Qu’en dirait … Miss Orléans ?

Les Rouges de Tonga ont battu des Bleus qui ne savent plus très bien d’où ils sont ni où ils vont. Ça pourrait être un peu pareil ce soir au Sénat. Autre sport, mêmes mœurs …

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Non pas que les professionnels du rugby Francais soient suspects de troisièmes mi-temps aussi … professionnelles que leurs collègues du football mais on leur recommanderait volontiers de se concentrer sur le championnat de France, voire la coupe de leur départment plutôt que de perdre notre temps et un peu d’argent aussi à l’autre bout du monde pour se faire remettre à leur place par les doublures des All Blacks, en attendant le prochain match. Enfin, peu importe, ce match comptait pour du beurre puisque de toute façon les Bleus sont qualifiés pour les huitièmes de finale.

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C’est d’ailleurs un peu la même histoire pour les Bleus professionnels de la politique qui ont déjà perdu dimanche dernier et qui vont probablement revenir les fesses rougies du match d’aujourd’hui mais ça compte pour du beurre puisqu’ils sont également qualifiés pour le prochain tour et qu’ils peuvent se la couler douce jusqu’en 2012. Le petit monde du Palais du Luxembourg nous coûte un peu plus cher que la tribu du rugby en villégiature down under mais on peut espérer qu’étant fonctionnaires bien payés pour les uns et élus (idem et pas trop fiscalisés) par des notables locaux pour les zotres, ils contribuent à la prospérité de la nation en employant des Djeuns et en n’achetant pas que de l’immobilier en niche fiscale en France. Sinon, ils pourraient au moins jouer au PMU faute d’avoir réussi à faire gagner l’UMP.

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Enfin, tout ça, Miss Orléans qui rêve de titres de Miss France et plus si affinités s’en fiche probablement autant que de l’élection de Mister Luxembourg.

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Et il est à espérer que les affaires (de filles ?) publiques, scandales publics (de République ?) et autres jeux (ludique ?) politiques contraires aux bonnes mœurs ne l’intéressent pas plus que les écoutes téléphoniques (pathétiques ?).

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Miss Orléans aurait bien raison de profiter d’une vraie Nuit Blanche, c’est de son âge, plutôt que de se faire des cheveux blancs comme un sénateur ou des idées noires comme un rugbeux (rug-bœuf ?).

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Et si elle s’ennuie sans TV parce que la TNT passe mal dans certains villages, elle peut toujours aller à la médiathèque.

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Ne serait-ce que pour profiter du peu d’argent de ses impôts (et de ceux de ses descendants qui paieront les dettes) qui ne s’envole pas en coûts de fonctionnement des administrations, institutions, corps élus, exemptions et autres spécialités fromagères nationales.

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Enfin, tant qu’il y aura des salons automobiles, les Miss pourront faire des « ménages » et les zélus candidats serrer des mains les jours où il n’y a pas de marché, de match de foot ou de rugby, ou d’élection à ceci ou cela.

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C’est fini pour aujourd’hui, parce qu’il est temps d’étudier mieux le modèle scandinave.

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Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 1er octobre 2011

          

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Qu’en dirait … Hamlet ?

Shakespeare ne manquerait pas de sujets d’inspiration à notre époque. C’est réconfortant de le (re)lire. On se rassure en voyant qu’il y a 500 ans qu’on verse du poison dans les oreilles, qu’on simule (?) la folie et qu’on (se) pose des questions sans trop attendre de réponses.

Si Hamlet passait à Paris pour la Fashion Week sur les pas d’autres « fashion victims », il trouverait qu’il y a quelque chose de … fictif au royaume mais cela ne le surprendrait pas trop. Car entre les emplois d’hier et les procès d’aujourd’hui, les électeurs d’hier et les élections d’aujourd’hui, les non-lieux d’hier et les présomption d’aujourd’hui, les grandes garçonnières d’hier et les petites chambres d’aujourd’hui, les modes d’hier et la mode d’aujourd’hui … il ne verrait que des changements … fictifs.

