Inflation … de lettres ouvertes : ça pourrait être pire

C’est la crise, la France refait son CV pour le « AAA » mais le CAC descend vers 3000. On ne casse pas de vitrines à l’Anglaise et on ne bosse pas comme des Yankees ou des Chinois mais nos politiciens sont sur Twitter et envoient des lettres ouvertes : ça pourrait être pire.

Les politiciens professionnels n’ont en principe pas trop à s’en faire pour leur retraite d’autant qu’ils sont plus ou moins tous fonctionnaires et qu’ils ne sont même pas démissionnés d’office de la fonction publique au bout de 10 ans de « congé » comme ceux qui ont officiellement défroqué pour servir l’intérêt général autrement en créant de la vraie croissance et des jobs dans le privé et en gagnant des salaires fiscalisés et pas des indemnités pour cours fictifs entre deux passages sur les plateaux (TV) et autres primes fromagères détaxées. Mais ça pourrait être pire.

On n’est pas en Amérique où le « spoil system » met en risque le chèque de fin de mois à chaque élection pour un poste public genre Sherif, et surtout les avantages sociaux acquis pour soi-même et parfois quelques équipes et autres soutiens fidèlement accrochés aux emplois plus ou moins fictifs ou de complaisance y-afférents, alors gagner ou perdre a finalement assez peu d’importance, l’essentiel est de participer aux universités d’été, caravanes rituelles et autres BBQ républicains. Mais l’agitprop de rentrée est une sorte de figure imposée du jeu microcosmique gaulois, une tradition politique comme les grandes vacances, les grèves des dockers de Marseille, un strapontin au gouvernement pour le radical de service ou l’auto-bronzant pour passer à la TV. Et pourtant, ils et elles tournent dans le bocal dés le soir du férié du 15 août comme des automobilistes en chassé-croisé, c’est peut être le parfum de rentrée des classes aux infos à la TV (cette année, à cause de la hausse des cours de la pâte à papier, les cahiers seront plus chers et tant qu’à y être, les stylos, gommes et autres règles même pas en or sont aussi orientés à la hausse parce que les salaires augmentent en Chine à cause de la pénurie d’employés qualifiés là-bas), le « syndrome du concours » pour ces brillants sujets dont la scolarité à l’ENA ou assimilé a principalement consisté en une série d’exercices de classement et quelques stages de réseautage, ce qui peut laisser des traces sur de jeunes esprits encore maléables (après, une fois inscrits dans un club politique et connecté sur les réseaux qui vont bien, c’est comme au foot, en diesel ou en religion, les esprits deviennent nettement psycho-rigides, tendance susceptibles, et s’échauffent facilement). Mais ça doit être par SO-LI-DA-RI-TE avec les vieux chômistes et les djeuns futurs chômistes, ils « font le job » et font semblant de chercher du boulot comme tout le monde, c’est sympa même si leurs lettres ouvertes de motivation et autres CV multimédias sont un peu « différents ». Mais ça pourrait être pire.

Quelques-uns sont « à donf » dans le virtuel et prennent leurs vacances sur internet, avec une gourmandise attendrissante pour Twitter depuis qu’ils ont vu que le député Tardy faisait de l’audimat en twittant pendant les séances confidentielles et qu’Obama est encore à 40% d’opinions favorables presque 4 ans après sa campagne Yes we Can 2.0. Il faudrait un tsunami pour que les twits de groupies et autres stagiaires déclenchent autre chose que des sourires des quelques électeurs qui laissent leur iPhone branché sous le parasol mais ça pourrait être pire, « elle » pourrait avoir découvert Google +, ou pire encore, avoir vraiment quelque chose à déclarer.

« Ailleurs », le centriste de permanence cet été (les autres sont apparemment en stage de cuisine ou ont « piscine » vraiment loin ailleurs genre monastère dans l’Iowa ou croisière au Spitzberg) a lâché sa doudoune rouge depuis qu’il fait 30° à l’ombre et il est un peu moins frénétique du twit depuis qu’il a jeté un oeil à la liste de ses 4 421 followers (ça ne s’invente pas, le « 421 » …) mais il y est aussi allé de sa « lettre ouverte » aux vrais dirigeants entre deux barbecue républicains. Le problème des lettre ouvertes c’est qu’elle ne sont pas plus lues que des lettres fermées et qu’en plus tout le monde s’en moque encore plus vite que quand il faut attendre que Mediapart, Wikileaks ou Barbier publie des fuites sur internet, mais c’est comme au Tour de France de vélo, quand un cador d’expérience auto-proclamée tente une échappée, il faut essayer de faire pareil sans trop se poser de questions, ça peut marcher sur un malentendu. Mais ça pourrait être pire, la saison du foot a recommencé et à Valenciennes, on a connu des histoires d’enveloppes présumées moins anecdotiques.

