en ce moment et qui feraient presque passer les centristes pour des rebelles. Un vrai clash SVP !

C’est fini pour aujourd’hui.

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