S’il passait quelque part en France pour profiter de l’été indien sur les traces d’autres poètes, il trouverait qu’il y a quelque chose de … triste et beau. Car entre les indignés d’hier et les manifestants d’aujourd’hui, les dockers d’hier et les grévistes d’aujourd’hui, les étudiants d’hier et les chômeurs d’aujourd’hui, les premiers tours à la TV d’hier et les primaires à la TNT d’aujourd’hui, les courses de côtes d’hier et le rallye de France d’aujourd’hui, le temps d’hier et la météo d’aujourd’hui, il entendrait toujours autant de fables et trouverait toujours assez peu de grandeur(s).

S’il passait par un stade de foot, il trouverait qu’il y a toujours des choses … bizarres. Parce qu’une victoire éclatante des semi-prolos de Marseille contre le champion d’Allemagne en titre après une série lamentable en championnat de Gaule et une terne défaite des demi-jet-setters du PSG contre un club basque après une séquence éblouissante face aux provinces gauloises, ça lui ferait se poser des questions comme au bon vieux temps des enveloppes dans les jardins, des professionnels douteux dans et autours des stades et des professionnelles sans doute jamais très loin des terrains.

S’il avait le temps de jeter un oeil à la TV, il penserait que c’est business TV as usual avec des politiciens trop bronzés qui racontent « Plus belle la vie » comme de son temps, la météo qui ne se trompe pas trop quand il fait grand soleil, un feuilleton avec #DSK victimisé mais présumé innocent comme quand il était accusé à tort d’avoir un peu abusé la #MNEF et les cours des actions qui montent et descendent entre deux pauses publicitaires comme quand ils étaient vaguement reliés à l’économie réelle, juste un peu plus vite et un peu plus fort avec un CAC40 qui fluctuat nec mergitur autour de 3000 (c’est le progrès mais les règles du jeu sont toujours les mêmes, les pigeons également, et les fondamentaux pas trop différents avec les boites de luxe qui valent autour de 100 euros comme leurs eaux de toilette que les Japonais pas trop en crise achètent encore pour offrir aux geishas, les banques qui valent entre 5 et 30 euros selon que leurs parcs immobiliers sont en province ou à Paris et la boite hi-tech médiatique parce qu’elle a signé un contrat avec une boite américaine -en profit warning- qui ne vaut plus que 4 euros parce que plus personne ne croit qu’il suffit d’avoir le crédit d’impôt recherche le plus balaise du monde et des pôles emplois ou de compétitivité que le monde entier nous envie pour compenser tout le reste).

Sinon, s’il passait au bistrot prendre un petit café du matin, il entendrait peut-être parler de Karachi et se demanderait à qui sinon aux concurrents de la France et à d’autres intermédiaires du demi-monde profiterait un déballage en période pré-électorale de secret défense sur les ventes d’armes qui doivent être un des derniers domaines où le pays est plus ou moins dans le coup technologique, industriellement pas encore trop mal en point et commercialement pas trop déficitaire ; de ce grand flic ou voyou lyonnais qui a dormi en garde à vue et se demanderait si c’est pour le protéger contre les mafias comme dans un film avec Belmondo ou si de nos jours toujours l’homme succombe au serpent comme dans la vraie vie trop compliquée ; de ce petit notable ou voyou du sud-est qui n’est que mis en examen comme tout le monde et présumerait qu’il est innocent comme tout le monde mais s’inquiéterait quand même pour la démocratie au Royaume de France et l’état mental des électeurs qui votent et re-votent pour les mêmes y compris quand ils ont été condamnés et que ça recommence, et pas seulement dans les vieux recoins où les morts votent comme les spectres parlent.

Mais où qu’il aille, personne ne lui parlerait de la face cachée de Ribery parce que tout le monde s’en fout autant que de l’autre face qui mériterait autant d’être cachée, sauf l’éditeur d’un bouquin encore plus insignifiant que les livres-sandwichs écrits par des stagiaires de zoms et fams politiques pour la rentrée pré-électorale ; de l’équipe de France de rugby parce que même si c’est des vaillants tout le monde s’en fout depuis qu’elle est dans un hôtel de l’hémisphère sud qui rappelle trop celui des footeux de sinistre mémoire et que Chabal n’est plus là pour faire un contre-haka sauvage aux All-Blacks ; de la crise ou de la dette ou des déficits parce que tout le monde a compris que c’est plié et que c’est pas en négociant une réduction de la prime de nuit des fonctionnaires jardiniers du Sénat ou en abaissant la teneur en sucre des boissons servies aux touristes étrangers ou en envoyant la pauvre Pécresse expliquer que la croissance sera de 1,75% et que le budget rasera moins cher demain qu’on va motiver les piliers de bars à faire semblant de s’intéresser aux pages économiques que les journaux que les vrais gens achètent et lisent mettent en général entre le tiercé, l’horoscope et la météo, en rubrique « pronostics des zexperts ».  Hamlet se demanderait si c’est « grave et sérieux » comme on dit maintenant ou juste « much ado about nothing » comme il le pensait de son temps.