Mais que les lettres soient ouvertes ou fermées ou perdues par la concierge n’a guère d’importance tant qu’on a « piscine » à Paris-Plage et la bonne nouvelle c’est que Météo France s’est encore plantée en annonçant le déluge pour ce jeudi alors que le ciel est doucement passé du grand bleu au gris sans une goutte d’eau avec un soleil matinal du genre à faire sourire un installateur breton de panneaux solaires chinois. Alors, ça pourrait être bien pire, les lettres ouvertes pourraient aussi parler du temps qu’il fait, de la canicule annoncée pour le week-end alors qu’on ne sait même pas si on a un(e) ministre disponible pour faire un discours par téléphone sur la climatisation des maisons de retraite, qu’il n’y a même pas de professionnel de la rebellitude en ville pour exciter les indignados qui ne sont pas mobilisés contre les curés à Madrid ou quelque part en province autour d’une caravane à tongs à la révolte sociale contre l’été qui martyrise les chauffeurs de chasse-neige et des forçat de la faim des usines de glycol, et qu’on ne sait même pas ce que BHL pense de la bourse et de la hausse des impôts pour harceler les super-riches et faire créer un peu plus d’emploi d’avocats fiscalistes et d’agents de voyages fiscaux. Oui, ça pourrait être pire si les politiciens parlaient de la météo, ou s’ils causaient d’équilibre budgétaire ou du cours des actions des banques, ou si les communicants d’Eva Joly trouvaient encore un truc extra-terrestre à lui faire réciter devant un micro de journaliste stagiaire. Là on serait vraiment la risée du monde entier.

Cela pourrait être pire. Mais alors, il faudrait créer une commission théodule du pire.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 18 août 2011

             

Ps : comme nos « ils » et « elles » doivent tous avoir un iPad comme l’ex-futur-possible-incertain candidat #DSK (lui il a le modèle 3G++ à sièges en cuir noir toutes options et gros cylindre mais ce n’est pas vraiment indispensable pour lire ses mail et regarder des recettes de pâtes en vidéo, surtout maintenant qu’il y a du wifi partout même au jamboree du parti contre l’électricité et les ondes) et que le rituel leur impose de trouver une citation « choc » pour un powerpoint, une « communication » et une interview à chaque raout de rentrée où ils doivent être vus par les journalistes (attention, Mazerolle est revenu de vacances et s’il s’échauffe doucement à Clermont-Ferrand en interviewant des apparatchiks pour essayer de savoir si Dany a obtenu une circonscription à Paris pour Cécile Duflot et si Eva Joly a changé de coiffeur depuis que le bienveillamment neutre Nicolas Hulot a décidé qu’il a « piscine », bientôt il va s’apercevoir que le monde est un peu en crise et qu’il y des enjeux plus sérieux que les sous-microcosmeries et les élections sénatoriales partielles du canton gaulois), ci-après quelques suggestions que Youtube et une boite de conseil (ou alors c’est une secte ou assimilé, ou une de ces société d’investissement ou d’achat de bijoux de famille en or, ou tout autre machin pas très glorieux qui plume les gogos déstabilisés en période de crise) en mal de publicité offrent gentiment dans le cloud. En anglais parce que quand même on est au 21è siècle et que ressortir les Gaulois Jaurès comme en 2010 ou Edgar Faure comme toujours ça fait un peu OSS117 alors il faut causer en « étranger » pour faire « tendance » mais que frimer en Teuton comme le Canard, ça serait peut-être une bonne idée entre le gouvernement économique conjoint du futur proche et les philosophes germaniques du passé décomposé mais personne ne comprendrait à part les frères Cohn Bendit et DSK, qui sont en principe à la retraite. Et puis avec les Allemands genre Heideger ou Nietszche, on a vite fait d’être politiquement suspect, limite incorrect, alors restons en Anglais et dans l’ordre alphabétique pour éviter toute controverse. Les traders et autres spéculateurs peuvent aussi regarder les vidéos plutôt que d’attraper le mal de mer à regarder la bourse monter (parfois un peu) et descendre (souvent fort en ce moment) comme un sondage sur les politiciens contemporains, ça pourra toujours leurs servir pour leurs lettres de motivation.

