On s’est encore pris une grosse vague

Les bourses yoyotent, les experts pas en vacances TV-expertisent et des politiciens en vacances politiquent en TV-commentant les jeux d’incendiaires plus ou moins naturels ou spontanés : rien de très nouveau sous le soleil un peu taquin de l’été 2011. Jusqu’ici, « ça le fait ».

Pour les « maîtres du monde » bien équipés, bien entrainés et bien informés, les tsunamis réels ou virtuels, les météos bretonnes un peu partout et autres phénomènes plus ou moins naturels un peu hors normes sont juste des occasions de surf un peu plus excitantes que d’habitude, business as usual, et de toute façon même s’ils se cassent un peu la figure, ils sont bien assurés (et encore réassurés sur les marchés financiers qui se retournent sur les états qui comptent sur nous pour se refaire si ça tourne vraiment vinaigre mais c’est une autre histoire, ou pas) et ce n’est pas leurs plages, leurs datchas, leurs rues ou les écoles privées de leurs mômes qui seront mazoutées, brûlées, détruites, radioactives ou whatever doesn’t work anymore.

Pour les Britanniques qui ne sont pas partis en vacances au soleil, ils en ont vu d’autres et gardent leur flegme. Les gens « normaux » (lire « ceux qui ne passent pas leur journée à acheter à crédit des trucs inutiles made in China dont ils ont vu la pub à la TV entre la série débile et les experts boursiers pas beaucoup plus géniaux et/ou leurs nuits à les voler dans les boutiques indiquées par Bberry en brûlant quelques poubelles en passant si la météo et l’humeur sont favorables ») résistent : les femmes sortent le jour avec leurs balais pour nettoyer les rues comme leurs ancêtres déblayaient les gravats après les bombardements d’Hitler, les hommes se mobilisent la nuit en groupes d’auto-défense comme leurs ancêtres allaient en guerre quand les jours étaient sombres, business as usual. Les politiciens locaux commentent selon leur club de foot d’appartenance, voyant la révolte légitime du Lumpenproletariat pour les uns, les débordements plus ou moins manipulés de jeunes sans repères pour les autres, des symptômes d’Alzheimer collectif ou de crise d’adolescence selon leurs lunettes, les vérités étant probablement en de multiples ailleurs, pas tous très recommandables.

Ailleurs, dans la vraie vie en Grèce, en Somalie et un peu partout où des humains déstabilisent un peu tout comme des prédateurs à l’utilité devenue très incertaine dans l’écosystème brinquebalant du 21è siècle, on essaye de passer entre les gouttes et de respirer entre deux vagues, business as usual aussi, sauf pour quelques dizaines de sangliers assez téméraires pour aller sur les plages du village gaulois pendant les vacances de NKM.

Au mieux, tout ça donne l’Amérique en général, la Californie en particulier, où la faillite souriante n’empêche ni les gens normaux d’avancer en espérant le retour du soleil, ni les audacieux de faire leur trou à grande échelle mondiale quitte à ne pas trop s’occuper de comment les ouvriers chinois et autres fabriquent les bastringues inventés à la Silicon Valley, ni trop s’angoisser de comment les pays européens et autres qui n’impriment pas de Dollars doivent se débrouiller pour combler leurs déficits ou payer les intérêts de leurs dettes, ni même trop somatiser la crainte du « Big One » chez eux parce que les tremblements de terre, cyclones et autres vacheries plus ou moins naturelles, ils en ont vu d’autres et c’est un peu inscrit dans leurs gènes de serrer les dents et de faire face en souriant autant que possible pour que les djeuns gardent le moral.

Au pire, ça donne l’Europe un peu flageolante sur ses vielles jambes mais qui semble avoir encore du potentiel pour tenter de se suicider comme au 20ème siècle et quelques autres fois avant. On en a vu d’autres avec les nazis, les bolcheviks, les grippes exotiques diverses et autres pestes de couleurs pas toujours très naturelles. En France, on est particulièrement en risque de pontichianteries d’Eva Joly que seules quelques groupies écoutent encore, de brèves de comptoir de Jean-Louis Borloo que personne n’a jamais écouté ou de Ségolène Royal qui a annoncé encore une conférence de presse ce midi pour son bouquin que seuls ses groupies achèteront par gentillesse mais qu’elle tient à faire imprimer avant les univdersités du #PS de la Rochelle : business as usual, tout ça devrait passer sans laisser plus de traces durables qu’un sanglier mort de désespoir sur le sable comme d’habitude et on a en principe encore 2 bonnes semaines tranquilles avant le retour des vrais communicants politiques, ça nous fait comme des vacances.

Le seul truc vraiment pénible pour les gens « normaux »qui ne sont pas obligés de supporter les embouteillages de la Foux (ou le bruit des jet-skis autour du bateau) pour aller à Pampelone, de faire la queue pour donner leur bouteille d’eau dans un aéroport ou de payer le parking aussi prohibitif sur n’importe quel « port » qu’un café sur les Champs, c’est qu’il vaut mieux habiter pas trop loin de la Villette pour braver la météo incertaine et surfer la vague artificielle de Paris-Plage, et pas trop loin du centre-ville de toute façon pour profiter de la plage sans risquer d’être dans le RER sous le soleil et dans le transat géant sous la pluie, mais ça aussi, c’est business as usual.

Pourvu que ça dure ?

Renaud Favier – renaudfavier.com – en avant la musique ! – 10 août 2011

             

Ps : VGE chez Elkabach pour promouvoir un bouquin d’histoire-fiction (une « uchronie » en langage intello) sur la Campagne de Russie à Bibliothèque Médicis, « l’intransigeance face à la médiocrité » (c’est un sous-titre de l’émission, pas une description du couple VGE-Elkabach même si on peut sourire …), ça a déjà quelques mois et on n’est pas obligé de se passionner sur les conjectures napoléoniennes plus ou moins auto-biographiques de l’Ex plus moderne Président de la France mais comme Chirac n’est maleureusement pas en très grande forme chez Sénnequier pour sortir des scoops et que les candidats contemporains sont heureusement en vacances (il est important pour la peau de cesser l’auto-bronzant au paraben de temps à autres), c’est agréable de brancher un peu Youtube sur autre chose que les élucubrations de surfeurs sur la crise, la bourse et autres sujets planétaires ou secondaires de comptoirs sous parasol. Et puis c’est chouette de sentir qu’une bonne décision au bon moment par un homme d’état gardant son sang froid pourrait sinon changer la face du monde, du moins aider à mieux surfer sur la vague de l’histoire. Cela rassure, non ?

C’est fini pour aujourd’hui.

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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2 commentaires pour On s’est encore pris une grosse vague

  1. damienperez34 dit :

    Certaines vagues nous portent vers des C ou 5 ou pas….
    D’autres nous portent sur une Ile nowhereelse,, mais comme le monde doit continuer à tourner rond, et que la fontaine d’abondance est vide, les pêcheurs passent (incognito) plus de temps autour de la table le soir à revolutionner qu’à ouvrir les yeux (comme Z ou terence Hill) and facing the reality….
    SALUT LE TRESOR, ADIEU L’AMI…

  2. Ping : Qu’en dirait … Gaston Lagaffe ? | Renaud Favier : Café du matin à Paris

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