Peut-être déciderait-il de se taire, somme toute, parce que c’est moins dangereux et que comme tout le monde parle en même temps et que ça n’a pas l’air de faire beaucoup émerger de vérités, autant se faire passer pour fou et laisser parler les avocats.

To write or not to write …

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 30 septembre 2011

          

Ps : ce qui est sûr, c’est que s’il vivait en France de nos jours, Hamlet ne passerait pas plus de 5 mois et 29 jours dans son château. Pas seulement parce qu’il y a vraiment trop de risque de prendre un coup de couteau derrière un rideau de fumée plus ou moins secret-défense ou de se faire empoisonner l’oreille sur un malentendu, mais surtout parce que comme tous ceux qui auraient les moyens de payer des impôts sont en exil, cachés dans des niches fiscales ou honorablement incrustés dans des fromages enrobés d’avantages acquis auto-votés, il serait vraiment trop couillon d’être le seul à bosser et à payer des impôts pour rembourser les dettes de la génération auto-bronzant partie en voitures noires made in elsewhere (non, c’est pas Helsingor) manger des pâtes aux truffes ou du couscous royal en zone francophone d’outre frontières. Hamlet ou pas, on a les rêves qu’on hérite mérite.

C’est fini pour aujourd’hui, parce que ce serait quand même dommage de ne pas profiter un peu de ce beau soleil de début d’automne, pour une fois que quelque chose de bien est vraiment gratuit (c’est à dire pas facturé, ni payé par de la dette ou des impôts, comme ces bâtiments dits publics que le bon peuple est autorisé à visiter une fois l’an pour la journée du patrimoine ou ces musées ouverts une nuit par an jusqu’à minuit alors que ça serait quand même mieux si les contribuables pouvaient profiter de leurs soirées pour visiter des musées plutôt que de ne pouvoir que regarder des politiciens ou d’autres acteurs de télé-réalité entre les autres publicités TV et les autres sportifs professionnels du petit écran).

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Qu’en dirait un … Marseillais ?

Un amoureux de l’OM dirait qu’hier soir la sardine a bouché le port de Dortmund (3-0). Un supporter militant ajouterait que ce qu’il a vu de « Question pour un champion #PS » avant de partir au Vélodrome n’était pas mal mais que les so(po)lférinistes ont trop d’accents.

Et qu’ils ont l’air bien parisien, quand-même.

Sur la dame en noir et blanc qui parle comme une prof’ immigrée du Nord (dont les groupies se rallieront vite et sans états d’âme au vainqueur en fin de championnat mais auront quand même du mal à toutes obtenir des maroquins significatifs en cas de victoire, il y en a qui vont devoir s’accrocher à leur siège en velours aux législatives et mettre leurs ceintures de sécurité en cumulant quelques fromages politiques par principe de précaution) on a bien senti au Vieux Port que déjà avoir été promue surveillante générale des courants de Solférino et grand chambellan de la Rochelle la gave passablement, alors qu’elle n’espère rien moins qu’une victoire surprise en match de division française qui la qualifierait pour la Champion’s League de 2012.

La pasionaria (non, ce n’est pas une erreur, ça s’écrit comme ça et avec un seul « s ») en rouge avait -cette fois- laissé à la maison son rang de perles de Versaillaise. On aime bien son côté syndicaliste étudiante un peu donneuse de leçons « seule contre tous et surtout contre Paris », du côté du bar de la Marine. Mais quand même, à part le journaliste ancien d’ORTF2 qui commente la politique sur BFM depuis que la droite est au pouvoir et ses twittos amoureux transis depuis la campagne de 2007, personne ne croit une seconde souhaitable de l’éloigner des sympathiques désirs d’avenir du Poitou.