Abraham Lincoln : exemplaire, s’il n’avait pas décidé de faire avocat dont on a déjà pas mal en stock plutôt que forgeron, on lui proposerait de faire un discours aux Invalides.

Benjamin Franklin : presque parfait, à part ce goût pour les déguisements un peu archaïques qui a déteint sur pas mal de monde, on voterait pour lui s’il se présentait.

Buddha : comme le Dalai-Lama est sympa et vintage, tout ce que son porte parole Buddha raconte est parfait pour les powerpoint.

Confucius : on ne sait pas bien qui c’était ni si les traductions de chinois ancien sont très fidèles mais comme ça va très fort en Chine, copions, ça marchera sûrement.

Gandhi : l’icône des sexagénaires à Rolex revenus du maoisme, du stalinisme et de quelques autres crétinismes. Le Gandhisme est l’humanisme du bobo 2.0, respect.

Henry Ford : un méchant, salaud de riche et en plus suspect d’inspirer le « Ford T-Party » mais à la guerre économique comme à la guerre économique, l’essentiel c’est de gagner.

Jésus : les uns et les autres l’aiment et depuis que « Rome » passe sur Arte on sait que Ponce Pilate était décadent. Mais, même à la très catho Madrid, il y a comme un doute.

John Lennon : comme tous les jeunes médiatiques riches et beaux opposés à la guerre et morts avant la crise pétrolière, sa parole est d’or (du temps où l’once était à 100 dollars).

Mark Twain : on ne sait pas si c’est un personnage de fiction ou un « vrai gens » mais comme il est du temps d’avant les subprimes, il ne peut pas avoir totalement tort.

Marx (Groucho, l’autre seules les groupies s’y intéressent encore, non ?) : Amen !

Mère Teresa : etonnisch, nicht, qu’une petite femme soit autorisée à s’exprimer dans un florilège de citations de grands hommes ? Il y a des chose bizarres, disait Devos.

Napoléon (Monsieur 1, Bonaparte, aussi, mais pas le petit 3ème, dont on se fiche, non ?) : s’il avait quitté Moscou et son uniforme à temps … Tellement dommage, d’hommages …

Patton : c’est un de ceux qui ont gagné la dernière guerre mondiale militaire, ça ne peut pas faire de mal de le lire un peu en pleine guerre économique mondiale.

Rockefeller : encore un méchant salaud de riche qui devait avoir des avocats fiscalistes et payer plein de lobbyistes … il avait compris des trucs du monde moderne, il faut le lire.

Socrate (le vieux grec, pas je Dr joueur de foot brésilien) : il trouvait tout bon car ne mangeait que quand il avait faim, c’est pour pour tous les régimes de le relire.

Winston Churchill : indispensable pour apprendre comment sauver le monde et savoir ce qu’il faut faire si on désire perdre des élections avec panache et sens de l’humour.

Le dernier mot : incontournable.

Et puis parce que quand même, la sagesse est une chose trop sérieuse pour la laisser aux sages, Steve McQueen, « King of Cool » et « Thomas Crown » forever.

C’est fini pour aujourd’hui.

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Les marchés dubitent : ça pourrait être pire

Les communicants avaient pré-calmé les marchés la veille et en effet, la taxe Tobin de 1972, l’Europe du traité de Rome et la règle d’or de toutes les religions, c’est micro-onde, c’était inutile d’attendre la fermeture des bourses européennes pour la conférence de presse.

Et ce n’est pas le concert des candidats à telle ou telle primaire qui proposent de secouer le malade européen au shaker pour bien mélanger les ingrédients de crise en un cocktail assassin comme ceux qu’ils buvaient en vacances avec DJ Harlem qui vont faire avancer la sagesse plus vite qu’un powerpoint du Dalai Lama à Toulouse.

On entend des aboiements, pourtant la caravane est à la plage

Mais ça pourrait être pire, parce que proposer de prendre une com’ sur les transactions comme sur les billets d’avion ou les litres d’essence faute de pouvoir réguler beaucoup mieux les marchés financiers que les grands contrats internationaux ou la vitesse des 4-4 des bénéficiaires de l’écosystème spéculatif, c’est le moins déraisonnable qu’on pouvait entendre, c’est pas comme si on fantasmait sur une rationalisation des aides à l’agriculture en les conditionnant à un plafond de revenus par exemple, comme si on imaginait une réduction de l’hypertrophie financière dont la part dans le PIB mondial a plus que doublé en peu d’années sans que cela contribue visiblement à l’amélioration de la météo, ou si hurlait avec les moutons pour exiger une dévaluation de l’Euro avant la création du monument à l’exportateur inconnu euthanasié par négligence comme on prendrait un sushi au dernier thon rouge, on débrancherait un compteur geiger sur un marché près de Fukushima (sinon, la généralisation du cancer de la sous-traitance en zone à monnaie faible serait un autre monument palliatif à la sagesse économique) ou on spéculerait à la baisse depuis un bord de piscine. Oui, ça pourrait être pire, les marchés pourraient s’effondrer et le restaurant ne nous ferait plus crédit.

Mais les marchés dubitent

Mais ça pourrait être pire parce que proposer un gouvernement économique, c’est dans la logique de la CECA des pères fondateurs de l’Europe au siècle dernier, c’est pas comme si on imaginait une truc invraisemblable comme une diplomatie européenne dont un représentant crédible ferait le tour du monde pour défendre les intérêts UE comme Hillary Clinton (et Obama) pour les USA, une défense européenne dont le commandement serait quelque part, si possible en Europe, ou un genre d’agence de notation des lobbies et autres honorables correspondants à Bruxelles dont les tarifs sont encore plus élevés que ceux des communicants politiques et autres experts en défiscalisation et qui sont encore plus nombreux, genre entre 10 et 20 fois plus que les fonctionnaires européens selon les estimations. Oui, ça pourrait être bien pire, on pourrait avoir des députés européens qui soient majoritairement des apparatchiks ou des recalés ou des retraités de la politique française (que le monde entier nous envie, mais c’est une autre histoire, ou pas).

Mais les marchés dubitent

Mais ça pourrait être pire parce que proposer d’inscrire dans la constitution une règle d’or sur les équilibres budgétaire, c’est aussi rationnel et nécessaire que si le Tea Party Américain faisait signer à chaque électeur des primaires US un engagement à ne pas se bourrer d’ice-cream et plus si affinités à crédit à l’heure du thé et plus si cartes de paiement après l’élection présidentielle, c’est pas comme si on proposait une loi sur les panneaux anti-radars sans brider les moteurs de bagnoles, une loi sur l’euthanasie sans prévoir l’hypothèse de la mort ou une loi sur le financement des partis qui inciterait n’importe quelle petite entreprise politique (parti-cul ?) à présenter des candidats aux législatives sous une étiquette popularisés avant les présidentielles par des pros de l’agitprop, des primaires médiatiques si possible et au minimum une personne sandwich complaisante et populaire pour assurer les salaires et vrais faux frais de ses apparatchiks voyageant en 1ère pendant 5 ans (le plus shadok c’était cette disposition du code électoral qui prévoyait une inéligibilité d’un ou deux ans aux législatives – qui ont lieu en principe tous les … 5 ans-  en cas de non présentation de comptes des 5 ou 6 dépenses de campagne audités par un expert comptable pour quelques milliers d’euros pour les affiches cibles à chewing-gum des mômes de l’école derrière les panneaux électoraux, professions de foi rarement lues mais religieusement distribuées via les PTT et bulletins en deux exemplaires par électeur inscrit de candidats visant en général au mieux 5% des voix et évidemment non élus puisque leur raison d’être était juste d’attirer des électeurs pour le financement public de leur parti -ou de vérifier l’absurdité du système mais c’est encore plus inutile- sans plus grand risque que d’être encore inéligible en cas de dissolution subite de l’assemblée nationale moins de deux ans après la précédente, mais ça, ça n’arrive que dans les films ou alors une fois par siècle sur un malentendu et les députés professionnels râlent tellement qu’il faudrait être un Président très sourd pour y aller quand même). Oui, ça pourrait être bien pire, on aurait pu avoir l’annonce commune du lancement du grand rasage gratis (enfin, payé par les petits épargnants spoliés par l’inflation et leurs descendants parce que quand même, ça se saurait si seuls les fonds d’investissement étrangers et les banques sans actionnaires français devaient renoncer au remboursement un jour de ces Eurobonds) mais comme on n’est pas en Amérique, on n’a pas -encore ?- de Federal Reserve Bank et la cavalerie, fut-elle budgétaire, n’arrive pas toujours avant la fin du film.