Le djeun de droite de la gauche, on ne le trouve pas désagréable du côté de Notre Dame de la Garde même si on a déjà eu une bonne dose de pisse-vinaigres de centre-droit lors du jamboree d’été des UMPistes début septembre. Mais les supporters savent bien qu’un attaquant de poche, même s’il peut marquer un but d’anthologie à Liverpool dont on se souviendra toujours autour de l’anisette, c’est un peu « léger » pour compenser les pitreries de toute l’équipe, surtout qu’il parle anglais avec un accent bizarre.

Le djeun de gauche de la gauche, il fait sourire comme une soucoupe de pistaches avec un verre de rosé avant l’apéro mais il dit tellement de « sôtises » avec son accent Gambaisien, mélange (d)étonnant mais médiatique de patois des Yvelines anti-mondialisation et de dialecte du Jura ouvrier, que tout le monde lui recommande de faire encore quelques fêtes de l’Huma en famille pour hériter de Mélenronchon plutôt que de faire du scandale en agaçant certaines puissantes fédérations.

Le radical de l’étape, c’est de loin le préféré à bord du ferry-boat. Avec sa bonne tête « à la Raimu », son accent du midi rouge et ses cris du coeur pour la laïcité ou autres bonnes vieilles causes qui sentent bon les anciennes Républiques, c’est le seul qui rappelle le bon vieux temps de Gaston (Defferre, pas Monnerville, quoique on aime bien le confort du Sénat, à Marseille, ni Lagaffe, quoiqu’il y en ait aussi …), quand personne de loin du port n’aurait eu l’indélicatesse de venir renifler en cuisine les poissons pour la bouillabaisse.

Mais à Marseille comme partout ailleurs, on sait bien qu’à part au foot où seule l’exception confirme la règle selon laquelle on joue à 11 et les Allemands gagnent en général, c’est l’homme en bleu (marine …) qui a les meilleures cartes et que du moment qu’il ne dit pas de couillonnade, il gagnera la partie même si ça doit fendre le coeur des nostalgiques du temps de Pagnol, où la France de Marius préfèrait aller voir le Zambèze que faire campagne en Corrèze. Mais c’était un temps que les zélecteurs de moins de 60 ans n’ont pas pu connaître, un temps où les dockers étaient déjà aussi privilégiés que des sénateurs mais où le port n’était pas toujours en grève.

Quant au sénateur marseillais trop occupé pour passer trop de temps à faire valoir ses droits à billets TGV ou Air France à tarif réduit pour monter au palais du Luxembourg, il avait probablement « mieux affaires » que de regarder Arlette Chabot à la TV ou de twitter comme un jeune militant (les UMPistes étaient presque plus nombreux dans le cloud que les petites mains du Club des 6, ça promet pour les bureaux de vote d’octobre) de permanence mais on ne peut lui nier un vrai sens du bon mot de la cannebière et il encouragera sûrement ses amis de 30 ans (d’amitié, pas d’âge, parce que ceux qui sont passés à la TV hier étaient tous assez près de l’âge préconisé par le PS pour la retraite à taux plein) à venir le voir souvent pour prendre des nouvelles de sa santé, sans (se) balancer comme quelqu’un qui ne saurait pas divorcer comme il faut.

En tout cas, tout le monde est bien d’accord pour continuer à tirer sur le pianiste pour ne pas risquer (sur un malentendu, parce que les billets Paris-Marrakech sont tellement bon marché qu’on peut faire campagne depuis son riad) un moment de « gloire de notre paire ».

Mais tout le monde à Marseille se pose quand même encore une seule question : « Oh Dominique, tu (te) pointes ou tu (te) tires ? »

Oh putaîngue !

Renaud Favier – renaudfavier.com – musique ! – 29 septembre 2011

          

Ps : ce qui est certain, c’est qu’on ne voit pas les choses exactement de la même manière, non pas entre les « 6 » qui sont comme les doigts d’une même main (au PS, on vénère le doigt à la différence), mais entre les deux villages de fous du foot et plus (ou moins) si affinités.

C’est fini pour aujourd’hui : on ne va pas commencer à parler des racines grecques de Marseille ou de la crise ou de Berlin ou d’autres embarras de Paris, parce qu’avec ce beau temps, c’est bientôt l’heure de la pétanque, alors il ne faut pas tarder pour l’anisette avec quelques olives sous un parasol.

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