Mais les marchés dubitent

La bonne nouvelle c’est qu’on a réduit les dépenses en caméras et éclairages avec une conférence de presse unique pour les deux patrons de l’Europe (un peu comme si des chefs écolos faisaient un speech ensemble à Clermont-Ferrand, ce serait plus développement durable pour l’écologie politique, ou comme si des candidats à des primaires avaient un porte-parole unique pour les vrais sujets, ça ferait moins de powerpoint à La Rochelle), c’est plus rationnel, surtout que maintenant les porte-paroles parlent, contre-parlent, commentent et contre-commentent assez systématiquement par téléphone ou autres twits depuis leur lieu de repos bien mérité. Il n’y a que du côté de Solférino qu’on convoque un peu tout le temps le médiacosme malgré les vacances mais c’est plutôt de la bonne gestion d’utiliser les locaux quand il n’y a personne surtout quand on habite pas trop loin en TGV (ou en bagnole noire pas trop hybride, comme tout ce monde ?). C’est comme à Rio ou les contreforts du sambodrome servent de salles de classe entre deux carnavals, et sont d’ailleurs aussi actifs la nuit dans ce pays « pas sérieux » selon les bons auteurs gaulois mais où le vote est obligatoire et où les citoyens se payent des cours du soir plutôt que de jouer au PMU pour essayer d’avancer plus vite sur le lent tapis roulant social sans penser que la réussite en primaire(s) ou à un concours à 20 ans devrait leur assurer un fromage à maturation lente. Alors, ça pourrait être pire, c’est mercredi et on aurait pu avoir un titre encore plus abscon dans le Canard ou un film encore plus accablant au ciné, et puis les marchés auraient pu décrocher à l’annonce de l’incontinence aérienne de Dipardiou.

Oula ! Les bourses vont-elles tenir ?

En attendant, l’orang-outang disparait avec ou sans loi sur l’euthanasie active en Gaule.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 17 août 2011

             

Ps : pour l’orang-outang, ou pour n’importe quelle crise réelle plus ou moins liée à l’environnement et pas trop aux jeux dangereux des boursiers ou au pain d’intérêts économiques trop supérieurs pour être honnêtes mais trop considérables pour être combattus, ce serait mieux si les indignations n’étaient pas au mieux dispersées entre des flopées de groupuscules de bonnes volontés sans lien entre eux ou capacité à fédérer les énergies avec ou sans apéros Facebook, au pire récupérées par des machins plus ou moins se transformant le plus souvent en prédateurs, mais ça pourrait être pire, Cantona pourrait encore faire dans la rebellitude 2.0 plutôt que dans la publicité pour les déodorants (bio ?). On a les Tartuffes qu’on mérite, mais ça pourrait être pire … même si on a du mal à voir comment.

Oula ! Les marché vont-ils supporter ça ?

C’est fini pour aujourd’hui.

Il vaut mieux en sourire

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La France a « piscine », mais ça pourrait être pire


Les grandes vacances d’été quelles que soient les circonstances dans le monde sont une marque de fabrique de la France. L’été 40 semblait jusqu’ici avoir été une sorte d’apogée nationale mais 2011 est bien parti pour rester dans les annales de la guerre économique mondiale.

L’étrange défaite des experts de Météo France qui nous avaient annoncé bien avant de partir en vacances la grande sécheresse de 1976 en pire sera aussi vite oubliée par les juillettistes que la vente des immeubles historiques à des investisseurs étrangers, Russes d’après la rumeur, on a les hivers moscovites et les retraites de Russie qu’on mérite, pour assurer quelques fins de mois. C’est pas grave, il a moins neigé cet été sur le Galibier que pour Noël à Velizy et on n’a pas eu besoin d’envoyer l’armée. Et puis le mauvais temps a permis à Borloo de montrer sa nouvelle doudoune rouge aux photographes de guerre économique …

L’étrange défaite de l’écologie politique responsable française peut troubler un peu plus alors que, quand même, entre Fukushima, la sortie du nucléaire de l’Allemagne et le succès de Kretschmann au Bade Wurtenberg, la vague semblait sérieusement porteuse pour autre chose que le catalogue NKM de modes et travaux anti-élévation de la mer près des villas de vacances et la transformation d’EELV en un courant faible du PS. La France politicienne d’aujourd’hui semble aussi plongée dans le déni sur les enjeux écologiques que Mitterrand s’était trompé sur ceux de la fin du socialisme réel et la réunification allemande. C’est pas grave, de toute façon les dieselistes en 4-4 urbains ou autres machins à dépasser les limites de la décence, les apparatchiks tartuffes en caravanes de toutes obédiences à rayon vert de toutes les couleurs et les autres abandonneurs rituels d’animaux domestiques et autres convictions responsables au bord de la route des vacances en ont assez peu à cirer de l’environnement des héritiers de nos dettes et gaspillages de toutes natures et comme on n’a quasiment pas d’entreprises capables de surfer sur la vague verte sans subventions ou sous-traitance en Asie et qu’on est déjà aux taquets avec 80%+ de dettte publique et que c’est pas en pleine guerre économique mondiale avec un Euro à 1,40 et un « AAA » tremblottant que les pôles de compétitivité plus ou moins verts vont se transformer par miracle en Silicon Valley du Green (pour les green de golf, on a une chance, et puis ça crée de l’emploi de caddy pour touristes étrangers et autres exilés fiscaux en goguette 161 jours par an en France pour nos djeuns sans qualification et autres Tanguy sans logement parce qu’entre les logements sociaux squattés ad vitam aeternam par des « méritants » de toutes couleurs électorale, familiale ou amicale et les mètres carrés à 8000 euros achetés par les fonds d’investissements pétroliers, c’est pas demain avec leurs indemnités de stages à répétition que les indignados vont voler de leurs propres ailes) même si Sainte Ségolène du Poitou a offert un CDD à Heuliez en soutenant aux forceps la transformation du carrossier en fabricant de petites voitures électriques plébiscitées par … la mairie de Nice. Et puis grâce aux primaires EELV, aux gesticulations du 14 juill et à « l’éloignement bienveillant » de Hulot qui préfère la Corse au Massif Central, quelques roitelets gaulois sont dénudés sur leur bouclier vert et ça ne peut pas faire de mal à l’écologie politique même si ça fait une belle jambe à l’ours blanc sur son iceberg en voie de disparition.

Une certaine idée de l'écologie ... sérieuse

En attendant, les communicants politiques gaulois semblent promener leurs voitures noires rapides autour de piscines lointaines sans GPS ni wifi : on n’entend plus parler de l’ex-candidat DSK, la très télégénique future candidate NKM est invisible et on n’entend même plus le délicat froissement sur les micros de la doudoune rouge du quasi-candidat Borloo qui en est réduit à envoyer des lettres ouvertes pour économiser un timbre (il devrait lire le bouquin de Hirsch, normalement c’est assez simple d’avoir des carnets de timbres gratuits quand on est dans la politique). Heureusement, la jet-set politique parvient à émettre un peu de signal médiatique : la Dame des 35 heures  donne des leçons d’économie à la radio (parfois, pas comme quand elle a calculé pour les 35 heures, elle sait bien compter, par exemple les voix des militants pour devenir 1er secrétaire) ; la Madonne du Poitou 2.0 fait twitter tous ses stagiaires comme si une élection pouvait en dépendre et le Commandant en Chef de la République alimente le buzz en passant de temps en temps au bureau pour des rendez-vous avec des stars et en prenant l’air grave devant un drapeau en lisant un discours de Guaino quand les guerres l’imposent. C’est pas grave, de toute façon la communication des politiques c’est comme l’argent dépensé en masques contre la grippe porcine fantôme ou investi dans des lipdubs ou autres caravanes publicitaires avec tongs et DJ sur les plages, les enfants de la Mère Denis sont héréditairement sourds et même s’ils savaient lire une pub dans le métro ou un article dans un magazine sur iPad, ils n’échangeront pas leur baril de perlimpimpin préféré contre deux bidons de nouvelles promesses, même s’il faudrait quand même faire un peu attention avec tous ces jeunes indignés et autres abstentionnistes qui pourraient changer un peu la donne du e-poker (« e » pour élections) menteur de 2012 si tout le monde fait semblant de ne pas voir les restes du monde changer un peu, de Damas à Birmingham et de Madrid à Athènes, en passant par Oslo et Le Caire.

Les entreprises et usines sont plus ou moins fermées pour « congés d’été » mais ça pourrait être bien pire : Alstom et tant d’autres auraient pu être déjà vendues pour le franc symbolique comme des cabanons, leurs technologies, équipements, marques, compétences et talents dispersés ; les fabricants de futures voitures électriques ou vraies-fausses hybrides made in France pourraient avoir été plus ou moins rachetés par tel ou tel fond plus ou moins souverain à la faveur d’un krach boursier ; on pourrait avoir un « AAA » assez solide pour prendre le risque d’emprunter de quoi continuer à subventionner l’importation de tels ou tels trucs made in China à faire installer par des forçats immigrés pas trop déclarés dans les niches fiscales d’exilés revenus pour les vacances dans leur grosse caisse made in ailleurs avec le coffre plein de trucs qui sont moins chers en Belgique ou en détaxe que chez les commerçants du coin (et de toute façon, depuis qu’on a vu à la TV « Capital » sur les herbes de Provence récoltées en Pologne, Egypte ou Albanie et vendues sous les platanes sans états d’âmes comme « bio coupées ce matin par Marcel Pagnol dans le jardin de Fernandel avec un Laguiole made in Auvergne », on culpabilise un peu moins d’acheter des tomates hollandaises en plein été même si on a du mal à comprendre comment elles peuvent arriver moins chères que celles du coin après transport sur 1000 km depuis un pays froid à coûts salariaux nordiques). Oui, ça pourrait être pire, les exilés fiscaux pourraient avoir vendu leurs usines et autres « bijoux de famille » pour monter des business d’import-export sans export ni emploi du tout et spéculer à la baisse en vendant le CAC40 à découvert et en faisant courir des rumeurs depuis leurs villégiatures et autres riads à l’étranger.

Et ça, on l'a déjà vendu ou c'est encore sur le marché ?

Oui, ça pourrait être bien pire, si on avait décidé d’abandonner le nucléaire et si l’été était moins pourri, on se ruinerait en clim’ et ce serait mauvais pour le bilan carbone.

 Heureusement, on a « la piscine !« 

Sinon, ça pourrait être pire, le CAC40 pourrait s’effondrer comme un château de sable.

Ou pire.

Et puis, si les Allemands s’occupent des Eurobonds pendant qu’on a piscine sans que trop d’experts gaulois y mettent leur nez, sur un malentendu, ça pourrait marcher.

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 16 août 2011

             

Ps : à part la Dame des 35 heures qui a trouvé un truc pour faire parler d’elle dans le poste et quelques autres dont le fond de commerce est de criailler à chaque fois que le Chef élu essaye de régler un truc qui foire depuis plus ou moins longtemps mais que les lobbies pour et les lobbies contre ont trouvé un modus vivendi sur le dos de quelqu’un d’autre, tout le monde a quand même l’air de trouver que créer plein de monnaie non stérilisée en lançant des Eurobonds dans la nature et en mettant dans le shaker de la dette allemande à 3% et des obligations grecques à 14%, ça serait une assez bonne idée si on est sûrs que les Chinois et autres souverains vendeurs d’hydrocarbures voudront en acheter (pour diversifier les avoirs en monnaie de singe obtenus en nous vendant plein de machins bidules pas trop indispensable mais c’est pas grave parce qu’ils ne sont pas durables), mais ça demande quand même de tester un peu le concept avant de faire  un essai grandeur nature genre plantation d’OGM en plein air partout, comme la fois où on a encore emprunté de quoi renflouer le Titanic pour acheter quelques dizaines de millions de vaccins contre la grippe des cochons fantômes, même si le lobby des exportateurs allemands fait bien son job (le BGA n’est pas en vacances, lui …) dans le jeu de rôle alors que la croissance allemande a besoin d’un peu de pouvoir d’achat dans le reste de l’Europe et que Merkel a besoin d’un zeste d’agitprop patronale pour motiver le Bundestag à voter le soutien aux pays Club Med … En tout cas, le ministre allemand de l’économie a l’air de penser que ça mérite un peu réflexion et franchement, il n’a pas une tête de vacancier à la piscine, de pré-candidat mangeur de truffes hors saison ou de politicien professionnel expert en lettres ouvertes et autres twits, lui.

C’est fini pour aujourd’hui, mais c’est pas grave, carpe diem à Paris Plage ou ailleurs, la conférence de presse Merkel-Sarkozy aura lieu après la fermeture des marchés européens de toute façon.

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